Stage enfants (2005) – « Clap, on tourne »

Du 29 mars au 1er avril 2005, plus de vingt enfants âgés de 8 à 12 ans ont participé au stage de Pâques « 3, 2, 1  Clap on tourne ! » organisé par l’Université de Paix…

Un article initialement publié dans le trimestriel n°91, en 2005.

Lettre réelle d’un enfant imaginaire

Chers parents, chers ami(e)s, chers animateurs,

Mon nom ne vous dira sans doute rien. D’ailleurs vous ne m’avez pas vu. J’étais bien caché. Sachez que j’ai participé au stage 3, 2, 1  Clap on tourne ! à La Marlagne du 29 mars au 1er avril 2005. Je vais vous le raconter comme je m’en souviens. Et mes souvenirs vont à rebours. Nous commencerons donc par le dernier jour.

Vendredi : Plan large sur une vingtaine de têtes blondes et quatre plus grisonnantes (mais pas toutes). Une certaine fébrilité est palpable dans l’air. Les enfants ne sont pas comme les autres jours. Que se passe-t-il ? Ils ne me voient même pas. C’est dire comme ils sont affairés !!! Je commence à comprendre. C’est le grand jour pour eux tous. Aujourd’hui à 15h00, les parents seront leurs spectateurs. Et tant de choses restent à faire après le grand jeu du matin : préparer les tickets d’entrée, le Studio 4, les interventions de chacun avant la projection. Les animateurs font ce qu’ils peuvent pour rassurer les enfants qui se révèlent étonnants de maturité malgré quelques petits dérapages. Finalement à 15h00 tout est prêt et les premiers parents arrivent et s’installent. Julie, Laurent et Gauthier jouent les maîtres de cérémonie.

Avant la présentation de l’œuvre, les enfants retracent les évènements marquants de ces 4 journées passées ensemble. Moi aussi je me souviens bien des têtes de chacun découvrant telles des stars leur nom au dos des chaises du plateau de tournage. « Comment vais-je prendre place dans cet immense cercle de chaises ? » se demandent les uns. « Ah ! non ! Moi c’est sûr je n’enlèverai pas ma casquette ». « Moi je ne prendrai la parole que si on me la demande » se disent d’autres. « Moi je ferai le clown. Moi je veux pas rester. Au secours maman ! ».

« Mais que racontent ces drôles de grandes personnes qui n’ont pas l’air de vouloir nous mordre ? ». Ils disent qu’à La Marlagne, on n’est pas à la Starac. « Ca commence bien, moi qui ai justement le piercing de Jennyfer… Que déclarent-ils encore ? Que chaque enfant est une star en puissance pour eux . « Tu parles ! Je serais curieux d’entendre mon voisin chanter ! Ils ne vont pas nous faire danser au moins ? ».

Il parait aussi que personne ne sera éliminé dans cette histoire. « O ben Zut ! Moi qui espérais bien montrer toute l’étendue de mon talent à mon frère ou à mon cousin ». Ils disent encore qu’on n’est pas là pour jouer les pros ou alors seulement les pro-tagonistes. En voilà un mot compliqué Comment on va faire si tout le monde veut le 1er rôle ? On n’y arrivera jamais. Y’z’ont l’air d’y croire vachement pourtant ? Bah ! qu’est-ce que je risque ? »

Et ils enchaînent sur les règles de vie. Il va falloir qu’on construise ensemble un règlement pour bien vivre ensemble. Décidément ces gens-là fonctionnent bizarrement. Ce sont eux les adultes qui doivent nous donner des règles. Ils disent qu’ils vont nous en donner mais qu’ils aimeraient bien qu’on en trouve aussi. Et à mon grand étonnement, ça fuse dans le groupe : Ne pas faire mal à l’autre par des paroles ou des coups ; demander un objet plutôt que de s’en emparer ; arriver à l’heure après les pauses ; accueillir celui qui veut jouer avec moi. Si j’ai pas envie de faire une activité, je peux m’en  abstenir. Waouw c’est pas tout à fait comme à l’école ici. On va peut-être pouvoir faire quelque chose ensemble alors ??? Et si on commençait par se mettre d’accord sur les charges du dîner et du goûter ? Ca c’est moins drôle.

Mais revenons à jeudi : il paraît que le monsieur qui nous filme vient aujourd’hui. Philippe il s’appelle. Comment va-t-il faire puisqu’il ne connaît pas notre histoire ? On verra bien. Pendant que certains vont jouer les acteurs, d’autres peaufinent les costumes et les décors. Je n’imaginais pas que chaque scène prendrait tellement de temps. Une fois, c’est la lumière qui n’est pas bonne. Une autre fois, ce sont les acteurs qui oublient le texte, l’intonation quand ce n’est pas le bruit extérieur qui gêne. Je commence à comprendre combien chaque rôle est important : de celui qui joue à celui qui tient le porte-voix ou le clap. Je commence à comprendre aussi le sens du mot « patience » de la part des animateurs et des copains (j’ai oublié de vous dire je me suis déjà fait des copains, pas encore de copine hélas). D’autant qu’à 16h00 tout doit être dans la boîte. Finalement, je crois que je vais réfléchir un peu avant de vouloir faire « star » comme job, c’est trop crevant !

Mercredi. C’est le jour de la répétition générale. Le groupe se répartit en équipes. Les régisseurs/décorateurs avec Laetitia, les habilleurs/maquilleurs avec Julie, les repérages avec Claire et les acteurs avec Laurent. On joue aussi beaucoup. Le jeu que je préfère c’est Citron-citron. Quelqu’un est au centre du cercle et doit essayer de se rasseoir avant que quelqu’un ait tapé sur la chaise vide à sa droite et dit un prénom. A chaque fois, ça me rappelle le prénom de quelqu’un que justement je n’osais plus appeler parce que je l’avais oublié. C’est gai. Ce jour-là j’ai osé aller écrire sur un post-it au tableau d’évaluation permanente. Ca m’a fait tout chose quand l’ animateur a lu ce que j’avais écrit. Je croyais pas que c’était si important que ça l’avis que j’ai sur telle ou telle activité, sur telle ou telle personne. La prochaine fois, je signerai mon message.

Mardi. Jour de connaissance et de reconnaissance générales. On joue au ballon, on présente son voisin, on s’assied dans l’herbe (dans la salle). Et puis l’après-midi, on part dans les bois. Les animateurs nous font passer une série d’épreuves qui nous permettent de gagner des mots. C’est plus tard que nous comprendrons que ces mots vont nous servir à créer le scénario du film. Le groupe des scénaristes imagine un conte autour  d’un talisman maléfique dont il va falloir briser le sortilège en affrontant différentes épreuves mythologiques, le tout sur fond d’aliens et de prédators. Ca promet…

Mais je vous laisse, je viens d’entendre la musique de ralliement et je voudrais pas être en retard. Je m’amuse trop et il reste du pain sur la pellicule.

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