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« Les relations sur le web » dans « Eduquer »

Les relations sur le web

> Lire l’article dans le magazine Eduquer de La Ligue de l’enseignement (PDF)

Éduquer : Vous proposez régulièrement des conférences portant sur les relations sur le web, pensez-vous que ce soit un aspect de l’éducation aux médias encore trop peu développé ?

Éduquer : Vous parlez de l’image de soi, et de l’estime de soi dans la communication, quels sont les enjeux de l’éducation aux médias par rapport à cette question de l’image de soi ?

Éduquer : Beaucoup d’adultes, de parents, semblent dépassés et parfois inquiets par l’activité importante de leurs enfants sur les réseaux sociaux, quels conseils auriez-vous envie de leur donner ?

Éduquer : On parle usuellement de fracture numérique pour désigner les inégalités d’accès aux technologies numériques, vous allez plus loin en parlant d’une fracture culturelle, comment la voyez-vous ?

Éduquer : Quels sont, selon vous, les apprentissages, les savoirs encore à développer dans notre manière de communiquer sur les réseaux sociaux ?

> Lire les réponses dans le magazine Eduquer de La Ligue de l’enseignement (PDF)

Les conflits entre frères et soeurs, sur TéléSambre

L’émission « Une éducation presque parfaite » sur TéléSambre a abordé la question des conflits entre frères et soeurs, avec Christelle Lacour (Formatrice en gestion de conflits à l’Université de Paix asbl) et Bruno Humbeeck.

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Graines de médiateurs

L’Université de Paix propose à plus de 500 enfants un programme d’éducation citoyenne visant à les rendre autonomes dans la gestion de leurs conflits au quotidien. Ce cursus se veut être une initiative durable : il s’agit aussi d’informer et de former les parents, les enseignants et les directions.

En bref :

  • Vivre ensemble, comprendre, communiquer, agir : quatre clés de la gestion de conflit.
  • Le programme éducatif « Graines de médiateurs » touche chaque année plus de 500 enfants.

Le projet « Graines de médiateurs », soutenu par la Fondation Bernheim, a pour finalité d’accompagner les enfants dans l’apprentissage de la prévention et de la gestion de leurs conflits. Via un programme concret qui s’étale sur deux années scolaires, l’Université de Paix propose des outils, temps de réflexion et activités pratiques afin de contribuer à une éducation citoyenne durable des jeunes.

En pratique : quatre « rouages » pour mieux vivre les conflits

L’Université de Paix applique une méthodologie propre par rapport à l’apprentissage de la gestion des conflits au quotidien. Quatre « rouages », piliers de l’expérience du conflit, sont distingués et travaillés : comme dans un mécanisme complexe, la modification d’un seul engrenage a des répercussions sur tout le système dont il fait partie.

Un premier rouage est le « vivre-ensemble » : par des activités de mise en situation, il est question ici de créer du lien, d’apprendre à se connaître. Le « comprendre », ensuite, consiste en un temps de réflexion sur les attitudes, perceptions et ressentis par rapport au conflit. Le pôle « communiquer » exerce quant à lui l’écoute et l’expression. Enfin, l’« agir » invite à passer à l’action, en tant que partie ou comme tiers intervenant.

Illustrons concrètement une des dimensions du projet. En début de parcours, dans une classe où l’enseignant suit le programme pour la première année, 10% des enfants seulement distinguent correctement les faits des jugements. En fin de cette même année scolaire, ils sont 50 %. Dans une classe où l’enseignant a été formé un an, le pourcentage initial est déjà de 60%, et de 80% en fin d’année.

Catherine Bruynbroeck, enseignante à Ixelles, témoigne par ailleurs : « Lorsque j’ai débuté, ma classe était réputée comme « très difficile », les professeurs s’en plaignaient beaucoup. Les exercices ont mis du temps à faire de l’effet, mais petit à petit, quelque chose s’est produit et c’est devenu une classe dynamique, des enfants avec qui on peut avoir des échanges très enrichissants, le tout dans le respect des règles de vie en école. Nous avons mutuellement changé nos regards sur l’autre ».

Un travail sur le long terme

En 2010, les activités du cursus « Graines » ont été dispensées dans 24 classes, de 11 écoles différentes (tous réseaux confondus) situées en Communauté française. Depuis son lancement, le programme concerne chaque année plus de 500 enfants de troisième et quatrième primaire, mais aussi leurs parents, leurs instituteurs et institutrices, ainsi que les directions.

En pratique, ce travail mobilise des formateurs et collaborateurs extérieurs à raison d’une séance de deux périodes de cours par classe et par mois.

Aux activités en classe, il faut ajouter les journées ou soirées de formation et d’information des enseignants, parents et directions : coaching des professeurs après chaque activité, journées à l’Université de Paix,… L’idée est que les outils présentés puissent être mis en œuvre de manière autonome tant par les enfants que par les personnes qui en ont la charge. Au terme des deux années, l’enseignant doit être capable de réaliser le programme dans ses nouvelles classes.

L’histoire de « Graines » commence dans les années nonante, lorsque des formateurs de l’Université de Paix s’aventurent au Québec, afin d’y découvrir de nouvelles pédagogies. A leur retour, ils mettent en place plusieurs activités, les testent et les évaluent. En 2000, ils publient un premier livre ; « Graines de médiateurs ». L’enrichissement issu de leur pratique de terrain leur permet ensuite, après dix autres années d’expérimentations, d’éditer eux-mêmes un second tome, manuel pratique.

Bouc émissaire dans La Lettre Eduquer à la NV

Dans La Lettre Eduquer à la NonViolence et à la Paix n°21, Christelle Lacour, formatrice à l’Université de Paix, explique le phénomène du bouc émissaire, et donne quelques pistes d’activités pour travailler ce thème…

Comment réagir face au phénomène du bouc émissaire ?

Par Christelle Lacour – Licenciée et agrégée en Psychologie, Formatrice à l’Université de Paix asbl.

Le 28 avril 2011, l’Université de Paix a dispensé sa première formation sur le phénomène du bouc émissaire. Nous sommes partis de l’idée que ce problème est groupal et avons par conséquent proposé aux participant(e)s de réfléchir, travailler et expérimenter cette question de manière groupale…

Des personnes de tous bords étaient présentes : des enseignants, des animateurs pour jeunes, des travailleurs sociaux estimant vivre un cas de bouc émissaire dans leur équipe de travail, une médiatrice scolaire confrontée à ce problème dans les écoles dont elle s’occupe, des parents…

« C’est quoi un bouc émissaire ? » a été la première question que nous leur avons posée, Alexandre Castanheira et moi-même. En sous-groupes, les participants ont discuté et rapporté leurs représentations sur ce phénomène, ses causes et ce qui les amenait en formation ce jour-là. Suite à cela, une définition a été proposée :

« Le bouc émissaire est celui que le groupe rend responsable de tout ce qui ne va pas. Il remplit un rôle de cohésion en polarisant sur lui l’agressivité. Le bouc émissaire permet aussi aux autres de transgresser des règles : c’est lui qui portera le chapeau ».

Le bouc émissaire serait donc le symptôme d’un dysfonctionnement groupal : un phénomène de groupe, à travailler en groupe donc !

Nous avons dès lors proposé aux participants de vivre plusieurs situations de rejet social de manière ludique et d’en tirer leurs conclusions.

Dans une des activités, les participants ont disposé d’une minute pour trouver un « abri antiatomique » de la couleur correspondant à une gommette apposée sur leur front. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’une des participantes avait une gommette de couleur différente, ne correspondant à aucun abri. Elle a littéralement explosé au terme de la minute, puisqu’aucun groupe ne l’a accueillie dans son abri.

Dans un autre exercice, une étiquette positive ou négative (ex. sympathique, agressif, intello, …) a été attribuée à chaque membre du groupe. Ils ont ensuite du choisir de s’asseoir par quatre dans une « cafétéria » improvisée dans l’espace. Le constat était simple : les personnes ayant des étiquettes positives se retrouvaient entre elles et les participants avec une étiquette négative s’asseyaient entre eux, par défaut le plus souvent.

Dans un troisième temps, les participants ont eu l’occasion de trouver un maximum de solutions concrètes face à une situation dans laquelle un jeune était victime d’intimidation. Sur base d’une planche de bande dessinée, diverses suggestions ont été émises : faire des animations pour créer du lien, clarifier les règles et sanctionner automatiquement, faire de la sensibilisation à travers une campagne (ex. en diffusant un film traitant du thème du rejet social ou de l’intimidation), donner un rôle positif au brimeur et/ou au bouc afin de changer la dynamique, …

Lors d’une dernière rencontre en sous-groupes, nous avons expérimenté la technique de l’analyse fonctionnelle. Voici les étapes de cette méthode :

  • nommer le problème (qu’est-ce qui se passe ? comment je me sens ?) ;
  • évaluer si gérer cette situation fait partie de mon mandat professionnel ou personnel ;
  • créer un sociogramme pour situer qui est concerné par le problème et les relations entre les personnes ;
  • imaginer des pistes, les évaluer et en choisir en fonction de leurs avantages, inconvénients et risques.

Chacun(e) est reparti(e) de cette session avec des clés de lecture et des idées plein la tête. Non seulement leur vision du phénomène s’est clarifiée (cette vision a changé, ont dit certains), mais en plus les moyens d’action leur ont paru plus nombreux pour gérer ou vivre avec l’existence d’un bouc émissaire.

Retrouvez cet article dans le PDF de La Lettre Éduquer à la Nonviolence

La Lettre Eduquer à la Nonviolence et à la Paix n°21