médiation par les pairs

« Médiateurs en herbe » dans La Libre

La journaliste Fanny Leroy a assisté à une animation du programme Graines de médiateurs visant à rendre les enfants plus autonomes dans une gestion « constructive » de leurs conflits. Ce programme passe par la formation des enfants, mais aussi des adultes responsables de leur éducation, afin qu’à terme, ces derniers puissent reproduire les animations sans la présence d’un intervenant de l’Université de Paix.

Un article à lire dans La Libre du 17/03/2014.

Extraits choisis

[…] « Cet exercice, nous ne l’aurions jamais réussi au début des ateliers. Lors de la première séance, ils savaient par exemple difficilement sortir de la classe sans se bousculer », explique Marie Hargot pendant la récréation.

[…] Monsieur Frédéric, bénéficiaire de l’un de ces programmes, est convaincu de son utilité. « Il est certain que les enfants ont des réflexes bien ancrés, mais il suffit de leur rappeler le contenu des formations pour qu’ils agissent différemment lorsqu’un conflit se présente. De mon point de vue, ça m’a permis d’éclaircir ce que je faisais déjà de manière intuitive. Ça m’aide aussi à gagner du temps lorsque je suis confronté à une situation de conflit », explique l’instituteur.

[…] « Nous tentons d’amener les jeunes à canaliser leurs émotions, à vivre dans un climat de paix. Selon nous, l’école n’est pas qu’un lieu où l’on apprend des matières scolaires, mais aussi un endroit d’éducation », souligne Julien Lecomte.

> Lire l’article complet sur le site de La Libre.

Un éditorial de Timothée Demont

Un article de Timothée Demont, membre du Conseil d’administration de l’Université de Paix, publié en tant qu’éditorial du trimestriel n°126.

Dans cet article, T. Demont compare les situations belge et française en ce qui concerne l’éducation à la paix et à la médiation par les pairs…

Cela fait un peu plus d’un an que j’habite et travaille en France. Je trouve ce grand pays fascinant à de nombreux égards. Je pensais le connaitre et me sentais si proche, en tant que Belge francophone. Pourtant, de vivre en son sein, de suivre au quotidien les débats et remous sociaux et politiques qui l’habitent, je me suis rendu compte que nous étions en fait des sociétés assez différentes. Il s’agit pour une grande part de ressentis informes, difficiles à transcrire. Néanmoins, un constat n’a cessé de me revenir régulièrement à l’esprit. Il s’agit d’un constat nécessairement subjectif et simplificateur, mais que j’avais néanmoins envie de partager ici puisqu’il trouve son origine dans l’outil de lecture de la croix de Barry-Hart découvert à l’UP. Ainsi donc, je ressens une logique de compétition très prégnante dans la sphère publique française. L’Etat français, ce n’est un secret pour personne, est un Etat centralisé, fort et influent. Le Président se doit d’avoir une bonne dose de charisme et d’autorité.  Les Français ont l’habitude que l’Etat régule abondamment et fixe la marche à suivre jusque dans ses moindres détails. Ils ont aussi l’habitude de s’en plaindre, d’ailleurs. Il reste, non sans ambiguïté, qu’ils en ont d’une certaine manière besoin. Le Président Hollande est arrivé au pouvoir un peu par erreur, dans un mouvement de retour de balancier. Une majorité des citoyens s’étaient montrés fatigués par les manières excessives de Sarkozy et s’étaient prononcés en faveur d’un changement de profil radical. Cependant, les sondages actuels montrent que beaucoup d’entre eux regrettent le côté « rassurant » d’un Président et d’un gouvernement « autoritaire ».

Je voudrais évoquer un exemple récent, proche de la réalité de l’UP, d’une de ces décisions prises à Paris et imposées tant bien que mal à grand renfort de communication. La loi Peillon contre le harcèlement à l’école demande à chaque établissement de mettre en place une politique préventive, sur base de conseils prodigués dans une série de guides pratiques publiés par le gouvernement[1]. Résultat : un recueil de bonnes intentions, dans lequel on retrouve notamment la nécessité de mettre en place un climat scolaire agréable, des règles claires, des espaces de parole, des pratiques collaboratives et de l’empathie entre enfants, un système de médiation par les pairs, etc.[2]. Bref, une bonne idée… malheureusement largement inefficace parce que dénuée d’accompagnement et de formations de longue durée sur le terrain, capables d’impliquer et de transformer progressivement tous les acteurs de la communauté éducative en gardiens du savoir vivre ensemble. Loin de cette approche « top-down » cherchant à faire du bruit et du chiffre, l’UP [Université de Paix] sème des graines de médiateurs en Fédération Wallonie Bruxelles depuis 2007… Qui ont déjà fait éclore autant de fleurs dans les classes et cours de récréation. Mais il est vrai que le contexte n’est pas le même.

Timothée Demont


[1] Il est vrai que le phénomène de harcèlement dans l’hexagone a pris des dimensions inquiétantes : une enquête de l’Observatoire de la violence à l’école auprès d’élèves de primaires montre que 14% et 10% des élèves déclarent avoir subi un harcèlement moral et physique, respectivement. Les chiffres sont assez proches pour le niveau secondaire.

Articles sur le programme Graines de médiateurs

Le programme Graines de médiateurs est présenté sur le site de l’Institut de l’Annonciation. Le but global du programme « Graine de médiateurs » de l’Université de la Paix est d’accompagner les enfants dans l’apprentissage de la gestion positive des conflits.

Un article présentant le projet est également paru dans l’Auderghemois.

Circulaire « médiation jeunes » et « harcèlement »

La Fédération Wallonie-Bruxelles a publié sur son site (enseignement.be) une Circulaire relative à l’appel à candidatures : harcèlement et médiation jeunes :

> Lien vers la circulaire

Si l’un des deux programmes vous intéresse, remplissez le formulaire en ligne correspondant avant le 31/01/2014.