Communiquer, c’est comme danser

Par Jean-François Lecocq, Formateur en Communication Nonviolente (2011).

Le « talkie-walkie », connaissez-vous ? C’est un petit émetteur-récepteur de radio portatif qui se présente comme un téléphone et qui permet d’avoir une communication dite « half duplex », c’est-à-dire une communication dans les deux sens, mais pas simultanément. Pour parler, donc émettre, il faut appuyer sur un bouton et pour entendre, donc recevoir, il faut relâcher le bouton. L’autre personne, ayant le même appareil réglé sur la même fréquence radio, fait de même pour communiquer avec vous. Inventé en 1941 par l’ingénieur canadien Donald Hings travaillant chez Motorola, c’est un peu l’ancêtre du gsm actuel, mais indépendant du réseau téléphonique.

Or depuis lors, on a découvert que la communication humaine fonctionne exactement comme un talkie-walkie. Soit nous parlons, soit nous écoutons, mais nous ne savons pas faire ces deux choses-là en même temps, alors même que le commun des mortels se croit capable de le faire tout le temps !

Dans le processus de la Communication Nonviolente modélisé par Marshall Rosenberg, on apprend à distinguer ces deux temps de la communication par l’emploi des termes : « expression honnête de soi » et « écoute empathique de l’autre ». Viennent ensuite quatre étapes qui sont :

  • premièrement, l’observation des faits ;
  • deuxièmement, les ressentis ;
  • troisièmement, les besoins en jeu ;
  • et enfin quatrièmement, les demandes susceptibles de rencontrer ces besoins mis à jour.

Si l’on ajoute le fait qu’il est parallèlement utile de toujours garder le sens de la communication avec soi-même, c’est-à-dire de savoir toujours garder un oeil sur soi -on appelle cela « auto-empathie » en Communication Nonviolente- avec les quatre étapes qui s’y rapportent également, cela fait pas moins de 12 possibilités où mettre son attention dans la communication. Il n’y a pas lieu de s’étonner que le petit walkie-talkie que nous sommes s’y perd bien souvent !

Pour clarifier la complexité de ce qui est ainsi en jeu dans la communication, de nombreux moyens pédagogiques ont été imaginés et sont utilisés dans les formations en Communication Nonviolente : schémas, dessins, exercices structurés, jeux de rôles, utilisation de chaises, etc.

Deux formatrices anglaises en Communication Nonviolente, Bridget Belgrave et Gina Lawrie, ont imaginé mettre tout cela sur de grandes cartes de différentes couleurs disposées au sol et sur lesquelles on se déplace, chaque carte disposée au sol représentant un pas dans une sorte de danse de communication. Cela permet d’explorer la complexité d’une communication d’une façon ludique, originale et inspirante. Cette représentation spatiale a abouti à la création de ce qu’on appelle les « Pistes de Danse CNV ».

Il existe actuellement neuf danses CNV, chacune d’entre elles étant conçue pour développer les prises de conscience et les compétences dans un domaine particulier de communication. Quatre d’entre elles sont des « Danses Intérieur-Extérieur » permettant à chaque instant de choisir entre différentes options, d’aller et venir, de reculer ou même de sauter d’un temps à un autre, et d’explorer ainsi d’une façon créative un dialogue interpersonnel authentique en jeu de rôles. Les cinq autres sont des « Danses Intérieur » permettant une transformation personnelle en accédant à ses ressources intérieures grâce à une connexion empathique bienveillante avec soi-même.

J’ai eu la chance de rencontrer Bridget Belgrave au cours d’une formation qu’elle a donnée en France en ce début d’année 2011 et j’ai été impressionné par ce qu’elle m’a fait découvrir. J’ai eu l’occasion d’y découvrir sous un nouveau jour diverses situations de communication, dont une dont j’avais gardé un souvenir assez pénible et dont la solution m’est apparue avec une soudaine clarté. J’en suis resté stupéfait et émerveillé. J’ai découvert que bien au-delà d’une compréhension mentale, la pratique des « Pistes de Danse CNV » peut faciliter l’accès à une compréhension corporelle claire, souple, profonde, une conscience vivante de la communication.

Aussi j’ai le goût de partager ce que j’ai appris avec les personnes qui seraient attirées par vivre quelques-unes de ces danses. C’est pourquoi j’ai proposé à l’Université de Paix d’introduire une telle activité dans son nouveau programme sous le titre « Communiquer… C’est comme danser ! ». A qui le tour ?

20 ans de Communication Nonviolente en Belgique

Par Jean-François Lecocq (2013), Formateur en Communication Nonviolente, Intervenant pour l’Université de Paix.

Si aujourd’hui, tellement de personnes ont entendu parler de la Communication Nonviolente, lu un livre, participé à l’une ou l’autre formation, il n’en fut pas toujours ainsi. Il y a 20 ans, en 1993, ce processus était tout à fait inconnu dans notre pays.

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La rencontre

En fait, tout s’est tramé l’année précédente grâce à Michel Mégard (membre du collectif francophone des formateurs à l’action nonviolente, collaborateur du Centre pour l’Action Nonviolente (CENAC)). Celui-ci informe alors l’Université de Paix de la venue du Dr. en psychologie Marshall Rosenberg au Louverain en Suisse pour une formation à la Communication Nonviolente qui, disait-il, pouvait peut-être nous intéresser. Nicole, mon épouse, et moi-même avons ainsi la chance de participer à cette formation résidentielle donnée du 5 au 10 juillet 1992 par Marshall Rosenberg avec l’aide d’Anne Bourrit, sa collaboratrice suisse qui le traduit remarquablement bien. A vrai dire, si nous sommes quelque peu sceptiques au départ -c’est là un détour dans nos vacances familiales !- nous apprécions rapidement ce choix, au point que même Noé, 15 ans, délaisse petit à petit les jeux avec son petit frère Anaël dans le superbe parc environnant, pour suivre entièrement la deuxième partie de la formation et participer à tous les exercices avec les adultes.

Nous sommes frappés par la convergence de cette nouvelle approche, tant avec le concept du dialogue développé par l’Université de Paix qu’avec notre propre cheminement -Nicole vers sa pratique de la Catharsis, la thérapie nonviolente des profondeurs (cf. Nicole Lecocq-François, Une Vérité qui libère – Du passé imposé au présent libéré, éd. Quintessence, 2009), moi dans celui des formations à la nonviolence, dont l’approche de la Communication Efficace du Dr. en psychologie Thomas Gordon. Celui-ci se situe d’ailleurs dans le même courant rogérien de psychologie humaniste que la Communication Nonviolente et a été introduit dans les années 70 dans notre pays par l’Ecole des Parents et des Educateurs (E.P.E.). Pour ma part, c’est en 1972-73 que j’ai eu l’occasion de me former avec le MIR [IFOR] aux techniques de préparation aux actions nonviolentes utilisées par les formateurs accompagnant Martin Luther King dans ses manifestations de revendication des droits civiques pour les Noirs des Etats-Unis et c’est en 1978 que j’ai été certifié formateur en Communication Efficace par l’E.P.E.

Les bases de la CNV, par Marshall Rosenberf (vostfr)

Rappelons que le courant de psychologie humaniste, fondé par Carl Rogers et Abraham Maslow, plutôt que de se centrer sur ce qui cloche chez la personne (le traumatisme, le pattern de comportement), se centre sur ses ressources, ce qui fait qu’elle est bien dans sa peau, relationne positivement avec son milieu, etc. Centrée sur la personne, sans jugement, sans directivité, cette approche évite de faire des diagnostics, des plans de traitement, des protocoles thérapeutiques… Elle se situe donc essentiellement dans une perspective éducative résolument confiante dans les possibilités de la personne humaine. Cette orientation marque aussi bien son domaine que sa limite, qu’Abraham Maslow exprime bien quand il dit : « Tout ressemble à un clou pour qui ne possède qu’un marteau » (« I suppose it is tempting, if the only tool you have is a hammer, to treat everything as if it were a nail »). Ce qui n’enlève évidemment rien à l’utilité du marteau !

Le dernier jour de la formation, Nicole et moi tenons un petit Conseil de Paix avec Marshall Rosenberg et Anne Bourrit, afin d’envisager les possibilités de diffusion du processus de la Communication Nonviolente en Belgique. Le Dr. Rosenberg nous partage alors son rêve d’introduire la Communication Nonviolente dans notre pays par des stages réunissant prioritairement des formateurs d’adultes susceptibles de transmettre eux-mêmes son processus. Tous partagent ce rêve et ont le goût de le mettre en œuvre. Et il nous donne directement son accord pour venir en Belgique l’année suivante.

Marshall Rosenberg en Belgique

C’est ainsi qu’en 1993, l’Université de Paix invite Marshall Rosenberg et Anne Bourrit en Belgique. Le 6 mai, à la Faculté des Sciences de Namur, Marshall, traduit par Anne Bourrit, donne une première conférence intitulée « Parler du cœur au cœur ». Celle-ci est vivement appréciée par le public.

Et du 7 au 9 mai, c’est le superbe château de Vierset qui accueille un premier groupe de 14 participants travaillant dans la formation d’adultes pour découvrir « Le processus de la Communication Nonviolente » avec Marshall Rosenberg et Anne Bourrit. Un somptueux décor pour cette première formation en Belgique qui enchante les participants. Je me souviens que, du petit balcon de la salle de formation, on domine un étang calme… qui s’anime soudainement quand on y jette les restes des vieux pains rassis. A ce moment en effet, la surface s’agite et une multitude incroyable de carpes se bousculent furieusement pour engloutir en un instant toute la nourriture. Je suis fasciné par ce spectacle que je ressens comme un présage de fécondité pour l’avenir de la CNV en Belgique !

Si, par la suite, je fus le seul qui poursuivit le processus de formation de formateurs, j’ai plaisir à citer parmi les autres participants à cette première formation en Belgique, Ariane et Benoît Thiran qui, après un long séjour dans le développement en Amérique du Sud, ont co-fondé l’asbl « Sortir de la Violence » et incorporé les notions de base du processus dans les formations qu’ils donnent sur l’approche évangélique de la nonviolence. Il en est de même pour le Dr. Patricia Patfoort, anthropologue et auteure de l’ouvrage Se défendre sans attaquer – La puissance de la nonviolence, éd. Jeugd & Vrede et Baeckens Books, Mechelen, 2004. Pat Patfoort travaille sur la question des alternatives nonviolentes depuis plus de trente ans et, avec l’organisation « De Vuurbloem », incorpore ces mêmes notions dans ses formations sur la nonviolence active en Flandre.

Le numéro de juin 1993 de la revue de l’Université de Paix publie la traduction par Christiane Secrétan d’une interview de Marshall Rosenberg par Guy Spiro, parue l’année précédente dans « The Monthly Aspectarian » de Chicago. Cet article a été repris à diverses occasions par la suite, car les idées que Marshall ne cesse de développer dans ses formations y sont présentées de façon très simple et attrayante. Puis Anne et Nicole traduisent deux opuscules de Marshall : d’une part un « Cahier d’exercices de Communication Nonviolente » de 39 pages et d’autre part, une « Introduction à la langue Girafe – Une soirée de séminaire à Del Mar, Californie, 15 mai 1991 » de 41 pages. Ces deux publications, photocopiées et reliées à l’Université de Paix, seront bien utiles en attendant la sortie en 1999 du premier livre de Marshall en français et de tout ceux qui ont suivi (cf. Bibliographie).

Pendant 13 ans, soit jusqu’en 2005, l’Université de Paix va inviter chaque année au moins une fois Marshall et Anne dans notre pays. En tout cela fera 18 formations sur des thèmes qui concernent tant la méthode comme « Le processus de la CNV », « Aller plus loin dans la CNV » ou « Formation Intensive Internationale à la CNV » que les aspects particuliers comme « Education et CNV », « Se libérer de l’apprentissage culturel destructeur et les normes en CNV », « La CNV dans le changement social », ou « La CNV, de l’individu à l’organisation »… Cela aboutira à un développement décisif de la Communication Nonviolente chez nous (Pour ceux qui souhaitent en savoir plus…).

La Concertation pour la CNV et un parcours certificatif

Divers contacts pris durant l’année 1995 mettent en évidence le fait qu’il devient nécessaire d’assurer rapidement la crédibilité d’une organisation harmonieusement concertée de la Communication Nonviolente. Aussi l’Université de Paix et l’E.P.E. élaborent durant cette année, un projet de « Concertation pour la Communication Nonviolente ». Mise sur pied officiellement le 18 janvier 1996, elle rassemble alors, outre les organismes de formation précités qui apportent ainsi leur caution morale à la CNV et leur expérience dans la formation, des personnes motivées et actives dans la problématique, soit comme formateurs, soit comme organisateurs. Se retrouvent ainsi autour d’Anne Bourrit, pour le lien qu’elle représente avec le Dr. Rosenberg, Véronique Boissin, Thomas d’Ansembourg, Catherine et Martine Lessire, Anne-Charlotte Roussel, Anne van Stappen, Pierre-Bernard Velge, Régine Parez, en tant que représentante de l’E.P.E. et moi-même, en tant que représentant de l’Université de Paix. Cette Concertation devient le lieu où les problèmes posés par le développement rapide de la Communication Nonviolente en Belgique vont pouvoir être abordés.

Dans un esprit d’accès à l’information pour le public et de soutien mutuel pour les nouveaux formateurs, l’Université de Paix sort, en octobre 1995, le premier numéro de « L’Agenda pour la Communication Nonviolente », photocopié et distribué en principe par tous les formateurs aux participants à une activité de formation à la Communication Nonviolente en Belgique. Elle assure ce service à une cadence rapprochée pour la publication de 20 premiers numéros. Si actuellement encore, cet agenda continue d’être publié deux fois par an par l’Association pour la CNV sur son site internet, ce dernier offre en plus aujourd’hui le service d’un « Agenda Permanent » des activités, mis à jour instantanément par chaque formateur en Belgique, France et Suisse. Et pour ce qui est des formateurs, un parcours clair de formation de formateurs francophones CNV d’environ trois ans a pu être mis au point avec l’assentiment de Marshal.

De nouveaux développements

Je vous partage ici une petite anecdote. En ce qui me concerne, début 1997, mon nom était déjà apparu sur la liste des formateurs CNV du Centre pour la Communication Nonviolente avant même que je n’aie fait la moindre demande à Marshall ! Par honnêteté, j’ai d’abord fait rectifier cette nouvelle pour le moins prématurée. Mais l’année suivante, je me suis décidé à écrire à Marshall pour lui demander de passer son test et, surprise, il m’a directement répondu qu’il me reconnaissait formateur sans avoir besoin de passer le test. Evidemment, il avait déjà eu maintes occasions de me voir dans les nombreuses formations que j’ai faites avec lui depuis 1992 au Louverain. Aussi j’ai pris cette décision comme une grande marque de confiance de sa part… et c’est ainsi qu’en 1998, le Centre m’a (ré)inscrit sur sa liste !

Fin 2001 – début 2002, l’Université de Paix est sélectionnée pour donner des formations à des surveillants de prisons. C’est ainsi qu’après une bonne préparation avec notamment la visite de plusieurs prisons, histoire de sentir l’ambiance et de connaître quelque peu ce public spécifique, j’ai eu l’occasion, accompagné par Julie Artus ou Sonja Léonard, de donner trois jours de formation à la Communication Nonviolente plus un jour de rappel à trois groupes d’agents pénitentiaires francophones à l’Institut des Cadres Pénitentiaires de Marneffe. Etant tous les trois très motivés, nous y avons beaucoup appris, car les prisons belges sont des lieux de grandes souffrances pour ceux qui y vivent ou y travaillent. Notre pays est d’ailleurs régulièrement cité et condamné par les autorités européennes pour les traitements inhumains et dégradants qui s’y produisent. Les personnes que nous y avons rencontrées, des surveillants et des surveillantes, vivent des situations très difficiles et sont souvent bien mal considérées par un public mal informé ou par les politiciens. Aussi sont-ils véritablement affamés d’empathie et de Communication Nonviolente (cf.  l’article « La justice, sécurité d’aujourd’hui et de demain » de Julie Artus, Jean-François Lecocq et Sonja Léonard paru dans le n° 79 de juin 2002 du trimestriel de l’Université de Paix).

En 2002, l’Université de Paix donne des formations pour des avocats médiateurs dans lesquelles j’anime la partie sur la CNV. C’est aussi cette année que, choisissant de réorganiser autrement mon temps, je décide de prendre anticipativement ma retraite en tant qu’employé de l’Université de Paix. C’est avec émotion que le 31 mai, je participe à la fête de circonstance avec mes collègues. Ceux-ci, connaissant ma passion pour l’aéromodélisme et la construction -ou la réparation !- de planeurs radiocommandés, m’offrent une magnifique scie sauteuse électrique. C’est exactement le genre d’outil qu’on ne se paierait pas soi-même, mais dont on se demande après coup comment on a pu s’en passer ! Et c’est avec le statut d’indépendant complémentaire que je continue ensuite à apporter mon concours à l’Université de Paix, spécialement en ce qui concerne la Communication Nonviolente. Quant à mes collègues de la Concertation, ils me font la surprise d’un magnifique planeur avec lequel j’aurai l’occasion de passer bien des moments intenses. Je suis touché par tant de générosité, alors que j’imagine combien cela doit leur être dur parfois de supporter ma collaboration qui, si elle se veut stimulante, doit aussi à l’occasion leur paraître semblable à celle d’une « mouche du coche » quelque peu harcelante !

En 2003, au Domaine de La Marlagne, nous avons le grand plaisir de célébrer le 10ème anniversaire de la Communication Nonviolente en Belgique avec la présence de Marshall et Anne, qui sont là aussi pour la formation « Education & CNV ». Depuis 10 ans, nous avons vécu bien des événements, traversé parfois des situations délicates qui nous ont fait nous remettre en question, mais il est évident pour moi que c’est grâce à leur collaboration soutenue durant ces 10 années, que nous connaissons aujourd’hui un tel développement de la CNV en Belgique.

Et c’est deux ans plus tard, du 4 au 6 juillet 2005 au Domaine de la Marlagne, que Marshall et Anne reviennent pour la 18e et dernière fois à l’invitation de l’Université de Paix sur le thème de « La CNV, de l’individu à l’organisation » (Avec celle que l’Université de Paix a organisée en 1998 avec le projet « Cap Paix », cela fait même 19 !). Le défi est ici d’expérimenter le processus CNV au niveau individuel, groupal et organisationnel, et d’articuler entre elles ces trois dimensions constitutives de toute société. Chaque journée porte sur un niveau différent et comprend : un exposé de Marshall, un travail en atelier et une séance plénière avec feed-back de Marshall. Je suis plein de gratitude pour tout ce qu’il nous a apporté au fil de ces années avec le concours d’Anne Bourrit, sa fidèle collaboratrice, traduisant sa pensée avec toute la subtilité qu’elle méritait.

L’augmentation du nombre des formateurs certifiés permet à ce moment à l’Université de Paix d’alléger la partie de son programme occupée par les aspects particuliers de la CNV. Ceci est un signe que l’enfant grandit et peut maintenant envisager d’aller vers son autonomie. Comme dans d’autres domaines comme la médiation, les jeux coopératifs ou les technologies appropriées, l’Université de Paix a ici aussi accompli son rôle de greffeur d’approches nouvelles de paix dans le corps social. Désormais, elle limite ses formations CNV à quelques formations d’Introduction par an et à des interventions extérieures qui rentrent dans le cadre de son objectif de formation à la gestion positive des conflits.

En 2011, j’ai enfin pu réaliser un rêve et, du 27 au 30 janvier, j’ai eu la chance de participer, de même qu’Anne Bruneau pour les Belges, à la formation originale sur les Pistes de Danses CNV pour formateurs et candidats avec Bridget Belgrave à Lyon. Depuis, avec Claire Struelens nous avons animé par deux fois cette activité « Communiquer, c’est comme danser ! » à l’Université de Paix. C’est toujours un plaisir pour moi d’animer ces danses CNV qui permettent d’intégrer la communication à la fois de façon visuelle, auditive et corporelle. Le seul problème avec cette approche didactique bien intéressante, c’est qu’elle demande pas mal d’espace pour la pratiquer et aussi un travail de préparation systématique précis et conséquent… pour les formateurs. Pour les participants, c’est autre chose, il suffit juste pour eux de prévoir des chaussons ou des surchaussettes !

J’ai plaisir à signaler qu’en octobre 2012, la 1ère formatrice flamande a été reconnue dans notre pays. Félicitation à Corry Laura Van Bladel qui habite Eindhout. Nous attendions cela depuis si longtemps. Elle a commencé son parcours en suivant les formations à la nonviolence données par Patricia Patfoort, dont nous avons vu qu’elle a participé à la 1re formation CNV donnée par Marshall en 1993 dans notre pays. Comme quoi tout se tient… mais il aura fallu près de 20 ans ! Avec elle, nous sommes aujourd’hui 27 formateurs en service en Belgique -ou en Afrique aussi parfois, pour certains d’entre nous.

Cap Paix

Les drames de l’Algérie, du Rwanda et du Burundi se sont répercutés sur le campus de Louvain-La-Neuve par de fortes tensions dans les communautés originaires de ces pays. C’est pourquoi, soucieuse de développer des réponses qui permettent de dépasser le traitement au cas par cas, l’Association des Services d’Aide de Louvain-La-Neuve (ASAL) s’est adressée à l’Université de Paix afin de développer ensemble des stratégies de régulation des tensions dans la communauté internationale du campus. Guy De Beusscher, assistant social travaillant à l’ASAL, sera la cheville ouvrière de ce projet. L’asbl Innovation Sociale et Animation (ISA) y est également partie prenante sous l’impulsion de Michel Taverne.

Pour répondre à ces préoccupations, des formations sont organisées à partir de 1996, dans lesquelles le modèle de la Communication Nonviolente développé par Marshall Rosenberg y occupe une place centrale. Des dizaines de formations voient le jour dans les années suivantes. Plusieurs d’entre elles ont eu lieu dans le Centre de Formation de l’UCL à Matagne-La-Petite. C’est là qu’en avril 1998, Marshall Rosenberg aura l’occasion d’animer une formation sur « Le changement social et les préjugés », en fonction des problématiques vécues par les participants dans leurs pays, notamment par des jeux de rôles et un travail de médiation et de réconciliation.

Cela évolue par la constitution le 6 juin 2002 d’une ASBL spécifique qui prend le nom évocateur de Cap Paix (dont le 1er président sera François Bazier, formateur et administrateur à l’Université de Paix). Celle-ci, fondée sur une équipe pluraliste et multiculturelle, développe encore le champ des activités qui culminent en 2003 et 2004 par la certification par Anne Bourrit de 7 formateurs CNV africains qui ont fait tout le parcours de certification grâce à ce projet. C’est là comme un couronnement de tous les efforts fournis pendant tant d’années.

Notre bonheur est grand, mais de courte durée, car en 2004, le Ministère des Affaires Etrangères, absorbant celui de la Coopération, change de couleur politique et, malgré les promesses réitérées et après bien des tergiversations, décide de couper la ligne budgétaire de la prévention des conflits. Une période particulièrement délicate s’en suit pour Cap Paix qui se voit ainsi privée de tout subside. En 2004 – 2005, le conseil d’administration n’est plus composé que de Monique Misenga, présidente, Léandre Simbananiye, secrétaire, Philomène Waka, Any Reiland, Jean-Baptiste Ndikuriyo, Pascal Kakana et moi.

Malgré un important travail de recherche d’alternatives, le conseil d’administration se voit forcé de proposer à l’assemblée générale la liquidation de l’association. Et c’est le 7 octobre 2005 que celle-ci décide la liquidation de l’asbl Cap Paix. Sur le moment, nous avons vécu cette issue un peu comme un échec. Jusque-là, le fait d’obtenir de l’argent de l’Etat, c’est-à-dire de récupérer une partie de l’argent que nous lui versons en tant que citoyens, pour développer un projet de Paix voué à la prévention des conflits, présente un aspect exaltant sous une forme qui démontre clairement « qu’un autre monde est possible ». La suite des événements ayant amené le gouvernement belge à utiliser plutôt l’argent des citoyens pour soutenir différentes guerres dans le sud pourrait nous faire sombrer dans l’amertume, la tristesse ou la révolte. Cependant, il faut aussi considérer qu’au-delà de cette tragique politique extérieure de la Belgique, il reste qu’aujourd’hui bien des personnes, ayant participé aux activités de ce projet de Paix, continuent ce travail aussi bien ici que dans le sud. Certains projets se sont en effet développés de façon autonome et nous sommes toujours ravis d’en apprendre les développements. Ils nous montrent aujourd’hui que, derrière les apparences, « un autre monde émerge petit à petit ».

La sociocratie et l’Association pour la CNV

Depuis 2005, après une formation avec Gilles Charest (cf. Gilles Charest, La démocratie se meurt, vive la sociocratie !, éd. Esserci, Reggio Emilia, 2007) et Ghislaine Cimon, formateurs québecois à la sociocratie, l’organisation de la CNV tente d’incorporer cette approche dans son fonctionnement. Aujourd’hui, si en pratique, le système d’information mutuelle par les doubles liens ne peut fonctionner avec des cercles qui ne se réunissent pas à un rythme fréquent et de façon coordonnés, par contre la prise de décision dite « par consentement » est appliquée quelquefois avec un certain bonheur. Cependant l’organisation par cercles a débouché dans notre pays en 2010 par la constitution d’une asbl prenant le nom d’Association pour la Communication Nonviolente – Belgique Francophone (ACNV-BF). C’est elle qui organise cette année, le 1er mai a Louvain La Neuve, la fête du XXe anniversaire de la CNV en Belgique.

Perspectives

La Communication Nonviolente est intimement liée à son fondateur Marshall Rosenberg. Aussi, même si nous souhaitons qu’il reste encore longtemps avec nous, on peut se poser la question de savoir comment les choses vont se passer après lui. En fait, cette question est déjà sur la table depuis qu’à la fin de l’année 2011, Marshall a démissionné du Conseil d’Administration du CNVC [Center for NonViolent Communication]. Aujourd’hui, les discussions ont mené à un accord concernant « la propriété intellectuelle » dans lequel, d’une part, Marshall garde les droits sur toutes les publications qu’il possède et, d’autre part, donne un aval au CNVC pour qu’il puisse continuer à diffuser la Communication Nonviolente dans l’avenir. Souhaitons que cet accord ouvre une nouvelle étape de développement harmonieux et de co-création de l’organisation de la Communication Nonviolente pour un monde de Paix…

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Travail avec les agents pénitentiaires

Article rédigé par Julie ARTUS, Jean-François LECOCQ et Sonja LEONARD et initialement publié dans le trimestriel n°79 de l’Université de Paix, en 2002.

A tous les mâtons que nous n’avons pas trouvés

Depuis décembre 2001, nous avons eu l’opportunité de rencontrer trois groupes d’agents pénitentiaires qui se sont portés volontaires pour une formation continuée portant sur l’assertivité et la Communication Nonviolente. Rencontre surprenante par bien des égards.

Cette opportunité nous a été donnée par un appel d’offre publique lancé par l’Institut de Perfectionnement des Cadres Pénitentiaires de Marneffe (I.P.C.P.). Nous y avons répondu par un projet de formation en trois phases, les deux premières se déroulant en résidentiel.

La première, de trois jours, vise à aborder et à développer les aptitudes liées à la notion d’assertivité. La deuxième, d’une même durée, a pour objectif d’amorcer et de mettre en pratique le processus de Communication Nonviolente. Enfin, la dernière phase, d’un jour, permet d’évaluer la satisfaction des agents quant à la formation, et d’échanger sur la mise en pratique des différents outils « in situ ». Lors de cette même journée, dans un souci de professionnalisation du métier d’agent pénitentiaire, un parcours de formation de type Promotion Sociale leur est présenté par Monsieur Vincent Blanpain, directeur de l’I.P.C.P.

Si le projet a été accepté, nous ne pouvions cependant pas en rester là en terme de préparation. Le public et le cadre de travail tout à fait particulier des agents pénitentiaires nous étaient jusqu’alors inconnus. Comment animer une formation professionnelle de façon cohérente sans s’intéresser aux personnes, aux vécus, aux lieux, aux tâches qui constituent l’essentiel d’une journée de travail ?

Ainsi, en plus de certaines lectures proposées, comme «La formation des agents pénitentiaires, mission impossible ?» de Gérard De Coninck, nous avons décidé d’entrer dans le monde fermé des Établissements Pénitentiaires. Monde intéressant, s’il en est, pour l’Université de Paix. Grâce à la collaboration de Vincent Blanpain, nous avons pu accéder, pour quelques heures, aux Établissements de Lantin, Andenne, Namur et Marneffe.

Il est évident que ces quelques instants ne nous permettent pas de connaître le métier et l’environnement complexe des agents pénitentiaires, mais nous ont simplement donné de prendre contact avec différents acteurs du monde carcéral, de ressentir, et cela très rapidement, l’ambiance particulière des lieux. Comme un orage à venir…

Suite à ces visites, nous étions un peu mieux informés, mais l’image et les préjugés véhiculés par la société autour des agents pénitentiaires restaient peu flatteurs. Prêts à remettre ces derniers en question, nous sommes néanmoins arrivés avec beaucoup d’appréhension pour le premier module de formation. Et là, surprise…

Nous avons pu rencontrer des personnes venant de tous horizons, tant en terme d’établissements, que de parcours professionnels, de parcours de vie. La diversité, contrairement aux a priori, était de mise. Une fois les premières craintes vaincues, il nous a été possible de découvrir la richesse et les difficultés d’un tel métier.

Le métier d’agent pénitentiaire est bien un des seuls, parmi ceux qui induisent un contact proche et permanent avec des personnes, qui ne requière officiellement aucune formation, si ce n’est au niveau pratique et sécuritaire. Or, nous avons pu constater, par les nombreux témoignages des participants, que pour un travail de qualité, et quelquefois pour la simple survie, des compétences humaines, relationnelles sont indispensables.

Sans outil, sans repère, sans regard extérieur, chacun est ainsi amené à puiser, parfois jusqu’au fond du puit, des ressources personnelles, propres au parcours de chacun, qui permettent de gérer la vie, huit heures par jour, avec d’autres êtres humains détenus dans des conditions souvent difficiles, parfois extrêmes. Chacun doit faire avec ce qu’il possède, avec ce qu’il est, en un mot avec ce qu’il peut, y compris avec des règles et une philosophie de travail qui varient fortement d’un établissement à l’autre, d’une équipe à l’autre.

Nous avons aussi pu comprendre que le métier d’agent pénitentiaire est fortement individualisé. Il y a peu de possibilité d’actions collectives, et si la confiance, pour des raisons de sécurité, est indispensable, tant vis à vis de l’institution, de la hiérarchie, que des collègues directs, elle est loin d’être toujours présente.

L’agent a souvent pour tâche de temporiser les difficultés survenues entre les personnes détenues et l’équipe qui l’a précédé, l’administration, les autres services de l’institution,… Nous avons pu relever qu’aux différents niveaux le soutien était parfois absent, ceci occasionnant une perte de confiance en l’autre, mais aussi en soi. Dans des conditions de tension forte, cette perte de confiance est sans aucun doute une source de stress supplémentaire.

Sans un minimum de soutien, de confiance, comment accepter ses erreurs ? Comment ne pas réclamer un soutien absolu de la part des directions vis-à-vis des difficultés rencontrées avec les personnes détenues ? Comment accepter une loi qui donnera le droit à ces personnes de déposer plainte contre soi ? Ou, comment, dans un contexte tendu, fruit des conditions de détention actuelles, accepter de se mettre en danger, de travailler « sans filet » ?

Dès lors, pourquoi s’étonner de la force des syndicats, des mouvements de grève actuels, occasions de solidarité, de cohésion, d’action collective ?

L’agent pénitentiaire est aussi un des seuls représentants de la société extérieure accessible quotidiennement pour les personnes détenues. Qu’est-il chargé de représenter sinon une société qui se veut en sécurité, qui veut que les « criminels » en soient retirés, et paient longuement, durement, leurs actes, quels qu’en soient les moyens. Sinon une société qui se veut aussi en accord avec des valeurs humanistes, telles celles des droits de l’homme.

Cette représentativité des deux tendances se traduit dans la distinction faite entre agents sociaux et agents sécuritaires, mais aussi dans le désarroi de certains à ne plus savoir comment agir. L’un d’eux illustre ce désarroi par ces paroles : «Même si nous ne sommes pas armés, et pas curés, on nous demande de tenir le pistolet d’une main et la bible de l’autre.»

Dès lors, ne peut-on considérer la grève comme une action publique, un appel à l’attention des autorités, mais aussi de la société?

Appel à une société qui fait porter aux agents pénitentiaires toute l’incohérence de son discours. « Soyez les mauvais que nous n’osons pas être, mais ne nous demandez pas de vous soutenir, nous devons paraître respectueux d’autrui. Rendez-nous service en nous protégeant, mais ne nous demandez pas de vous remercier, nous devons pardonner. »

Appel, via une valeur fondamentale de notre système, à savoir la quantité, qu’elle soit en terme financier ou en terme d’effectifs, à une reconnaissance de la difficulté de leur métier, de l’énergie personnelle qu’ils donnent pour le bien-être de chacun.

Au-delà de valeurs quantitatives, la formation des agents pénitentiaires, indispensable pour la qualité et la sécurité de leur travail, peut aussi être un des éléments qui tendent à une certaine reconnaissance de leur métier en tant que profession nécessitant des qualités et des compétences particulières. Surtout au vu d’un public détenu de plus en plus jeune, certains établissements ont une moyenne d’âge de 22 ans, public qui sortira, dans le cas de longues peines, avant d’avoir quarante ans. Public que la société, pour sa sécurité, veut punir et rééduquer.

La formation des agents permet aussi de créer un espace de parole, d’échange de pratiques dont ils ont un réel besoin. Cet espace peut ainsi contribuer à réduire la sensation d’isolement précitée.

La formation des agents pénitentiaires, si elle peut contribuer à l’amélioration des conditions de travail, pourrait également avoir un effet sur les conditions de détention. Et ainsi enrayer certains effets pervers du processus institutionnel, tel l’affrontement souvent présent entre détenus et agents, bases de la hiérarchie.

N’oublions cependant pas que pendant qu’ils s’affrontent, ils n’ont pas le temps, et le recul nécessaire pour remettre cette même institution en question quant à leur malaise, leur mal être…

Il nous semble maintenant important de remettre un peu de couleur dans ce tableau sombre et de dire que si peu d’agents pénitentiaires font ce métier par vocation, et si les conditions de travail sont difficiles, nous avons cependant rencontré des personnes qui ont appris à aimer leur métier et, malgré les incohérences, à le faire du mieux possible, à le faire évoluer dans un sens plus humain sans en oublier pour autant l’aspect sécuritaire. Leur volonté à se former à la communication semble en être une preuve irrévocable.

Cette formation, et peut-être d’autres initiatives, comme la professionnalisation par une école de Promotion Sociale, seront envisagées l’année prochaine, si les budgets le permettent…

Implanter le programme Graines de médiateurs (2013-2014)

Page relative à l’appel à candidatures 2013-2014 suite au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

> Présentation générale du programme

> Implantation complète dans votre école

> Interventions « à la carte » sur base du programme

> Sources de subsides possibles

Implanter « Graines de médiateurs – Programme de prévention de la violence à l’école primaire » dans votre école / votre classe. Mettre en place dans l’école, dans la classe, une dynamique de respect de chacun, d’éducation à la paix et à la citoyenneté afin – notamment – de permettre la pratique de la médiation.

Personnes concernées

  • Vous êtes enseignant/directeur/parent ;
  • Vous êtes convaincus de l’utilité de travailler en prévention la gestion des conflits et l’apprentissage de la médiation à l’école ;
  • Votre école n’a pas les moyens de s’offrir une formation longue…

Grâce au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Université de Paix propose le programme de formation longue « Graines de médiateurs » pour la période de septembre 2013 à août 2014.

Par an, sont compris dans le projet :

  • 9 animations d’1h40 pour deux classes primaires d’une école, suivies de 9 séances de coaching avec le/la titulaire
  • 2 journées de formation à Namur pour ces mêmes titulaires, lundi 3 février 2014 et lundi 17 mars 2014
  • 2 journées de formation pour l’ensemble de l’équipe (à prendre en charge par la FOCEF ou le CECP )
  • Une journée de formation à Namur pour les directions, le vendredi 10 janvier 2014
  • Une conférence pour les parents, les enseignants, l’ensemble de la communauté éducative
  • Le livre pédagogique « Graines de médiateurs II »

Infos supplémentaires et contact

  • Page du programme de formation « Graines de médiateurs » réalisé à la demande
  • Université de Paix  asbl [C/o Julie Duelz] – 4, Bd du Nord – 5000 Namur (j.duelz@universitedepaix.be – 081 55 41 43).

 

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Grâce au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Université de Paix propose le programme de formation longue « Graines de médiateurs » à prix réduit dans 5 écoles tous réseaux confondus en Communauté française et ce, pour la période de septembre 2013 à août 2014.

Entretien avec Patricia Patfoort

L’Université de Paix est en réseau avec divers organismes tant en Belgique que dans le monde. Entretien avec Patricia Patfoort, conceptrice du modèle « Majeur-mineur-Equivalence », co-fondatrice et présidente de l’asbl De Vuurbloem, active dans l’éducation à la nonviolence en Flandre.

Des propos initialement recueillis par Christine Cuvelier et publiés dans le trimestriel du mois de décembre 2008 de l’Université de Paix.

Bonjour, Patricia. Si nous te demandons de te présenter ainsi que De Vuurbloem, que dirais-tu ?

Je me vois comme une femme heureuse, qui est arrivée à faire dans la vie, et en particulier dans sa profession, ce qu’elle voulait et veut. Même si j’ai aussi eu des moments difficiles dans le courant de ma vie d’environ 60 ans maintenant. Et je me sens maintenant encore toujours en plein milieu de cette vie très active et pleine de projets. Je pense que je suis une personne optimiste, énergique, volontaire, persévérante et auto-disciplinée.

Je suis aussi une mère comblée, avec mes deux fils d’une trentaine d’années, avec qui j’ai une telle belle relation qu’elle m’émeut souvent. Je suis aussi une belle-mère comblée : les relations avec mes deux belles-filles me rendent souvent particulièrement heureuse. Et puis il y a comme cerises sur le gâteau encore mes deux petites-filles de 3 ans, des jumelles, avec qui je construis une relation qui me satisfait beaucoup et me donne beaucoup de joie.

Et puis bien sûr, il y a aussi ma profonde relation avec mon mari, qui me donne énormément de satisfactions et de bonheur.

Je fais régulièrement du sport (alpinisme, marche en montagne, cyclisme), et je joue très régulièrement de la musique (je viens de commencer l’accordéon il y a un peu plus d’une année, après avoir fait du piano toute ma vie). J’aime beaucoup la nature et les animaux (nous en avons pas mal à la maison), et je trouve l’écologie très importante.

Mon activité professionnelle, sur le thème de la prévention, gestion nonviolente et transformation des conflits, est continuellement entremêlée avec ma vie privée : il est très important pour moi de mettre en pratique ce à quoi je crois et ce que j’offre aux autres. Ce n’est que comme cela que je peux me sentir bien, être en paix avec ma conscience. Mais à côté de cela je vois aussi tous les résultats fabuleux que cela apporte dans toutes mes relations autours de moi, même avec le papa de mes enfants (qui n’est plus mon mari depuis presque 30 ans), sa femme et leur fils adolescent. Avec eux on a aussi construit une très belle relation d’affection et de confiance.

Je ne sais pas si cette présentation est très brève, mais j’ai le sentiment qu’il y a tellement dans ma vie, qu’il m’est difficile de la faire plus courte…

Et puis De Vuurbloem. C’est un centre à Bruges que j’ai créé en 1991, ensemble avec Josiane Burrick. Nos chemins de nonviolence se sont rencontrés à un certain moment, et nous avons décidés de travailler ensemble. Maintenant, nous sommes environ une vingtaine dans De Vuurbloem, surtout sur base de bénévolat, car nous n’avons pas beaucoup de finances. Nous ne sommes pas subsidiés. Mais je vois que nous avons un énorme potentiel humain dans notre centre : plein de bonne volonté, plein d’initiatives, plein d’activités. C’est très beau. Nous travaillons beaucoup dans l’éducation (familles, élèves de tous âges, enseignants, éducateurs, adolescents dans des situations difficiles), dans des prisons (avec des groupes de dix détenus, souvent des gens qui ont tué), avec des gens qui s’occupent de personnes âgées, des sections de police, des religieux, etc. (1). Nous donnons des conférences, des formations, faisons des médiations, accompagnons des personnes dans des situations de conflits ou des équipes qui fonctionnent difficilement. En fait, nous cherchons à offrir une réponse, une aide à n’importe quelle demande en rapport avec la prévention, gestion et transformation des conflits.

Je travaille comme conférencière, formatrice et médiatrice dans De Vuurbloem. En dehors De Vuurbloem, je fais aussi encore des formations dans des situations de conflits inter-ethniques, par exemple au Kosovo, dans le Caucase, dans différents pays d’Afrique.

Il y a plusieurs années, tu as participé aux formations proposées par l’Université de Paix. Quel impact ces formations ont-elles pu avoir dans ton quotidien privé, professionnel ?

Ces formations ainsi que les nombreux contacts personnels et d’amitié que j’ai eu avec les différents formateurs m’ont énormément apporté sur mon chemin de la nonviolence. Cela m’a aussi beaucoup inspiré pour les méthodes et techniques de travail pour nos formations. Cette période a été une base importante tant pour mon travail que pour la création De Vuurbloem, et aussi, c’est certain, pour comment j’ai construit la nonviolence dans ma vie privée.

Auteure, conférencière, formatrice et médiatrice dans le domaine de la transformation des conflits et la gestion nonviolente des conflits, tu as mis au point un cadre théorique original, le cadre MmE. Peux-tu nous le décrire ?

C’est difficile de faire cela en quelques lignes. Et surtout sans schémas. Car c’est justement cela qui est important dans ce cadre. En fait dans ce cadre il y a deux colonnes: celle de gauche est celle du modèle Majeur-mineur, qui est à la base des mécanismes de la violence, et celle de droite est celle du modèle de l’Equivalence, qui est à la base de la nonviolence. Ce sont des modèles très simples, et surtout très reconnaissables, ce qui fait qu’ils permettent aux gens de mieux situer ce qu’est la violence, de voir tout ce qui est contenu dans la violence, et donc comment ils y contribuent aussi eux-mêmes. Et surtout, ensuite, ces modèles permettent de déduire clairement à quoi ressemble l’alternative pour la violence, la nonviolence. Et ils offrent à la fin de ce parcours un schéma d’un processus pour résoudre les conflits de façon équivalente et nonviolente.

A mon avis, ce cadre explique la nonviolence d’une façon logique, presque mathématique, et ainsi je dirais irréfutable. Cela peut être assez confrontant. Mais c’est clair, et je pense très utile pour développer la nonviolence.

Bien sûr ce cadre est tout à fait en concordance avec toutes les autres façons de présenter et travailler la nonviolence et de gérer les conflits de façon constructive. Mais c’est une autre façon de le faire, avec certains avantages particuliers.

Comme l’Université de Paix, tu a participé à la conférence internationale clôturant la première phase de la recherche-action européenne Daphné II sur la prévention de la violence en maternelle. Tu y as présenté ton modèle de transformation des conflits « Majeur-mineur-Equivalence (MmE) ». Que peut-il apporter dans le cadre de l’élaboration d’un programme européen d’éducation à la paix pour les enfants, les enseignants… ?

Je pense qu’il peut être très utile pour aider les enseignants à clarifier pour les enfants ce qu’est exactement la violence, comment elle naît et se développe, et donc comment les enfants y participent,  souvent sans qu’ils ne le veuillent ou ne l’ont cherché. Un gros problème c’est que les enfants veulent et ont besoin de se défendre et de se protéger, et que souvent ils ne savent pas comment le faire autrement qu’en utilisant de la violence. Il n’est donc pas seulement important que les enfants comprennent mieux ce qu’est la violence et se rendent compte qu’ils y participent et comment, mais aussi qu’ils sachent comment se défendre d’une autre façon. Il faut que ce que nous leur proposons soit réaliste et acceptable pour eux. Je crois que les modèles MmE peuvent beaucoup aider dans ce cheminement.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Ce que je veux surtout, c’est continuer comme je suis en train de faire. Je suis très satisfaite de ce que je fais, de la vie que je mène, tant personnelle que professionnelle. Mais il y a certainement encore un tas de groupes et de personnes avec lesquelles je voudrais travailler, à qui je voudrais apporter les modèles MmE. Surtout des personnes qui ont du pouvoir dans la société, des responsables, des politiciens. J’ai l’impression que souvent ces personnes-là ne prennent pas le temps de réfléchir à et d’étudier ce genre de choses-là. Et puis j’ai aussi encore plusieurs projets de livre. J’ai encore tellement d’idées et d’histoires que je veux mettre sur papier. Et je pense aussi éventuellement à un film pour lequel je voudrais écrire le scénario. Et puis, il est important pour moi qu’il y ait de plus en plus de groupes qui travaillent sur les exercices de mon dernier livre. Il y a déjà plusieurs de ces groupes de lecture/travail, aussi à l’étranger (mes livres ont paru en plusieurs langues). Et puis il est aussi important pour moi que De Vuurbloem se développe le mieux possible, donc je veux soutenir nos nouveaux formateurs/formatrices et autres collaborateurs.

Et enfin, un grand souhait que j’ai, c’est de pouvoir travailler plus à fond, sur de plus longues durées, avec des groupes de différentes ethnies qui sont en conflit les uns avec les autres, et travailler jusqu’à élaborer des solutions.

Quel est le meilleur compliment que nous puissions te faire ?

Quelle belle question… En cherchant à te répondre, je me dis d’abord que je reçois souvent et beaucoup de compliments, ce n’est donc pas vraiment que cela me manque. J’ai de la chance. Parce que c’est très agréable de recevoir un compliment. Mais un de plus fait naturellement encore toujours plaisir…

Je crois qu’un des plus beaux compliments que des gens peuvent me faire, c’est quand j’ai géré une situation complexe dans le cours d’une formation, une situation qui ne peut pas être préparée, et qu’au moment même j’arrive à orchestrer de telle façon que tout le monde se sent bien et en sort un maximum. Alors je suis fière de moi-même, et cela me fait plaisir quand d’autres s’en sont rendus compte et me le disent, et me félicitent pour cela.

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour toi, ce serait…

Je suis très heureuse que l’Université de Paix m’ait demandé cette interview, car j’ai toujours beaucoup apprécié l’Université de Paix, son travail et son œuvre ; elle m’a beaucoup donné, j’ai toujours gardé le contact avec elle et avec différents de ses collaborateurs. Alors je suis très heureuse qu’aujourd’hui elle se soit intéressée à mon travail sous cette forme, et aussi le fasse connaître de cette façon dans la partie francophone du pays. Je vous en suis reconnaissante.

20 ans de Communication Nonviolente en Belgique

Le 7 mai 1993 au château de Vierset, l’Université de Paix organisait la première formation en Communication Nonviolente en Belgique, donnée par Marshall Rosenberg (vous en retrouverez le parcours dans le n°123 du trimestriel de l’Université de Paix, en juin 2013).

Pour fêter cet anniversaire, l’Association de Communication NonViolente de Belgique Francophone (ACNV-BF asbl) propose à chacun(e) de vivre le processus de la CNV, lors de la journée festive organisée le mercredi 1 mai 2013 de 10h00 à 17h30 à Louvain-la-Neuve, aux auditoires Socrate.

Au programme, entre autres :

  • Des témoignages de pionniers de la CNV en Belgique et de son développement durant ces 20 années (avec notamment Anne Bourrit, Jean-François Lecocq – formateur à l’Université de Paix, Thomas d’Ansembourg, Anne van Stappen…).
    On y parlera aussi de l’impact de la CNV dans les milieux où elle est diffusée : écoles, entreprises, associations, hôpitaux, familles, police…
  • Des ateliers en CNV pour tous les âges, selon la créativité et l’imagination des animateurs : le changement social, la médiation, l’éducation, la relation dans le couple, les enfants, l’entreprise, les groupes de pratique, le partage d’expériences, la relation à la nourriture, la culpabilité, les pistes de danse CNV…

CNV : entretien avec Thomas d’Ansembourg

Article initialement paru dans le trimestriel n°75 de l’Université de Paix, en 2001.

Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est un seau d’eau lancé pour nous réveiller de notre inconscience. Il y a urgence à être davantage conscients de notre manière de penser et d’agir. En illustrant ses propos d’exemples percutants, Thomas d’Ansembourg explique comment notre tendance à méconnaître nos propres besoins nous incite à nous faire violence et à reporter sur d’autres cette violence. Pour éviter de glisser dans notre spirale d’incompréhension, il s’agit de reconnaître nos besoins et d’en prendre soin nous-même plutôt que de nous plaindre du fait que personne ne s’en occupe. Ce livre, préfacé par le psychanalyste québécois Guy Corneau, est une invitation à désamorcer la mécanique de la violence, là où elle s’enclenche toujours : dans la conscience et le cœur de l’Homme.

Né en 1957, Thomas d’Ansembourg a été avocat et conseiller juridique. Parallèlement, il s’est engagé pendant près de 10 ans comme responsable-animateur d’une association qui s’occupe de jeunes en difficulté. C’est en écoutant ces jeunes qu’il a pu se rendre compte que la plupart de leurs comportements souvent considérés comme déviants représentent l’expression tragique de besoins fondamentaux (identité, tendresse, reconnaissance,…) qui n’ont pas trouvé d’autre mode pour se dire.

Formé à différentes approches psychothérapeutiques, particulièrement à la méthode de Marshall Rosenberg, il anime des formations et donne des conférences.

Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est son premier livre paru aux Éditions de l’Homme.

Université de Paix : Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Thomas d’Ansembourg : Pourquoi ? Parce que, en me disant dans ce livre, je veux illustrer la méthode de Communication Nonviolente que Marshall Rosenberg a mise au point et m’a enseignée. Ce processus de compréhension de soi et de l’autre a contribué à changer fondamentalement ma vie professionnelle et ma vie affective.

Parce que je souhaite participer activement à la construction d’une culture de paix. Au-delà d’une méthode de communication, la Communication Nonviolente permet un art de vivre la relation dans le respect de soi, de l’autre et du monde alentour. Cet art, j’ai eu l’envie de le traduire dans un langage simple et ce, afin d’aider d’autres personnes à devenir fidèles à elles-mêmes, tout comme je le suis à moi-même.

Parce que… si les principes de la Communication Nonviolente sont faciles à saisir, c’est la pratique qui demeure difficile. Je souhaiterais que ce livre, fondé sur mon expérience et ma pratique, puisse constituer «un support pédagogique concret» pour toute personne en route vers un lieu de rencontres vraies entre les êtres.

Quelle est l’articulation de la Communication Nonviolente ?

La Communication Nonviolente est un processus en 4 points qui dissocient les différents stades de la communication.

L’observation d’une situation suscite en nous des sentiments qui nous renseignent sur nos besoins. Ayant pris conscience de nos besoins, nous pouvons enclencher une demande ou encore une action concrète plutôt que de nous plaindre que personne ne s’occupe de nous ou d’agresser l’autre pour qu’il prenne soin de nos besoins à notre place.

Ce processus est une approche «tout terrain» qui peut être utilisée avec soi, l’enfant, l’adolescent, le couple ou dans les rapports professionnels. J’insiste particulièrement sur un bon usage du vocabulaire de notre vie intérieure : décrire ce que nous ressentons précisément et quels sont nos besoins. Être «découragé» ou «captivé» exprime des nuances plus justes et plus riches que «j’en ai marre» ou c’est «génial !».

Comment expliques-tu le succès de ce livre ?

Comme vous sans doute, je suis fatigué de la violence et de l’intolérance et fatigué du sentiment d’impuissance que ces situations suscitent la plupart du temps. Par ce livre, je réponds à un besoin, celui de mettre à disposition de tous un processus simple et pratique favorisant un dialogue authentique entre personnes libres et responsables. Cette démarche nous invite à nous plonger au cœur de notre façon de dialoguer avec nous-mêmes et avec les autres.

Le mot de la fin…

Mon principe de vie : stimuler à la fois la vérité et la bienveillance dans nos rapports humains en acceptant que si la vérité n’est pas toujours confortable à dire ni à vivre, elle favorise des relations plus saines, plus durables et surtout plus joyeuses.

 

Annexe – Les quatre étapes du processus de la Communication Nonviolente

1. Observer une situation sans juger ni interpréter

Ne dites pas : «Je suis nul.»

Dites plutôt : «Je n’ai pas obtenu les points nécessaires pour passer mes examens.»

2. Identifier son (ses) sentiments

Ne dites pas : «Je suis vraiment bon à rien.»

Dites plutôt : «Je suis à la fois découragé et en rage.»

3. Identifier son (ses) besoins

Ne dites pas : «Je vais d’échec en échec.»

Dites plutôt : «J’ai besoin que mes efforts soient reconnus et que j’aie confiance en moi.»

4. Formuler une demande concrète, réaliste, positive et négociable

Ne dites pas : «Je n’y arriverai jamais.»

Dites plutôt : «Je vais me donner le temps de me demander si je fais vraiment les études qui me conviennent et qui permettent de développer mes talents.

 

« Nous sommes souvent plus habiles à dire leurs quatre vérités aux autres qu’à leur exprimer simplement la vérité de ce qui se passe en nous. Nous n’avons d’ailleurs pas appris à tenter de comprendre ce qui se passe en eux. Nous n’avons pas d’avantage appris à être complaisants, à porter un masque, à jouer un rôle. Nous avons pris l’habitude de dissimuler ce qui se passe en nous afin d’acheter la reconnaissance, l’intégration ou un confort apparent plutôt que de nous exprimer tels que nous sommes. Nous avons appris à nous couper de nous-mêmes pour être avec les autres ».

Selon Thomas d’Ansembourg, la violence au quotidien s’enclenche par cette coupure : la non-écoute de soi mène tôt ou tard à la non-écoute de l’autre, le non-respect de soi mène tôt ou tard au non-respect de l’autre.

Femmes d’aujourd’hui – et si on osait le conflit?

Quatre pleines pages sont consacrées aux conflits dans « Femmes d’aujourd’hui », ce 3 novembre 2011.

« Votre collègue est en retard dans un dossier commun, votre fils a un 3/20 en math, votre mari ne range jamais le lave-vaisselle… Le conflit est quotidien et inévitable. Autant le rendre positif et efficace […]

Au début de nos formations, explique Julien Lecomte, de l’asbl Université de Paix, 90 % des gens associent le conflit à des représentations à connotation négative (violence) et à des émotions plutôt désagréables : souffrance, tristesse, violence, peur… »

Lire un extrait sur le site de Femmes d’aujourd’hui

Communiquer… C’est comme danser!

Découvrez les pistes de danse CNV… pour résoudre vos problèmes de communication

Au-delà d’une compréhension mentale, la pratique des « Pistes de Danse CNV » facilite l’accès à une compréhension corporelle claire, souple, profonde.

Un week-end pour aller plus loin dans la Communication Nonviolente d’une façon plaisante, originale et inspirante. Imaginées et mises au point par Bridget Belgrave et Gina Lawrie, formatrices anglaises en Communication Nonviolente, les « Pistes de Danse CNV » sont une représentation spatiale du processus de la Communication Nonviolente.
Ces pistes de danse sont parsemées de différents groupes de grandes cartes posées sur le sol en fonction des différents thèmes abordés. Les danseurs se déplacent sur les cartes au fur et à mesure de leur avancée dans le processus de la Communication Nonviolente, chaque carte représentant un pas dans une danse de communication.
Certaines de ces danses sont des « Danses Intérieur – Extérieur », permettant d’explorer un dialogue en jeu de rôles. D’autres sont des « Danses Intérieur » permettant un processus de transformation intérieure.
Cela aide à intégrer le processus de la communication à la fois de façon visuelle, auditive et corporelle, et à se l’approprier avec souplesse, clarté, visibilité et liberté.
Les danseurs auront l’occasion d’y explorer autrement des situations de leur vécu qui est un défi pour eux. En piste !

Objectifs

  • Approfondir la Communication Nonviolente (CNV) à la fois de façon visuelle, auditive et corporelle.
  • Par le jeu des pistes de danse CNV, quitter le bavardage du mental pour ressentir simplement ce qui se vit en nous profondément dans la communication.

Contenu et méthodologie

Par le parcours de différents jeux de grandes cartes disposées au sol en fonction des différents thèmes abordés, chaque danseur est amené à explorer le processus de la Communication Nonviolente tant avec lui-même qu’avec les autres, voire même en jeu de rôles.
Cette façon originale d’approfondir la Communication Nonviolente a été mise au point par Bridget Belgrave et Gina Lawrie, formatrices anglaises en CNV… et cela se danse, se vit, tout aussi bien en français.

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires

Personnes concernées : Toute personne ayant suivi un module de formation « Introduction à la Communication Nonviolente ». Les participants sont invités à se munir de pantoufles ou de sur-chaussettes confortables.

Groupe : de 12 à 15 personnes

Durée : 2 journées de 9h30 à 17h00

Dates : WE 8 & 9 février 2014, avec Jean-François Lecocq & Claire Struelens – Référence : 1412

Lieu : Université de Paix

Prix :

  • 170 euros
  • 150 euros (Membre adhérent UP)
  • 220 euros (Organisation)
Formation gratuite pour les professionnels de l’accueil de l’enfance, dans le cadre du décret ATL (3-12 ans) – inscription et brochure via l’Office de la Naissance et de l’Enfance – 02 542 13 90.

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires