Sortie du livre Graines de médiateurs en maternelle !

Nous sommes heureuses et heureux de vous communiquer la sortie de l’ouvrage pédagogique GRAINES DE MEDIATEURS EN MATERNELLE.

Cet ouvrage regorge d’outils et d’activités pratiques réalisables avec les enfants de 2,5 à 7 ans pour développer leurs habiletés sociales 😊 !

En attendant le rétablissement de notre boutique en ligne, vous pouvez commander cet ouvrage par téléphone au 081554140 ou par mail à info@universitedepaix.be

Prix : 35 € (+ frais de port)

Depuis les années 90, grâce à leurs nombreuses expérimentations sur le terrain, les formateurs de l’Université de Paix ont créé et développé un grand nombre d’activités et de programmes.

Les livres « Graines de médiateurs, médiateurs en herbe » (2000) et « Graines de médiateurs II » (2010) sont les fruits de ces investigations. Ces ouvrages s’adressent principalement aux enseignants et animateurs de groupes d’enfants de 8 à 12 ans.

« Graines de médiateurs en maternelle» est la continuité de cette expérience, en s’appuyant sur des moyens plus adaptés aux jeunes enfants qui n’ont pas accès à la lecture et l’écriture : activités corporelles, histoires, marionnettes chansons…

Cet ouvrage pratique se veut directement utilisable par tout professionnel en charge d’un groupe d’enfants de 2 ans et demi à 7 ans. Il contient notamment :

  • Des éclairages théoriques agrémentés d’exemples concrets
  • Plus de 60 fiches d’activités détaillées
  • Des fiches reproductibles
  • Des chansons
  • Des conseils pour manier les marionnettes
  • Des propositions de séquences d’animation

Éd. Université De Paix Asbl

Prix : 35 euros, port non compris

A l’occasion de la sortie de cet ouvrage, (re)découvrez des comptines Université de Paix !

 

Chant 1 : Catherine Bruynbroeck

Chant 2 : Pascaline Gosuin

Guitare : Julie Duelz

Montage : Julien Lecomte

Université de Paix asbl

Accueillir et réguler ses émotions : comment le corps peut-il aider le mental ? Comment le mental peut-il aider le corps ?

Dans cet article, nous proposons de catégoriser les stratégies de régulation des émotions selon deux axes. Sur le premier axe, nous distinguons les techniques plutôt orientées vers une action au niveau des pensées (mental) de celles impliquant plutôt une action au niveau des comportements (corps – mouvement). Sur le second axe, nous distinguons des méthodes de « confrontation » de méthodes d’« évitement » par rapport à l’émotion.

Par Julien Lecomte

Avant de détailler cette typologie, commençons par quelques précisions.

D’abord, à l’Université de Paix, et ce en lien avec plusieurs approches thérapeutiques actuelles, notre message n’est certainement pas qu’il faut s’interdire de ressentir des émotions, même si celles-ci sont désagréables. Une émotion, quelle qu’elle soit, n’est pas mauvaise. Une approche connotée moralement des émotions s’accompagne d’ailleurs généralement de méta-émotions, c’est-à-dire d’émotions à propos du fait de ressentir des émotions : « je ne devrais pas ressentir cela », « je me sens coupable d’être encore en colère », « je suis découragé et triste de ne pas parvenir à me sentir joyeux alors que j’essaie de toutes mes forces », etc. L’émotion est quelque chose qui peut surgir de façon quasi instantanée, immédiate. Cela étant dit, cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas faire quelque chose qui nous permette d’aller vers un mieux-être, à partir de et avec cette émotion.

Ensuite, nous ne proposons pas ici une « recette universelle » pour canaliser et apaiser les émotions. Il existe toutefois des stratégies plus ou moins efficaces selon les individus et les circonstances. Certaines techniques vont très bien fonctionner pour les uns et beaucoup moins bien pour d’autres. Nous pouvons considérer ces différentes méthodes comme des repères : l’enjeu est que vous puissiez vous réapproprier les approches qui vous conviennent.

Le corps ou le mental ?

Il existe plusieurs manières d’appréhender les émotions. Nous distinguons celles qui font intervenir plutôt les comportements/les mouvements et/ou les cognitions/les pensées.

Exemples de stratégies comportementales/motrices : aller courir, frapper dans un punching-ball, pratiquer des techniques de respiration, faire du yoga, manger un bon repas, prendre un médicament relaxant, dormir, faire une méditation orientée sur les sensations corporelles, travailler sa posture, agir pour solutionner un problème, demander de l’aide, etc.

Quelques exemples de stratégies cognitives/mentales : penser à autre chose, voir la situation autrement, faire une méditation orientée sur les pensées, suivre une thérapie orientée sur la compréhension des états mentaux, rechercher des causes / des solutions au problème, imaginer des scénarios, etc.

Toutes ces actions peuvent être pertinentes et efficaces. Les approches par le mental ne sont pas meilleures dans l’absolu que les approches par le corps, et vice versa. Néanmoins, il est possible que vous privilégiiez plutôt des façons de faire à d’autres, et que dans certains cas, celles-ci soient dysfonctionnelles. Nous avons en effet toutes et tous des schémas de réaction devenus plus ou moins « automatiques » lorsque nous ressentons des émotions. Ce sont nos attitudes préférentielles pour les réguler, même si elles ne sont pas toujours adaptées. Cette première distinction invite donc à être plus attentifs à utiliser à la fois le mental et le corps pour une régulation plus fluide des émotions.

Confrontation ou évitement ?

Nous observons également deux rapports à l’émotion : la confrontation et l’évitement. La confrontation consiste à « regarder l’émotion en face » (on se confronte à la situation stressante ou à la pensée stressante), tandis que l’évitement consiste plutôt à tâcher de la contourner, de faire ou de penser à autre chose.

Exemples de confrontation à l’émotion : parler de la situation problématique, agir pour la solutionner, réfléchir au problème, se faire traverser par l’émotion, la vivre pleinement…

Exemples d’évitement de l’émotion : jouer à un jeu vidéo, faire du sport, penser à autre chose, lire un livre, prendre un médicament…

De nouveau, la confrontation n’est pas meilleure en soi que l’évitement, et inversement. Cela dépend des personnes et des situations. Nous détaillons ceci plus loin.

En guise de synthèse intermédiaire, nous pouvons combiner nos deux axes de la sorte :

Nous pourrions ajouter des subdivisions à ce modèle, par exemple en considérant les stratégies selon qu’elles sont plutôt solitaires ou avec autrui.

Aussi, certaines stratégies proposées dans l’évitement peuvent être utilisées aussi en confrontation, et vice versa. Cela dépend en effet de notre rapport à l’émotion. Par exemple, si nous pratiquons un sport dans le but de nous défouler, alors ceci peut être situé dans la confrontation, et moins dans l’évitement.

Il ne s’agit donc pas d’une catégorisation absolue (celle-ci peut prêter à discussion), mais bien plutôt de repères pour nous positionner individuellement en nous demandant où nous nous situons lorsque nous ressentons telle ou telle émotion.

Comment savoir quelles sont les méthodes adéquates pour nous ?

Parmi toutes ces actions possibles, quelles sont celles qui conviennent le mieux ? Comme nous l’avons dit, cela dépend de plusieurs facteurs.

Une question à se poser : pouvons-nous changer la situation qui nous occasionne une émotion désagréable ?

C’est très différent par exemple de si vous stressez à cause des résultats à venir après un rendez-vous médical ou bien à cause de la vaisselle non-faite chez vous. Dans le second cas, pour retrouver de la quiétude, il est possible de faire la vaisselle, de demander à quelqu’un d’autre de la faire, etc. Ici, une stratégie comportementale de confrontation est sans doute plus adaptée qu’un évitement qui ne ferait que reporter le problème. A l’inverse, dans le premier cas, quoi que vous fassiez, la teneur des résultats médicaux ne changera pas. A la limite, vous pourriez demander de les recevoir plus vite que prévu, mais en imaginant que ça ne soit pas possible, vous n’avez pas de prise sur le stimulus stressant. Dans cette situation, les stratégies de confrontation par le comportement risquent donc d’entretenir un sentiment d’impuissance, et de mener à des ruminations mentales dans lesquelles vous ressassez votre incapacité à changer les choses. Peut-être serait-il alors plus judicieux d’avoir recours à des stratégies d’évitement temporaires, ou de travailler plutôt au niveau corporel (qui en soi peut représenter une forme d’évitement, dans la mesure où il éloigne des pensées anxieuses).

Autrement dit : lorsque vous pouvez solutionner relativement facilement la situation, alors il est judicieux d’agir en ce sens. Cela vous stresse d’oublier de remplir un papier ? Remplissez-le. Cela vous préoccupe d’avoir une conversation avec votre ami ? Allez lui parler. Etc. Dans le cas contraire, quand vous manquez d’énergie ou de pouvoir d’action, il peut être plus adapté d’éviter la situation, de s’en divertir ou encore de tâcher de la voir autrement.

Autre question : la situation stressante se répète-t-elle, ou est-elle plutôt ponctuelle ?

Quelqu’un vient de vous couper la priorité de droite et cela vous a énervé ! C’est une situation ponctuelle. Vous pouvez vous confronter à celle-ci en tâchant de la comprendre, en cherchant des solutions pour l’avenir : cela n’amènera pas à grand-chose, si ce n’est à vous occuper le corps et/ou l’esprit avec ce vecteur de stress. Dans ce cas, il est peut-être plus opportun de « passer à autre chose ». En revanche, dans le cas où, à chaque fois que vous prenez la voiture, cela vous stresse, alors il est peut-être plus judicieux de tâcher de comprendre ce qui vous angoisse, et comment vous pourriez trouver des solutions pour être plus apaisé. Il est possible de voir la situation autrement (adopter d’autres points de vue) que par le prisme de l’anxiété, par exemple.

En bref : si la situation est ponctuelle, il n’est pas nécessaire de la ruminer ou de s’y accrocher. Si elle se répète, il peut être pertinent de s’y confronter afin d’y trouver des solutions (si vous pouvez agir en ce sens) ou de la voir autrement.

Enfin, une démarche d’introspection et de conscience bienveillantes des émotions ressenties

Les émotions sont des signaux, et les comportements et pensées qui les accompagnent ont des conséquences sur votre bien-être.

Prenons encore un exemple. En période d’examens scolaires, est-il plus judicieux de penser à autre chose, ou bien de penser à sa matière ? Cela dépend ! Si les pensées se limitent à des ruminations, à un stress qui bloque l’étude, alors sans doute vaut-il mieux se changer les idées pendant un moment. A contrario, si l’évitement dure trop longtemps et se mue en une sempiternelle procrastination, cela risque d’aboutir à un échec scolaire renforçant le stress lié à cette situation !

Dans cette optique, il est important de prendre le temps d’amener tout cela à votre conscience, avec bienveillance. Certaines de nos réactions n’amènent pas les résultats que nous souhaiterions. Par rapport à cela, il n’est pas utile de nous auto-flageller. Au contraire, pour amorcer un changement, il est recommandé de procéder par « petits pas » et de se donner des opportunités de réussite ! Imaginez des comportements que vous pourriez modifier ou mettre en place facilement pour votre bien-être avant de vous attaquer aux situations les plus stressantes, et reconnaissez vos victoires…

Se sentir frustré de ne pas réussir à changer une émotion, s’en vouloir de la ressentir lorsqu’on la ressent, c’est l’un des meilleurs moyens d’y rester accroché…

Quelques notes et réflexions pour prolonger cet article

La liste d’exemples est loin d’être complète, et elle est un peu simpliste : « il y a tellement plus à faire »

Il faut voir le but initial de l’article. Il s’agit d’un article (initialement formaté pour notre périodique trimestriel) de vulgarisation destiné à un public généraliste. De ce fait, les exemples doivent être simples et sans équivoque. De plus, nul n’écrit que ces exemples représentent une liste exhaustive des stratégies, au contraire. Nous n’avons pas présenté des « stratégies complexes », plus élaborées (et généralement mixtes), par souci de clarté.

Aussi, cet article s’inscrit explicitement dans un paradigme cognitivo-comportementaliste. Celui-ci a aussi fait ses preuves, et en même temps nous ne prétendons pas qu’il s’agit du seul paradigme d’appréhension des émotions, loin de là. C’est un angle particulier, parmi d’autres approches.

L’article entretiendrait une opposition entre corps et mental

Au contraire, nous pensons qu’il s’agit d’une distinction poreuse et qu’il n’existe pas de stratégie « purement motrice » versus des stratégies « purement cognitives ». C’est même métaphysique comme question, et en philo, en effet, on remet fort en cause une frontière nette entre le corps et l’esprit : il s’agirait plutôt d’un continuum. 

En aucun cas, il n’est question d’opposer les deux dimensions (même dans le paragraphe « le corps ou le mental », dans lequel on peut lire le « ou » comme étant inclusif). Au contraire, l’article titre « comment le corps peut-il aider le mental, comment le mental peut-il aider le corps » ? Il n’est nullement question de catégories fermées.

Aussi, l’article avait pour prétention de dépasser certaines oppositions que l’on entend encore régulièrement comme quoi il faudrait nécessairement « lâcher le mental », par exemple, pour mieux gérer ses émotions (ce n’est pertinent en réalité que si une approche « mentalisante » ferme justement la porte à d’autres modes de gestion qui pourraient s’avérer plus efficaces). Un objectif de l’article (ou d’une telle catégorisation en formation) est plutôt de mettre en évidence des « angles morts » dans les choix de stratégies de gestion des émotions des individus, non de ranger des tactiques dans des cases hermétiques et exclusives. En bref, la distinction corps-mental est à considérer comme une balise/un repère et non comme une opposition. Notons toutefois que certains paradigmes défendent une intrication qui suppose de se passer de cette distinction.

Pour ces raisons, nous soulignons encore que cet article ne saurait être pas représentatif à lui seul du panel d’outils, de méthodes et de paradigmes sur lesquels nous nous basons pour aborder les émotions et la communication.

« Ne doutez jamais »

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé »

Margaret Mead

Si vous êtes une habituée ou un habitué de nos canaux de communication, vous avez déjà dû voir passer cette citation, que notre chargée de relations publiques, Christine, affectionne particulièrement…

Plusieurs chantiers, portés par de « petits groupes de personnes », de chair et d’os, sont en cours à l’Université de Paix.

En vrac, et sans être exhaustif…

Plusieurs formatrices et formateurs, Alexandre, Esther, Evelyne, Julie, Lysiane et Pascaline sont allés se former en Finlande à « la méthode KiVa » afin de renforcer les compétences en prévention en en intervention face au harcèlement scolaire. Après « la méthode Pikas » (préoccupations partagées) et « la méthode No Blame » (groupe d’entraide), c’est la troisième grande approche que les formateurs de l’Université de Paix se réapproprient pour lutter contre cette forme de violence.

Frédéric, Nathalie D. et Catherine ont préparé et mis en place un trek « Histoires croisées » pour faire du lien en profondeur avec des jeunes. Gilles peaufine la mise en place de la première année de la formation de formateurs. A l’international, Nathalie B. coordonne les formations à Toulouse, tandis qu’Almudena, l’un des piliers de la médiation de l’institution, est également active en France désormais.

Claire réalise un partage de connaissances quant à son expérience dans la Communication NonViolente et prête main forte au niveau administratif pour assurer un suivi des demandes d’interventions extérieures. Guénaëlle a quant à elle entamé le Certificat en gestion de conflits, tout en assurant d’ores et déjà la coordination de plusieurs formations d’adultes. Un ouvrage sur le développement des habiletés sociales en maternelle est en phase de finalisation et sortira en 2020.

Le pôle administration, composé de Chantal, Marie-Anne, Nadège, Patricia et épaulé par Isabelle, la Secrétaire générale, continue sa modernisation, notamment à travers la réappropriation d’une nouvelle base de données, qui sera opérationnelle elle aussi en 2020. Frédérique a rejoint l’équipe de communication, composée de Christine et Julien. Un événement colossal est en cours de programmation pour l’horizon novembre-décembre 2020 (60 ans de l’institution)… Abdel s’assure quant à lui de la propreté des locaux, et veille à ce qu’ils soient chaleureux et accueillants. Nous pouvons également toujours compter sur et avec Yvonne et Monique, nos deux bénévoles…

Un « petit groupe de personnes », mais encore… ?

L’Université de Paix, c’est aussi un Conseil d’administration qui « veille au grain », avec Jill, François, Marcelin, Amélie, Edvige, Timothée, Céline, Noémie, Jean-Luc, Anaël, Olivier, Camille, Coralie et Xavier…

Tout cela sans nommer toutes celles et tous ceux qui ont gravité ou gravitent toujours autour de l’Université de Paix : personnes anciennement employées, collaborateurs extérieurs, Assemblée générale, Conseil académique, relais-réseau à l’international, partenaires, pouvoirs subsidiant, etc.

Last but not least, la mission, les valeurs et les interventions de l’Université de Paix s’incarnent aussi par et grâce aux centaines de sympathisants et de participants annuels dont vous faites partie. En soutenant nos activités ou en vous formant à l’Université de Paix, vous contribuez à démultiplier les effets de ces actions !

Dans ce numéro spécial, nous rediffusons des informations relatives à nos activités programmées. Vous doutez encore qu’un petit groupe de personne puisse changer le monde ? Alors rejoignez-nous, et vous verrez !

Des comptines pour la gestion des conflits en maternelles !

L’Université de Paix asbl développe des outils pour apprendre à gérer les conflits et les émotions dès la maternelle !

Un ouvrage avec des activités concrètes sortira en 2020 !

En attendant, voici déjà 5 comptines à partager avec nos tout-petits !

 

Chant 1 : Catherine Bruynbroeck

Chant 2 : Pascaline Gosuin

Guitare : Julie Duelz

Montage : Julien Lecomte

Université de Paix asbl

[Fiche-outil] Citron Citron

OBJECTIFS

– Prendre conscience de ma place dans le groupe.

– Intégrer le prénom des autres.

DISPOSITION

Autant de chaises en cercle qu’il y a de participants.

DEROULEMENT

– L’animateur et les participants sont assis en cercle sur des chaises.

– Un participant se trouve au centre.

– Le participant qui est à la gauche de la chaise vide tape de la main sur celle-ci et appelle quelqu’un par son prénom. Celui dont le prénom est cité vient s’asseoir à l’endroit vide.

– Le but du jeu est de taper sur la chaise et de citer le prénom avant que la personne au centre ait eu le temps de se rasseoir sur la chaise vacante. Une fois le prénom cité, la personne sans chaise se retrouve au centre.

Pistes de réflexion

L’animateur suscite le débat autour de questions telles que :

– Que ressentent les participants s’ils restent plusieurs fois de suite au milieu … ou s’ils ne sont jamais appelés ?

– Quelle est leur réaction s’ils voient quelqu’un rester souvent au milieu ?

NOTES A L’ANIMATEUR

– Cette activité est particulièrement indiquée pour dynamiser le groupe, après un long moment d’écoute ou lorsque l’animateur remarque que les participants sont fatigués ou déconcentrés.

– Cette activité est un excellent moyen de contrecarrer l’attitude qui consiste à n’appeler que ses amis. La rapidité exigée empêche de prendre le temps de chercher et de choisir. Les clivages sont dépassés le temps du jeu et une réelle cohésion peut prendre forme.

J’ai (encore) débattu sur Internet (et j’aurais pas dû)

Routine matinale. Je lis un peu les sites de presse et parcours mon « fil d’actualités » sur les médias sociaux. Je tombe sur un thème qui m’interpelle. En-dessous, je découvre des commentaires postés par une personne qui m’est inconnue. Son avis ne me plait pas. Je dégaine mon clavier et pars au front. Une fois ma réponse envoyée et l’impulsivité retombée, je m’interroge : qu’est-ce qui m’a (encore) pris ?

Par Julien Lecomte

La personne qui a posté initialement l’avis qui ne me plait pas me répond à son tour. Il n’est pas très courtois, se moque un peu de mes arguments et en profite pour lâcher quelques attaques « ad personam » (c’est-à-dire dirigées contre la personne et non contre les idées). Mon sang bout à nouveau, je me précipite pour lui adresser mes contre-arguments. Une fois, deux fois, trois fois… Pourquoi ne retiens-je pas les leçons ?

Apprivoiser mes réactivités

Dans ce débat, je réagis comme par réflexe, et non tant en fonction de ce à quoi j’aspire. C’est l’un des enseignements de la pleine conscience et des courants connexes à propos de la gestion des émotions, notamment : j’ai des tendances à l’action, des manières de penser et des comportements que je privilégie de manière quasiment automatique dans certaines situations.

Au quotidien, nous sommes confrontés à des choses qui nous interpellent ou nous font réagir. A fortiori, les médias tâchent pour la plupart de capter notre attention, en jouant sur la corde émotionnelle. Les articles qui nous émeuvent ou nous indignent sont les plus visibles. Nous sommes donc parfois pris dans une forme de réactivité émotionnelle brute. Une alternative, c’est juste de prendre conscience de ces processus, sans s’autoflageller, avec une curiosité ouverte et une bienveillance pour soi. Prendre le temps, ne seraient-ce que quelques secondes, pour observer ce qui se passe dans mon corps, dans mes tripes, dans mes pensées. C’est là, et c’est ok.

Dans un second temps, après avoir fait ce chemin de conscience, il s’agit de récupérer du pouvoir d’action : au lieu de foncer tête baissée dans mes réactivités, ne puis-je pas développer une manière de répondre qui me convienne davantage ?

Mesurer nos objectifs

Avec un peu de recul, je constate qu’après de tels échanges (en ligne ou de visu), je me sens parfois frustré. J’ai dépensé beaucoup d’énergie pour un résultat insignifiant.

Une alternative à cette manière d’agir consiste à essayer de clarifier mes objectifs et ceux de l’autre personne avec qui je souhaite discuter. Ce questionnement relève de l’application de la grille de lecture de Thomas et Kilmann. Ces deux auteurs, sur base des objectifs des parties en conflit, distinguent différents types d’attitudes possibles face à un désaccord. Celles-ci sont toutes plus ou moins appropriées en fonction de la prise en compte de ces objectifs.

Mes objectifs sont-ils si importants que je me lance dans une discussion avec une personne que je connais peu ? Qu’ai-je à « gagner » en la faisant changer d’avis ? En quoi est-ce important pour moi ? S’agit-il de convaincre l’autre, d’influencer les spectateurs du débat, ou encore d’autre chose ? Cela vaut-il la peine d’investir du temps et de l’énergie en ce sens ? Ainsi, si mon objectif n’est pas très important, je peux tout simplement éviter la discussion, ou encore même laisser l’autre avoir raison, c’est-à-dire m’accommoder de ses idées.

De plus, il est important de jauger les objectifs de l’autre. Cherche-t-il à avoir raison à tout prix, quitte à sacrifier la relation (attitude de compétition agressive), ou est-il ouvert au fait de considérer mes objectifs lui aussi ? S’agit-il de discuter « face à un mur » ou une co-construction est-elle possible, jusqu’à une coopération dans l’élaboration des idées ? Pour coopérer, il faut être au moins deux à avoir envie de le faire. Dans le cas contraire, j’ai plutôt intérêt à me protéger, à moins d’avoir un objectif qui dépasse notre situation (par exemple, informer le public du débat).

Bien sûr, ce « chemin de conscience » est loin d’être évident, et il n’y a pas une attitude meilleure que l’autre dans l’absolu (répondre ou ne pas répondre, argumenter ou écouter, etc.). Hier encore, je me suis surpris à taper sur les touches de mon clavier, la mâchoire serrée et les sourcils froncés… Et vous, vous les vivez comment, vos désaccords en ligne ?

« Pratiquez la compassion »

« Si vous voulez que les autres soient heureux, pratiquez la compassion. Si vous voulez être heureux, pratiquez la compassion » – Tenzin Gyatso (Le Dalai Lama)

Nous n’avons pas toujours le pouvoir de changer le monde extérieur comme nous le souhaiterions. Parfois, il n’y en a pas besoin. Parfois, au moins temporairement, c’est avant tout dans un geste d’accueil de ce qui est que nous pouvons (nous) rendre heureux.

Par cette citation, le Dalai Lama affirme (au moins) deux choses.

D’abord, il souligne le pouvoir de la compassion. A l’Université de Paix, nous proposons des formations et des programmes éducatifs pour développer les aptitudes en empathie, en écoute et une certaine forme d’introspection. Il s’agit d’augmenter la conscience bienveillante de soi, des autres et du monde…

Ensuite, il nous dit que dans des moments plus difficiles, dans des temps de troubles, notamment, l’un des meilleurs moyens que nous possédons pour être heureux malgré tout, c’est de pouvoir diriger cette compassion vers l’autre et vers nous-mêmes.

Attention toutefois : Tenzin Gyatso est loin de penser qu’il ne faut pas tenter d’agir sur le monde. Son engagement politique et humain démontre combien cette citation n’est pas synonyme d’un immobilisme consistant à se contenter de ce qui est. La compassion est d’ailleurs un geste actif qui invite non seulement à ouvrir ses canaux émotionnels, mais aussi son regard et ses comportements… Le Dalai Lama nous dit que la compassion, cela se pratique.

Le numéro 147 du trimestriel concorde avec la sortie de notre programme de formations 2019-2020, dont l’un des objectifs est de développer une telle compassion entre les individus. Dans ce numéro, nous vous proposons par conséquent un ensemble d’articles relatifs à nos actions en ce sens.

Dans un article de fond, Almudena Vaquerizo Gilsanz explique comment les médiateurs peuvent enrichir leur pratique professionnelle en prenant conscience de leur propre rapport au conflit. Elle montre en quelque sorte comment une attention bienveillante à nos propres fonctionnements peut ouvrir à une meilleure attention bienveillante aux parties en conflits.

Lysiane Mottiaux présente quant à elle comment l’estime de soi est un processus qui se construit dans l’action, à la fois en se donnant des projets concrets, réalistes et en lien avec nos valeurs, et à la fois en portant un autre regard sur nous-mêmes.

Dans un autre texte, Claire Struelens témoigne d’une formation de volontaires dans un CHU. Dans ce processus, ces personnes, travaillant dans le soin de l’autre, sont invitées à découvrir et à partager des pratiques pour aussi prendre soin d’elles-mêmes…

Une participante, Delphine Porsschelle, nous livre enfin son témoignage à propos d’une formation en « Introduction à la Communication NonViolente » (CNV). Or, dans la CNV, s’il s’agit entre autres de développer une « écoute empathique », il s’agit aussi de développer des formes d’auto-empathie.

Bonne lecture à vous !

Introduction à la CNV : le témoignage de Delphine Posschelle

La CNV est un mode de communication, d’expression et d’écoute qui permet de trouver un contact vrai avec soi-même comme avec autrui afin de construire des relations dans lesquelles les besoins de tous sont rencontrés. La qualité du lien qui en résulte provoque le respect mutuel et la coopération.

C’est en lisant le livre Clés pour un monde meilleur de Marshall B. Rosenberg, que j’ai pris conscience que toutes émotions, attitudes, réactions de mon entourage et donc aussi de mes élèves résultaient, d’après l’auteur, d’un besoin non entendu. D’après lui, la pratique de la CNV permet au groupe d’individus qui la pratique, de vivre en harmonie et dans de vrais rapports avec une qualité de lien qui provoque le respect mutuel et la coopération. L’auteur parle même d’un changement social possible… 

Cette découverte a fait écho en moi et m’a laissée rêveuse… J’ai tout de suite fait un lien avec mon métier et j’ai pensé que les rapports d’autorité qu’un professeur peut souvent avoir en classe pourraient prendre un autre aspect avec la CNV. J’ai donc suivi 2 journées de Formation début octobre, à l’Université de Paix, animées par Jean-François Lecocq. Aujourd’hui, je peux affirmer que ce que j’ai appris lors de cette formation, me permet d’être encore plus dans la compréhension de l’enfant. 

A chaque fois que celui-ci montre par son comportement, ses gestes, ses actes, ses colères, ses refus et ses crises d’enfant que quelque chose ne lui convient pas, de simples phrases apparaissent tournant autour de : Pourquoi est-ce important pour toi que… ? Que veux-tu me dire en refusant de travailler ? Quel est le vrai problème de ta colère ? Que puis-je faire pour que tu te sentes mieux ? Ceci me permet aujourd’hui de régler le problème plus en profondeur et beaucoup plus vite qu’avant. 

En effet, avant cette formation, je pensais que ces attitudes d’enfant résultaient du caprice ou de l’impulsivité ou encore, de l’immaturité liée à leur âge. Ecouter leurs besoins, me permet maintenant de les ramener beaucoup plus rapidement à ce que j’attends d’eux et dans une dynamique positive de leur part. 

En pratiquant cette communication, j’observe après un mois de pratique que mes élèves partagent beaucoup plus leurs sentiments, leurs besoins, leurs craintes avec moi. J’ai l’impression que ma position en classe a changé, je suis beaucoup plus dans la dynamique de la compréhension. J’ai l’impression d’être devenue, la gardienne de la sécurité psychologique, la grande sœur rassurante, la personne ressource pour passer une journée agréable d’apprentissages et de découvertes. Je ne suis plus le « gendarme » qui se fatigue à faire avancer un groupe d’enfants pas toujours preneur de ce qui est proposé. J’observe également que mes élèves sont beaucoup plus sereins et qu’une dynamique de respect mutuel est née… 

Depuis cette formation, lorsque je trouve qu’il y a trop de bruit dans mon local, je ne leur dis plus : « Taisez-vous s’il-vous-plaît ! » MAIS : « J’ai besoin de calme, le bruit me fatigue pour l’instant » ou « L’activité que vous faites demande une réflexion qui d’après moi n’est pas possible dans le bruit ». C’est incroyable comme cette manière de présenter les choses provoque une attention particulière chez l’enfant et je remarque que la classe se calme presque immédiatement. Je sens vraiment qu’ils le font car ils savent pourquoi la demande est faite.

Ce qui est important également, c’est que l’enfant doit savoir que c’est pareil dans l’autre sens. Leurs besoins sont également entendus et, dans la mesure du possible, satisfaits. J’ai souvent l’impression, que le système scolaire oublie que ces petits bouts sont finalement des petits êtres qui ont encore comme premier besoin de vouloir juste être bien… La CNV me permet de gérer ma classe dans cette optique, si importante pour moi.

J’aime ce qui s’est passé dans ma classe en un mois et j’aime beaucoup cette nouvelle dynamique qui m’a été proposée par la formation… Je vais donc continuer dans cette voie en espérant appliquer encore mieux le schéma de la CNV dans l’avenir.

Je terminerai en remerciant le Pouvoir Organisateur de l’école des étoiles de m’avoir permis de suivre cette formation. Ainsi que Jean-François Lecocq qui transmet sans réserve ses propres expériences et les découvertes qui lui ont été transmises par Marschall Rosenberg.

L’estime de soi dans l’action

Par Lysiane Mottiaux.

La formation « Développer l’estime de soi » est née d’une constatation : la difficulté de certains participants ayant acquis des outils de communication de pouvoir s’affirmer.

L’obstacle prépondérant de cette situation était la plupart du temps un manque d’estime d’eux-mêmes.

Nous avons décidé de fixer les quatre ateliers à une semaine d’intervalle. Ceci permet aux participants, entre les séances, de mettre en pratique les notions vues, afin d’augmenter leur estime.

Qu’est-ce que l’estime de soi ?

L’estime de soi est la conscience de la valeur que je me reconnais dans différents domaines. Ce qui implique également la capacité de reconnaître la valeur de l’autre.

Le mot sur lequel nous décidons de mettre l’accent en formation est « la conscience ». En effet les personnes à haute estime de soi ne sont pas meilleures ou plus compétentes que les autres, elles ont leurs qualités et leurs défauts comme tout le monde, elles vivent des réussites et des échecs, elles vivent des moments de certitude et des moments de doute, elles se sentent fortes ou fragiles, selon les circonstances….

La grande différence par rapport aux personnes qui manquent d’estime d’elles-même est qu’elles connaissent leurs forces et leurs limites, agissent et acceptent d’être imparfaites.

La méthodologie utilisée dans cette formation est active et créative, nous proposons des exercices pratiques à partir des expériences personnelles de chacun.

Pour développer l’estime de soi nous travaillons avec les participants :

  • Le fait de mieux se connaître : Quelle est l’image que j’ai de moi ici et maintenant ? Quelles sont mes forces et mes limites ?
  • La clarification de mes valeurs et la cohérence de mes actes par rapport à celles-ci
  • La clarification de mes valeurs me permet d’agir d’une manière cohérente et de faire des choix adéquats. Prenons un exemple : je travaille dans une société près de chez moi, les locaux sont agréables, je m’entends bien avec mes collègues, je fais un travail intéressant, je peux utiliser mes compétences et faire preuve de créativité et pourtant je ne me sens pas bien. En fait, une valeur importante pour moi est le respect de l’environnement et je sais que la société dans laquelle je travaille déverse des déchets toxiques en Afrique ce qui explique mon malaise. Je risque d’éprouver un malaise quand mes actes ne sont pas en adéquation avec mes valeurs. Plus j’agis en adéquation avec mes valeurs, plus mon estime de moi grandit.
  • La découverte de ses croyances limitantes et leur transformation : Qu’est-ce que je me dis sur moi-même, sur les autres, sur la vie ? Est-ce que mes croyances sont limitantes ? c’est-à-dire qu’elles génèrent des prédictions d’échec ou m’empêchent d’agir et donc de construire mon estime de moi. Exemple de croyance limitante : j’arrive le matin en formation, il y a déjà 5 participants qui discutent, je pense : « je ne suis pas intéressante », je ne prends pas la parole, je me mets à l’écart, je baisse la tête, personne ne me parle et je me confirme que je ne suis pas intéressante. Des exercices de recadrage sont proposés pour élargir la réalité et accéder à mes ressources en pensant ou en agissant autrement.
  • La clarification des objectifs et la mise en action pour les atteindre. « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va » (Sénèque). Dans cette étape, je vais clarifier un de mes objectifs à long terme et le découper en objectifs spécifiques qui seront eux-mêmes fractionnés en petites actions concrètes, précises, atteignables par moi-même, réalistes, en lien avec l’objectif et formulés affirmativement.

Construire l’estime de soi dans l’action

Petites actions par petites actions, je progresse dans l’atteinte de mon objectif d’une manière cohérente.

L’estime de soi se construit dans l’action et dans la faculté de relativiser l’échec, comme l’illustre Christophe André.

Au terme de la formation, les participants ont clarifié certaines de leurs valeurs, de leurs croyances limitantes pour les dépasser, ont mis des actions en place pour atteindre un objectif. Ils possèdent les outils pour continuer à faire de petits pas dans la construction de leur estime d’eux-mêmes.

Quel plaisir de les voir partir, avec déjà, de petits changements perceptibles.

« L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous »
Jean-Paul Sartre