Témoignages

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[Vidéos] 25 ans de Communication NonViolente (CNV)

[Communication NonViolente – CNV] 25 ans de la CNV en Belgique !

Capsules vidéo réalisées avec Action Médias Jeunes asbl.

Jean-François Lecocq – Formateur Certifié en CNV – Histoire de la CNV en Belgique. Comment la CNV s’est-elle développée en Belgique ?

Catherine Bruynbroeck – Enseignante, Détachée Pédagogique à l’Université de Paix : comment faire respecter une consigne en classe, de manière nonviolente ?

Régine Boone – ACNV-BF – Association pour la Communication NonViolente en Belgique francophone – Quel devenir pour la CNV en Belgique francophone ?

Claire Struelens – Formatrice en Communication NonViolente (CNV) à l’Université de Paix asbl – Comment rester zen ? Comment garder son calme ?

Isabelle Brouillard – Coordinatrice de l’Université de Paix, Médiatrice – Utilité de la CNV (Communication Nonviolente) dans la médiation

Anne Bourrit – Formatrice Certifiée en Communication Nonviolente (CNV) – Astuce CNV

Jean-François Lecocq – Formateur Certifié en Communication NonViolente (CNV) – La CNV et les missions de l’Université de Paix

Arnaud Deflandre – ACNV-BF – Association pour la Communication NonViolente en Belgique fr.

https://cnvbelgique.be

Anne Bruneau – Formatrice Certifiée en CNV – la CNV dans l’aide à la jeunesse

Anaël Lecocq – Psychologue clinicien, Administrateur UP – Comment gérer la colère des enfants ?

Karine Ferfers – Formatrice Certifiée en CNV – CNV et multiculturalité. En quoi la CNV permet-elle de travailler le multiculturel ?

François Bazier – GRH, superviseur, formateur – Quelles plus-values de la CNV dans le milieu professionnel (Communication NonViolente) ?

Julien Lecomte – Chargé de communication, Formateur UP – La CNV sans la manipulation. Peut-on utiliser la CNV pour manipuler autrui ? Comment s’en prémunir ?

Introduction à la CNV : le témoignage de Delphine Posschelle

La CNV est un mode de communication, d’expression et d’écoute qui permet de trouver un contact vrai avec soi-même comme avec autrui afin de construire des relations dans lesquelles les besoins de tous sont rencontrés. La qualité du lien qui en résulte provoque le respect mutuel et la coopération.

C’est en lisant le livre Clés pour un monde meilleur de Marshall B. Rosenberg, que j’ai pris conscience que toutes émotions, attitudes, réactions de mon entourage et donc aussi de mes élèves résultaient, d’après l’auteur, d’un besoin non entendu. D’après lui, la pratique de la CNV permet au groupe d’individus qui la pratique, de vivre en harmonie et dans de vrais rapports avec une qualité de lien qui provoque le respect mutuel et la coopération. L’auteur parle même d’un changement social possible… 

Cette découverte a fait écho en moi et m’a laissée rêveuse… J’ai tout de suite fait un lien avec mon métier et j’ai pensé que les rapports d’autorité qu’un professeur peut souvent avoir en classe pourraient prendre un autre aspect avec la CNV. J’ai donc suivi 2 journées de Formation début octobre, à l’Université de Paix, animées par Jean-François Lecocq. Aujourd’hui, je peux affirmer que ce que j’ai appris lors de cette formation, me permet d’être encore plus dans la compréhension de l’enfant. 

A chaque fois que celui-ci montre par son comportement, ses gestes, ses actes, ses colères, ses refus et ses crises d’enfant que quelque chose ne lui convient pas, de simples phrases apparaissent tournant autour de : Pourquoi est-ce important pour toi que… ? Que veux-tu me dire en refusant de travailler ? Quel est le vrai problème de ta colère ? Que puis-je faire pour que tu te sentes mieux ? Ceci me permet aujourd’hui de régler le problème plus en profondeur et beaucoup plus vite qu’avant. 

En effet, avant cette formation, je pensais que ces attitudes d’enfant résultaient du caprice ou de l’impulsivité ou encore, de l’immaturité liée à leur âge. Ecouter leurs besoins, me permet maintenant de les ramener beaucoup plus rapidement à ce que j’attends d’eux et dans une dynamique positive de leur part. 

En pratiquant cette communication, j’observe après un mois de pratique que mes élèves partagent beaucoup plus leurs sentiments, leurs besoins, leurs craintes avec moi. J’ai l’impression que ma position en classe a changé, je suis beaucoup plus dans la dynamique de la compréhension. J’ai l’impression d’être devenue, la gardienne de la sécurité psychologique, la grande sœur rassurante, la personne ressource pour passer une journée agréable d’apprentissages et de découvertes. Je ne suis plus le « gendarme » qui se fatigue à faire avancer un groupe d’enfants pas toujours preneur de ce qui est proposé. J’observe également que mes élèves sont beaucoup plus sereins et qu’une dynamique de respect mutuel est née… 

Depuis cette formation, lorsque je trouve qu’il y a trop de bruit dans mon local, je ne leur dis plus : « Taisez-vous s’il-vous-plaît ! » MAIS : « J’ai besoin de calme, le bruit me fatigue pour l’instant » ou « L’activité que vous faites demande une réflexion qui d’après moi n’est pas possible dans le bruit ». C’est incroyable comme cette manière de présenter les choses provoque une attention particulière chez l’enfant et je remarque que la classe se calme presque immédiatement. Je sens vraiment qu’ils le font car ils savent pourquoi la demande est faite.

Ce qui est important également, c’est que l’enfant doit savoir que c’est pareil dans l’autre sens. Leurs besoins sont également entendus et, dans la mesure du possible, satisfaits. J’ai souvent l’impression, que le système scolaire oublie que ces petits bouts sont finalement des petits êtres qui ont encore comme premier besoin de vouloir juste être bien… La CNV me permet de gérer ma classe dans cette optique, si importante pour moi.

J’aime ce qui s’est passé dans ma classe en un mois et j’aime beaucoup cette nouvelle dynamique qui m’a été proposée par la formation… Je vais donc continuer dans cette voie en espérant appliquer encore mieux le schéma de la CNV dans l’avenir.

Je terminerai en remerciant le Pouvoir Organisateur de l’école des étoiles de m’avoir permis de suivre cette formation. Ainsi que Jean-François Lecocq qui transmet sans réserve ses propres expériences et les découvertes qui lui ont été transmises par Marschall Rosenberg.

Formation commune des volontaires au CHU à Godinne

Par Claire Struelens

Printemps 2018, j’ai à cœur de donner pour la 9e année consécutive une formation de 4 jours pour un public de Volontaires offrant leur temps, énergie et présence attentionnée aux malades et familles des Hôpitaux de Godinne et Dinant.

Cette formation est obligatoire et touche un public d’âges et d’expériences de vie divers et variés.

Conçue en collaboration avec Monsieur Jacques Gérardy, Coordinateur du Volontariat et Responsable de la Maison d’Accueil Hospitalier Pierre Jansen – Site Godinne, la formation a pour objectif global d’apprendre aux volontaires à mieux se connaître et à communiquer dans un univers relationnel inédit avec de nouveaux partenaires : les patients et leurs proches, les collègues volontaires et les professionnels.

Trois journées sont consacrées à créer des liens et un climat de confiance ainsi qu’à découvrir et expérimenter les bases de la Communication Nonviolente selon le processus de Marshall B. Rosenberg.

Les participants apprennent à identifier ce qui, dans la communication entraîne un enrichissement des relations et ce qui, au contraire, provoque des tensions, de la résistance et même de la violence. De plus ils accroissent leur capacité à se relier à eux-mêmes et aux autres pour pouvoir contribuer à un bien-être réciproque.

La quatrième journée permet de découvrir et travailler une méthode de résolution de problème avec, comme support, l’outil d’Intervision.

La vision du DVD « la maladie d’Alzheimer, comprendre pour aider au quotidien » clôture la formation, mettant en évidence la notion d’« Humanitude ». L’Humanitude est un concept développé par Yves Gineste et Rosette Marescotti : « Cette méthodologie de soin vise à prendre soin des « hommes vieux » en humanitude, c’est-à-dire dans le respect de leurs particularités d’humains ».

Voici quelques retours des évaluations. Les participants disent avoir particulièrement apprécié les éléments suivants :

  • Rencontre, réflexion, tolérance par rapport à l’écoute, partage des expériences.
  • Pause dans le quotidien permettant de repenser à des choses essentielles.
  • Prendre conscience de l’utilisation des « Messages Risqués » de Thomas Gordon.
  • Comprendre l’Ecoute Active et Empathique
  • Découverte d’une approche formalisée pour améliorer les contacts.

Quand, au terme de la formation, je remarque la qualité du lien qui s’est créé au sein du groupe, je suis contente car confortée par la cohérence de la méthodologie et des outils pédagogiques que nous proposons à l’Université de Paix.

L’estime de soi dans l’action

Par Lysiane Mottiaux.

La formation « Développer l’estime de soi » est née d’une constatation : la difficulté de certains participants ayant acquis des outils de communication de pouvoir s’affirmer.

L’obstacle prépondérant de cette situation était la plupart du temps un manque d’estime d’eux-mêmes.

Nous avons décidé de fixer les quatre ateliers à une semaine d’intervalle. Ceci permet aux participants, entre les séances, de mettre en pratique les notions vues, afin d’augmenter leur estime.

Qu’est-ce que l’estime de soi ?

L’estime de soi est la conscience de la valeur que je me reconnais dans différents domaines. Ce qui implique également la capacité de reconnaître la valeur de l’autre.

Le mot sur lequel nous décidons de mettre l’accent en formation est « la conscience ». En effet les personnes à haute estime de soi ne sont pas meilleures ou plus compétentes que les autres, elles ont leurs qualités et leurs défauts comme tout le monde, elles vivent des réussites et des échecs, elles vivent des moments de certitude et des moments de doute, elles se sentent fortes ou fragiles, selon les circonstances….

La grande différence par rapport aux personnes qui manquent d’estime d’elles-même est qu’elles connaissent leurs forces et leurs limites, agissent et acceptent d’être imparfaites.

La méthodologie utilisée dans cette formation est active et créative, nous proposons des exercices pratiques à partir des expériences personnelles de chacun.

Pour développer l’estime de soi nous travaillons avec les participants :

  • Le fait de mieux se connaître : Quelle est l’image que j’ai de moi ici et maintenant ? Quelles sont mes forces et mes limites ?
  • La clarification de mes valeurs et la cohérence de mes actes par rapport à celles-ci
  • La clarification de mes valeurs me permet d’agir d’une manière cohérente et de faire des choix adéquats. Prenons un exemple : je travaille dans une société près de chez moi, les locaux sont agréables, je m’entends bien avec mes collègues, je fais un travail intéressant, je peux utiliser mes compétences et faire preuve de créativité et pourtant je ne me sens pas bien. En fait, une valeur importante pour moi est le respect de l’environnement et je sais que la société dans laquelle je travaille déverse des déchets toxiques en Afrique ce qui explique mon malaise. Je risque d’éprouver un malaise quand mes actes ne sont pas en adéquation avec mes valeurs. Plus j’agis en adéquation avec mes valeurs, plus mon estime de moi grandit.
  • La découverte de ses croyances limitantes et leur transformation : Qu’est-ce que je me dis sur moi-même, sur les autres, sur la vie ? Est-ce que mes croyances sont limitantes ? c’est-à-dire qu’elles génèrent des prédictions d’échec ou m’empêchent d’agir et donc de construire mon estime de moi. Exemple de croyance limitante : j’arrive le matin en formation, il y a déjà 5 participants qui discutent, je pense : « je ne suis pas intéressante », je ne prends pas la parole, je me mets à l’écart, je baisse la tête, personne ne me parle et je me confirme que je ne suis pas intéressante. Des exercices de recadrage sont proposés pour élargir la réalité et accéder à mes ressources en pensant ou en agissant autrement.
  • La clarification des objectifs et la mise en action pour les atteindre. « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va » (Sénèque). Dans cette étape, je vais clarifier un de mes objectifs à long terme et le découper en objectifs spécifiques qui seront eux-mêmes fractionnés en petites actions concrètes, précises, atteignables par moi-même, réalistes, en lien avec l’objectif et formulés affirmativement.

Construire l’estime de soi dans l’action

Petites actions par petites actions, je progresse dans l’atteinte de mon objectif d’une manière cohérente.

L’estime de soi se construit dans l’action et dans la faculté de relativiser l’échec, comme l’illustre Christophe André.

Au terme de la formation, les participants ont clarifié certaines de leurs valeurs, de leurs croyances limitantes pour les dépasser, ont mis des actions en place pour atteindre un objectif. Ils possèdent les outils pour continuer à faire de petits pas dans la construction de leur estime d’eux-mêmes.

Quel plaisir de les voir partir, avec déjà, de petits changements perceptibles.

« L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous »
Jean-Paul Sartre