écoute active

Calendrier 2016-2017

Découvrez ci-après le calendrier synthétique des activités (formations, conférences, ateliers…) 2016-2017.

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Agenda des conférences (PDF) > Voir la page des conférences

Dates et thèmes des modules de formation (PDF) > Voir la page des modules

Voir aussi le comparatif des formations longues 2016-2017

Retours de formation à la gestion de conflits en classe

Lorsque je me suis rendu à la présentation des différents modules de l’année, la formation sur la gestion de conflits a, de suite, attiré toute mon attention. Le formateur parlait alors d’approcher, via des exemples concrets, la relation à adopter avec les jeunes en cas de conflits, comment gérer ses émotions, comment se faire respecter ou faire en sorte que les règles soient comprises et appliquées par chacun, etc. Tout cela m’intéressait fortement. Lors de mes stages, j’avais parfois eu quelques soucis pour m’imposer et me faire respecter et, comme je me lançais dans le métier, cela me semblait donc être une formation qui s’imposait pour commencer.

Par Nicolas Waucomont, instituteur.

Je n’ai pas du tout été déçu des 6 séances auxquelles j’ai pris part. J’y ai rencontré d’autres professionnels, d’autres cadres et entendu des témoignages très enrichissants. De plus, ce qui ne gâtait rien, le formateur était vraiment bon. Gestion de conflits, c’était un peu mon petit plaisir du mercredi.

Lors de ce module, nous avons un peu touché à tout : l’écoute, la gestion de conflits, les attitudes à adopter, les règles et sanctions, les petits « trucs et astuces », etc. J’en ressors globalement grandi et équipé de nouveaux outils pour la vie de tous les jours comme pour mon métier d’instituteur.

Notre formateur avait aussi le chic pour nous proposer de petites activités pour nous mettre en situation, faire connaissance ou encore nous démontrer certaines choses : maison des interdits, tape-chaise, on/off, exercices de reformulation, etc. Certaines d’entre elles me seront certainement très utiles, que ce soit à l’école ou avec les jeunes dont je m’occupe chez les scouts.

Parmi les différents outils proposés, certains ont particulièrement retenu mon attention. C’est ce que je conserve dans un coin de ma tête, à disposition et prêts à l’emploi. En voici quelques exemples.

Lors d’une des deux premières séances, notre formateur nous a donné un petit « truc » en cas de conflit : « les 5 crocodiles ». Cela consiste simplement à compter dans sa tête jusqu’à 5 crocodiles avant de répondre à quelqu’un lors d’un conflit. Cela donne plus d’impact à notre réponse, plutôt que d’être dans la réactivité. J’essaye depuis lors de l’appliquer, même si je reconnais que j’ai encore trop souvent tendance à répondre trop vite.

Dès la première séance, on nous a proposé un cadre de vie régi par 5 règles : Stop, Message Je, Droit à la parole, Confidentialité et Évaluation permanente. Tout au long des 6 séances, ces règles ont été respectées et ont, à plusieurs reprises, prouvé leur utilité. Je compte bien faire miennes ces différentes règles quand j’aurais une classe bien à moi, ce qui n’est pas encore le cas pour le moment.

La « spirale » de la violence nous explique d’où nait l’acte violent. Nous en avons vu les différentes étapes ainsi que les différentes manières d’arrêter le cycle en mouvement, que ce soit en assouvissant les besoins, en adoptant une attitude d’écoute ou en appelant aux règles et sanctions. J’ai trouvé un petit moyen mnémotechnique pour me souvenir de ceci. Je pense simplement à la pub Snickers, qui, je trouve, illustre bien ce schéma !

Je connaissais déjà la Météo, ce petit rituel qui consiste à demander aux élèves comment ils se sentent, car nous l’appliquions de temps en temps à St-Roch. Néanmoins, la formation m’a permis de voir quels sont les différents intérêts de la manœuvre (prendre la température, repérer les menaces, permettre à chacun de s’exprimer et de se décentrer, etc.)

La formation m’a aussi ouvert les yeux sur les différents messages « risqués » : la solution, la diversion et le jugement. Il s’agit de faire attention à ce que l’on dit afin de ne pas brusquer l’autre. Puisqu’il faut au moins 15 minutes pour que l’émotion retombe, l’écoute active est souvent une bonne solution. De même, les jugements font parfois du bien, mais il faut faire attention. Les mots « toujours », « jamais » ou « trop », par exemple, sont à éviter lorsque l’autre est trop dans l’émotion. On préférera reformuler ce qu’a dit l’enfant et faire une hypothèse sur son état émotionnel, tout en prenant des précautions si on se trompe : « Donc, si je comprends bien, on t’a fait ça et tu te sens ainsi ? C’est bien ça ?». Je me suis d’ailleurs surpris à réutiliser cette tournure de phrase à plusieurs reprises, avec des enfants comme avec des amis.

Je garde aussi en tête les 6 C, c’est-à-dire les 6 « trucs » pour une bonne règle : celle-ci doit être Connue, Claire, Comprise, Constante (pas de favoritisme), Congruente (pareille avec tous les adultes) et Conséquente. Une bonne sanction doit avoir du sens, être en lien avec l’acte et, si possible, réparer les dommages causés. Elle doit provoquer suffisamment d’inconfort et rester situationnelle. Il faut aussi dissocier l’acte et la personne, même si ce n’est pas toujours facile, et surtout la sanction doit être suivie de communication.

Nous avons aussi abordé l’influence du non-verbal sur les réactions des autres, mais aussi pour décrypter l’état d’esprit de l’autre. Ainsi, les mouvements vers le haut sont associés à la joie et, à l’inverse, ceux vers le bas le sont à la tristesse. Il est aussi intéressant d’employer un certain mimétisme non-verbal, afin de faciliter le contact avec l’autre, pour qu’il s’identifie à nous.

J’ai eu l’occasion de mettre en application la méthode de résolution de conflits du SIREP, qui s’est très bien déroulée. Il s’agit d’un bon exemple de ce que je n’aurais pas su faire si je n’avais pas suivi la formation, car j’ai pu appliquer plusieurs notions. A l’école d’Andrimont, deux enfants se disputaient et en étaient venus aux mains dans la cour de récréation. Après les avoir séparés, j’ai rapidement été rechercher la fiche donnée en formation (deux jours auparavant !) pour suivre les différentes étapes. J’ai commencé par les calmer avec un petit exercice de respiration. Chacun à leur tour, les deux enfants concernés ont décrit les faits puis se sont exprimés concernant leurs sentiments et leur ressenti, puis leurs besoins. Lors de ces étapes, j’ai aussi appliqué la reformulation en suivant les conseils dont j’ai déjà parlé un peu plus haut.

A la base, les enfants avaient commencé la dispute parce qu’ils avaient des règles différentes concernant un jeu et l’étendue de la surface pour jouer. Nous sommes passés à la phase de recherche de solutions, pour laquelle j’ai bien spécifié qu’ils avaient carte blanche et qu’il n’y aurait pas de censure. Les enfants ont été très surpris que je leur demande à eux de choisir comment régler le problème. Un peu timides au départ, ils ont pourtant trouvé quelques solutions, comme délimiter le terrain à la craie, ou rédiger un référent pour ce jeu, qui serait affiché dans la cour, afin de s’y référer si quelqu’un contestait une règle.

Nous avons évalué les différentes propositions et opté ensemble pour l’une d’entre elles qui, en plus, était en accord avec la sanction habituelle de l’école en cas de bagarre (c’est-à-dire passer la récréation suivante à l’intérieur avec un travail). Ainsi, à la récréation suivante, les deux enfants ont travaillé ensemble pour rédiger les différentes règles de leur jeu, qui sont désormais affichées dans la cour.

Pendant tout le processus et par la suite, j’ai pu constater que la dispute entre les deux enfants s’était calmée assez vite. Ils ont collaboré sans protester alors qu’il s’agissait de deux enfants qui avaient très peu d’atomes crochus. En vue du résultat, je pense que la méthode SIREP a vraiment bien marché et je n’hésiterai pas à la réutiliser à l’avenir.

La grosse difficulté avec l’application de tous ces outils dans la vie de tous les jours, c’est encore ma situation actuelle. N’étant diplômé que depuis juin, je n’ai pas de classe à moi et n’ai fait que des intérims plus ou moins longs. Je donne actuellement religion à 8 classes différentes par semaine, et ce n’est donc pas tous les jours que je peux appliquer tout ce que le module de gestion de conflits m’a apporté. Cependant, je conserve le tout dans un coin de ma tête, prêt à utiliser mes nouveaux acquis dans de nouvelles situations. J’ai déjà eu l’occasion de les utiliser à quelques reprises et je suis, jusqu’à présent, très satisfait des résultats.

Gérer les affects en organisation

Il est de plus en plus admis que le bon fonctionnement d’une organisation ne se limite pas à ses objectifs et stratégies explicites. La dimension relationnelle est épinglée comme capitale, tant par les acteurs de terrain que par plusieurs auteurs (question des relations de pouvoir chez Crozier et Friedberg, pour ne citer qu’eux). Dans ce cadre, plusieurs aptitudes peuvent être utiles au manager pour dénouer les conflits et résoudre les dysfonctionnements au sein d’une équipe.

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Nous évoquons ici les qualités relatives à l’écoute (active). Elles reposent sur une logique simple : apaiser les tensions. Ce n’est pas (encore) le moment de se pencher sur les causes ou les solutions d’un problème. C’est un préalable nécessaire avant d’envisager une quelconque intervention plus en profondeur.

Le dirigeant a un rôle important à jouer dans la canalisation des émotions. C’est une capacité indispensable, tant pour lui que vis-à-vis de ses collaborateurs : veiller à préserver un certain calme, une certaine sérénité, une certaine sécurité. Il est le garant du climat de travail. C’est dans ce cadre que l’écoute est un outil fondamental.

Admettons qu’une personne entre dans votre bureau, en pleurs ou presque. Appelons-là Marie (mais cela aurait tout aussi bien pu être Paul). Son message est clair : elle en a marre du projet dont elle est responsable, elle l’abandonne. Que faites-vous ? Vous pourriez lui répondre que vous avez besoin d’elle, qu’elle est votre meilleure employée. Vous pourriez lui suggérer de prendre des congés. De manière un peu moins bienveillante, vous pourriez dire que ce n’est pas sérieux, que sa réaction est disproportionnée. Une autre façon de réagir consisterait à ironiser, tâcher de faire de l’humour. Toutes ces réactions (émettre des jugements – même connotés positivement -, proposer des solutions ou conseiller et éluder le problème) sont louables, mais peuvent être inappropriées si l’émotion est élevée et que la personne a avant tout besoin d’écoute.

L’idée est de pouvoir distinguer clairement ces attitudes et d’évaluer quand celles-ci sont appropriées ou non, en fonction des contextes et des personnes, sachant que même un individu très orienté « solutions » peut avoir besoin à un moment donné d’être entendu avant de pouvoir passer à un travail plus proactif.

Cette écoute, vous pouvez la fournir de plusieurs manières différentes. D’abord, vous-même, en gardant votre calme. Une voix et des gestes posés et bienveillants sont une première façon de montrer votre disponibilité. Invitez la personne à s’asseoir : encore un moyen de lui témoigner une volonté implicite de l’écouter dans les meilleures conditions (et d’accorder vos postures non verbales). Créez un cadre propice, quitte à ce que la personne doive prendre sur elle et réagisse mal dans un premier temps : on ne se calme pas à crier dans un couloir entre deux bureaux. Rien que cette dimension d’accueil est fondamentale (comme nous l’apprend la médiation). Si vous n’êtes pas disponible pour écouter, mieux vaut le signifier honnêtement que de mettre la personne (ainsi que vous-même) dans de mauvaises conditions. Postposer une discussion peut d’ailleurs être un moyen de laisser les tensions s’apaiser (cf. cet article sur les attitudes en situation conflictuelle : les attitudes ne sont pas bonnes ou mauvaises en soi, mais adaptées ou non en fonction des situations. Voir aussi K. L. THOMAS & R.H. KILMAN, The Thomas – Kilmann conflict model instrument).

Si la situation n’est pas suffisamment claire, invitez la personne à s’exprimer davantage par une question très ouverte. N’assaillez pas la personne de demandes et tâchez d’être très attentif à l’essentiel de son message. Vos interventions, verbales ou non, consistent surtout dans ce premier temps à montrer que vous entendez ce qui est dit, et même au-delà des mots qui sont dits. Dans le cas présenté ici, une première réponse pourrait être de ce type : « vous êtes triste / exaspérée / découragée / … parce que vous ne vous en sortez plus avec le projet, c’est donc ça ? ». Il importe de formuler cette phrase comme une hypothèse, et non comme un diagnostic que vous apposeriez sur la personne, ce qui pourrait alors être perçu comme un jugement. Ce type de phrase (qui peut être implicite, dans le non-dit) montre que vous avez entendu d’une part l’émotion (éventuellement en vous basant sur le non-verbal de la personne) et d’autre part l’essentiel du message de Marie. Dans plusieurs cas de figure, ces étapes suffisent à faire baisser la tension émotionnelle de plusieurs crans. En résumé : permettre à l’émotion de s’exprimer et lui montrer qu’elle est entendue.

Vous l’avez compris : une réflexion de fond sur vos compétences relationnelles en cas de conflit est très importante. Ces pistes sont d’autant plus pertinentes (mais aussi plus difficiles à appliquer) lorsque le manager est lui-même partie prenante d’un conflit : êtes-vous au clair avec vos propres émotions ? Arrivez-vous à les écouter suffisamment pour ensuite les canaliser et les formuler en préservant une certaine sérénité ?