Gestion des relations critiques en classe

Gestion des relations critiques en classe (incivilité, conflit, violence …) – niveau initiation

Objectifs

– Analyser des cas de situation conflictuelle en milieu scolaire et en décoder les différentes dimensions.
– Découvrir des outils de négociation et de gestion de conflit afin de pouvoir gérer au mieux des situations difficiles lorsqu’elles surviennent.
– Découvrir les ressources et les services disponibles (notamment les dispositions légales et réglementaires).

Contenu

> Découvrir les attitudes possibles en tant que tiers intervenant dans un conflit. 

> S’exercer à la technique du SIREP :
S = Stop. Marquer une pause et se calmer
I = Identifier le problème
R = Rechercher plein d’idées
E = Evaluer les solutions
P = Planifier et décider

Méthodologie

Différents types d’actions complémentaires sont possibles :
– au niveau de la compréhension et de l’analyse : nous partirons du vécu et des représentations des participants que nous mettrons en lien avec la théorie.
– au niveau des stratégies préventives et éléments de gestion : nous découvrirons et s’exercerons à la pratique de quelques outils.
– au niveau des dispositions légales et des relais : nous élaborerons une cartographie des relais pouvant nous aider en situation de crise. 

La formation partira de l’enseignant comme point de départ et lui permettra un prise de recul ; elle sera interactive et participative avec comme objectif complémentaire une co-construction de pistes concrètes.

Concrètement… :

Personnes concernées :
Membre du personnel de l’enseignement secondaire ordinaire
Formateur(s)
Christelle Lacour & Claire Struelens
Durée
2 journées de 9h00 à 16h00
Dates
en partenariat avec l’IFC (Institut de la Formation en Cours de Carrière)
Lundis 16 & 23 janvier 2012
Code : 320071101/4633 

Inscription : http://www.ifc.cfwb.be/default.asp?pagetg=viewform05&old=1&id=320071101

Info auprès de l’IFC : 081 83 03 10

Lieu :
Université de Paix – 4, Bd du Nord – 5000 Namur

Comment gérer les conflits avec les jeunes?

Comment prévenir la violence avec les adolescents ?

Quelles pistes pour gérer les conflits positivement avec les adolescents ? Et comment les outiller pour qu’eux-mêmes gèrent au mieux les conflits avec leurs pairs ? S’offrir un espace de découverte et d’expérimentation d’outils à utiliser avec et entre les adolescents, pour tenter de les accompagner dans cette période de transformations multiples qu’ils vivent, voilà ce que nous vous proposons au travers des objectifs suivants :

Objectifs

Après avoir pris conscience des conditions et des limites de la médiation, les participants utiliseront la technique de l’ASIREP, permettant de négocier avec le jeune ou d’intervenir comme tiers dans un conflit entre jeunes :

  • Accueil : mettre en place un cadre sécurisant pour débuter la médiation.
  • Stop (se calmer) : expérimenter des techniques de gestion corporelle des émotions.
  • Identifier le problème : transformer un jugement en message clair (faits qui posent problème et émotions).
  • Rechercher, Evaluer les solutions et Planifier l’action concrètement.

Contenu

  • Utiliser des techniques d’ancrage et de décharge des tensions, inspirées du yoga.
  • S’exprimer en message clair.
  • Ouvrir le champ des solutions grâce au brainstorming et au CQFD (Censure abolie – Quantité souhaitée – Farfelu bienvenu – Démultiplication des idées).
  • Poser les questions permettant de planifier l’action selon la technique du CQQCOQP (Comment – Quoi – Qui – Combien – Où – Quand – Pourquoi).

Référents théoriques (e.a.) : Thomas Gordon, Dominique Chalvin, Marshall Rosenberg.

Méthodologie

  • Partage d’expériences personnelles
  • Mises en situation et jeux de rôle
  • Élaboration collective de pistes d’action
  • Apports théoriques sur base des connaissances intuitives du groupe et du vécu des participants dans les activités proposées
Personnes concernées : Toute personne ayant en charge un ou plusieurs jeune(s) ou groupe(s) de jeune(s) d’au moins 12 ans (parents, éducateurs, animateurs, enseignants, psychologues, médiateurs scolaires…)

Groupe : de 12 à 18 personnes

Durée : en 2 à 4 journées

Formation possible sur mesure, à la demande

Dispositifs pour canaliser la violence

Objectifs

  • Comprendre l’importance et les enjeux de l’institutionnalisation des dispositifs dans une institution ou une école.
  • Se familiariser avec la méthode d’institutionnalisation d’un dispositif.
  • Découvrir un autre fonctionnement collectif pour répondre aux problèmes rencontrés avec les bénéficiaires d’une institution ou d’une école.

Contenu

Au cours de cette journée, seront présentés différents dispositifs permettant de canaliser la violence dans les écoles et les institutions sensibles :

  • la reconnaissance de la colère et de la crise dans le sas de décompression ;
  • la reconnaissance de l’écoute et de la communication dans le sas d’écoute ;
  • la prise en compte des souffrances et des représentations dans les cellules « absentéisme » et « assuétudes » ;
  • le travail de la déscolarisation et du décrochage dans les classes « SAS » et les classes à rythmes différenciés ;
  • etc.

Méthodologie

Tous ces dispositifs feront l’objet d’une présentation par powerpoint et d’un débat avec les participants.

Groupe : de 12 à 18 personnes 

Durée : 1 journée de 9h30 à 17h00

Date : Jeudi 11 octobre 2012, avec Jean-Luc Tilmant – Référence : 3253

Lieu : Université de Paix

Prix : 90 euros (Organisation : 110 euros)

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires

Communiquer… C’est comme danser!

Découvrez les pistes de danse CNV… pour résoudre vos problèmes de communication

Au-delà d’une compréhension mentale, la pratique des « Pistes de Danse CNV » facilite l’accès à une compréhension corporelle claire, souple, profonde.

Un week-end pour aller plus loin dans la Communication Nonviolente d’une façon plaisante, originale et inspirante. Imaginées et mises au point par Bridget Belgrave et Gina Lawrie, formatrices anglaises en Communication Nonviolente, les « Pistes de Danse CNV » sont une représentation spatiale du processus de la Communication Nonviolente.
Ces pistes de danse sont parsemées de différents groupes de grandes cartes posées sur le sol en fonction des différents thèmes abordés. Les danseurs se déplacent sur les cartes au fur et à mesure de leur avancée dans le processus de la Communication Nonviolente, chaque carte représentant un pas dans une danse de communication.
Certaines de ces danses sont des « Danses Intérieur – Extérieur », permettant d’explorer un dialogue en jeu de rôles. D’autres sont des « Danses Intérieur » permettant un processus de transformation intérieure.
Cela aide à intégrer le processus de la communication à la fois de façon visuelle, auditive et corporelle, et à se l’approprier avec souplesse, clarté, visibilité et liberté.
Les danseurs auront l’occasion d’y explorer autrement des situations de leur vécu qui est un défi pour eux. En piste !

Objectifs

  • Approfondir la Communication Nonviolente (CNV) à la fois de façon visuelle, auditive et corporelle.
  • Par le jeu des pistes de danse CNV, quitter le bavardage du mental pour ressentir simplement ce qui se vit en nous profondément dans la communication.

Contenu et méthodologie

Par le parcours de différents jeux de grandes cartes disposées au sol en fonction des différents thèmes abordés, chaque danseur est amené à explorer le processus de la Communication Nonviolente tant avec lui-même qu’avec les autres, voire même en jeu de rôles.
Cette façon originale d’approfondir la Communication Nonviolente a été mise au point par Bridget Belgrave et Gina Lawrie, formatrices anglaises en CNV… et cela se danse, se vit, tout aussi bien en français.

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires

Personnes concernées : Toute personne ayant suivi un module de formation « Introduction à la Communication Nonviolente ». Les participants sont invités à se munir de pantoufles ou de sur-chaussettes confortables.

Groupe : de 12 à 15 personnes

Durée : 2 journées de 9h30 à 17h00

Dates : WE 8 & 9 février 2014, avec Jean-François Lecocq & Claire Struelens – Référence : 1412

Lieu : Université de Paix

Prix :

  • 170 euros
  • 150 euros (Membre adhérent UP)
  • 220 euros (Organisation)
Formation gratuite pour les professionnels de l’accueil de l’enfance, dans le cadre du décret ATL (3-12 ans) – inscription et brochure via l’Office de la Naissance et de l’Enfance – 02 542 13 90.

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires

Dynamique de groupes et conflits

Des conflits et des groupes

Un article initialement publié dans le trimestriel n°97, en 2006.

Qu’il s’agisse de formation à la communication, au processus de gestion des conflits ou des modules plus spécifiquement liés à l’assertivité, à la créativité, voire même à la coopération, nous envisageons globalement le travail du point de vue (inter)personnel. La personne est en effet au cœur même de la transformation ou du changement que l’on souhaite puisque c’est bien la personne (tant d’un point de vue cognitif qu’affectif), qui peut décider de modifier ses comportements dans la relation qu’elle établit avec elle-même, ou dans son rapport à l’autre ou au monde.

Cependant, si c’est bien la personne qui peut initialiser une modification cognitive ou comportementale face à la réalité concrète d’un conflit, nombreux sont ceux qui nous demandent ce qu’il s’agit de faire lorsque le conflit se déroule dans le cadre d’un groupe ou d’une équipe de travail.

Depuis quelques années, les formateurs de l’Université de Paix mènent donc une réflexion sur l’articulation entre la dynamique interpersonnelle et la dimension plus groupale du conflit. Les psychologues sociaux et les dynamiciens de groupe (issus entre autres, de la systémique) savent l’importance et l’influence du groupe sur le comportement des individus qui le composent. Lorsque nous sommes en groupe, une série de phénomènes apparaissent, qui dépassent l’entendement et la seule compréhension de ce qu’est l’individu du point de vue psychologique ou relationnel.

> Voir aussi l’ouvrage Dynamique des groupes

En effet, quelle que soit l’origine d’un groupe (réseau amical, projet privé ou professionnel), les membres du groupe tissent entre eux un réseau de relations qui donne naissance à une structure groupale dans laquelle chaque membre du groupe se situe par rapport aux autres. C’est sur cette base organique que s’organise le groupe, que se structure le pouvoir, que s’élaborent des normes communes de groupe et que se répartissent par suite rôles et fonctions.

Si l’on sait, au simple niveau d’une relation interpersonnelle, combien l’autre nous agit et modifie nos perceptions autant que nos réactions (et vice et versa), imaginez donc combien plus grande sera l’influence que nous « subissons »/agissons au sein d’un réseau relationnel plus complexe. Dans les situations conflictuelles de groupe, des coalitions naissent, du contre-pouvoir s’organise, les différents se renforcent au gré des alliances ou selon les normes que le groupe s’est données. Ainsi, plus grande est la difficulté d’établir collectivement les règles de résolution du conflit,  d’identifier l’objet concret du conflit et les faits sur base desquels la discussion aura lieu. S’amorcent souvent des conflits de valeurs ou des débats d’opinions dont on sait la non pertinence quand il s’agit de gérer positivement un conflit.

Par ailleurs, en situation conflictuelle, la dimension émotionnelle du groupe est souvent exacerbée (on en sait l’importance puisqu’elle est au fondement de l’organisation relationnelle du groupe), ce qui amplifie souvent la perception que l’on se fait du « problème » vécu par le groupe et le « danger » que chacun y voit. Confusion, frustration, peurs et colères sont souvent renforcées dans les situations de conflit en groupe, et démêler la situation devient souvent difficile lorsque les questions de dynamique s’entrecroisent avec celles du conflit proprement dit.

Dans le séminaire que l’Université de Paix organise autour du thème « Des conflits et des groupes », les participants sont amenés à prendre conscience des divers phénomènes qui font partie intégrante de la vie d’un groupe. Ainsi, en situation conflictuelle, devient-on plus capable d’utiliser au mieux les ressources du groupe mais aussi sa morphologie, les réseaux relationnels et affectifs qui le composent, les normes qui lui sont propres ou le tissu de pouvoir qui le caractérise afin d’entamer un processus de résolution des conflits.

La gestion positive des conflits est tout à fait possible dans le cadre de conflits de groupe. Les méthodes et les outils de gestion positive que nous enseignons par ailleurs sont entièrement praticables au sein des groupes. Cependant, dans le jeu plus complexe de la réalité d’un groupe, les connaissances de base en dynamique de groupe restent indispensables pour pouvoir mettre en pratique analyses pertinentes et stratégies efficaces dans la dimension groupale de la gestion des conflits.

Animations au festival LaSemo

L’engagement politique et citoyen et la question de l’empreinte carbone (de la mobilité, de l’habillement, de la nutrition…) sont des sujets sensibles. Ils génèrent parfois des désaccords, des conflits, qui, mal gérés, peuvent véritablement dégénérer et mettre tout le monde mal à l’aise.
C’est dans ce cadre que l’Université de Paix a partagé des animations avec les festivaliers. Les participants ont notamment pu situer leurs attitudes par rapport à des situations concrètes, tâcher de distinguer les faits des interprétations, ou encore goûter à des activités de coopération et de créativité.

Les objectifs pour l’institution étaient les suivants :

Tout d’abord, sensibiliser les personnes de manière participative à l’idée que des thèmes délicats peuvent être abordés sans que cela ne tourne mal. Les désaccords font partie de la vie quotidienne : cela n’empêche pas que l’on défende des idées, que l’on s’engage politiquement, par rapport à l’empreinte carbone. Les ateliers avaient pour but de faire réfléchir activement chacun des participants qui le souhaitait sur les façons d’être et de dire les choses en conflit portant sur un thème environnemental, de manière à ce que chacun puisse se positionner en conscience à la fois par rapport à ses objectifs, mais aussi par rapport à la relation qu’il souhaite avec les personnes avec qui il est en désaccord ; que chacun puisse « juger en conscience » ou encore réfléchir à des solutions qui dépassent les oppositions. Il ne s’agit pas de « recettes miracles », mais bien d’outils à s’approprier et à utiliser à sa manière.
Ensuite, il s’agissait de faire cela de manière participative et ludique. Au lieu d’imposer du contenu aux personnes, il était question bien plutôt d’accueillir chacun avec ses attentes, questions et réflexions, et de passer un bon moment dans un cadre festif.
Enfin, l’idée était de rencontrer un nouveau public et de partager la réflexion portée par celui-ci…

Voici le récit des activités

1. Attitudes en conflit : comment je réagis en situation ?

La Semo - activité

Activité au festival La Semo

Une des principales animations proposées invitait les participants à se situer dans une situation de désaccord concrète.
Imaginez que vous êtes avec votre conjoint(e) et que l’un de vous veut acheter des fraises de Wépion (6€) et l’autre des fraises d’Espagne (1,5€). Comment réagissez-vous ?
Gilles, Anaël, Niko, Matt ou encore Viviane choisissent d’acheter les fraises qu’ils préfèrent et d’aller les payer à la caisse. Ils optent pour la compétition : leur solution prime sur celle de l’autre.
A l’inverse, Valérie, Guigui, Simon, Nic et Nad préfèrent acheter les fraises de leur conjoint : ils sont en accommodation. Ils effacent leur objectif au profit de la solution de l’autre, souvent pour lui faire plaisir.
Sim et Evi, eux, n’achètent aucune fraise : la situation les incommode trop, ils se replient et ils partent. Aucun partenaire n’a les fraises qu’il désire, aucun n’a son objectif, mais cela permet peut-être à chacun de se calmer…
Enfin, les plus nombreux dans cette situation-ci (Martin, Anthony, Martine, Julien, Vanessa, Céline, Patrice et d’autres) sont ceux à agir en compromis : on fait un peu 50-50, on achète les unes une fois et les autres la fois prochaine.

Cet exercice aux apparences anodines est en fait très riche en enseignements. Les attitudes possibles en conflit sont multiples, et nous réagissons tous différemment en fonction des contextes. L’idée n’est pas de dire qu’il existe des attitudes meilleures que d’autres (et encore moins des objectifs, solutions et valeurs qui priment sur les autres), mais bien de mettre en évidence les attitudes typiques, leurs avantages et inconvénients.
Par exemple, le repli peut être vu comme la moins bonne des solutions : personne n’a ce qu’il veut. Néanmoins, dans certains cas, il vaut peut-être mieux abandonner la discussion et s’en aller que de s’énerver davantage. La compétition peut également être une attitude bénéfique : si mon objectif est très important et que les impacts relationnels sont faibles, il est intéressant d’agir en tentant de convaincre l’autre, de le persuader. Dans certains cas, il n’est même pas question de négocier : si un enfant traverse la route et qu’il y a un camion qui fonce en sa direction, on le tire par le bras vers le trottoir, on ne commence pas à chercher un compromis avec lui ! L’accommodation est une solution qui convient bien si l’on veut faire plaisir à autrui, prendre soin de la relation et que les objectifs opposés ne sont pas très importants. Cependant, à toujours s’accommoder, accepter la solution de l’autre, on peut ressentir de la frustration, notamment. Enfin, le compromis, qui semble souvent mettre d’accord tout le monde, peut parfois prendre beaucoup de temps…
Il n’est donc pas question dans cette activité de prôner l’une ou l’autre attitude, mais bien de proposer aux personnes un outil de réflexion afin qu’elles puissent se positionner en conscience, en accord avec ce qu’elles souhaitent. Cela marche également pour « l’autre », dans la relation : quelle est l’attitude qu’adopte celui ou celle en face de moi ? Comment pourrions-nous bouger ensemble pour trouver quelque chose qui nous convienne mieux ?

Une formation de deux jours : Adapter son attitude face aux conflits

2. Faits, jugements, sentiments : à quoi ça sert ?

Une autre activité ludique consistait en une sorte de tombola. Les participants pouvaient piocher une capsule dans laquelle figurait un numéro.
S’ils piochaient 1 : ils étaient invités à dire ce qu’ils voient sur une image (les faits perçus), 2 : ce qu’ils pensent (un jugement) et 3, ce qu’ils ressentent (émotions, sentiments) par rapport à cette même image. Là encore, un module très court, mais très riche en débriefing et en partage de réflexion. En effet, on a pu constater très souvent que se limiter à dire strictement « ce que l’on voit » n’était pas chose aisée : on infère souvent des interprétations, des pensées.

Quand je vois un sourire, je pense que la personne est heureuse. Quand je vois un ours sur un morceau de banquise, je crois qu’elle est en train de fondre. Etc. Les images suscitent des pensées. L’idée n’est pas de dire que penser est négatif, mais bien de prendre conscience que nous inférons très rapidement. En conflits, tâcher de se limiter aux faits permet parfois d’éviter des malentendus ou les interprétations biaisées. De plus, ils permettent de donner de l’information plus précise à la personne qu’une pensée (si je dis à mon fils « je suis content(e) quand tu joues avec ta sœur », je lui donne plus d’informations sur son comportement que si je lui dis simplement « tu es gentil »). Là encore, il s’agit d’un outil qui permet de juger en conscience, ainsi que de décrypter les jugements que l’on reçoit et de les reformuler.
En ce qui concerne les sentiments, nous avons constaté que pour une même image, différents sentiments sont déclarés. Certains se sentent tristes quand d’autres se sentent heureux, et d’autres encore en colère. Nous ne ressentons pas les mêmes choses en situation : il peut être intéressant d’exprimer son ressenti, et de ne pas trop interpréter sur ce que ressent l’autre… Il a peut-être en effet des émotions diamétralement opposées aux miennes !

3. Coopération et vivre ensemble : tout un concept.

Dans l’activité de la tombola, nous avions glissé une quatrième possibilité. Si la personne tirait un 4, elle devait réaliser un petit défi de coopération, seule ou en équipe….
Si les personnes étaient deux, nous leur proposions de s’asseoir sur le sol jambes jointes et tendues, et de se relever ensemble, dos à dos… Si elles étaient quatre ou plus, elles étaient invitées à tenir la main d’un autre membre du groupe de manière à former un nœud complexe de personnes, pour ensuite se « dénouer ». Quelques secondes d’animation encore, pour pas mal d’enseignements.
Tout d’abord, sur le concept de coopération en tant que tel : contrairement à la compétition, on est ici dans une activité où l’on gagne tous ensemble, ou on perd tous ensemble. On ne joue pas les uns contre les autres, mais tous dans un but commun, ce qui n’empêche certainement pas de s’amuser ! Ensuite, sur la question du vivre-ensemble : ce type d’activité est excellente pour briser la glace, dans un groupe de personnes amenées à se connaître. Le contact physique, la question de la confiance et de la réalisation commune d’un objectif compte beaucoup. On pense également au team-building. Enfin, c’est aussi l’occasion de discuter à propos des croyances négatives qui peuvent nous limiter dans notre action : « je n’y arriverai pas », « c’est impossible », « je suis nul(le) »… sont des choses que nous avons entendues. Cela pousse parfois à abandonner, ce qui confirme la croyance initiale. Et pourtant, c’est possible !

Pour terminer, si les personnes étaient seules, nous leur proposions un exercice de créativité. Par rapport à un objet donné, les personnes devaient trouver 3 nouvelles utilisations possibles, en dehors de sa fonction initiale. La créativité, en situation conflictuelle, permet d’envisager des solutions qui sortent du cadre du désaccord, qui prennent distance, et donc de multiplier les issues positives possibles…

Retrouvez les vidéos des participants aux jeux de coopération sur la chaine de l’Université de Paix sur Youtube : http://www.youtube.com/user/UPasbl

Le Journal des Enfants (JdE)

Le Journal des Enfants (Le JdE, groupe l’Avenir) – 25 mars 2011
(Aussi en ligne : http://actu24.typepad.com/jde/2011/03/attention-conflit-que-faire.html )

« Dans le JDE de cette semaine, nous vous parlons des médiateurs, des élèves qui apprennent à gérer les conflits et à les résoudre. Nous vous avons notamment donné le texte du « Chant de la girafe », qui fixe les étapes de ce qu’il faut faire quand une situation dégénère en conflit. En voici la vidéo, par les enfants de l’école de Bois-de-Villers. »

> Programme « graines de médiateurs »

Tisser des liens intergénérationnels

Selon Dominique Pire, le premier palier du Dialogue Fraternel est l’action en commun : « Pour être unitive, une action doit être réalisée ensemble, sur un terrain commun, par des gens différents ». Les 27 et 28 mars 2004, l’Université de Paix a proposé un module de formation pour tisser des liens entre les générations en construisant des projets qui rassemblent différentes tranches d’âge, « pour construire des ponts entre les générations ».

Un article initialement publié dans le trimestriel n°86, en 2004.

L’intergénérationnel : un peu d’histoire

Au cours des dernières décennies, nous avons assisté, dans les pays occidentaux, à une augmentation considérable de l’espérance de vie, d’une part, et de l’autre à une diminution des quotients de fertilité, avec pour résultat un accroissement important de la population âgée. Par ailleurs, les structures familiales ont beaucoup évolué, parallèlement à l’urbanisation, l’industrialisation et l’indépendance économique des personnes âgées dans les années 50 : on passe de la famille étendue de type “large” à la famille réduite de type “allongé”, avec 4, parfois 5 générations qui se côtoient et des rôles qui se cumulent (je peux être à la fois fille, mère, petite-fille…).

Parallèlement à ces mouvements démographiques et à ces changements de structure familiale, on a assisté à l’émergence d’états-nations de plus en plus interventionnistes dans l’organisation de la vie collective. En conséquence, les solidarités familiales ont été remplacées progressivement par des solidarités publiques.

Cependant, la crise économique des années 80 a provoqué un affaiblissement des solidarités publiques et les familles sont à nouveau sollicitées pour amoindrir l’impact négatif des politiques d’austérité. On assiste donc à une relance des solidarités individuelles, familiales et de proximité, et certains y voient l’indice d’une réhabilitation de la famille et d’une plus grande prise de conscience des citoyens responsables dans le cadre d’une démocratie plus directe.

Faut-il tempérer cet enthousiasme ? Les solidarités privées sont encore trop peu nombreuses et trop limitées pour qu’on puisse prétendre qu’elles remplacent avantageusement les solidarités publiques. D’autre part, ces solidarités “nouvelles” ne pèsent-elles pas trop, matériellement et psychologiquement sur une génération-sandwich que nous représentons ?

“Sans une réflexion en profondeur sur les moyens concrets d’articuler les pratiques privées et les politiques officielles, il y a donc fort à craindre que le fossé ne se creuse davantage et qu’on puisse continuer à désigner ironiquement l’intergénérationnel comme un “gadget d’animation sociale”…

Ce qui compte donc dans notre action, outre le fait de mettre des générations en présence, c’est surtout que cette action ait un impact sur la vision que chacun a de sa place dans le continuum des âges de la vie. “Une véritable solidarité générationnelle ne sera possible que si chaque génération reconnaît dans l’autre un moment évolutif et fondateur de sa propre existence, en ôtant toute inflexion pathétique à un concept qui aspire à être un projet de société, et non une pieuse évocation de bons sentiments.”

Un exemple : la généalogie à l’école

Le projet « Généalogie à l’école » a eu lieu au cours de l’année scolaire 2001-2002. Des élèves de 5ème primaire réalisent leur arbre généalogique ou aident un enfant de la classe à réaliser le sien. Ils étaient guidés par des aînés formés ou expérimentés en généalogie (certains suivaient une formation à l’Université des Aînés). Il y a eu huit rencontres qui se sont achevées par une exposition ouverte aux familles, aux enfants de l’école, aux amis. Lors de cette exposition, les enfants ont présenté leur travail ; l’arbre généalogique personnalisé (chacun avait choisi un thème pour son arbre : les ballons, les fleurs, les fusées…), l’arbre réalisé sur ordinateur à l’aide d’un logiciel, une exposition d’objets anciens, le carnet de bord réalisé en classe dans lequel ils avaient mis en forme toutes les étapes, toutes les démarches effectuées pour construire leur arbre.

Quels étaient les objectifs visés ?

Le premier objectif était que les générations en présence s’échangent des savoirs et des savoir-faire dans la réalisation d’un projet commun. Dans ce projet il y avait trois générations : les enfants, les aînés, l’institutrice et la coordinatrice de l’association Réseau Générations Solidaires  (qui représente la génération intermédiaire).

Le second objectif était de permettre à chaque enfant de construire son arbre et/ou de s’approprier la démarche de recherche généalogique pour pouvoir accéder à ses racines, à ses origines.

Réaliser un tel projet met en présence de nombreux partenaires autour de la question des générations, ce qui représente un 3ème objectif : activer un réseau de professionnels. Le Cercle d’Histoire d’Ottignies, Géniwal, l’école de Lauzelle, Réseau Générations Solidaires et d’autres encore, plus ponctuellement. La participation de tous était vraiment importante pour faire aboutir ce projet.

Une évaluation de cette action a été menée par Réseau Générations Solidaires auprès des aînés et des enfants, avec la collaboration de l’institutrice. C’était très positif aussi bien pour les uns que pour les autres : le courant était passé, les idées toutes faites dépassées. Les aînés ont découvert l’école d’aujourd’hui, la pédagogie nouvelle, l’enthousiasme des enfants, les nouvelles familles (divorcées, recomposées…)

Les enfants, de leur côté, ont appris beaucoup de choses sur les aînés, sur leur famille… « Quand j’ai fait mon arbre, j’ai découvert plein de petites anecdotes rigolotes et même parfois mignonnes. Par exemple, qu’une de mes grand-mères adorait sucer des boules au citron… »