Université de Paix asbl

[Vidéo] Des formations pour les médiateurs pros

Almudena Vaquerizo Gilsanz explique les contenus et approches utiles aux médiateurs (novices ou confirmés) dans les formations de l’Université de Paix. Pour elle, les médiateurs peuvent trouver deux choses dans ces formations :

  • Des techniques de communication et de gestion de conflits
  • Une prise de distance et une observation de leur propre pratique, à travers des exercices, des mises en situation et des moments de partage

Afin de conserver leur agrément, les médiateurs agréés par la CFM doivent se soumettre à une formation permanente de 18 heures, étalées sur deux années. De nombreuses formations de l’Université de Paix sont agréées par la CFM (liste ici). Les médiateurs peuvent également introduire une demande de reconnaissance au cas par cas.

Les membres de l’UBMP [Union Belge des Médiateurs Professionnels] bénéficient du tarif préférentiel « Prix Membre » pour toutes nos formations.

 

Partenariat avec l’UBMP

L’Université de Paix est membre actif à l’UBMP (Union Belge de Médiateurs Professionnels, reconnue comme Fédération & Union Professionnelle).

Almudena Vaquerizo Gilsanz, formatrice et médiatrice fait partie du Conseil de direction afin de participer aux différentes discussions et actions menées par l’Union :

  • Travail pour la protection du titre professionnel de médiateur par l’UCM, puis le SPF Economie ;
  • Travail auprès des compagnies d’assurance et des mutuelles pour que les séances de médiations puissent être remboursées en partie ;
  • Recours du projet de loi sur la déontologie du médiateur pour valoriser au mieux le travail du médiateur ;
  • Organisation et participation à la semaine mondiale de la médiation.
  • Critères d’admission et étude des candidatures des membres de l’Union

Le 24 avril 2017, l’Université de Paix a proposé la conférence « Harcèlement à l’école… quelle place pour la médiation ? » dans ses locaux avec la participation de 22 médiateurs membres de l’UBMP.

Le 3 mai 2017, nous avons accueilli une classe de futurs médiateurs de l’école de promotion sociale CPSE de Liège pour des riches échanges à propos du métier de médiateur et sa posture, également sur les activités et formations proposées à l’Université de Paix précieux complément de formation continue une fois la formation de base conclue.

Depuis février 2018, les membres de l’UBMP bénéficient du même tarif que les membres adhérents de l’Université de Paix pour la participation aux formations proposées, une vingtaine d’entre elles sont agrées par la CFM, c’est-à-dire que les heures peuvent être comptabilisées dans les 18 heures de formation continue obligatoire tous les deux ans pour les médiateurs agrées.

L’Université de Paix participe de manière régulière à des intervisions entre médiateurs, mais en organise également, la dernière en date fut le 03/05/2017 avec 7 participants de profils variés pour des regards croisés autour des thèmes :

  • Les freins pour débuter une activité indépendante de médiateur. 
  • Cas pratiques, créativité dans la médiation.
  • Ces intervisions sont agréées pour 2h par la Commission Fédérale de Médiation.

Enfin, depuis janvier 2017, l’Université de Paix met à disposition des membres de l’UBMP sa bibliothèque (en consultation sur place de centaines de livres autour de la gestion de conflits et autres mais aussi spécifiques sur la médiation, intéressants pour les médiateurs).

Programme Graines de médiateurs maternelle 2017

Graines de médiateurs… en maternelle

En 2016 – 2017, l’Université de Paix a reçu un certain nombre de demandes en écoles maternelles pour des animations (école des étoiles, Athénée Royal SAX de Dinant, Ecole du Sacré Cœur de Stockel, Ecole su Soleil Levant de La Louvière, Institut de l’annonciation à Schaerbeek, Ecole de Tivoli à Bruxelles, Ecole St Augustin à Forest, Ecole St Thomas…).

Un point intéressant est que ce sont pour la plupart des écoles qui ont les animations du programme Graines de médiateurs en primaire il y a quelques années.

Ceci est un indicateur à au moins deux titres :

  • Cela conforte notre approche « intégrative » et nos missions d’organisation de jeunesse : il y a une volonté de terrain de travailler ces compétences dès le plus jeune âge, d’adapter et de transposer les outils ;
  • C’est encourageant du point de vue de la durabilité, de la pérennisation et des effets démultiplicateurs de nos actions. Non seulement celles-ci occupent toujours une place centrale dans ces écoles, mais en plus elles font « tache d’huile ».

Les effets de nos interventions continuent à être visibles plusieurs années plus tard, et non seulement à court terme.

Autre indicateur de pertinence de la création d’outils « Graines de médiateurs » en maternelle : le module de formation « Graines de médiateurs en maternelle » de 3 jours à l’Université de Paix était complète (18 personnes). Globalement, nous étions conscients de la demande de terrain des enseignantes et enseignants de maternelle pour des outils et activités construits directement pour leurs publics spécifiques. Souvent, des manuels sont rédigés pour le primaire et le secondaire, et les institutrices et instituteurs de petite section doivent réaliser un travail de réappropriation. Nous avons ici la confirmation d’attentes assez fortes chez ce public.

Parmi le pôle des formateurs intervenant en maternelle, il y a le sentiment aussi que nous disposons désormais d’une expertise pertinente à ce niveau. Au niveau qualitatif, les outils ont été construits, testés et expérimentés en classe et avec des enseignants concernés (création d’activités, d’un fil rouge cohérent entre les outils). Les retours des enseignants sont positifs : « ce sont des outils vraiment adaptés aux maternelles ».

Deux jours ont réuni toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs qui sont allés en maternelle pour échanges d’outils, création d’activités et autres…  Une perspective actuelle serait de centraliser tout ce matériel pour écrire un manuel spécifiquement adapté aux maternelles, ou du moins diffuser des outils d’une autre manière. Cette piste devra faire l’objet d’une priorisation dans la mesure où elle implique un investissement conséquent en termes de ressources…

Compétences du programme Graines de médiateurs en maternelle

Vivre ensemble

  • Entrer en contact avec l’autre
  • Mieux se connaître et connaître l’autre
  • Prendre sa place dans le groupe et être attentif à celle de l’autre
  • Expérimenter la coopération

Comprendre

  • Prendre conscience que l’autre est différent de moi (son corps, sa manière de réagir, ses goûts…)
  • Comprendre l’origine des disputes, que le conflit est un désaccord
  • Découvrir et reconnaître les quatre attitudes différentes possibles en conflit

Communiquer

Écouter son corps :

  • Avoir conscience des sensations corporelles
  • Mettre des mots sur ses émotions
  • Gérer ses émotions

Agir

  • Pouvoir dire STOP
  • Faire une demande
  • Faire des choix

Module de formation « Graines de médiateurs pour les maternelles » de 2 journées

3 méthodes pour développer les compétences relationnelles en maternelle

Afin d’animer les enfants en maternelle au programme « Graines de médiateurs », les formateurs utilisent 3 méthodes spécialement adaptées aux 3-6 ans. Elles permettent d’attirer l’attention des enfants tout en leur apprenant les habiletés sociales de base, socle de la vie en société.

Les marionnettes

L’école des étoiles, Marchienne-au-Pont, 9h, classe de 1ère maternelle. Assis en cercle, les enfants sont prêts pour l’atelier « Graines de médiateurs ». La séance démarre de façon rituelle par le bâton de pluie qui annonce l’arrivée de Loulou (un loup) et Gigi (une girafe), deux marionnettes qui vont jouer un petit scénario introduisant le thème du jour. Aujourd’hui, c’est la demande qui va être travaillée.

La girafe : « Bonjour les enfants ! Regardez ce que j’ai reçu… (La girafe sort un foulard de sa valise). Il est beau, n’est-ce pas ? »

Le loup arrache le foulard des mains de la Girafe.

La girafe dit au loup : « STOP ! » (Rappel aux enfants d’une compétence vue précédemment : quand on n’est pas d’accord, on peut dire STOP à l’autre)

La girafe demande aux enfants : « Comment peut-on faire si l’on veut quelque chose que l’autre a ? »

Les enfants : « Demander. »

La girafe : « Qui veut bien montrer au loup comment il demande pour avoir un foulard ? »

La trame des histoires liées aux marionnettes est simple : la girafe va accueillir le loup dans son école (« l’école du cœur »). En effet, le loup est bien démuni et se retrouve souvent seul à cause des comportements qu’il a en groupe. Quand il n’est pas d’accord, il tape, mord, insulte, griffe… Le loup ne sait pas comment il peut faire autrement ! Au fil des séances, les enfants vont pouvoir s’identifier au loup et « grandir » avec lui.

Les marionnettes permettent de capter l’attention des enfants pour leur apprendre les compétences sociales comme dire STOP à l’autre, prendre contact avec l’autre (observer, dire bonjour, demander…), gérer des conflits.

Celles-ci permettent aussi d’ancrer les compétences vues. J’ai été par ailleurs très surprise de constater qu’en deuxième maternelle, les enfants – qui ont eu les ateliers l’an dernier – se rappelaient tous des marionnettes et de l’habileté à dire STOP.

Les chansons

Par la répétition et le plaisir qu’ont les enfants avec la musique, les chansons permettent de « remettre des couches » sur les notions abordées.

Voici la chanson de nos deux marionnettes (cf. premier point de l’article), que les enfants maitrisent déjà après quelques ateliers :

« Bonjour, les amis, bonjour

Coucou, je suis le loup

Si je ne suis pas d’accord,

Je frappe et puis c’est tout »

« Bonjour, les amis, bonjour

Coucou, je suis la girafe

Si je ne suis pas d’accord,

Je le dis simplement : STOP »

L’institutrice me rapporte qu’elle a observé dans la classe quelques enfants pouvant dire STOP spontanément à un copain lorsqu’ils n’étaient pas d’accord avec son comportement. Elle-même les incite à utiliser ce STOP lorsqu’un enfant ne se « défend » pas ou que les élèves viennent rapporter. Les enfants y gagnent en autonomie et en confiance en eux. Mine de rien, ils apprennent la première étape de la médiation (pouvoir arrêter le conflit, se calmer).

Les jeux corporels

Les enfants apprennent par le corps en mouvement. L’idée est d’apprendre directement les nouvelles compétences, dans le jeu, en bougeant.

Prenons un atelier spécifique, dans lequel les enfants vont demander à l’animateur un foulard chacun à leur tour. Chaque enfant est félicité pour la demande faite, même si elle est partielle, à cause des difficultés de langage que les enfants rencontrent. Quelle fierté sur les visages ! Sur la musique, les enfants vont pouvoir danser avec leur foulard de manière créative avant d’être invités à échanger leur foulard avec un autre enfant. Pour certains, c’est difficile ! Difficile de demander : oups, Simon arrache le foulard à un enfant. Pour d’autres, difficile d’accepter de donner son foulard. C’est l’occasion pour les enfants d’imaginer des solutions lorsque l’autre refuse leur demande (demander à quelqu’un d’autre, revenir plus tard…).

Enfin, les enfants reviennent s’asseoir sur un banc dans le cercle. Un foulard va passer de main en main pour « taper sur le clou » (apprendre à donner et recevoir).

Pour conclure

Grâce à la merveilleuse plasticité du cerveau des enfants en jeune âge, ceux-ci apprennent vite, via les chansons, les marionnettes et les jeux en mouvement. Par ailleurs, l’apprentissage va surtout s’opérer dans le quotidien si leur instituteur ou institutrice rappelle les compétences au quotidien : « Non, tu ne peux pas taper ! Comment aurais-tu pu faire autrement pour avoir l’auto de X ? » ou encore « Que peux-tu dire à X quand il te pousse ? ». La formation des enseignants est une étape fondamentale dans ce processus.

Petites graines de médiateurs… deviendront grandes !

Images News 201804