activités pédagogiques

Retours sur le « Certif Jeunes » au Luxembourg

Retour sur le Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes (5-17 ans) au Grand-Duché de Luxembourg

Après avoir commandité plusieurs modules de courte durée, le SCRIPT–IFC, organisme de formation continue du Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle au Grand-Duché de Luxembourg, a inscrit l’une des propositions phare de l’Université de Paix à son programme.

C’est en janvier 2012 que le tout premier Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes (5-17ans), formation de longue durée, a commencé au Grand-Duché de Luxembourg : son code officiel, « B2-d-17 ».

De part et d’autre des frontières, nous nous posions nombre de questions : « Y aura-t-il assez d’inscrits ? Les participants seront-ils suffisamment motivés et présents aux 9 sessions ? Une formation en français sera-t-elle porteuse d’intérêt ? Comment respecter l’hétérogénéité des candidatures et garder comme point de mire le développement des compétences sociales au sein des groupes de jeunes ? ».

Des réponses : des inspecteurs faisant le relais, 26 candidatures motivées, 18 participants retenus et une liste d’attente !

Pour accompagner leur engagement, le Ministère a soutenu la traduction allemande du livre « Graine de médiateurs II ». C’est ainsi que « Früh übt sich, Mediation für Kinder » est édité et facilite grandement leur travail dans le contexte multiculturel et plurilingue du pays.

A petits pas comme à grandes enjambées, chargés de direction, instituteurs, éducateurs, personnes-ressource ou encore psychopédagogues mettent en oeuvre la démarche et les outils proposés par nos formateurs.

Grâce aux nombreux processus d’évaluation en cours et à la fin du certificat, chacun a pu suggérer, interagir et nous faire part de son avis quant à l’apport de cette formation pour son travail quotidien.

Au bout du parcours, 16 participants dont 13 obtiennent leur Certificat et 3 terminent le travail individuel pour l’obtenir.

Leurs échos, notre motivation à continuer ainsi que l’analyse faite par le SCRIPT-IFC ont abouti au renouvellement de la programmation du Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes (5-17ans).

La deuxième édition luxembourgeoise aura lieu à Mersch, à partir de septembre 2013.

Bouc émissaire dans La Lettre Eduquer à la NV

Dans La Lettre Eduquer à la NonViolence et à la Paix n°21, Christelle Lacour, formatrice à l’Université de Paix, explique le phénomène du bouc émissaire, et donne quelques pistes d’activités pour travailler ce thème…

Comment réagir face au phénomène du bouc émissaire ?

Par Christelle Lacour – Licenciée et agrégée en Psychologie, Formatrice à l’Université de Paix asbl.

Le 28 avril 2011, l’Université de Paix a dispensé sa première formation sur le phénomène du bouc émissaire. Nous sommes partis de l’idée que ce problème est groupal et avons par conséquent proposé aux participant(e)s de réfléchir, travailler et expérimenter cette question de manière groupale…

Des personnes de tous bords étaient présentes : des enseignants, des animateurs pour jeunes, des travailleurs sociaux estimant vivre un cas de bouc émissaire dans leur équipe de travail, une médiatrice scolaire confrontée à ce problème dans les écoles dont elle s’occupe, des parents…

« C’est quoi un bouc émissaire ? » a été la première question que nous leur avons posée, Alexandre Castanheira et moi-même. En sous-groupes, les participants ont discuté et rapporté leurs représentations sur ce phénomène, ses causes et ce qui les amenait en formation ce jour-là. Suite à cela, une définition a été proposée :

« Le bouc émissaire est celui que le groupe rend responsable de tout ce qui ne va pas. Il remplit un rôle de cohésion en polarisant sur lui l’agressivité. Le bouc émissaire permet aussi aux autres de transgresser des règles : c’est lui qui portera le chapeau ».

Le bouc émissaire serait donc le symptôme d’un dysfonctionnement groupal : un phénomène de groupe, à travailler en groupe donc !

Nous avons dès lors proposé aux participants de vivre plusieurs situations de rejet social de manière ludique et d’en tirer leurs conclusions.

Dans une des activités, les participants ont disposé d’une minute pour trouver un « abri antiatomique » de la couleur correspondant à une gommette apposée sur leur front. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’une des participantes avait une gommette de couleur différente, ne correspondant à aucun abri. Elle a littéralement explosé au terme de la minute, puisqu’aucun groupe ne l’a accueillie dans son abri.

Dans un autre exercice, une étiquette positive ou négative (ex. sympathique, agressif, intello, …) a été attribuée à chaque membre du groupe. Ils ont ensuite du choisir de s’asseoir par quatre dans une « cafétéria » improvisée dans l’espace. Le constat était simple : les personnes ayant des étiquettes positives se retrouvaient entre elles et les participants avec une étiquette négative s’asseyaient entre eux, par défaut le plus souvent.

Dans un troisième temps, les participants ont eu l’occasion de trouver un maximum de solutions concrètes face à une situation dans laquelle un jeune était victime d’intimidation. Sur base d’une planche de bande dessinée, diverses suggestions ont été émises : faire des animations pour créer du lien, clarifier les règles et sanctionner automatiquement, faire de la sensibilisation à travers une campagne (ex. en diffusant un film traitant du thème du rejet social ou de l’intimidation), donner un rôle positif au brimeur et/ou au bouc afin de changer la dynamique, …

Lors d’une dernière rencontre en sous-groupes, nous avons expérimenté la technique de l’analyse fonctionnelle. Voici les étapes de cette méthode :

  • nommer le problème (qu’est-ce qui se passe ? comment je me sens ?) ;
  • évaluer si gérer cette situation fait partie de mon mandat professionnel ou personnel ;
  • créer un sociogramme pour situer qui est concerné par le problème et les relations entre les personnes ;
  • imaginer des pistes, les évaluer et en choisir en fonction de leurs avantages, inconvénients et risques.

Chacun(e) est reparti(e) de cette session avec des clés de lecture et des idées plein la tête. Non seulement leur vision du phénomène s’est clarifiée (cette vision a changé, ont dit certains), mais en plus les moyens d’action leur ont paru plus nombreux pour gérer ou vivre avec l’existence d’un bouc émissaire.

Retrouvez cet article dans le PDF de La Lettre Éduquer à la Nonviolence

La Lettre Eduquer à la Nonviolence et à la Paix n°21