Micheline Mardulyn (2011)

En 2011, la Déléguée Générale de la Fondation Bernheim était Madame Micheline Mardulyn. Elle a accordé un entretien à Christine Cuvelier, initialement paru en 2011 également.

Entretien avec Micheline MARDULYN

Bonjour, Madame Mardulyn. Si nous vous demandons de vous présenter en quelques mots, que diriez-vous ?

Je suis une femme, mère et grand-mère, à la recherche de la pierre que je peux apporter aux miens et aux autres. Les valeurs « républicaines » de liberté d’égalité et de fraternité continuent à être la voie que je souhaite suivre, pour moi et pour les autres.

Pouvez-vous nous présenter brièvement l’histoire de la Fondation Bernheim ?

La Fondation a été créée par Emile Bernheim, entrepreneur belge, (propriétaire au départ d’un grand magasin) à la fin des années 1970. Il a légué par testament tous ses biens à cette Fondation d’utilité publique, qui a de fait démarré en 1998.

Quelles en sont ses valeurs ?

Les valeurs de la Fondation sont des valeurs humanistes et sociétales: son but est d’aider à bâtir une société à la mesure de l’homme, dans laquelle l’individu garde sa part tant au point de vue des avantages qu’il peut retirer de la vie en société que des responsabilités qu’il entend, et qu’il faut l’aider à assumer.

Quelles sont les grandes actions menées par la Fondation Bernheim ?

Toujours en lien avec le testament, la Fondation travaille sur deux grands axes : la promotion de la paix et de la citoyenneté et le développement de l’esprit d’entreprise.

Depuis septembre 2000, la Fondation œuvre à la promotion d’une culture de paix en soutenant les activités d’enseignement, de recherche et de service à la société du Pôle Bernheim Paix & Citoyenneté de l’Université libre de Bruxelles, prolongeant ainsi l’esprit des Journées universitaires pour la Paix qu’avait promues Emile Bernheim durant les années 1970.

Le Pôle Paix s’attache à développer au sein de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), et en collaboration avec d’autres universités et institutions scientifiques belges et étrangères, un enseignement et une recherche sur la paix et la citoyenneté dans une optique transdisciplinaire. Parmi les activités de ce pôle notons le développement de chaires de paix dans plusieurs facultés de l’ULB, les nombreux échanges nationaux et internationaux avec d’autres universités, le développement d’une université d’été (également en partenariat avec des universités française, marocaine, libanaise, italienne…) euro-méditerranéenne.

La Fondation s’attache, selon le vœu de son fondateur, à développer l’esprit d’entreprise ; mais pas n’importe quelle entreprise : Bernheim souhaitait une paix sociale durable et la voyait se réaliser au travers, entre autres, « de réformes des structures de l’entreprise », « d’une répartition équitable des profits », « de solidarité plus grande entre les différents secteurs de l’économie ». Il croyait nécessaire « de favoriser chez ceux qui auront à assumer des responsabilités, le sens du bien général ».

Avant l’heure, la Fondation s’est donc attachée à définir la pertinence du concept de responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de la société, aboutissant à une « charte »

Les deux thèses principales de la charte sont d’une part que le seul modèle de développement économique qui sera acceptable sera celui du développement durable, intégrant à la finalité de l’entreprise les aspects éthiques et politiques et ceci nécessite une nouvelle culture d’entreprise. D’autre part, que l’entreprise doit jouer un rôle actif dans les transformations du système, faute de quoi aucune réglementation ne sera efficace.

Le point le plus spectaculaire du fonctionnement de ce réseau est l’incorporation de la charte Bernheim dans le « Global Compact » de Kofi Anan.

Que peuvent attendre des porteurs de projets, comme l’Université de Paix, de la Fondation Bernheim ?

La Fondation souhaite développer des partenariats et donc s’intégrer dans les projets qu’elle soutient.

L’Université de Paix a présenté un projet innovant, entrant dans le cadre des objectifs de la Fondation et nous y avons souscrit, en nous impliquant dans son développement.

Tout projet contribuant à l’amélioration du vivre ensemble, dans une société de plus en plus multi culturelle (quelle chance pour nous !), à la rencontre des autres, à de profonds changements systémiques vers plus d’harmonie et d’épanouissement est susceptible de devenir partenaire de la Fondation.

D’autre part, la Fondation souhaite un partenariat plutôt qu’un simple apport de fonds parce qu’elle estime qu’elle a un « know how «  à apporter à ses partenaires et que, en règle générale, les changements se produisent mieux quand on s’y attèle à plusieurs.

Qui décide des projets qui vont obtenir le soutien de la Fondation Bernheim ?

Le conseil d’administration.

Quelles ont été et sont les motivations du Conseil d’administration de la Fondation Bernheim de financer le programme de formation « Médiation par les pairs » de l’Université de Paix, depuis 2007 ?

Cette démarche de travail alternatif sur des enfants, contribuant à une meilleure compréhension mutuelle ainsi qu’à un changement de mentalités dans la résolution de conflit répond très bien aux critères évoqués plus haut.

Quelles sont les ambitions de la Fondation Bernheim pour l’avenir ?

Continuer à s’attacher aux changements où ils sont nécessaires pour l’harmonie de la société, poursuivre ses activités de culture de paix ainsi que celles développant le sens des responsabilités autant individuelles que collective, s’attacher à comprendre et soutenir les projets innovants dans ce sens, œuvre à ce que le travail des fondations devienne une « conscience » pour les pouvoirs publics.

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour vous, ce serait…

« L’humanité est une espèce qu’il faut préserver, une histoire qu’il faut connaître, un ensemble d’individus qu’il faut reconnaître, enfin une valeur qu’il faut défendre »

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