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[Vidéo] Communiquer pour prévenir la violence

La quinzaine « Rubans blancs » se clôture aujourd’hui. A Namur, elle a été marquée par une série d’actions, tout public, organisées pour informer, sensibiliser et réfléchir sur la thématique des violences. 

Découvrez le reportage Canal C ci-dessous, avec Almudena Vaquerizo Gilsanz, Formatrice à l’Université de Paix.

Pour une école nonviolente et bienveillante

Comme tout lieu de vie collective, l’école est propice à la manifestation de conflits et de faits de violence en tous genres, physiques ou verbaux. Comment donc les désamorcer avant qu’ils ne dégénèrent ? Comment favoriser un climat serein, respectueux et agréable au sein des établissements scolaires ? En développant, par exemple, un mode de relation et une communication basés sur la bienveillance…

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Brigitte Gérard (Entrées Libres) a interviewé Claire Struelens, formatrice à l’Université de Paix.

[…] Pionnière en la matière en Belgique, l’Université de Paix propose diverses formations, ouvertes aux enseignants, dont l’objectif est de découvrir [notamment] le langage de la CNV [Communication NonViolente] et de s’initier à son processus.

« Cette forme de communication permet une compréhension de soi-même et de l’autre avec bienveillance, explique Claire STRUELENS, formatrice à l’Université de Paix. En fait, chacun cherche, par sa manière d’être, par ses comportements, ses paroles, à faire passer un message.

Parfois, ce moyen est violent, on émet des jugements, on interprète… Mais derrière ça, il y a peut-être une personne démunie, qui a besoin d’aide. La CNV nous aide à nous relier à nous-mêmes, à l’écoute de nos ressentis et de nos besoins et nous permet ensuite d’émettre une demande à l’autre » […]

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Les années 90, la CNV et Marshall Rosenberg

Par Claire Struelens, Formatrice à l’Université de Paix.

Les années 90 marquent un tournant dans ma vie privée et professionnelle ! Après avoir travaillé 7 ans comme secrétaire et guide pour une asbl « Le Cercle Culturel et Historique de Rochefort », je me retrouve au chômage en 1991. Une porte s’ouvre car j’ai la possibilité de suivre des cours de Promotion Sociale « Educateurs A1 spécialisé ». C’est là que je découvre l’existence de l’Université de Paix par l’intermédiaire de Monsieur François Bazier (chargé de cours, formateur et membre du CA de l’Université de Paix).

A l’époque, j’étais maman de deux ados et soucieuse de créer, avec eux, des relations mutuellement respectueuses.

Depuis toujours je m’intéressais au « développement de la personne », à la psychologie « Humaniste » car j’y trouvais des réponses à mes questionnements et des outils utiles pour vivre des relations plus harmonieuses avec moi-même et les autres (Carl Rogers, Thomas Gordon).

Du 12 au 15 mai 1994 l’Université de Paix organise une « formation exceptionnelle avec Marshall Rosenberg » à Rossignol. Pas d’hésitation, je m’inscris. A ce moment-là, j’ignore, que ces trois journées scelleront ma destinée professionnelle ! Le 5 juillet 1995, je signe mon contrat comme formatrice à l’Université de Paix ! Quand j’y repense, les mots « incroyable » et «inimaginable » résonnent dans ma tête !

J’ai l’opportunité de participer à plusieurs formations données par Marshall Rosenberg, accompagné d’Anne Bourrit qui le traduit avec justesse, simplicité, humour… Ils forment un duo de choc, ils incarnent ce qu’ils disent, proposent ! Par sa présence bienveillante et chaleureuse, par son intégrité, par sa manière de transmettre le processus, Anne Bourrit me donne l’envie, l’élan de pratiquer, d’expérimenter le modèle dans mon quotidien.

Vivre la CNV c’est pouvoir « rire tous ses rires et pleurer tous ses pleurs », c’est pouvoir prendre la responsabilité de ce que l’on vit, c’est comprendre avec le cœur ce qui motive chaque être humain…c’est retrouver notre Humanité ! La mise en pratique soulève des vagues avec lesquelles je surfe tant bien que mal, et petit à petit (cheminement de ces vingt années), je deviens plus habile et perçois de mieux en mieux ce qui motive mes comportements, mes paroles, mes choix et ceux des autres.

Oui, quand je regarde où j’en suis aujourd’hui tant en ce qui concerne la vie professionnelle que privée, je ressens de la gratitude pour la reconnaissance et la confiance que l’on m’accorde à pouvoir Etre une Personne en perpétuel chemin vers plus de paix intérieure avec les autres.

Grâce à ces rencontres signifiantes (François Bazier, Marshall Rosenberg, Jean-François Lecocq) et la recherche constante à vivre en cohérence avec les valeurs chères à mon cœur, portées par l’Université de Paix et toute son équipe, je mesure combien j’ai la chance de partager ces ressources avec les personnes désireuses de découvrir et expérimenter une communication authentique et bienveillante avec elle-même et les autres.

Mes fils sont devenus des parents confiants dans la vie. Leurs enfants m’apportent l’occasion de donner et recevoir de cœur à cœur la vie avec toutes ses couleurs.

Ne cessons pas d’être gentils, soyons forts !

Vivre la paix au quotidien avec l’AïkiCom

Par Christian Vanhenten, Concepteur de l’AïkiCom, Maître praticien en PNL, Professeur d’Aïkido au Dojo Kimochi de Namur-Jambes et membre du Comité de la Semaine Internationale Aïki pour la Paix.

Plus une idée est belle plus elle peut sembler déconnectée de notre réalité. Prenons la Paix. Qui ne la souhaite pas ? Qui lui préfèrerait la guerre, l’agression, la violence ?

Pourtant, la violence, l’agression et la guerre font partie de l’actualité, de notre actualité.

Il y a bien sûr les violences et conflits lointains, Syrie, Afghanistan, Iraq et j’en passe. Mais ceux-là nous disculpent. C’est loin. C’est les autres. Ils ne comprennent pas. C’est pourtant facile. « Ils n’ont qu’à… » !

Puis nous montons dans notre voiture et nous entrons dans le monde réel. Au premier refus de priorité de ce conducteur discourtois, les noms d’oiseaux prennent leur envol. Avec nos proches ce n’est pas toujours plus brillant. Nous n’arrivons pas à nous réconcilier avec notre meilleure amie, notre frère, notre mari, notre collègue, convaincus d’avoir raison et lui ou elle tort.

Et ne parlons pas de nos bonnes résolutions. Perdre du poids, faire du sport, passer plus de temps en famille, aller coucher plus tôt, ces belles décisions se heurtent à la dure réalité du quotidien et nous nous en voulons de ne pas être celui ou celle que nous voudrions être. Conflit et violence intérieure.

Les plus belles valeurs ont leur part d’ombre. La paix n’a de sens que par rapport à la guerre et à trop vouloir la paix, on renforce la guerre. Mais que faire alors ?

L’AïkiCom propose de saisir à bras le corps ce dilemme en s’appuyant sur les principes de l’aïkido, art martial et art de paix.

Beaucoup connaissent de l’aïkido l’idée qui consiste à ne pas s’opposer à la force de l’attaque. Peu prennent la mesure du champ immense d’application qui s’ouvre à eux au quotidien. C’est qu’il y a des conditions à satisfaire pour faire de l’attitude Aïki un art de vivre. L’objectif poursuivi par l’AïkiCom est de nous aider à les découvrir pour les appliquer dans de multiples circonstances de vie.

L’AïkiCom nous rappelle tout d’abord l’importance du corps qui peut devenir une boussole pour nous orienter dans nos choix ou un détecteur de tension pour nous indiquer que nous nous écartons de la voie que nous nous sommes tracée. Bien souvent, nous vivons tellement hors de nous-mêmes que nous ne percevons pas – ou trop tard – quand la situation bascule. A ce moment-là, les techniques de communication apprises mentalement ne sont plus accessibles. Nous passons en mode survie et notre mental nous construit dare-dare une raison, un laisser-passer pour justifier notre agressivité. Et la spirale négative s’amorce.

Ensuite, il y a la gestion de la relation dans le conflit. Comment revenir à soi et accueillir l’énergie qui se présente à moi sans basculer dans la violence ou me retrouver au tapis ? La transformation du conflit pour restaurer le dialogue et éviter l’escalade de l’agressivité voire de la violence est magnifiquement illustrée par les enseignements de l’aïkido. L’aïkicom les transpose dans notre quotidien, dans nos comportements et nos paroles.

On est à mille lieues des trucs de communication, des recettes à l’emporte-pièce. La véritable paix ne s’obtient pas par la sophistication de nos armes mais par notre manière de voir le monde et de concrétiser cette vision dans nos comportements. Cela passe par un retour à soi et des choix d’action qui partent de nous-mêmes. Le corps est alors notre allié. Il vient équilibrer le mental qui souvent est amené à reproduire les comportements du passé. Le corps vit au présent et nous parle. Mais avec nos vies trépidantes nous manquons de pratique. Un peu comme l’espagnol que nous ne pratiquons qu’une semaine par an, lorsque nous partons en vacances.

Mais restons réalistes. Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours. S’il suffisait de penser à la paix pour la rendre omniprésente, cela se saurait !

Il nous faudrait alors évoquer l’idée d’un combat pour la paix. Le thème du guerrier revient en force dans le monde du développement personnel et c’est le message que Stéphane Hessel nous a transmis quand il a écrit Indignez-vous puis Engagez-vous. Le combat n’est pas l’expression de la violence mais de notre volonté d’affirmer nos valeurs et de les concrétiser. Il nécessite courage et persévérance. A l’heure où nombreux sont celles et ceux qui croient faire preuve de militantisme en cliquant « J’aime » sur une page (comportement qualifié en anglais par le mot « clicktivism » ou activisme par clic), il est bon de rappeler que c’est par nos actes que nous changeons les choses. Il faut de la force pour rester soi-même et ne pas basculer dans l’agressivité face à une personne qui tente de nous déstabiliser. Il faut de la force pour dire son désaccord plutôt que de ruminer sa frustration qui éclatera dans d’autres circonstances. Il faut de la force pour revenir dans la bienveillance avec votre proche quand celle-ci ou celui-ci vient d’avoir un comportement vous portant préjudice mais en exprime le regret et revient à une plus juste attitude.

A Thomas d’Ansembourg et son « Cessez d’être gentil soyez vrais », je voudrais répondre : « Ne cessez pas d’être gentils, soyez forts ». Il ne s’agit bien sûr pas de force musculaire mais bien de celle qui naît de la présence à soi, du retour au présent. Si je suis présent à moi, je peux exprimer mon ressenti, mes émotions et écouter l’autre sans me sentir menacé ni vouloir imposer mon point de vue. Dès lors que je me sens bien avec moi-même, je peux rencontrer l’autre dans le respect mutuel. Cette force personnelle crée un espace de sécurité qui me permet d’accueillir la différence, même si celle-ci est exprimée avec agressivité. La dynamique Aïki peut se résumer par ces deux mots : accueil et transformation. Dans le conflit, je peux écouter le point de vue de l’autre, exprimer ma vision et contribuer à installer le dialogue d’où émergeront les pistes où chacun se sentira respecté.

Cette démarche nécessite un investissement personnel. L’attraction exercée par la spirale de la violence nécessite de donner de soi mais le jeu en vaut la chandelle car comme le déclarait Martin Luther King : l’obscurité ne chasse pas l’obscurité, seule la lumière peut le faire.