dialogue

7 étapes pour développer la coopération

Les activités de coopération permettent d’entrer en relation avec les autres, dans un climat de confiance et de respect mutuel. Elles visent à développer des compétences et des attitudes qui favorisent, entre autres, la confiance, le dialogue, la communication. En ce sens, il s’agit d’un pilier de l’éducation à la citoyenneté.

Pour expérimenter et apprendre l’esprit de coopération et d’entraide, il est nécessaire de passer par différentes étapes qui se succèdent selon un ordre progressif.

Au nombre de sept, ces étapes s’intitulent :

  1. « Être accueilli », se sentir bien, en sécurité dans le groupe

Cette étape correspond aux activités de présentation de soi et d’accueil des autres dans le groupe.

  1. « S’exprimer »

Lors de cette étape, il est question de développer l’expression de chacun : quelles sont les choses que j’aime ou n’aime pas ? Quels sentiments me procurent telle situation ? C’est une occasion également de trouver du commun entre les membres.

  1. « Reconnaître ses qualités » et celles de l’autre

Cette étape permet de favoriser une image positive des membres du groupe : de quoi suis-je fier/fière ? Quelles qualités essentielles les autres perçoivent-ils chez moi ?

  1. « Prendre sa place » et reconnaître celle de l’autre

Dans ce moment, chacun évalue comment s’insérer et prendre une place dans le groupe tout en laissant la place aux autres. Des rôles peuvent être distribués, échangés, testés…

  1. « Écouter », mettre à profit tous mes sens, apprendre à écouter l’autre pleinement

Le développement des capacités d’écoute fait partie des préalables à la coopération et à la confiance mutuelle. Si chacun a l’occasion de s’exprimer et d’être écouté (et donc d’écouter les autres par corollaire), la dynamique de groupe est plus constructive.

  1. « Développer la confiance » en soi, en l’autre

Des activités spécifiques pour tester et renforcer la confiance mutuelle sont proposées ici. Ici, les participants peuvent se dire qu’ils peuvent compter les uns sur les autres, dans le respect.

  1. « Coopérer », construire ensemble

A cette étape, les participants peuvent dès lors vivre des activités complexes de coopération. La dynamique coopérative se conforte notamment lorsque le groupe expérimente une réalisation collective, par exemple à travers un défi.

Selon le niveau de sécurité émotionnel du groupe, une étape peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. En effet, si je ne me sens pas en sécurité avec mes compagnes et compagnons, il me sera difficile de m’exprimer et d’écouter. En tant que formateur, animateur, éducateur, il est nécessaire de voir et de sentir l’opportunité du changement d’étape et d’activités. Certains formateurs peuvent également décider d’intervertir l’une ou l’autre étape (par exemple, l’écoute avant le fait de prendre sa place), ou encore de « retravailler » une étape passée de temps à autres…

Négociation et médiation : deux modes de gestion

Cet article, rédigé par Mireille Jacquet, a fait l’objet d’une publication en 2001, dans le trimestriel numéro 74.

Dès le plus jeune âge et jusqu’à la fin de notre vie, chaque jour apporte des sources potentielles de conflits. L’écriture chinoise du mot «conflit» contient deux aspects : opportunité et danger. Transformer les conflits rencontrés en chances de progresser individuellement et de construire ensemble est l’enjeu d’une gestion effective des conflits. Le dialogue tel que l’Université de Paix le conçoit implique le respect de deux principes :

  • le respect de l’autre comme personne implique la capacité et la volonté de l’écouter, de le comprendre et la décision de ne pas lui imposer nos propres convictions;
  • le respect de la vérité des faits correspond à l’ouverture à d’autres vérités que la nôtre, ainsi l’acceptation des faits qui ne nous sont pas favorables.

Ce dialogue est une énergie positive insufflée aux divers modes de gestion de conflits dont la négociation et la médiation.

La négociation est une confrontation directe entre les parties en conflit.

Nous négocions sans l’avoir appris, de manière parfois automatique, coopérative ou non… C’est selon… avec la tendance d’être satisfait si «on a coupé la poire en deux». L’enjeu du travail de l’Université de Paix est – à ce niveau – de former les négociateurs que nous sommes à la négociation coopérative et à des attitudes basées sur le dialogue qui vont accroître l’efficacité des techniques (cf. Les 5 qualités du négociateur) :

  • Possibilités d’accroissement d’efficacité à court terme en augmentant les gains respectifs grâce à une meilleure définition des enjeux et à la recherche de solutions les satisfaisant de manière adéquate.
  • Accroissement d’efficacité à moyen et à long termes : le climat dans lequel s’est déroulée la négociation permettra un futur ouvert à des relations positives.

La médiation nous est souvent moins spontanée.

Processus mené par une personne étrangère au conflit, elle a pour objectif d’amener les parties en conflit à rétablir la communication entre elles.

Celles-ci sont invitées à trouver elles-mêmes des solutions créatives conformes à leurs intérêts. Le médiateur est quant à lui le garant de la sécurité des personnes et de la bonne répartition de la parole, appuyé par un cadre bien défini.

La médiation intervient donc comme un mode de gestion possible lorsque la communication entre les parties en conflit est tellement détériorée qu’elle ne permet plus la négociation. Elles souhaitent néanmoins parvenir à trouver ensemble une solution à leur situation.

De par sa technique et de par les compétences qu’elle nécessite dans le chef du médiateur, la médiation correspond à l’application actualisée des principes de respect des personnes et de respect de vérité des faits. En effet, pour que son intervention soit constructive, le médiateur doit veiller à ce que chacune des personnes en présence soit reconnue dans son vécu (sachant que « de mon point de vue, j’ai toujours raison ») et que sa dignité soit préservée. Au niveau des faits, le médiateur aidera à leur définition, sans les évaluer. Un certain temps sera consacré au récit de vie des parties en conflit et à leur vision des choses.

La méthode de discussion est donc essentielle et se doit d’incarner – notamment – les principes cités.

A l’Université de Paix, les sessions consacrées à ces deux modes de gestion des conflits comprennent un minimum de théorie, laissant la majeure partie du temps aux mises en situation et exercices divers. Différencier valeurs et besoins, prêter attention aux émotions, cerner de manière précise les intérêts en jeu… deviendront des démarches systématiques si un apprentissage concret a permis de pointer leurs difficultés mais aussi leur pertinence et leur efficacité. Cas fictifs ou cas réels vécus par les personnes présentes sont la base du travail du groupe. Chacun a ainsi l’opportunité de travailler ses attitudes et comportements en s’impliquant au gré de ses choix.

Graines de médiateurs pour écoles sans violence

Le bimestriel Alter Echos des mois de février et mars 2013 a consacré un article au projet « Graines de médiateurs » dans les écoles primaires.

L’article, rédigé par Cédric Vallet, est intitulé « Graines de médiateurs pour écoles sans violence ». Le journaliste y explique le projet et donne la parole aux différents acteurs qui permettent sa réussite : non seulement au sein de l’Université de Paix (formateurs et intervenants), mais aussi dans les écoles qui participent au programme.

L’implication et l’avis des équipes éducatives (enseignants, directions, PMS…) et des parents est en effet une condition pour que ce projet de deux ans soit une réussite pour chacun.

Image : Alter Echos