Comment développer son estime de soi ?

Les conseils de nos formateurs

Illustration : Photo by Radu Florin on Unsplash

Par Tamara Septon, étudiante en communication appliquée à l’IHECS.

Vous avez du mal à vous affirmer ? Vous n’avez pas confiance en vous lorsque vous devez accomplir une tâche ? Vous avez peut-être besoin d’un boost pour augmenter votre confiance en vous. Voyons ensemble divers conseils et outils qui permettent de développer son estime de soi et ainsi se sentir plus à l’aise dans la vie de tous les jours. Voici quelques conseils que les formateurs de l’Université de Paix asbl vous partagent.

Laissez tomber vos croyances « limitantes »

Ce sont celles qui vous empêchent d’accomplir certaines actions dans votre quotidien parce que, par exemple, vous ne vous en sentez pas capable. Il faut dans un premier temps identifier ces croyances limitantes. « Il faut que je sois comme ça », « Je dois agir de cette manière »… Vous vous dites que vous devez être fort, parfait… Mais personne n’est parfait. Tout le monde a ses forces et ses faiblesses.

L’estime de soi, c’est la connaissance de soi. Les personnes qui ont confiance en elles ne sont pas plus compétentes ou exceptionnelles que d’autres, elles acceptent juste le fait de ne pas être parfaites. Elles avancent et acceptent qui elles sont.

Une fois ces croyances identifiées, détachez-vous-en. Essayez de voir le réel tel qu’il est. Elles ne se vérifient pas dans toutes les situations, il faut les nuancer, les contrebalancer avec des qualités. Par exemple : « Je ne suis pas que timide… Je suis aussi très à l’écoute ! ». Ne vous réduisez pas à une seule dimension de vous-même.

Félicitez-vous lors des petites victoires

Vous accomplissez tant de choses tous les jours sans même vous en rendre compte. Le seul fait de se dire « J’ai réussi ! », « J’y suis arrivé ! », fait du bien. Cela développe votre conscience de votre valeur. Quand on manque d’estime de soi, on laisse trop souvent sa voix intérieure dire « Je n’en suis pas capable », « Je n’y arriverai pas »… Mais il faut faire taire cette voix et laisser celle qui encourage : « Je peux le faire ! ».

Agissez en adéquation avec vos valeurs

Il est important de vous demander… Qu’est-ce qui est important pour moi ? Quelle image ai-je de moi-même ? Qu’est-ce qui me tient à cœur ? Quelles sont les valeurs qui m’importent ? Après avoir réfléchi à ces questions, vous pourrez vérifier si vous agissez dans votre vie en adéquation avec ce que vous ressentez, avec vos valeurs. Plus ce sera le cas, meilleure sera votre estime pour vous-même.

Fixez-vous des objectifs

Fixez-vous un objectif à long terme. Celui-ci devra être scindé en plusieurs sous-objectifs plus petits et ces derniers seront atteints en réalisant des petites actions concrètes que vous aurez définies. C’est en allant étape par étape que l’on atteint nos objectifs. Nul besoin d’aller trop vite. Et en cas d’échec de l’accomplissement d’une action, il faut apprendre à relativiser. Pas d’inquiétude, cela fait partie de l’apprentissage.

Lancez-vous dans de nouvelles expériences

Pour pouvoir être fier de ce que l’on a accompli, il faut oser tenter des expériences. Se sentir capable d’accomplir une tâche est un point de base de la confiance en soi. Découvrez, lancez-vous. En développant ces points, vous arriverez au SACRE de l’estime de soi : Sécurité, Appartenance, Connaissance de soi, Réussite.

Envie d’en apprendre plus ?

Si vous souhaitez aller plus en profondeur sur le sujet, l’Université de Paix propose une formation pour développer l’estime de soi. Si souhaitez apporter certains de ces outils à des enfants, une formation est également adaptée pour développer l’estime de soi chez les enfants.

L’Université de Paix en quelques mots

Cette asbl namuroise a pour objectif principal de partager des savoirs et outils afin d’améliorer le dialogue entre tous et maintenir un climat de paix. Pour ce faire, l’Université de Paix propose des formations sur les gestions de conflits et les thématiques qui y sont liées. L’asbl souhaite favoriser un meilleur « vivre ensemble » ainsi qu’éduquer, sensibiliser les jeunes et les enfants à cet esprit en proposant des formations aux personnes qui travaillent avec eux et en intervenant dans les écoles.

Découvrez-en plus sur le site www.universitedepaix.org

Formations 2016-2017

Dates et modalités du Brevet « Jeunes » (PDF) > Voir la page du Brevet Jeunes

Dates et modalités du Certificat « Interpersonnel » (PDF) > Voir la page du Certificat Interpersonnel

Agenda des conférences (PDF) > Voir la page des conférences

Dates et thèmes des modules de formation (PDF) > Voir la page des modules

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Voir aussi le comparatif des formations longues 2016-2017

3 conseils essentiels si vous voulez communiquer de manière assertive

L’assertivité consiste à faire valoir ses droits, ses opinions et ses demandes de manière constructive, sans passivité ni agressivité. Le domaine de la communication assertive concerne principalement les messages plus « difficiles » à faire passer. Il s’agit d’affirmer ce que l’on a à dire, tout en tâchant de ne pas blesser l’autre. Pour cette raison, son application n’est pas toujours évidente. Voici trois recommandations fondamentales.

1. Avoir préalablement géré (une partie de) votre tension émotionnelle

Ce n’est peut-être pas le moment de discuter. Source : http://etc.usf.edu/clipart/

Une situation dans laquelle vous souhaitez formuler un message assertif est probablement une situation chargée en émotion. Il se peut que ce soit de la colère, par exemple si vous ressentez de l’injustice, n’avez pas l’impression d’avoir été entendu(e) ou respecté(e). Vous ressentez éventuellement de la peur, ne serait-ce que la peur que l’autre refuse de satisfaire votre demande, voire que celle-ci lui déplaise. Il s’agit peut-être également de tristesse.

Quoi qu’il en soit, ces émotions risquent fort de transparaître lorsque vous vous exprimerez. Si la tension est forte, il est alors très probable que votre interlocuteur n’entende pas réellement le message qu’il y a derrière, mais en perçoive uniquement la charge émotionnelle. Le seul « message clair » que vous aurez alors envoyé, c’est votre colère, votre peur ou votre tristesse. Dans certains cas, cela peut être perçu comme de l’agressivité. En effet, si vous formulez une demande en serrant les poings et la mâchoire, même si cette demande est « grammaticalement correcte » du point de vue de l’assertivité ou de la Communication NonViolente, il n’est pas certain que votre interlocuteur la reçoive comme vous l’auriez souhaité !

Pour évacuer (une partie de) la tension émotionnelle, une recommandation simple consiste à laisser passer du temps avant d’émettre votre message. La réaction immédiate n’est pas toujours propice à l’assertivité.

Par ailleurs, le fait de gérer ses émotions au préalable et de « prendre le temps » peut vous permettre de mieux cerner ce qui est vraiment important pour vous dans la situation.

2. Clarifier votre objectif

Bien délimiter ce qui est vraiment important pour vous dans la situation fait partie des conditions favorables à une communication assertive. Par ailleurs, si vous n’êtes pas au clair avec votre objectif, les solutions que vous proposerez ne seront peut-être pas opportunes, pas satisfaisantes au final.

Par exemple, si votre collègue arrive en retard aux réunions, vous pouvez lui faire un « message clair » en décrivant la situation problématique, en exprimant votre ressenti par rapport à cette situation, en lui proposant des solutions et en lui expliquant les conséquences positives selon vous (DESC). Or, pour ce faire, il convient de savoir ce qui vous pose problème exactement : est-ce le fait qu’il arrive en retard en soi (vous souhaitez qu’il arrive à l’heure prévue) ou s’agit-il du fait qu’il ne vous prévient pas (vous souhaitez qu’il vous informe à l’avance s’il a un empêchement) ?

Parfois, un objectif en cache un autre. Si votre objectif n’est pas clarifié quand vous entrez en discussion, il se peut que vous discutiez sur des choses qui sont en réalité secondaires.

Un type de conflit courant concerne la manière de communiquer ensemble. Si c’est le ton que votre fils ou votre fille utilise avec vous quand il ou elle vous parle qui vous pose problème, cela ne résout pas cette situation de lui demander de contribuer davantage aux tâches ménagères, de laisser son smartphone éteint pendant les repas, ou encore de donner artificiellement de l’importance à des désaccords mineurs, voire d’en trouver là où il n’y en a pas vraiment. Il est peut-être profitable de trouver des solutions à ces problèmes aussi, mais il est sans doute plus judicieux de formuler d’abord une piste de solution sur la manière dont votre enfant s’exprime avec vous : « Quand tu frappes du poing sur la table ou que tu m’interromps en criant quand nous ne sommes pas d’accord, cela me rend triste et me met en colère. Si tu es énervé(e), je souhaiterais que tu me le dises en parlant, ou que nous postposions notre discussion, par exemple ».

3. Revenir dans les faits

La dernière recommandation développée ici est intrinsèque à l’étape de description (D) du DESC. Enoncer des descriptions factuelles permet de prévenir au maximum une surenchère dans les interprétations, les jugements et les reproches. Au plus le problème et les solutions sont exprimées en des termes concrets et observables, au plus le message est clair et audible pour votre interlocuteur.

En s’exprimant de la manière la plus factuelle possible, la personne qui émet une demande, exprime un besoin ou fait part d’une émotion désagréable limite le risque d’entraver la communication en faisant intervenir des éléments discutables, invérifiables ou encore trop abstraits…

Assertivité et demande claire : le « DESC »

Le D.E.S.C. (Sharon A. et Gordon H. Bower, Asserting yourself, 1976) est une manière de formuler une demande « assertive ».

Il se décompose en quatre étapes :

  • Description. Cela consiste à expliquer avec des faits concrets et observables (« indiscutables ») une situation ou un comportement problématique. Une description est à distinguer des jugements et interprétations.
  • Expression (émotions). Cette étape implique de faire connaître ses sentiments, ses émotions et éventuellement ses besoins non satisfaits (CNV). Il s’agit ici de ce que vous ressentez (tristesse, colère, nervosité, besoin de sécurité, besoin de calme, etc.).
  • Spécification – Solution. C’est explicitement indiquer ses attentes, éventuellement sous la forme de pistes de solutions. C’est ce que l’on veut voir changer dans la situation, si possible formulé de manière positive. Il s’agit de résolution de problème, si possible orienté vers la recherche d’une solution commune (demande plutôt qu’exigence).
  • Conséquences. Ce moment consiste à exposer les conséquences positives, notamment sur la relation, si les solutions trouvées sont appliquées. Il s’agit d’exprimer et d’anticiper à la fois les conséquences négatives si le problème persistait, et les conséquences positives si celui-ci était résolu.

Voir aussi : Assertivité, affirmation de soi et (contre)manipulation

 

Le témoignage de Françoise Renier

Françoise Renier a suivi le Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes. Elle nous livre aujourd’hui son témoignage.

Qu’est-ce qui vous a plu particulièrement dans ce programme ?

J’ai particulièrement apprécié  d’expérimenter des techniques d’animation, avec un groupe : il y a un monde de différence entre comprendre une animation et la vivre. L’expérience est beaucoup plus complexe, joue sur différents registre, ouvre à sa propre réflexion. Lors de la formation, nous recevions également à la fin de chaque thème un dossier pour aller plus loin, avec de nombreuses références intéressantes, bien choisies. Cela m’a fortement stimulé.

J’ai trouvé aussi que nous étions pris au sérieux comme adultes : par la richesse et la pertinence du contenu proposé et par la dynamique à laquelle nous étions invités. Nous avons joué le jeu à fond.

Que retirez-vous de cette expérience, d’un point de vue tout à fait personnel ?

Personnellement, j’ai beaucoup approfondi ma réflexion, je me suis dotée d’outils, j’ai fait une synthèse de mon expérience  et donc acquis un regard modifié sur la gestion des conflits. Je ne me sens pas du tout « arrivée » comme si la réflexion pouvait être close un jour ou l’autre. Au contraire, la dimension humaine nous invite à toujours être ouverts à écouter un point de vue autre. Mais il y a des tendances, des régularités dans la vie sociale et cet approfondissement m’a permis de diversifier ma manière d’aborder les conflits.

Utilisez-vous vous-même l’un ou l’autre outil de médiation proposé dans votre quotidien ? (Vous sentez-vous plus à l’aise face à la gestion de conflits avec des jeunes, ou dans l’éducation de ceux-ci, etc.)

J’utilise beaucoup la croix de Barry Hart [cf. vidéo des attitudes en conflits] avec les jeunes et le livre de Véronique Guérin « A quoi sert l’autorité » avec les futurs enseignants à qui je donne cours de « phénomènes de société » ainsi que la réflexion sur les règles et les sanctions. Des outils comme le Desc [travaillé en assertivité], plutôt leur « esprit » mais sans me dire formellement que je passe par les différentes étapes…

Voyez-vous une différence de comportements, des changements, chez vous, ou chez les enfants dont vous vous occupez ?

La vie est trop complexe pour isoler l’influence qu’aura eue la formation… Mes enfants ont entre 20 et 8 ans. Tout bouge tout le temps. Je ne me sens en tous cas pas la maman parfaite ni la prof parfaite. Disons qu’il n’y a eu de grande casse et que je me sens outillée par rapport à ce que j’ai à faire.

Auriez-vous une anecdote, un petit récit ou autre à nous partager par rapport à votre expérience ?

Je pense à une anecdote qui m’a marquée lors d’un atelier qui s’appelait « non-violence » où j’utilisais la croix de Barry Hart pour sensibiliser aux différentes stratégies utilisées en cas de conflit.

J’avais un groupe d’une douzaine d’élèves. Parmi eux, les « cas difficiles »  des élèves de 4ème. Entre autre, deux copains qui sont ensemble en classe et en dehors de l’école et semblent très soudés, mais qui dérangent régulièrement les cours et les autres élèves, ne respectent souvent pas les règles, font des coups en douce, par derrière… Les autres les craignent et les profs s’en méfient. Ils sont, à mes yeux, en permanence dans un rapport de force avec les autres. Ils s’étaient inscrits d’eux-mêmes à mon atelier.  Je forme le cercle, présente rapidement les objectifs et leur propose une mise en situation pour démarrer la réflexion. Il me faut deux volontaires qui sortent. Ils se proposent tous les deux. J’accepte que l’un des deux sorte et je choisis comme 2ème un autre du groupe qui s’était également proposé. Le jeu de rôle consistait à former un groupe à l’intérieur du local : ils avaient la consigne de ne pas intégrer les deux autres car leur groupe voulait rester « entre eux », ne pas être dérangé etc. Les deux élèves sortis avaient pour consigne de prendre leur place dans le groupe.  Le ‘jeu’ est devenu rapidement « musclé », ils en sont arrivés aux mains en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Cela restait du jeu mais avec ce qu’ils sont… Et ce qui s’est passé c’est que les deux copains qui appartenaient pour le jeu de rôle aux deux groupes opposés se sont retrouvés les deux luttant le plus violemment l’un contre l’autre et, sans le vouloir, l’un des deux a envoyé une chaise dans l’œil de son copain. Cela ne m’était jamais arrivé ! On a tout de suite pris en charge l’élève blessé et il n’y a pas eu de problème par la suite. Mais il a gardé un œil au beurre noir pendant un bout de temps ! Et surtout ils se sont tous les deux rendus compte qu’ils avaient été pris au-delà ce qu’ils auraient voulu…. En fait cela a été terriblement révélateur alors que le geste n’était absolument pas dans l’intention de faire mal.