Le respect à l’école, dans le Journal de l’éducation

Le premier jour de la rentrée, le respect est au rendez-vous !
Mais pour combien de temps ?

Par Cathy Van Dorslaer Licenciée en Politiques et Pratiques de Formations d’Adultes, Enseignante, Collaboratrice extérieure de l’Université de Paix.

A quand le premier coup de canif dans le contrat de respect de soi, des autres et de l’environnement auquel toutes les écoles  pourtant demandent d’adhérer? A quand la première violence verbale ou physique, la première dégradation, les premiers signes d’absentéisme et de décrochage, les premiers chahuts ?

Pour comprendre pourquoi le respect n’est plus un comportement acquis d’office, il est intéressant de prendre conscience de l’évolution de l’image de l’Ecole ainsi que des modifications que celle-ci a amenées dans les pédagogies prônées. Depuis la fin des années 70 et l’apparition du chômage, le rôle de l’école est remis en question. Si l’enseignement reste obligatoire, son mandat et son efficacité sont régulièrement contestés. Avec eux, l’acceptation de ses exigences et de ses sanctions. Dans le même temps et pour répondre aux changements de perceptions de l’éducation, les pédagogies ont évolué.  L’élève est à présent incité à être acteur de son enseignement, est mis en projet, une co-construction du savoir est prescrite. La parole est donnée à tous. Mais il convient d’enseigner cette prise de parole et de lui donner un cadre.

Pour instaurer, ou maintenir, le respect au sein de l’Ecole, deux axes doivent être travaillés dans le même temps, et ce dès le premier jour.

Premier axe : Une initiation à la communication, à l’écoute active, à la négociation, à la médiation (au sein de la classe tout comme au sein de l’équipe éducative). Une façon de communiquer différente qui permettra à chacun d’être entendu et compris, qui garantira davantage une prise en compte de tous les avis, qui permettra que les conflits, inévitables lors d’une gestion plus collective de la classe ou de l’école, trouvent des issues satisfaisantes et constructives.

Dans notre pays, le développement de ces compétences communicationnelles dépend du libre choix des écoles ou des enseignants. Pour aider ces innovateurs, de nombreux ouvrages existent, ainsi que des modèles d’interventions. L’Université de Paix a mis au point le programme « Graines de médiateurs » qui, au travers de nombreuses activités expérimentées sur le terrain et proposées dans un ouvrage , permet d’initier les élèves du primaire et du secondaire à la vie en groupe, à la prise de conscience de sa façon de réagir (parfois inadéquate) en cas de conflit, à la communication non violente, à la négociation et à la médiation.

Second axe : La mise en place d’un règlement. Toutes les écoles, ou presque, disposent d’un règlement. Certains dysfonctionnements apparaissent pourtant qui empêchent celui-ci de remplir efficacement son rôle.  Souvent, les points abordés sont trop nombreux pour être réellement intégrés et ils ne distinguent pas toujours ce qui relève du pédagogique ou du comportement. Les comportements attendus sont considérés comme innés alors que certains d’entre eux demandent un apprentissage. Ensuite, les sanctions annoncées (quand elles le sont) en cas de non-respect ne sont pas toujours appliquées ou le sont en fonction de l’humeur ou de la tolérance de l’enseignant. Il s’agira dès lors de mener tout un travail de réflexion pour analyser (avec tous les acteurs concernés : P.O., direction, enseignants, éducateurs, conseil d’élèves, parents) les besoins de l’établissement, pour décider des lois (peu nombreuses et connues de tous) qui régiront la vie commune et garantiront la sécurité de chacun.  De déterminer ensuite les comportements attendus et interdits dans les différents lieux de vie (cour de récréation, salle de gymnastique, réfectoire…). Et enfin, au sein de chaque classe, de décider ensemble (par le biais du conseil de coopération, par exemple) des attitudes à adopter pour favoriser les apprentissages et une vie du groupe épanouissante.  En n’oubliant pas que toute infraction devra être assortie d’une conséquence annoncée : une sanction réparatrice qui responsabilisera tout en permettant un apprentissage.

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La démarche – qui s’appuie sur plus de 15 ans d’expérimentation du programme « Graines de médiateurs » s’articule autour de 4 rouages : vivre ensemble, comprendre, communiquer, agir. Un processus pour une véritable éducation à la citoyenneté.

Graines de médiateurs II : Ce guide pratique propose des pistes et des conseils pour l’animation : plus de 60 fiches d’activités, plus de 50 fiches reproductibles… qui favorisent le développement des habiletés sociales chez les enfants.

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