« Ne doutez jamais »

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé »

Margaret Mead

Si vous êtes une habituée ou un habitué de nos canaux de communication, vous avez déjà dû voir passer cette citation, que notre chargée de relations publiques, Christine, affectionne particulièrement…

Plusieurs chantiers, portés par de « petits groupes de personnes », de chair et d’os, sont en cours à l’Université de Paix.

En vrac, et sans être exhaustif…

Plusieurs formatrices et formateurs, Alexandre, Esther, Evelyne, Julie, Lysiane et Pascaline sont allés se former en Finlande à « la méthode KiVa » afin de renforcer les compétences en prévention en en intervention face au harcèlement scolaire. Après « la méthode Pikas » (préoccupations partagées) et « la méthode No Blame » (groupe d’entraide), c’est la troisième grande approche que les formateurs de l’Université de Paix se réapproprient pour lutter contre cette forme de violence.

Frédéric, Nathalie D. et Catherine ont préparé et mis en place un trek « Histoires croisées » pour faire du lien en profondeur avec des jeunes. Gilles peaufine la mise en place de la première année de la formation de formateurs. A l’international, Nathalie B. coordonne les formations à Toulouse, tandis qu’Almudena, l’un des piliers de la médiation de l’institution, est également active en France désormais.

Claire réalise un partage de connaissances quant à son expérience dans la Communication NonViolente et prête main forte au niveau administratif pour assurer un suivi des demandes d’interventions extérieures. Guénaëlle a quant à elle entamé le Certificat en gestion de conflits, tout en assurant d’ores et déjà la coordination de plusieurs formations d’adultes. Un ouvrage sur le développement des habiletés sociales en maternelle est en phase de finalisation et sortira en 2020.

Le pôle administration, composé de Chantal, Marie-Anne, Nadège, Patricia et épaulé par Isabelle, la Secrétaire générale, continue sa modernisation, notamment à travers la réappropriation d’une nouvelle base de données, qui sera opérationnelle elle aussi en 2020. Frédérique a rejoint l’équipe de communication, composée de Christine et Julien. Un événement colossal est en cours de programmation pour l’horizon novembre-décembre 2020 (60 ans de l’institution)… Abdel s’assure quant à lui de la propreté des locaux, et veille à ce qu’ils soient chaleureux et accueillants. Nous pouvons également toujours compter sur et avec Yvonne et Monique, nos deux bénévoles…

Un « petit groupe de personnes », mais encore… ?

L’Université de Paix, c’est aussi un Conseil d’administration qui « veille au grain », avec Jill, François, Marcelin, Amélie, Edvige, Timothée, Céline, Noémie, Jean-Luc, Anaël, Olivier, Camille, Coralie et Xavier…

Tout cela sans nommer toutes celles et tous ceux qui ont gravité ou gravitent toujours autour de l’Université de Paix : personnes anciennement employées, collaborateurs extérieurs, Assemblée générale, Conseil académique, relais-réseau à l’international, partenaires, pouvoirs subsidiant, etc.

Last but not least, la mission, les valeurs et les interventions de l’Université de Paix s’incarnent aussi par et grâce aux centaines de sympathisants et de participants annuels dont vous faites partie. En soutenant nos activités ou en vous formant à l’Université de Paix, vous contribuez à démultiplier les effets de ces actions !

Dans ce numéro spécial, nous rediffusons des informations relatives à nos activités programmées. Vous doutez encore qu’un petit groupe de personne puisse changer le monde ? Alors rejoignez-nous, et vous verrez !

« Pratiquez la compassion »

« Si vous voulez que les autres soient heureux, pratiquez la compassion. Si vous voulez être heureux, pratiquez la compassion » – Tenzin Gyatso (Le Dalai Lama)

Nous n’avons pas toujours le pouvoir de changer le monde extérieur comme nous le souhaiterions. Parfois, il n’y en a pas besoin. Parfois, au moins temporairement, c’est avant tout dans un geste d’accueil de ce qui est que nous pouvons (nous) rendre heureux.

Par cette citation, le Dalai Lama affirme (au moins) deux choses.

D’abord, il souligne le pouvoir de la compassion. A l’Université de Paix, nous proposons des formations et des programmes éducatifs pour développer les aptitudes en empathie, en écoute et une certaine forme d’introspection. Il s’agit d’augmenter la conscience bienveillante de soi, des autres et du monde…

Ensuite, il nous dit que dans des moments plus difficiles, dans des temps de troubles, notamment, l’un des meilleurs moyens que nous possédons pour être heureux malgré tout, c’est de pouvoir diriger cette compassion vers l’autre et vers nous-mêmes.

Attention toutefois : Tenzin Gyatso est loin de penser qu’il ne faut pas tenter d’agir sur le monde. Son engagement politique et humain démontre combien cette citation n’est pas synonyme d’un immobilisme consistant à se contenter de ce qui est. La compassion est d’ailleurs un geste actif qui invite non seulement à ouvrir ses canaux émotionnels, mais aussi son regard et ses comportements… Le Dalai Lama nous dit que la compassion, cela se pratique.

Le numéro 147 du trimestriel concorde avec la sortie de notre programme de formations 2019-2020, dont l’un des objectifs est de développer une telle compassion entre les individus. Dans ce numéro, nous vous proposons par conséquent un ensemble d’articles relatifs à nos actions en ce sens.

Dans un article de fond, Almudena Vaquerizo Gilsanz explique comment les médiateurs peuvent enrichir leur pratique professionnelle en prenant conscience de leur propre rapport au conflit. Elle montre en quelque sorte comment une attention bienveillante à nos propres fonctionnements peut ouvrir à une meilleure attention bienveillante aux parties en conflits.

Lysiane Mottiaux présente quant à elle comment l’estime de soi est un processus qui se construit dans l’action, à la fois en se donnant des projets concrets, réalistes et en lien avec nos valeurs, et à la fois en portant un autre regard sur nous-mêmes.

Dans un autre texte, Claire Struelens témoigne d’une formation de volontaires dans un CHU. Dans ce processus, ces personnes, travaillant dans le soin de l’autre, sont invitées à découvrir et à partager des pratiques pour aussi prendre soin d’elles-mêmes…

Une participante, Delphine Porsschelle, nous livre enfin son témoignage à propos d’une formation en « Introduction à la Communication NonViolente » (CNV). Or, dans la CNV, s’il s’agit entre autres de développer une « écoute empathique », il s’agit aussi de développer des formes d’auto-empathie.

Bonne lecture à vous !

« L’éducation est l’arme la plus puissante… »

« L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde » – Nelson Mandela

L’Université de Paix est une Organisation de jeunesse. Depuis sa fondation par Dominique Pire, sa mission est de créer et maintenir un climat de paix par le dialogue. Le moyen que nous privilégions pour accomplir cet objectif est l’éducation.

Nous vous présentons ici des actions éducatives que nous mettons en place au quotidien auprès des enfants ainsi qu’avec les adultes qui les encadrent.

En effet, nous travaillons jour après jour sur le terrain avec des groupes de jeunes et d’adultes pour développer un climat de vie harmonieux à l’école et en-dehors. Ce numéro vise à présenter de manière succincte un panel d’actions concrètes que nous réalisons en ce sens.

Dans un premier article de fond, Julie Duelz nous présente des bases pédagogiques de nos interventions en maternelle. Les enseignants de maternelle doivent parfois faire preuve de beaucoup de créativité face au manque d’outils concrets directement applicables avec des tout-petits. A l’Université de Paix, nous travaillons depuis plusieurs années pour construire des activités « clés sur porte » pour ce public.

Dans un second texte, Catherine Breuer témoigne justement de sa réappropriation de contenus et méthodes en gestion de conflits qu’elle applique dans sa classe en maternelle. Elle nous explique notamment comment elle fait vivre les bases de la Communication NonViolente aux enfants.

Passage en primaire ensuite ! Dans un troisième article, Manon Lecocq nous témoigne elle aussi de ce qu’elle retire d’une formation pour gérer les conflits avec et entre enfants. Elle s’attarde notamment sur le cadre de vie et l’accueil de ce que vivent les enfants.

Dans un quatrième texte, Catherine Bruynbroeck nous explique sa vision de son rôle de détachée pédagogique à l’Université de Paix. Enseignante passionnée et créative, elle nous parle de l’importance d’ancrer les apprentissages dans la pratique, sur le terrain. Elle expose ensuite quelques idées créatives pour susciter la motivation des enfants.

Enfin, dans un dernier article de fond, nous présentons une utilisation possible des marionnettes, la girafe et le chacal, pour parler de la Communication NonViolente avec les enfants.

Pour terminer, nous partageons avec vous une activité pédagogique orientée sur la question de l’étiquetage dans un groupe, notre agenda d’activités à venir, ainsi que quelques informations utiles sur le travail et la vie de l’institution.

Bonne lecture à vous !

« La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent… »

« La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie. »

Sénèque

Buste en marbre figurant un portrait imaginaire de Sénèque, sculpture anonyme du XVII e siècle, musée du Prado de Madrid.

Cette citation n’a pas pris une ride. Elle aurait pu être écrite par un bouddhiste, un yogi, un psychothérapeute ou un formateur en pleine conscience contemporain.

A l’Université de Paix, nous n’imaginons pas un monde « sans conflit », sans désaccord, voire sans orage. Par contre, nous pensons qu’il est possible de changer notre regard et nos attitudes pour ne pas ou ne plus les subir ou souffrir de leurs conséquences, voire même les considérer, parfois, comme une chance.

Sur notre site, nous présentons des retours de formation en gestion de conflits. Nos formations visent à apprendre à danser sous la pluie. Ce n’est pas évident. Il y a des techniques à apprendre pour réguler le pas, pour se sentir en osmose avec la pluie, etc. Et puis, surtout, il faut pratiquer. « Danser sous la pluie », ça semble anodin, mais il ne suffit pas de le dire.

Quand nous sommes confrontées et confrontés à un groupe d’enfants ou d’adolescents, nous avons besoin de tester et d’expérimenter avec eux des outils, des activités et d’adapter notre communication pour favoriser un « vivre ensemble » harmonieux. Caroline Crémer, enseignante, nous explique comment elle réinvestit les outils de « règles et sanctions » et de « communication » dans sa classe.

De même, quand nous vivons des désaccords avec des proches, des amis ou au travail, ce n’est pas toujours facile de s’entendre et de se faire entendre. Witney Schotte, étudiante en communication à l’ISFSC, nous explique en quoi la prise de conscience des attitudes en conflit et les techniques d’affirmation de soi et d’écoute lui sont utiles au quotidien. Elle montre aussi comment ceux-ci permettent de (re)créer du lien et de la cohésion entre membres d’un groupe.

Witney et Caroline témoignent d’un processus de changement qu’elles ont éprouvé. Néanmoins, il arrive que le changement ne soit pas facile, voire qu’il suscite des résistances. Nous partageons de ce fait des outils et techniques issus de la réflexion du Conseil académique autour de la résistance au changement. En l’occurrence, le focus est mis ici sur les avantages et désavantages à changer ou au contraire à ne pas changer. Le changement passe parfois principalement par un changement de regard. D’ailleurs, nous ne pouvons pas changer le fait qu’il y a des orages.

Enfin, nous partageons avec vous le fruit de notre veille documentaire, des activités pédagogiques issues du livre Graines de médiateurs II, ainsi que l’agenda des formations à venir !

Vous pouvez également télécharger ou demander à recevoir notre agenda – catalogue d’activités 2018-2019 !

Documents officiels (PDF)

 

 

L’amour est sage, la haine est stupide

Cette citation peut paraitre niaise. À votre avis, de qui provient-elle ? D’une candidate à une élection de beauté ? D’une personnalité politique en période électorale ?

En réalité, elle provient de Bertrand Russell, un gigantesque philosophe du XXe siècle, dans une interview donnée à la BBC en 1959.

Le contexte de cette phrase lui donne encore plus de poids. En fait, l’interviewer lui demande quel message il voudrait laisser aux générations futures. Alors que Russell a permis aux mathématiques de faire des bonds de géants, notamment, il ne choisit pas d’expliquer l’une de ses thèses.

Il répond : « l’amour est sage, la haine est stupide ».

Il poursuit ensuite : « Nous devons apprendre à nous tolérer. Nous devons apprendre à vivre avec des personnes qui disent des choses que nous n’aimons pas ».

Si un grand philosophe a choisi de répondre cela plutôt que de parler d’une de ses grandes contributions à l’Histoire de la philosophie et des sciences, c’est que ce n’est pas idiot, et que c’est loin d’être si évident que cela.

Sur notre site, nous présentons notamment un outil pour « nuancer ses croyances », intitulé « la mise au carré ». En effet, une manière de tolérer l’autre est de s’ouvrir à ses représentations du monde, à comprendre « dans quelle mesure », « dans quelle perspective » ce qu’il ou elle dit est vrai aussi. Au-delà de nos croyances qui s’opposent, quelles sont les vérités valides de chacun ?

Nous partageons ensuite des outils et techniques issus de la réflexion du Conseil académique autour de la gestion de comportements « dominants » dans un groupe de jeunes. Concrètement, que faire quand un jeune tente de déstabiliser l’adulte ? Que faire quand il dit ou fait des choses que nous n’aimons pas ?? Comment continuer à vivre ensemble de manière harmonieuse ?

Un autre article traite des facultés d’écoute (de soi et de l’autre). Là encore, lorsque nous sommes en désaccord ou que nous vivons des émotions désagréables, comment communiquer en se respectant (soi-même et l’autre) ?

Enfin, nous partageons avec vous le fruit de notre veille documentaire, des activités pédagogiques issues du livre Graines de médiateurs II, ainsi que l’agenda des formations à venir et quelques annonces relatives à la vie de l’institution.

« La folie, c’est se comporter de la même manière… »

« La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent » (Einstein)

Visite guidée de la nouvelle mouture de notre revue trimestrielle (décembre 2017)

A ceux avec qui nous avons pu prendre contact par téléphone ou par mail, nous vous disons encore un grand « merci » pour les avis que vous nous avez envoyés quant à l’avenir de la revue.

A celles et ceux à qui nous n’avons pas pu témoigner individuellement de notre reconnaissance, nous vous remercions chaleureusement.

Show must go on

La plupart des répondants ayant manifesté un attachement à ce support, et dans l’optique de continuer à remplir notre mission de communication des connaissances et de sensibilisation, nous allons maintenir ce canal tout en rationalisant les dépenses qui y sont liées.

Moins de pages, mais pas moins de fond

Le nombre de pages de la revue diminue, malgré des retours contradictoires sur la question. Notre souci était de diminuer les coûts liés à l’édition de ce périodique. Certains parmi vous nous ont proposé de diminuer le nombre d’exemplaires imprimés, mais ceci n’a pas un impact fort sur les coûts, car les frais d’impression impliquent des coûts fixes importants.

Notre objectif suite à vos retours était d’impacter le moins possible nos rubriques d’articles de fond tout en continuant à vous informer des activités que nous programmons.

Dès lors, les rubriques impactées sont les suivantes : l’espace documentation (ramenée à 1 page maximum) et les fiches-outils (ramenée à 1 ou 2 pages), la vie de l’institution (« brèves »), les événements, salons, festivals à venir ou encore les promotions (ramenée à 1 ou 2 pages).

L’agenda des formations, conférences et ateliers à venir est désormais réduit lui aussi à une seule page. Le détail des programmes de ces activités et les conditions préférentielles qui y sont liées (APEF, ONE, IFC, Article27, Forem, CFM, prix membre…) figurent sur notre site internet https://www.universitedepaix.org

Formations courtes

Conditions préférentielles

Le nombre d’articles thématiques demeure quant à lui constant. Dans le numéro 141 de la revue et sur ce site, nous échangerons avec vous à propos des « raccourcis » que fait notre cerveau, de l’assertivité face à une personne qui adopte des comportements de domination et de manipulation, de la place du rire dans les situations de harcèlement scolaire et de la gestion de conflits en classe en école primaire.

Comment concilier nos points de vue différents ?

La violence psychologique ordinaire

« Détends-toi, c’est juste pour rire » !

Résoudre les conflits en classe

Disparition du système d’abonnements

La dernière page de la précédente mouture du trimestriel vous demandait de vous réabonner. Dans les faits, seules quelques personnes étaient encore abonnées à la revue, tandis que plusieurs centaines parmi vous la reçoivent sans être abonnées. Nous pensons que les personnes parmi vous qui restent abonnées le sont surtout parce qu’elles soutiennent nos projets et nos actions. Par conséquent, nous supprimons le principe « d’abonnement », et encourageons davantage les dons et cotisations « membre » individuelles volontaires.

Autrement dit, tous les sympathisants qui le souhaitent reçoivent le trimestriel gratuitement, en tant que support d’information et outil de sensibilisation. Cela nous semble « en phase » avec notre objectif de démocratisation des savoirs en gestion de conflits et en éducation à la paix.

En contrepartie, si vous souhaitez soutenir nos actions de fond et contribuer à leur pérennité, vous pouvez effectuer un don (déductible fiscalement à partir de 40 € / an) ou participer à nos activités en bénéficiant de prix préférentiels en payant une cotisation membre annuelle (25 € / an).

Faire un don

Une diffusion plus ciblée

En corollaire du passage à la gratuité, et afin de continuer à optimiser les coûts de la revue : si nous ne recevons pas de nouvelles de vous pendant deux années (vous ne participez plus aux activités, n’avez pas renouvelé votre don ou cotisation, ou ne nous avez plus contactés du tout pendant cette période pour manifester votre intérêt), nous cesserons de vous l’envoyer afin d’en faire bénéficier une autre personne.

« Le meilleur moyen de se faire des amis… »

« Le meilleur moyen de se faire des amis dans un univers inamical, c’est d’adopter les ennemis des autres » (GIRARD, R.)

Nous pourrions postuler que l’être humain est bon ou mauvais « par nature », dans son essence, qu’il est « comme ça » et que nous ne pouvons rien y changer. Il y a les « gentils » et les « méchants ».

Une autre approche consiste à poser qu’il existe des circonstances qui font que des femmes et des hommes peuvent sombrer dans la violence, ou au contraire s’élever et vivre en harmonie.

Bien qu’il y ait des contextes et des conditions plus ou moins favorables à tel ou tel comportement, l’être humain n’est donc pas prédéterminé au « bien » ou au « mal ». Cette considération est un pari nécessaire en éducation à la paix et en formation à la gestion de conflits. Elle signifie que nos actes ne sont pas définis à l’avance, et donc que nous pouvons avoir un impact sur eux. Cela veut dire aussi qu’éduquer est possible, tout simplement.

Atelier philo : « Les causes du mal »

Par rapport à tout phénomène relationnel, d’une part, il existe des méthodes et outils pour mieux communiquer, pour se sentir mieux avec soi-même et avec autrui. D’autre part, il existe un terreau fertile à plus de compréhension mutuelle et à un meilleur vivre-ensemble, tout comme il existe un terreau fertile à la violence. C’est une des raisons pour lesquelles, à l’Université de Paix, nous développons des approches intrapersonnelles et interpersonnelles (estime de soi, travail sur les croyances et représentations, gestion du stress et des émotions, Communication NonViolente, négociation, médiation…), mais aussi des réflexions groupales, organisationnelles et institutionnelles (dynamiques de groupes, règles et sanctions, climat scolaire, politiques « vivre-ensemble », etc.).

Dans l’article Les présupposés moraux des méthodes d’intervention efficaces face au harcèlement scolaire, nous approfondissons ces « présupposés moraux », sur lesquels reposent notamment les méthodes d’intervention efficace par rapport au harcèlement.

Fondements des méthodes contre l’intimidation

En effet, celles-ci misent sur une responsabilisation des jeunes, les rendant acteurs de la situation et de sa résolution. Les jeunes, y compris ceux qui harcèlent, ne sont pas des intimidateurs une fois pour toutes, comme si cela était inscrit dans leur identité. De plus, celles-ci portent une attention particulière aux dynamiques sociales qui font que « le meilleur moyen de se faire des amis dans un univers inamical, c’est d’adopter les ennemis des autres ». Si la violence peut émerger de différentes frustrations, elle peut aussi être le résultat de dynamiques grégaires qui visent à désigner un bouc-émissaire pour canaliser l’insécurité du groupe…

Pour les éducateurs, animateurs, enseignants et autres personnels du monde éducatif au sens large, les outils qui en découlent peuvent être complétés de techniques de gestion d’un groupe d’enfants ou de jeunes ou encore de programmes éducatifs de fond.

Il arrive néanmoins que le changement escompté ne suive pas la volonté de changer. Comme dans le cas des dynamiques grégaires qui « conditionnent » en partie les réactions individuelles, nous sommes tributaires de certains « automatismes ». Ainsi, nos croyances peuvent influencer nos manières d’agir et de réagir, comme c’est le cas pour les personnes qui ne supportent pas d’avoir tort, par exemple.

« Je n’accepte pas d’avoir tort »

Nos formations visent notamment à outiller les acteurs éducatifs face aux conflits auxquels ils peuvent être confrontés. De ce fait, l’Université de Paix continue – et continuera – à produire, partager et diffuser des ressources pédagogiques et des contenus et méthodes de formation afin d’outiller chaque personne qui le souhaite à résoudre ses conflits positivement.

« La folie, c’est de faire toujours la même chose… »

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »

La citation est attribuée à Albert Einstein.

Lorsque les désaccords perdurent ou s’enveniment, les parties en conflit peuvent se décourager. L’impression d’être dans une « voie sans issue » s’installe. 2016 n’a pas été épargnée par des drames d’une extrême violence, ici et ailleurs. Nous écrivions dans de précédents trimestriels que la paix n’est jamais acquise une fois pour toutes, mais qu’elle doit se construire et s’entretenir au quotidien.

Comme le développe Almudena Vaquerizo Gilsanz dans son article sur les liens entre créativité et médiation, il est difficile de ne pas se censurer et de ne pas être obsédé – et donc enfermé – par la recherche de ce qui nous semble être « la » solution. Face à des situations qui nous attristent, nous mettent en colère ou nous effraient, nous pourrions être attirés par des « solutions » simplistes, et nous contenter de répondre à la violence par encore plus de violence, de surveillance, de stigmatisation et de méfiance.

Comment espérer un résultat différent en répétant sans cesse ces « recettes » qui, seules, se sont avérées inefficaces (voire meurtrières) ?

Almudena Vaquerizo Gilsanz poursuit : « la créativité permet d’ouvrir le champ de ce qui est possible, de ce qui est permis. C’est un espace de nouvelle liberté, lorsque l’on pense être dans une impasse, que l’on a tout essayé »… Dans ce trimestriel, nous vous souhaitons une année 2017 pleine de créativité, pleine de nouvelles expériences, et donc pleine de solutions. Nous ne prétendons pas qu’il faut arrêter d’agir, au contraire. Nous prétendons qu’il faut multiplier les niveaux d’action, et travailler sur le long terme.

Nous vous proposons notamment des outils afin de développer l’intelligence émotionnelle des enfants. En éduquant dès le plus jeune âge à gérer ses émotions et en développant l’empathie, nous pensons que nous pouvons construire, brique par brique, une meilleure compréhension mutuelle.

Au travail, également, avec le pôle UP Entreprise (voir le site UP Entreprise), nous développons des approches diversifiées pour résoudre des problèmes : parfois, une difficulté relationnelle peut cacher un dysfonctionnement au niveau organisationnel, par exemple… Là encore, il s’agit de diversifier les points de vue.

A l’Université de Paix, nous souhaitons aussi partager une certaine réappropriation critique des outils que nous partageons et appliquons. Il ne suffit pas d’utiliser grammaticalement des théories, des grilles de lecture ou des méthodes de communication pour vivre des relations harmonieuses. Paradoxalement, elles peuvent même parfois nuire à la relation.

Enfin, l’Université de Paix continue – et continuera – à produire, partager et diffuser des ressources pédagogiques et des contenus et méthodes de formation afin d’outiller chaque personne qui le souhaite à résoudre ses conflits positivement.