Sortie du livre Graines de médiateurs en maternelle !

Nous sommes heureuses et heureux de vous communiquer la sortie de l’ouvrage pédagogique GRAINES DE MEDIATEURS EN MATERNELLE.

Cet ouvrage regorge d’outils et d’activités pratiques réalisables avec les enfants de 2,5 à 7 ans pour développer leurs habiletés sociales 😊 !

En attendant le rétablissement de notre boutique en ligne, vous pouvez commander cet ouvrage par téléphone au 081554140 ou par mail à info@universitedepaix.be

Prix : 35 € (+ frais de port)

Depuis les années 90, grâce à leurs nombreuses expérimentations sur le terrain, les formateurs de l’Université de Paix ont créé et développé un grand nombre d’activités et de programmes.

Les livres « Graines de médiateurs, médiateurs en herbe » (2000) et « Graines de médiateurs II » (2010) sont les fruits de ces investigations. Ces ouvrages s’adressent principalement aux enseignants et animateurs de groupes d’enfants de 8 à 12 ans.

« Graines de médiateurs en maternelle» est la continuité de cette expérience, en s’appuyant sur des moyens plus adaptés aux jeunes enfants qui n’ont pas accès à la lecture et l’écriture : activités corporelles, histoires, marionnettes chansons…

Cet ouvrage pratique se veut directement utilisable par tout professionnel en charge d’un groupe d’enfants de 2 ans et demi à 7 ans. Il contient notamment :

  • Des éclairages théoriques agrémentés d’exemples concrets
  • Plus de 60 fiches d’activités détaillées
  • Des fiches reproductibles
  • Des chansons
  • Des conseils pour manier les marionnettes
  • Des propositions de séquences d’animation

Éd. Université De Paix Asbl

Prix : 35 euros, port non compris

A l’occasion de la sortie de cet ouvrage, (re)découvrez des comptines Université de Paix !

 

Chant 1 : Catherine Bruynbroeck

Chant 2 : Pascaline Gosuin

Guitare : Julie Duelz

Montage : Julien Lecomte

Université de Paix asbl

Des comptines pour la gestion des conflits en maternelles !

L’Université de Paix asbl développe des outils pour apprendre à gérer les conflits et les émotions dès la maternelle !

Un ouvrage avec des activités concrètes sortira en 2020 !

En attendant, voici déjà 5 comptines à partager avec nos tout-petits !

 

Chant 1 : Catherine Bruynbroeck

Chant 2 : Pascaline Gosuin

Guitare : Julie Duelz

Montage : Julien Lecomte

Université de Paix asbl

« Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir » (Montesquieu)

[EDITO #148] « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir » – Montesquieu

Pouvoir et abus de pouvoir. Les deux semblent souvent associés. Le pouvoir « corromprait » et la concentration des pouvoirs pourrait générer des abus. Par cette citation, Montesquieu invite à ce que le pouvoir soit organisé de telle sorte à comprendre en lui-même ses propres garde-fous. Autrement dit, qu’il ne permette pas l’exercice d’un pouvoir « absolu », « totalitaire », mais au contraire qu’il favorise un juste équilibre dans l’expression des différents pouvoirs.

La séparation des pouvoirs est sans doute l’un des fondements principaux des démocraties contemporaines. Le suffrage universel est une manifestation parmi d’autres des moyens de « réguler » le pouvoir, de l’évaluer, de le critiquer et de le remettre en cause. A ce titre, la percée électorale ou populaire de courants autoritaires (en Europe ou ailleurs) a de quoi soulever des inquiétudes…

A d’autres échelles, dans les entreprises et organisations, par exemple, il est question de développer des modes de management qui permettent aux employés de déployer tout leur potentiel, et donc, en quelque sorte, leur pouvoir.

Dans un article issu de la réflexion du Conseil académique en gestion de conflits et en éducation à la paix, nous nous situons dans ce niveau plus organisationnel, voire interpersonnel, dans lequel il y a un déséquilibre de pouvoir qui rend une négociation raisonnée impossible : le « rapport de forces » est clairement désavantageux. Comment récupérer du pouvoir d’action ?

A l’Université de Paix, nos programmes éducatifs, nos formations et nos ressources visent une forme d’émancipation, ou encore d’« empowerment ». Il s’agit de donner aux participants les clés de compréhension (conscience) et d’action pour se rendre eux-mêmes plus libres et responsables de leurs comportements…

> Découvrez le trimestriel n°148 de l’Université de Paix.

Trimestriel 148 (septembre 2019 – novembre 2019)
 

J’ai (encore) débattu sur Internet (et j’aurais pas dû)

Routine matinale. Je lis un peu les sites de presse et parcours mon « fil d’actualités » sur les médias sociaux. Je tombe sur un thème qui m’interpelle. En-dessous, je découvre des commentaires postés par une personne qui m’est inconnue. Son avis ne me plait pas. Je dégaine mon clavier et pars au front. Une fois ma réponse envoyée et l’impulsivité retombée, je m’interroge : qu’est-ce qui m’a (encore) pris ?

Par Julien Lecomte

La personne qui a posté initialement l’avis qui ne me plait pas me répond à son tour. Il n’est pas très courtois, se moque un peu de mes arguments et en profite pour lâcher quelques attaques « ad personam » (c’est-à-dire dirigées contre la personne et non contre les idées). Mon sang bout à nouveau, je me précipite pour lui adresser mes contre-arguments. Une fois, deux fois, trois fois… Pourquoi ne retiens-je pas les leçons ?

Apprivoiser mes réactivités

Dans ce débat, je réagis comme par réflexe, et non tant en fonction de ce à quoi j’aspire. C’est l’un des enseignements de la pleine conscience et des courants connexes à propos de la gestion des émotions, notamment : j’ai des tendances à l’action, des manières de penser et des comportements que je privilégie de manière quasiment automatique dans certaines situations.

Au quotidien, nous sommes confrontés à des choses qui nous interpellent ou nous font réagir. A fortiori, les médias tâchent pour la plupart de capter notre attention, en jouant sur la corde émotionnelle. Les articles qui nous émeuvent ou nous indignent sont les plus visibles. Nous sommes donc parfois pris dans une forme de réactivité émotionnelle brute. Une alternative, c’est juste de prendre conscience de ces processus, sans s’autoflageller, avec une curiosité ouverte et une bienveillance pour soi. Prendre le temps, ne seraient-ce que quelques secondes, pour observer ce qui se passe dans mon corps, dans mes tripes, dans mes pensées. C’est là, et c’est ok.

Dans un second temps, après avoir fait ce chemin de conscience, il s’agit de récupérer du pouvoir d’action : au lieu de foncer tête baissée dans mes réactivités, ne puis-je pas développer une manière de répondre qui me convienne davantage ?

Mesurer nos objectifs

Avec un peu de recul, je constate qu’après de tels échanges (en ligne ou de visu), je me sens parfois frustré. J’ai dépensé beaucoup d’énergie pour un résultat insignifiant.

Une alternative à cette manière d’agir consiste à essayer de clarifier mes objectifs et ceux de l’autre personne avec qui je souhaite discuter. Ce questionnement relève de l’application de la grille de lecture de Thomas et Kilmann. Ces deux auteurs, sur base des objectifs des parties en conflit, distinguent différents types d’attitudes possibles face à un désaccord. Celles-ci sont toutes plus ou moins appropriées en fonction de la prise en compte de ces objectifs.

Mes objectifs sont-ils si importants que je me lance dans une discussion avec une personne que je connais peu ? Qu’ai-je à « gagner » en la faisant changer d’avis ? En quoi est-ce important pour moi ? S’agit-il de convaincre l’autre, d’influencer les spectateurs du débat, ou encore d’autre chose ? Cela vaut-il la peine d’investir du temps et de l’énergie en ce sens ? Ainsi, si mon objectif n’est pas très important, je peux tout simplement éviter la discussion, ou encore même laisser l’autre avoir raison, c’est-à-dire m’accommoder de ses idées.

De plus, il est important de jauger les objectifs de l’autre. Cherche-t-il à avoir raison à tout prix, quitte à sacrifier la relation (attitude de compétition agressive), ou est-il ouvert au fait de considérer mes objectifs lui aussi ? S’agit-il de discuter « face à un mur » ou une co-construction est-elle possible, jusqu’à une coopération dans l’élaboration des idées ? Pour coopérer, il faut être au moins deux à avoir envie de le faire. Dans le cas contraire, j’ai plutôt intérêt à me protéger, à moins d’avoir un objectif qui dépasse notre situation (par exemple, informer le public du débat).

Bien sûr, ce « chemin de conscience » est loin d’être évident, et il n’y a pas une attitude meilleure que l’autre dans l’absolu (répondre ou ne pas répondre, argumenter ou écouter, etc.). Hier encore, je me suis surpris à taper sur les touches de mon clavier, la mâchoire serrée et les sourcils froncés… Et vous, vous les vivez comment, vos désaccords en ligne ?

[Vidéos] 25 ans de Communication NonViolente (CNV)

[Communication NonViolente – CNV] 25 ans de la CNV en Belgique !

Capsules vidéo réalisées avec Action Médias Jeunes asbl.

Jean-François Lecocq – Formateur Certifié en CNV – Histoire de la CNV en Belgique. Comment la CNV s’est-elle développée en Belgique ?

Catherine Bruynbroeck – Enseignante, Détachée Pédagogique à l’Université de Paix : comment faire respecter une consigne en classe, de manière nonviolente ?

Régine Boone – ACNV-BF – Association pour la Communication NonViolente en Belgique francophone – Quel devenir pour la CNV en Belgique francophone ?

Claire Struelens – Formatrice en Communication NonViolente (CNV) à l’Université de Paix asbl – Comment rester zen ? Comment garder son calme ?

Isabelle Brouillard – Coordinatrice de l’Université de Paix, Médiatrice – Utilité de la CNV (Communication Nonviolente) dans la médiation

Anne Bourrit – Formatrice Certifiée en Communication Nonviolente (CNV) – Astuce CNV

Jean-François Lecocq – Formateur Certifié en Communication NonViolente (CNV) – La CNV et les missions de l’Université de Paix

Arnaud Deflandre – ACNV-BF – Association pour la Communication NonViolente en Belgique fr.

https://cnvbelgique.be

Anne Bruneau – Formatrice Certifiée en CNV – la CNV dans l’aide à la jeunesse

Anaël Lecocq – Psychologue clinicien, Administrateur UP – Comment gérer la colère des enfants ?

Karine Ferfers – Formatrice Certifiée en CNV – CNV et multiculturalité. En quoi la CNV permet-elle de travailler le multiculturel ?

François Bazier – GRH, superviseur, formateur – Quelles plus-values de la CNV dans le milieu professionnel (Communication NonViolente) ?

Julien Lecomte – Chargé de communication, Formateur UP – La CNV sans la manipulation. Peut-on utiliser la CNV pour manipuler autrui ? Comment s’en prémunir ?

Introduction à la CNV : le témoignage de Delphine Posschelle

La CNV est un mode de communication, d’expression et d’écoute qui permet de trouver un contact vrai avec soi-même comme avec autrui afin de construire des relations dans lesquelles les besoins de tous sont rencontrés. La qualité du lien qui en résulte provoque le respect mutuel et la coopération.

C’est en lisant le livre Clés pour un monde meilleur de Marshall B. Rosenberg, que j’ai pris conscience que toutes émotions, attitudes, réactions de mon entourage et donc aussi de mes élèves résultaient, d’après l’auteur, d’un besoin non entendu. D’après lui, la pratique de la CNV permet au groupe d’individus qui la pratique, de vivre en harmonie et dans de vrais rapports avec une qualité de lien qui provoque le respect mutuel et la coopération. L’auteur parle même d’un changement social possible… 

Cette découverte a fait écho en moi et m’a laissée rêveuse… J’ai tout de suite fait un lien avec mon métier et j’ai pensé que les rapports d’autorité qu’un professeur peut souvent avoir en classe pourraient prendre un autre aspect avec la CNV. J’ai donc suivi 2 journées de Formation début octobre, à l’Université de Paix, animées par Jean-François Lecocq. Aujourd’hui, je peux affirmer que ce que j’ai appris lors de cette formation, me permet d’être encore plus dans la compréhension de l’enfant. 

A chaque fois que celui-ci montre par son comportement, ses gestes, ses actes, ses colères, ses refus et ses crises d’enfant que quelque chose ne lui convient pas, de simples phrases apparaissent tournant autour de : Pourquoi est-ce important pour toi que… ? Que veux-tu me dire en refusant de travailler ? Quel est le vrai problème de ta colère ? Que puis-je faire pour que tu te sentes mieux ? Ceci me permet aujourd’hui de régler le problème plus en profondeur et beaucoup plus vite qu’avant. 

En effet, avant cette formation, je pensais que ces attitudes d’enfant résultaient du caprice ou de l’impulsivité ou encore, de l’immaturité liée à leur âge. Ecouter leurs besoins, me permet maintenant de les ramener beaucoup plus rapidement à ce que j’attends d’eux et dans une dynamique positive de leur part. 

En pratiquant cette communication, j’observe après un mois de pratique que mes élèves partagent beaucoup plus leurs sentiments, leurs besoins, leurs craintes avec moi. J’ai l’impression que ma position en classe a changé, je suis beaucoup plus dans la dynamique de la compréhension. J’ai l’impression d’être devenue, la gardienne de la sécurité psychologique, la grande sœur rassurante, la personne ressource pour passer une journée agréable d’apprentissages et de découvertes. Je ne suis plus le « gendarme » qui se fatigue à faire avancer un groupe d’enfants pas toujours preneur de ce qui est proposé. J’observe également que mes élèves sont beaucoup plus sereins et qu’une dynamique de respect mutuel est née… 

Depuis cette formation, lorsque je trouve qu’il y a trop de bruit dans mon local, je ne leur dis plus : « Taisez-vous s’il-vous-plaît ! » MAIS : « J’ai besoin de calme, le bruit me fatigue pour l’instant » ou « L’activité que vous faites demande une réflexion qui d’après moi n’est pas possible dans le bruit ». C’est incroyable comme cette manière de présenter les choses provoque une attention particulière chez l’enfant et je remarque que la classe se calme presque immédiatement. Je sens vraiment qu’ils le font car ils savent pourquoi la demande est faite.

Ce qui est important également, c’est que l’enfant doit savoir que c’est pareil dans l’autre sens. Leurs besoins sont également entendus et, dans la mesure du possible, satisfaits. J’ai souvent l’impression, que le système scolaire oublie que ces petits bouts sont finalement des petits êtres qui ont encore comme premier besoin de vouloir juste être bien… La CNV me permet de gérer ma classe dans cette optique, si importante pour moi.

J’aime ce qui s’est passé dans ma classe en un mois et j’aime beaucoup cette nouvelle dynamique qui m’a été proposée par la formation… Je vais donc continuer dans cette voie en espérant appliquer encore mieux le schéma de la CNV dans l’avenir.

Je terminerai en remerciant le Pouvoir Organisateur de l’école des étoiles de m’avoir permis de suivre cette formation. Ainsi que Jean-François Lecocq qui transmet sans réserve ses propres expériences et les découvertes qui lui ont été transmises par Marschall Rosenberg.

Formation commune des volontaires au CHU à Godinne

Par Claire Struelens

Printemps 2018, j’ai à cœur de donner pour la 9e année consécutive une formation de 4 jours pour un public de Volontaires offrant leur temps, énergie et présence attentionnée aux malades et familles des Hôpitaux de Godinne et Dinant.

Cette formation est obligatoire et touche un public d’âges et d’expériences de vie divers et variés.

Conçue en collaboration avec Monsieur Jacques Gérardy, Coordinateur du Volontariat et Responsable de la Maison d’Accueil Hospitalier Pierre Jansen – Site Godinne, la formation a pour objectif global d’apprendre aux volontaires à mieux se connaître et à communiquer dans un univers relationnel inédit avec de nouveaux partenaires : les patients et leurs proches, les collègues volontaires et les professionnels.

Trois journées sont consacrées à créer des liens et un climat de confiance ainsi qu’à découvrir et expérimenter les bases de la Communication Nonviolente selon le processus de Marshall B. Rosenberg.

Les participants apprennent à identifier ce qui, dans la communication entraîne un enrichissement des relations et ce qui, au contraire, provoque des tensions, de la résistance et même de la violence. De plus ils accroissent leur capacité à se relier à eux-mêmes et aux autres pour pouvoir contribuer à un bien-être réciproque.

La quatrième journée permet de découvrir et travailler une méthode de résolution de problème avec, comme support, l’outil d’Intervision.

La vision du DVD « la maladie d’Alzheimer, comprendre pour aider au quotidien » clôture la formation, mettant en évidence la notion d’« Humanitude ». L’Humanitude est un concept développé par Yves Gineste et Rosette Marescotti : « Cette méthodologie de soin vise à prendre soin des « hommes vieux » en humanitude, c’est-à-dire dans le respect de leurs particularités d’humains ».

Voici quelques retours des évaluations. Les participants disent avoir particulièrement apprécié les éléments suivants :

  • Rencontre, réflexion, tolérance par rapport à l’écoute, partage des expériences.
  • Pause dans le quotidien permettant de repenser à des choses essentielles.
  • Prendre conscience de l’utilisation des « Messages Risqués » de Thomas Gordon.
  • Comprendre l’Ecoute Active et Empathique
  • Découverte d’une approche formalisée pour améliorer les contacts.

Quand, au terme de la formation, je remarque la qualité du lien qui s’est créé au sein du groupe, je suis contente car confortée par la cohérence de la méthodologie et des outils pédagogiques que nous proposons à l’Université de Paix.

L’estime de soi dans l’action

Par Lysiane Mottiaux.

La formation « Développer l’estime de soi » est née d’une constatation : la difficulté de certains participants ayant acquis des outils de communication de pouvoir s’affirmer.

L’obstacle prépondérant de cette situation était la plupart du temps un manque d’estime d’eux-mêmes.

Nous avons décidé de fixer les quatre ateliers à une semaine d’intervalle. Ceci permet aux participants, entre les séances, de mettre en pratique les notions vues, afin d’augmenter leur estime.

Qu’est-ce que l’estime de soi ?

L’estime de soi est la conscience de la valeur que je me reconnais dans différents domaines. Ce qui implique également la capacité de reconnaître la valeur de l’autre.

Le mot sur lequel nous décidons de mettre l’accent en formation est « la conscience ». En effet les personnes à haute estime de soi ne sont pas meilleures ou plus compétentes que les autres, elles ont leurs qualités et leurs défauts comme tout le monde, elles vivent des réussites et des échecs, elles vivent des moments de certitude et des moments de doute, elles se sentent fortes ou fragiles, selon les circonstances….

La grande différence par rapport aux personnes qui manquent d’estime d’elles-même est qu’elles connaissent leurs forces et leurs limites, agissent et acceptent d’être imparfaites.

La méthodologie utilisée dans cette formation est active et créative, nous proposons des exercices pratiques à partir des expériences personnelles de chacun.

Pour développer l’estime de soi nous travaillons avec les participants :

  • Le fait de mieux se connaître : Quelle est l’image que j’ai de moi ici et maintenant ? Quelles sont mes forces et mes limites ?
  • La clarification de mes valeurs et la cohérence de mes actes par rapport à celles-ci
  • La clarification de mes valeurs me permet d’agir d’une manière cohérente et de faire des choix adéquats. Prenons un exemple : je travaille dans une société près de chez moi, les locaux sont agréables, je m’entends bien avec mes collègues, je fais un travail intéressant, je peux utiliser mes compétences et faire preuve de créativité et pourtant je ne me sens pas bien. En fait, une valeur importante pour moi est le respect de l’environnement et je sais que la société dans laquelle je travaille déverse des déchets toxiques en Afrique ce qui explique mon malaise. Je risque d’éprouver un malaise quand mes actes ne sont pas en adéquation avec mes valeurs. Plus j’agis en adéquation avec mes valeurs, plus mon estime de moi grandit.
  • La découverte de ses croyances limitantes et leur transformation : Qu’est-ce que je me dis sur moi-même, sur les autres, sur la vie ? Est-ce que mes croyances sont limitantes ? c’est-à-dire qu’elles génèrent des prédictions d’échec ou m’empêchent d’agir et donc de construire mon estime de moi. Exemple de croyance limitante : j’arrive le matin en formation, il y a déjà 5 participants qui discutent, je pense : « je ne suis pas intéressante », je ne prends pas la parole, je me mets à l’écart, je baisse la tête, personne ne me parle et je me confirme que je ne suis pas intéressante. Des exercices de recadrage sont proposés pour élargir la réalité et accéder à mes ressources en pensant ou en agissant autrement.
  • La clarification des objectifs et la mise en action pour les atteindre. « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va » (Sénèque). Dans cette étape, je vais clarifier un de mes objectifs à long terme et le découper en objectifs spécifiques qui seront eux-mêmes fractionnés en petites actions concrètes, précises, atteignables par moi-même, réalistes, en lien avec l’objectif et formulés affirmativement.

Construire l’estime de soi dans l’action

Petites actions par petites actions, je progresse dans l’atteinte de mon objectif d’une manière cohérente.

L’estime de soi se construit dans l’action et dans la faculté de relativiser l’échec, comme l’illustre Christophe André.

Au terme de la formation, les participants ont clarifié certaines de leurs valeurs, de leurs croyances limitantes pour les dépasser, ont mis des actions en place pour atteindre un objectif. Ils possèdent les outils pour continuer à faire de petits pas dans la construction de leur estime d’eux-mêmes.

Quel plaisir de les voir partir, avec déjà, de petits changements perceptibles.

« L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous »
Jean-Paul Sartre

Peut-on empêcher la violence en maternelle ?

Par Julie Duelz

Julie Duelz est formatrice à l’Université de Paix. Elle a contribué au développement de plusieurs programmes éducatifs de l’UP, notamment en maternelle.

Depuis quelques années, le nombre de demandes d’animation et de formation pour les équipes « maternelle » a véritablement explosé dans notre association. Les enseignants se retrouvent parfois démunis par rapport aux comportements des enfants (non-respect des règles, agressivité, coups…). Parallèlement, notre conviction, étayée par les recherches scientifiques, est qu’il est indispensable de commencer au plus jeune âge d’apprendre à entrer en contact, développer les habiletés sociales et gérer les conflits de façon positive.

En effet, selon les conclusions des nombreuses recherches menées par Richard E. Tremblay, l’enfant n’apprend pas à être violent par les médias et les jeux vidéo comme beaucoup le pensent : c’est dans la toute petite enfance que naissent les agressions physiques (dès le moment où l’enfant a la motricité pour se déplacer et taper, arracher, mordre…). Ce professeur canadien en pédiatrie, psychiatrie et psychologie a commencé sa carrière en prison, et s’est interrogé sur l’âge auquel prévenir ces actes criminels : quels que soient l’époque ou le pays, les recherches prouvent que le pic d’agressivité ne se situe pas à l’adolescence, mais entre 2 ans et 4 ans, et diminue progressivement jusqu’à 6 ans par la socialisation. Seulement, pour une partie des enfants, cette diminution ne se produit pas. Il est important de travailler avec les enfants dès la maternelle car c’est à cet âge que les programmes de prévention ont le plus de résultats.

L’enjeu de l’éducation en maternelle est donc d’apprendre à tous les enfants des moyens non violents pour obtenir satisfaction, le contrôle de soi, le développement du langage, la gestion des émotions, et de ne surtout pas lâcher les enfants qui sont les plus agressifs en se disant que cela va passer en grandissant.

Pour ce faire, il est indispensable de créer un climat de sécurité affective dans la classe. En effet, les enfants doivent se sentir en confiance dans leur classe, par le cadre et la bienveillance de l’enseignant ainsi que par les relations avec les autres enfants (travail de cohésion de groupe). Si ce n’est pas le cas, l’insécurité des enfants va contribuer à la mise en acte de l’agressivité.

A travers nos programmes éducatifs, nous proposons des pistes concrètes pour travailler la sécurité dans le groupe : par le cadre mis par l’enseignant, par sa manière de communiquer qui préserve l’estime de soi), par l’augmentation de la cohésion de groupe.

Sur base de ce climat de sécurité, l’enseignant pourra enseigner les habiletés sociales : les attitudes en conflit, la capacité à nommer et réguler les émotions, le développement de moyens non agressifs pour obtenir satisfaction, mettre sa limite, être créatif dans la résolution de conflits…

Malgré toute la bonne volonté de l’enseignant de maternelle à créer un environnement sécurisant et à développer les compétences sociales des enfants, il ne peut exclure totalement les agressions physiques qui correspondent au développement normal des jeunes enfants. Ceci permet de rassurer les professionnels tout en encourageant d’agir avec détermination parce que c’est aussi l’âge où la prévention est la plus efficace.

En 2019, l’Université de Paix prévoit de rédiger un ouvrage pédagogique directement destiné aux enseignants de maternelle.

Médiation : comment je me positionne face à un conflit ?

Focus sur les attitudes en conflits dans le cadre de la médiation : « Le conflit et moi. Comment je me positionne face à un conflit ? »

Par Almudena Vaquerizo Gilsanz

Le médiateur par définition se doit d’adopter une posture « neutre » face aux deux parties. Ou plutôt garder une multipartialité : être 100% avec une partie puis 100% avec l’autre.

Pourtant, parfois, c’est difficile… Le 19 décembre 2018, l’Université de Paix a proposé un atelier interactif pour élargir, interroger et clarifier nos propres représentations du conflit.

Comment je me représente un conflit ? Quelle place avait le conflit dans ma famille ? Comment je me sens face à un conflit ?

Partant de ces questions, l’invitation était de mettre de la conscience dans certains comportements, peut-être guidés par des « pilotes automatiques inconscients », en lien avec les réponses à ces questions.

Ma posture de médiateur risque sans doute d’être colorée de ce vécu autour du conflit : peut-être que partant de mon envie que les parties négocient absolument, je vais avoir tendance à porter la médiation, de manière inconsciente, à souffler des solutions. Il se peut même que dans la posture d’une des parties (posture de pouvoir, posture de victime ou de celui qui accepte trop facilement…), je reconnaisse ma propre posture ou celle d’une figure avec qui j’ai du mal en conflit. Est-ce par empathie ou par opposition ? Et moi, je prends quelle place ?

Cette matinée a mis de l’éclairage sur ces notions et, selon les participants a pu aider à :
• Partager, entre médiateurs, vécus et expériences autour du conflit
• Prendre conscience de mon propre fonctionnement en tant que médiateur
• Mieux comprendre comment les parties peuvent vivre le conflit

Mieux connaître son propre fonctionnement est le meilleur chemin pour mieux comprendre le fonctionnement des autres, et le médiateur a son rôle à jouer dans cette compréhension.

Les formations proposées par l’Université de Paix pour la formation continue des médiateurs agréés (CFM) travaillent la connaissance de soi et des autres, donnent des grilles de lecture du conflit et aident le médiateur à incarner la posture de celui qui fait tiers, pour sortir du conflit de manière constructive.

La médiation à l’Université de Paix

Il y a une équipe de médiatrices à l’Université de Paix (avec des intervenantes externes) pour répondre aux demandes dans ce cadre. Almudena Vaquerizo Gilsanz organise des intervisions dans le cadre de l’UBMP dans les locaux de l’Université de Paix. Elle a également formé des médiateurs scolaires de Bruxelles à la gestion des situations de harcèlement, et ils ont commandé trois autres formations : nos outils les aident beaucoup apparemment. Un nouveau public vient à nos formations programmées à l’agenda : avocats, médiateurs… L’UBMP avance dans la reconnaissance de la profession de médiateurs. La Semaine de la médiation a de nouveau eu lieu en octobre 2018 et nous participons également au Carrefour de la médiation.