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Accro aux écrans

Je rencontre régulièrement des parents inquiets à propos de l’addiction de leurs enfants aux nouveaux médias. La question des addictions semble être une perspective privilégiée pour parler des pratiques des jeunes sur les nouveaux médias… Quelle est l’ampleur du phénomène ? Comment l’expliquer et le prévenir ?

Par Julien Lecomte (initialement publié dans le magazine de la COJ)

Le sujet des addictions aux nouveaux médias ou aux jeux vidéo (qui rendent « violents ») chez les jeunes est presque une ritournelle.

Certes, plusieurs pratiques peuvent interroger notre « consommation » des écrans. Spécialiste des médias à la RTBF, Alain Gerlache épinglait notamment le « binge watching », « cette pratique qui consiste à enfiler les épisodes [d’une série, par exemple] les uns après les autres jusqu’à plus soif. L’expression vient d’ailleurs du binge drinking, cette habitude qu’ont beaucoup de britanniques de boire sans limite le samedi soir. En français, on traduit parfois binge watching par « visionnage en rafale » ou « compulsif » ou même « gavage télévisuel ». ».

Ces pratiques peuvent-elles pour autant être assimilées à une utilisation compulsive de produits stupéfiants ? Ces usages nuisent-ils à la santé ou à l’épanouissement de l’individu ? L’empêchent-ils de pratiquer d’autres passe-temps, de socialiser ou autre ? N’avons-nous pas tous des « dépendances » à différents niveaux, plus ou moins problématiques ? Ce sont des questions de ce type qui font que l’on va parler d’usages « excessifs » ou non.

Or, selon la recherche « CLICK », intitulée « Les usages compulsifs d’Internet et des jeux vidéo », les usages excessifs d’Internet représentent 1,2 % des adolescents. On est loin des ados « tous accros », même si cela ne remet pas en cause la place importante des nouvelles technologies dans leur quotidien.

Pourquoi on est addict

Sur base de sa lecture du livre Hooked: How to Build Habit-Forming Products, le vidéaste Autodisciple explique comment les réseaux sociaux en ligne sont conçus pour que nous y passions un maximum de temps.

Selon lui, il y a quatre étapes de la web-addiction. Premièrement, les réseaux sociaux répondent à des petites frustrations du quotidien, comme des moments d’ennui, de solitude ou de stress. Ils les résolvent en surface en offrant une promesse de divertissement et de socialisation. Deuxièmement, les réseaux sociaux en ligne proposent une action minimale. Toutes les actions sont simplifiées au maximum, l’utilisation est rapide et facile. Cela se passe dans la réactivité, il n’y a pas besoin de chercher. Troisièmement, les réseaux sociaux offrent une récompense variable et aléatoire. Les notifications correspondent en quelque sorte à des « promesses » de plaisir. Exceptionnellement, elles offrent de la satisfaction (sous forme de reconnaissance sociale), mais la promesse de satisfaction, elle, est « éternelle » : à tout moment, je pourrais ressentir du plaisir. Enfin, quatrièmement, les réseaux sociaux sont conçus pour amener un investissement progressif et maximal : un plus petit investissement amène un plus grand investissement. Dès l’inscription sur un réseau social et avant même de profiter de ses fonctionnalités, on investit du temps, on crée un profil, etc.

Sur ces constats, le vidéaste propose quelques règles qu’il se donne à lui-même pour être plus indépendant à l’égard des réseaux sociaux, notamment le fait de réaliser d’abord ce qui le met en projet avant de réagir sur le web (créativité) ou encore de faire des listes des choses pour lesquelles il ressent le besoin d’utiliser Internet afin de toutes les faire en même temps et ne pas se laisser « distraire » en cours de route.

Les substances seules ne rendent pas dépendants

Bref, les nouvelles technologies, les réseaux sociaux en ligne ou encore les applications et les jeux vidéo sont conçus pour que nous y passions un maximum de temps. Intrinsèquement, ces produits rendraient dépendants, comme des drogues « dures ».

Toutefois, dans une conférence intitulée Everything you think you know about addiction is wrong, le journaliste et écrivain Johann Hari défend la thèse que la dépendance physique aux drogues est une idée reçue. Il argumente : tout d’abord, les gens qui reçoivent de la morphine après un accident pendant vingt jours devraient devenir accros, or ils ne le deviennent pas, alors qu’il s’agit d’héroïne. Il raconte ensuite l’expérience du Professeur Alexander : les rats qui ont une vie sociale heureuse et connectée ne consomment quasiment pas l’eau droguée qui leur est proposée, tandis que ceux qui sont isolés ne consomment que celle-là et meurent d’overdose. Il fait la parallèle avec les survivants de la guerre du Vietnam : 95% de ceux qui prenaient des drogues durant la guerre du Vietnam et qui ont eu un suivi psychiatrique ont simplement arrêté, sans aller en cure de désintoxication.

De ces constats, il retire une hypothèse : c’est le manque d’un lien social de qualité qui est à l’origine de l’« attachement » à d’autres choses. Pour lui, ce n’est pas tant parce que les produits sont intrinsèquement addictifs que parce qu’ils se substituent à un manque de relations épanouissantes.

Pascal Minotte, psychologue et chercheur au Centre de Référence en Santé Mentale (CRéSaM), ajoute : « L’usage excessif des écrans est une « stratégie » – consciente ou non – pour échapper à une souffrance en exprimant certaines dimensions importantes de soi (par exemple, un besoin de contact, un besoin d’être reconnu via jeu vidéo en équipe, etc.) ».

Pour Johann Hari, il est donc totalement contreproductif d’isoler les drogués, de les punir ou encore de les faire culpabiliser. Selon lui, la réponse aux addictions est la connexion : il s’agit de faire du lien « qualitatif », en profondeur. C’est d’autant plus interpellant si l’on se dit que pour des jeunes « accros » aux jeux vidéo en ligne, il s’agit parfois d’une des rares sphères de socialisation satisfaisante qu’il leur reste…

Activités à Namur dans AssocesNam

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« Les relations sur le web » dans « Eduquer »

Les relations sur le web

> Lire l’article dans le magazine Eduquer de La Ligue de l’enseignement (PDF)

Éduquer : Vous proposez régulièrement des conférences portant sur les relations sur le web, pensez-vous que ce soit un aspect de l’éducation aux médias encore trop peu développé ?

Éduquer : Vous parlez de l’image de soi, et de l’estime de soi dans la communication, quels sont les enjeux de l’éducation aux médias par rapport à cette question de l’image de soi ?

Éduquer : Beaucoup d’adultes, de parents, semblent dépassés et parfois inquiets par l’activité importante de leurs enfants sur les réseaux sociaux, quels conseils auriez-vous envie de leur donner ?

Éduquer : On parle usuellement de fracture numérique pour désigner les inégalités d’accès aux technologies numériques, vous allez plus loin en parlant d’une fracture culturelle, comment la voyez-vous ?

Éduquer : Quels sont, selon vous, les apprentissages, les savoirs encore à développer dans notre manière de communiquer sur les réseaux sociaux ?

> Lire les réponses dans le magazine Eduquer de La Ligue de l’enseignement (PDF)

« Les jeudis de l’hémicycle » : Harcèlement à l’école

Le 17 novembre 2016, Nathalie Defossé, formatrice à l’Université de Paix, a participé à une conférence-débat sur le thème du harcèlement à l’école, au Parlement Bruxellois.

HARCÈLEMENT À L’ÉCOLE : COMMENT LE DÉTECTER ET LE COMBATTRE ?

Le programme était le suivant (cf. site du Parlement Bruxellois)

9h30 : Introduction de Julie de Groote, Présidente du Parlement         francophone bruxellois.

9h45 : « Harcèlement scolaire : état des lieux », Benoit Galand – Professeur en Sciences de l’éducation à l’UCL.

10h05: « Quid de la médiation scolaire ? », Juliette Vilet – Coordinatrice pédagogique médiation scolaire en FWB.

10h25 : « Comment prévenir le harcèlement à l’école : outils et programmes », Nathalie Defossé – Juriste, Formatrice à l’Université de Paix asbl.

10h45 : Témoignages de Madame et/ou Monsieur Anzalone, parents de la petite Laura, 12 ans victime du harcèlement.

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11h00 : Débat.

> Lire le compte-rendu de cette matinée dans la DH, par Julien Thomas : Des victimes de harcèlement scolaire témoignent au Parlement bruxellois

[Extrait] Près de 35 % des jeunes se disent directement concernés par le harcèlement à l’école en Belgique, et 90 % expliquent avoir déjà été mal à l’aise en assistant à une scène, a ensuite expliqué Nathalie Defossé, formatrice à l’Université de Paix. Son organisation s’est fixée pour objectif de travailler sur la gestion positive des conflits, et donc également sur le harcèlement […]