DESC

Assertivité et demande claire : le « DESC »

Le D.E.S.C. (Sharon A. et Gordon H. Bower, Asserting yourself, 1976) est une manière de formuler une demande « assertive ».

Il se décompose en quatre étapes :

  • Description. Cela consiste à expliquer avec des faits concrets et observables (« indiscutables ») une situation ou un comportement problématique. Une description est à distinguer des jugements et interprétations.
  • Expression (émotions). Cette étape implique de faire connaître ses sentiments, ses émotions et éventuellement ses besoins non satisfaits (CNV). Il s’agit ici de ce que vous ressentez (tristesse, colère, nervosité, besoin de sécurité, besoin de calme, etc.).
  • Spécification – Solution. C’est explicitement indiquer ses attentes, éventuellement sous la forme de pistes de solutions. C’est ce que l’on veut voir changer dans la situation, si possible formulé de manière positive. Il s’agit de résolution de problème, si possible orienté vers la recherche d’une solution commune (demande plutôt qu’exigence).
  • Conséquences. Ce moment consiste à exposer les conséquences positives, notamment sur la relation, si les solutions trouvées sont appliquées. Il s’agit d’exprimer et d’anticiper à la fois les conséquences négatives si le problème persistait, et les conséquences positives si celui-ci était résolu.

Voir aussi : Assertivité, affirmation de soi et (contre)manipulation

 

Le témoignage de Françoise Renier

Françoise Renier a suivi le Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes. Elle nous livre aujourd’hui son témoignage.

Qu’est-ce qui vous a plu particulièrement dans ce programme ?

J’ai particulièrement apprécié  d’expérimenter des techniques d’animation, avec un groupe : il y a un monde de différence entre comprendre une animation et la vivre. L’expérience est beaucoup plus complexe, joue sur différents registre, ouvre à sa propre réflexion. Lors de la formation, nous recevions également à la fin de chaque thème un dossier pour aller plus loin, avec de nombreuses références intéressantes, bien choisies. Cela m’a fortement stimulé.

J’ai trouvé aussi que nous étions pris au sérieux comme adultes : par la richesse et la pertinence du contenu proposé et par la dynamique à laquelle nous étions invités. Nous avons joué le jeu à fond.

Que retirez-vous de cette expérience, d’un point de vue tout à fait personnel ?

Personnellement, j’ai beaucoup approfondi ma réflexion, je me suis dotée d’outils, j’ai fait une synthèse de mon expérience  et donc acquis un regard modifié sur la gestion des conflits. Je ne me sens pas du tout « arrivée » comme si la réflexion pouvait être close un jour ou l’autre. Au contraire, la dimension humaine nous invite à toujours être ouverts à écouter un point de vue autre. Mais il y a des tendances, des régularités dans la vie sociale et cet approfondissement m’a permis de diversifier ma manière d’aborder les conflits.

Utilisez-vous vous-même l’un ou l’autre outil de médiation proposé dans votre quotidien ? (Vous sentez-vous plus à l’aise face à la gestion de conflits avec des jeunes, ou dans l’éducation de ceux-ci, etc.)

J’utilise beaucoup la croix de Barry Hart [cf. vidéo des attitudes en conflits] avec les jeunes et le livre de Véronique Guérin « A quoi sert l’autorité » avec les futurs enseignants à qui je donne cours de « phénomènes de société » ainsi que la réflexion sur les règles et les sanctions. Des outils comme le Desc [travaillé en assertivité], plutôt leur « esprit » mais sans me dire formellement que je passe par les différentes étapes…

Voyez-vous une différence de comportements, des changements, chez vous, ou chez les enfants dont vous vous occupez ?

La vie est trop complexe pour isoler l’influence qu’aura eue la formation… Mes enfants ont entre 20 et 8 ans. Tout bouge tout le temps. Je ne me sens en tous cas pas la maman parfaite ni la prof parfaite. Disons qu’il n’y a eu de grande casse et que je me sens outillée par rapport à ce que j’ai à faire.

Auriez-vous une anecdote, un petit récit ou autre à nous partager par rapport à votre expérience ?

Je pense à une anecdote qui m’a marquée lors d’un atelier qui s’appelait « non-violence » où j’utilisais la croix de Barry Hart pour sensibiliser aux différentes stratégies utilisées en cas de conflit.

J’avais un groupe d’une douzaine d’élèves. Parmi eux, les « cas difficiles »  des élèves de 4ème. Entre autre, deux copains qui sont ensemble en classe et en dehors de l’école et semblent très soudés, mais qui dérangent régulièrement les cours et les autres élèves, ne respectent souvent pas les règles, font des coups en douce, par derrière… Les autres les craignent et les profs s’en méfient. Ils sont, à mes yeux, en permanence dans un rapport de force avec les autres. Ils s’étaient inscrits d’eux-mêmes à mon atelier.  Je forme le cercle, présente rapidement les objectifs et leur propose une mise en situation pour démarrer la réflexion. Il me faut deux volontaires qui sortent. Ils se proposent tous les deux. J’accepte que l’un des deux sorte et je choisis comme 2ème un autre du groupe qui s’était également proposé. Le jeu de rôle consistait à former un groupe à l’intérieur du local : ils avaient la consigne de ne pas intégrer les deux autres car leur groupe voulait rester « entre eux », ne pas être dérangé etc. Les deux élèves sortis avaient pour consigne de prendre leur place dans le groupe.  Le ‘jeu’ est devenu rapidement « musclé », ils en sont arrivés aux mains en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Cela restait du jeu mais avec ce qu’ils sont… Et ce qui s’est passé c’est que les deux copains qui appartenaient pour le jeu de rôle aux deux groupes opposés se sont retrouvés les deux luttant le plus violemment l’un contre l’autre et, sans le vouloir, l’un des deux a envoyé une chaise dans l’œil de son copain. Cela ne m’était jamais arrivé ! On a tout de suite pris en charge l’élève blessé et il n’y a pas eu de problème par la suite. Mais il a gardé un œil au beurre noir pendant un bout de temps ! Et surtout ils se sont tous les deux rendus compte qu’ils avaient été pris au-delà ce qu’ils auraient voulu…. En fait cela a été terriblement révélateur alors que le geste n’était absolument pas dans l’intention de faire mal.

Pratiquer l’affirmation de soi

Mieux communiquer en osant s’affirmer – Développer son assertivité

L’affirmation de soi (ou assertivité) consiste à exposer son point de vue, à défendre ses droits, à exprimer ses attentes et ses sentiments. Elle implique aussi la prise en considération des droits, des attentes et des sentiments d’autrui.

Objectifs

  • Clarifier la notion d’assertivité.
  • Prendre conscience de nos différents comportements en situation de communication et se situer par rapport à eux.
  • Prendre conscience des outils permettant une communication assertive :
    • S’exercer à faire une demande en s’affirmant.
    • Apprendre à recevoir la critique.
    • Apprendre à refuser et à maintenir son refus sans agressivité.

Contenu

Travailler à l’affirmation de soi, c’est rechercher une communication dans laquelle les objectifs visés apparaissent clairement. C’est aussi travailler une communication où les sentiments manifestés sont authentiques. Cette expression « congruente » a toutes les chances de provoquer une attitude similaire chez l’interlocuteur, favorisant une meilleure communication, voire une meilleure relation.

Les participants auront l’occasion d’aborder :

  • la définition de l’assertivité
  • les 4 attitudes en situation de communication
  • la distinction faits/jugements/sentiments
  • la clarification des objectifs
  • la méthode du DESC (Décrire – Exprimer – Spécifier – Conséquences)
  • les techniques de protection si je ne veux pas rentrer dans le jeu de l’autre

Référents théoriques (e.a.) : Dominique Chalvin, Marie-Joseph Chalvin, Christophe André, Gordon Bower, Éric Schuler.

Méthodologie

  • Réflexion personnelle
  • Exercices de mise en situation en groupes ou sous groupes
  • Échanges entre participants
  • Apports théoriques

Groupe : de 12 à 18 personnes

Durée : 2 journées de 9h30 à 16h30 (12 heures)

Dates au choix :

  • Les 13 & 20 septembre 2018, avec Lysiane Mottiaux et Claire Struelens – Réf. 1857
  • Les 20 & 21 juin 2019, avec Lysiane Mottiaux et Claire Struelens – Réf. 1958

Lieu : Université de Paix, Boulevard du Nord 4 – 5000 Namur

Prix, syllabus compris :

Formation gratuite pour les professionnels de l’accueil de l’enfance dans le cadre du décret ATL (3-12 ans) – inscription et brochure via l’Office de la Naissance et de l’Enfance – 02 542 13 90.

Pour bénéficier des conditions de l’ONE, il convient de passer par les formulaires d’inscription fournis par cet organisme. Privilégiez le bulletin d’inscription en version PDF téléchargeable, à compléter et renvoyer à l’Université de Paix. Notez bien que l’envoi du formulaire n’équivaut pas à une confirmation d’inscription. Les inscriptions sont reçues dans la limite des places disponibles. En ces de surnombre, une liste d’attente est établie.

Aussi dans le catalogue FORMAPEF : formations 1857 et 1958 gratuites pour les travailleurs salariés des associations qui relèvent des commissions paritaires reprises par l’APEF (cf. conditions préférentielles).

Pour ces sessions et dans ces conditions uniquement, inscriptions : www.apefasbl.org

Toute personne ayant un contrat PTP (programme de transition professionnelle) via le Forem peut suivre gratuitement cette formation.

Inscriptions via le Forem – 0800 93 947

Plus d’infos sur le contrat PTP et qui peut en bénéficier : cliquez ici

Cette formation est agréée à hauteur de 12 heures par la Commission Fédérale de Médiation.

Inscriptions

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