conflits entre jeunes

Construction et évaluation du Brevet d’animateur

Modifications apportées en 2014-2015 et 2015-2016 au Brevet d’animateur en gestion de conflits (dans des groupes d’enfants – 6-12 ans)

La mise en place de dyades entre les sessions

Une difficulté dans la nouvelle mouture (4 sessions en week-end) est la longueur entre chaque week-end pour les personnes qui n’étaient inscrites qu’au brevet d’animateur.

Nous avons mis en place des dyades de travail entre chaque session afin de permettre aux participants d’échanger avec un pair entre les sessions notamment au niveau du stage (difficultés, questionnements, pistes de solution).

Les dyades ont été modifiées entre chaque session pour une plus grande richesse de points de vue.

Intensité du parcours pour les personnes inscrites aux deux brevets

A contrario, les personnes qui ont suivi parallèlement les deux Brevets (Brevet en gestion positive des conflits avec les jeunes et Brevet d’animateur) ont exprimé que le fait de suivre les deux brevets était particulièrement intense. Cela requiert en effet un week-end par mois ainsi que les travaux et stages demandés entre chaque module. Nous avons averti les participants de cette lourdeur. Quatre personnes étaient dans le cas cette année.

Organisation des stages « passifs »

Quelques soucis de communication lors de l’organisation de stage passif en 2014 ont été réajustés cette année. Un tableau plus précis (niveau de la classe, horaire exact, communication directe entre le formateur et le stagiaire) a permis à chacun de pouvoir effectivement assister à une voire à deux animations données par des formateurs aguerris.

Pré-requis des candidats certifiés précédemment

En cours de formation l’an dernier, nous nous étions rendus compte que les personnes qui avaient suivi antérieurement le « certificat interpersonnel en gestion des conflits » avaient quelques lacunes au niveau du contenu du programme Graines de médiateurs.

Afin de combler celle-ci, les participants dans le cas ont été inscrits à un module de sensibilisation au programme (5 après-midis consacrés à Graines de médiateurs).

En fin d’année 2014-2015, nous pouvons conclure que la majorité des candidats ont acquis les connaissances nécessaires pour mener à bien des animations dans les classes. Nous serons toutefois attentifs l’an prochain à insister sur la connaissance d’une méthode de gestion de conflits (le SIREP) qui n’est parfois pas encore suffisamment maitrisée.

La difficulté d’évaluer les candidats de manière objective – évaluation formative

L’évaluation des candidats se base sur :

  • L’observation du stage
  • La préparation des 6 séances d’animation
  • Les 6 analyses de leurs séances d’animation
  • Leur auto-analyse lors des deux entretiens individuels
  • Le travail de synthèse remis sur base d’une problématique de terrain
  • L’entretien final (question de contenu et d’animation, pertinence de l’argumentation liée au travail de fin d’année, auto-évaluation)

Afin d’objectiver les compétences acquises, une nouvelle grille d’évaluation des 5 compétences a été retravaillée et déclinée en indicateurs. Cette précision permettra aussi de mieux comprendre les lacunes de chaque candidat et  lui communiquer ses forces et pistes d’amélioration.

Chacune des compétences a été déclinée en critères. Nous aimerions tester à nouveau cette grille tout au long de l’année 2015-2016 et la retravailler le cas échéant pour les candidats de l’exercice suivant. L’idée serait également de pouvoir la compléter au fur et à mesure de l’année pour être plus précis dans les retours faits au candidat, notamment via les exercices animés par les candidats lors des sessions.

L’accompagnement plus intensif des stagiaires au niveau du stage pratique

Certains candidats, en difficulté lors de leur stage pratique, auraient aimé un « coaching » plus intense. Celui-ci est prévu lors de l’entretien individuel suivant l’observation par un formateur du stage du participant. Or, pour certains, cet entretien était prévu à la fin de leur stage et ne leur a pas permis de mettre en place les conseils reçu.

Pour l’an prochain, plusieurs pistes pour aider les participants à surmonter leurs difficultés de stage :

  • Veiller à mettre l’entretien individuel consécutif au stage après la troisième séance d’animation.
  • Possibilité pour chaque stagiaire d’appeler un formateur ou le coordinateur par téléphone à un moment prévu. En effet, cette possibilité existait déjà mais nous avons souvent joué « au chat et à la souris » au niveau des horaires.
  • Inviter fermement les participants à envoyer leur préparation de stage et leur auto-analyse dès que celle-ci est réalisée. Ainsi la coordinatrice peut suivre de manière plus serrée les difficultés qui apparaissent.
  • Proposer plus d’échanges liés au stage lors des week-ends de formation, supervisés par un formateur.
  • Proposer à chacun de se filmer lors d’une séance supplémentaire afin de recevoir plus de feed back de l’animation du stage.

Préparations des animations : grande diversité

Les préparations d’animations des participants sont très diverses : certains décrivent les activités et d’autres juste le titre, d’autres les objectifs sans nommer les objectifs spécifiques…

Afin de stimuler les participants à bien savoir où ils vont dans leurs animations, les objectifs généraux, spécifiques et pistes de débriefing devront être notées obligatoirement.

Les apprentissages du Brevet « jeunes »

Compétences et apprentissages du Brevet en gestion positive des conflits avec et entre jeunes

Plusieurs années de pratique nous ont permis de formaliser les apprentissages et les compétences à acquérir du Brevet en gestion positive des conflits avec et entre jeunes.

Cette formation contient plusieurs modules espacés dans le temps, afin de permettre une maturation et une expérimentation des notions et des outils. Elle a pour objectif de développer les aptitudes en gestion de groupe et les attitudes éducatives des participants.

Concrètement, le but est qu’ils parviennent à maîtriser :

  • Des savoirs et des savoir-faire. Des techniques et grilles de lecture visant à favoriser la communication et les relations harmonieuses sont proposées aux participants. Il s’agit également de travailler à une bonne cohésion de groupe, à un cadre sécurisant et favorisant des comportements constructifs.
  • Des savoir-être. Les contenus et méthodes vus et expérimentés en formation sont liés à une posture de respect, d’ouverture, de tolérance et de confiance… Il s’agit de mener une réflexion personnelle et de développer une cohérence entre les « techniques » et la manière dont chacun se comporte, en lien avec un contexte bien défini.

Ces objectifs se déclinent en quatre compétences, présentées ici à l’aide d’exemples concrets.

S’approprier les outils de la gestion de conflits et les appliquer

La gestion de conflits implique notamment de comprendre le phénomène (ce qui se joue dans le conflit, et quelles sont les attitudes appropriées ou pas selon la personne, et le contexte de la situation). Au terme de la formation, les participants doivent par exemple pouvoir analyser une situation de conflit selon une grille permettant d’analyser leur positionnement en conflit ou celui des jeunes en fonction de plusieurs paramètres (importance des objectifs de chacun, nature de la relation, contexte…). C’est ainsi qu’ils peuvent identifier la leur ou les leurs parmi cinq grandes familles d’attitudes (compétition, accommodation, repli, compromis et collaboration) et se rendre compte de leur pertinence en fonction de la situation.

De même, les participants doivent être capables de distinguer les faits des interprétations et des jugements de valeur. Une description factuelle est indiscutable, simplement observable. Les adverbes ou encore les jugements de valeurs peuvent rendre les propos moins clairs, voire risqués jusqu’à enfermer une personne dans une étiquette (exemple : « de toute façon, avec lui, c’est toujours la même chose, il faut qu’il tape ! »). Les participants sont également amenés à s’entrainer à transformer des jugements en faits, voire à aider un enfant à revenir dans une description plus factuelle lors d’un conflit. Par exemple, Lorsqu’un enfant déclare : « Emile fait exprès de m’embêter tout le temps », l’adulte peut interroger l’enfant : que veut dire « tout le temps » ? Que fait-il qui « t’embête » ? Qu’est-ce qui te fait dire qu’il l’a fait exprès ? Une phrase plus factuelle serait « Emile m’a poussé à trois reprises dans la cour de récréation ».

De plus, les apprenants sont formés à reconnaître, analyser ce pour quoi une règle est dysfonctionnelle. Ils peuvent ainsi réécrire ou « corriger » une règle trop longue, peu claire, ayant peu de sens, etc.

Une autre aptitude consiste à être capable de « recadrer » une étiquette, c’est-à-dire à pouvoir transformer un jugement (souvent « négatif », et parfois positif aussi) à l’égard d’une personne en le nuançant, en le « dépassant ». Lorsqu’un éducateur pense que Mélanie est une enfant « difficile », sa pensée va influencer son comportement envers elle et au final susciter des résistances plus fortes chez la jeune fille, ce qui peut conforter sa croyance.

Enfin, et ce sans être exhaustif, les participants sont formés à des techniques de communication, et initiés à la négociation et médiation. Ils apprennent à formuler un « message clair » (assertivité, CNV…), à reformuler le message d’une personne (notamment lorsque ce message est de l’ordre du jugement), à lui répondre en manifestant une écoute « active », à chercher des solutions « gagnant-gagnant »…

Tous ces apprentissages ont pour finalité de fournir un bagage suffisant en gestion de conflits afin de pouvoir « jongler » avec les attitudes, les méthodes, les réactions, les postures, les pistes de solution…

Développer une cohérence dans ses attitudes éducatives

Il s’agit ici de développer les facultés des apprenants, non seulement comprendre et intégrer les contenus et méthodes en gestion de conflits, mais aussi à les appliquer eux-mêmes.

Ainsi, un objectif – parmi d’autres – est que les sanctions posées par l’adulte soient adéquates par rapport à la situation et au comportement de l’enfant. Celles-ci doivent avoir du sens, être « réparatrices » et non être décidées arbitrairement sous l’effet de la colère, par exemple.

De même, les participants au Brevet sont entrainés tout au long de la formation à parler sans émettre de jugement ou de message « risqué » en situation critique (ou du moins à le faire en toute conscience et en mesurant les conséquences), ou encore à identifier et à écouter leurs émotions avant de reconnaître et écouter celles des enfants.

Développer un regard critique sur l’adéquation entre les outils et les situations

De manière générale, les participants sont invités à développer leur capacité à s’adapter et à varier leurs comportements en fonction de leur public et des situations. En effet, en gestion de conflits, souvent, il n’y a pas une « réponse » type qui convient dans toutes les situations, mais plutôt un panel de réponses possibles dont certaines sont plus pertinentes que d’autres à un moment donné. Le fait d’adopter machinalement un type de réponse de manière privilégiée peut d’ailleurs être assez enfermant. C’est un travail d’équilibriste.

C’est ainsi que cette troisième compétence est d’un ordre plus réflexif. Il s’agit de pouvoir évaluer ce qui est adapté ou pas par rapport à des situations problématiques, de porter un regard critique sur les méthodes et les techniques utilisées à un moment bien précis. Cette compétence atteste d’un niveau de maîtrise supérieur de l’appropriation des outils de la gestion de conflits et de l’application de ceux-ci. Elle montre que la personne peut porter un regard réflexif par rapport à sa pratique et ainsi faire preuve d’évolution et de remise en question.

Évaluer ses propres compétences en gestion de conflits

Cette dernière compétence est également d’un ordre réflexif. Elle témoigne d’un niveau de maîtrise supérieur de ses propres attitudes éducatives. Le regard critique est ici posé non pas sur les méthodes et les contenus en gestion de conflit, mais sur ses propres forces et points à améliorer. Il s’agit d’évaluer son propre « chemin ».

Les adultes sont ainsi invités à observer la cohérence entre leurs objectifs et leurs changements. Cette aptitude à visée formative consiste à se remettre en question dans sa posture éducative. Lors de leurs mises en situation, lorsqu’ils appliquent les outils dans leurs contextes ou encore pendant une évaluation formelle, des questions leurs sont proposées. Par exemple :

Quelles sont les compétences utilisées dans ton intervention ? Quels sont les outils / compétences que tu penses moins maîtriser et que tu aurais pu utiliser ici ?

Quelles sont les compétences que tu penses avoir acquises depuis le début ? Reste-t-il des outils avec lesquels tu te sens moins à l’aise  et que tu te verrais travailler plus ?

Au terme du Brevet, les apprenants peuvent donc se situer quant à leur parcours en gestion de conflits avec et entre jeunes. Un parcours qui continue après la formation…

Gérer les conflits… Sans chichis

Le mercredi 21 novembre 2012, l’émission Sans Chichis a consacré son dossier à la gestion de conflits, plus spécifiquement avec les jeunes.

Christelle Lacour, psychologue et formatrice à l’Université de Paix, était l’invitée de cette émission. Aux cotés de Joëlle et d’Adrien, elle a brièvement présenté plusieurs astuces et conseils pratiques permettant d’aborder autrement le conflit au quotidien.

Dans ce cadre, elle a expliqué la technique dite du « SIREP » (prendre un temps pour dire Stop / Se calmer et gérer les émotions, Identifier le problème, Rechercher des solutions, les Évaluer ensemble et Planifier l’action) et mentionné des méthodes pour s’apaiser et canaliser ses tensions, offrir une écoute qui convienne (synchronisation ou désynchronisation non verbale) ou encore exprimer clairement un problème  (distinction entre les faits observables et les jugements…).

Vous pouvez revoir la séquence vidéo sur le site de la RTBF/SansChichis : Sans Chichis – Gestion de conflits avec et entre jeunes

Christelle contribue au fonctionnement de cellules de médiation entre jeunes dans plusieurs écoles secondaires. Pour obtenir davantage d’informations sur ces actions ou approfondir l’une ou l’autre thématique, vous pouvez consulter la page concernant nos actions avec les jeunes, ainsi que les pages relatives à nos formations, pour adultes.