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Périodique trimestriel

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Des outils de prévention face au harcèlement scolaire

Dans le cadre de mon travail de fin d’études et de mon futur métier d’institutrice primaire, je me suis penchée sur la question de la prévention du harcèlement scolaire. Après une semaine de stage à l’Université de Paix, certains éléments me sont apparus essentiels à mettre en place en classe et certaines notions importantes à connaître.

Par Marie Verniers.

La pyramide de prévention

La première notion qui me paraît importante à définir à la suite de ce stage est la notion de la prévention. Pour mieux la comprendre, il faut se pencher sur la pyramide de prévention établie par Joan Deklerck.

Travailler le relationnel à l’école : au-delà des mesures « curatives »

Afin de prévenir efficacement le harcèlement, il faut partir de la base et faire de la prévention dite « indirecte » en travaillant sur le bien-être, en organisant le temps scolaire et en posant un cadre de vie et une cohésion de groupe. Ensuite, nous retrouvons la prévention directe, qui travaille sur le bien-être avec un focus sur l’empathie, les émotions, l’estime de soi… ainsi que sur la sensibilisation au harcèlement. Enfin, la résolution de problèmes correspond elle aussi à un niveau de prévention indirecte. A ce niveau-là, il est déjà trop tard pour faire de la prévention, car il s’agit de régler ce qui est déjà présent. Malheureusement, souvent, les personnes décident d’intervenir en urgence lorsqu’une situation de harcèlement est déjà présente et bien installée. Il est donc important de travailler cette pyramide en ne négligeant pas les niveaux inférieurs.

Les jeux coopératifs

Ceux-ci constituent un deuxième point important, car ils permettent d’établir la confiance au sein d’une classe. Il y a plusieurs étapes nécessaires aux jeux de coopération : je m’exprime, j’écoute, je prends ma place, j’ai des qualités, je vis la confiance et je vis la coopération. J’ai pu suivre une journée de formation sur les jeux de coopération.

Voici un exemple d’activité pour vivre le « j’ai des qualités ». Chacun réfléchit à une situation où il a été fier de lui. Ensuite, il se choisit deux qualités pour cette situation à l’aide d’une série de mots. On place les élèves deux par deux afin qu’ils se racontent leur situation. Le binôme choisit alors deux qualités par rapport à cette situation et compare avec l’autre pour voir s’ils ont choisi les mêmes. Cela permet de prendre conscience de ses qualités (celles que je me reconnais, mais aussi celles que les autres perçoivent de moi).

Au vu de ces jeux coopératifs, je pense les réutiliser et mener une activité de chaque type. J’ai déjà eu l’occasion de mener l’activité décrite en deuxième primaire. Les élèves ont tout de suite été captivés par l’activité. Ils étaient fiers de pouvoir expliquer une de leurs qualités à travers une situation réelle. Pour certains, il a été nécessaire de le guider en leur posant des questions. J’ai par exemple demandé : « As-tu déjà aidé les autres ? As-tu déjà surmonté une de tes peurs ? »

Les émotions

Illustrations extraites de « la couleur des émotions »

Grâce à la formation « Graines de médiateurs » et mon observation sur le terrain, je me suis rendu compte que les émotions sont importantes et fort présentes autour de nous et des enfants.

Une activité qui est proposée est la « météo des émotions ». Il s’agit à chacun d’exprimer son émotion du jour. On peut le faire à l’aide de gestes, d’images, ou de cubes de couleur. Pour les gestes, par exemple, je trouve que cela est plus facile pour des petits, car ils ne doivent pas nommer leur émotion à l’aide des mots : peur, joie, tristesse et colère. Ils doivent simplement montrer s’ils se sentent bien (bras en l’air), bien mais un peu fatigués (mains sur les épaules), un peu stressés/quelque chose ne va pas (mains sur le ventre) ou si ça ne va pas du tout (mains sur les pieds).

Cela se déroule les yeux fermés afin de ressentir au plus profond de nous comment on se sent. Ensuite on ouvre les yeux et on regarde comment se sentent les autres. Il est alors intéressant d’interroger ceux qui ne vont pas bien sur le « pourquoi ». Ceux qui veulent peuvent alors expliquer pourquoi ils se sentent comme ça. Ce genre d’activité permet aux enfants de prendre conscience de leurs propres émotions, mais aussi de celles des autres et d’éprouver de l’empathie.

J’ai déjà pu tester la météo des émotions à l’aide des gestes. Les élèves avaient plus de facilités à faire les gestes plutôt que mettre des mots. Effectivement, pour certains, c’était difficile d’exprimer à l’aide d’une émotion. Je n’ai pas hésité à demander, à ceux qui voulaient, d’expliquer leur émotion.

J’ai également changé la façon de faire en leur proposant de « déposer » leur(s) émotion(s). Il s’agit de la même chose que les cubes de couleurs, sauf qu’ici, j’ai utilisé des bouteilles à remplir de morceaux de laine de couleurs. Au début de journée, les élèves déposent la couleur de leur(s) émotion(s) dans la bouteille correspondante. Cela me permet, ainsi qu’aux élèves, de voir la météo générale de la classe. Avec cela, je peux adapter ma façon de donner cours pendant la journée en privilégiant, par exemple, des activités de rupture s’ils sont forts en colère.

Illustrations extraites de « la couleur des émotions »

Mon avis

Cette semaine de stage, m’a permis de découvrir toutes les facettes du harcèlement et de sa prévention. Je repars surtout avec des expériences enrichissantes à réutiliser en classe. Cette semaine, m’a également donné l’envie d’approfondir mes connaissances et mes expériences.

En réutilisant déjà certaines activités, je me suis rendu compte que les élèves étaient forts impliqués et ouverts à toutes ces propositions. Je suis d’ailleurs déçue de ne pas avoir pu suivre plus de jours de formation. Je n’hésiterais donc pas à m’inscrire, plus tard, à une formation complète et à en parler à mes futurs collègues afin de, pourquoi pas, avoir un projet contre le harcèlement dans l’école !

Accro aux écrans

Je rencontre régulièrement des parents inquiets à propos de l’addiction de leurs enfants aux nouveaux médias. La question des addictions semble être une perspective privilégiée pour parler des pratiques des jeunes sur les nouveaux médias… Quelle est l’ampleur du phénomène ? Comment l’expliquer et le prévenir ?

Par Julien Lecomte (initialement publié dans le magazine de la COJ)

Le sujet des addictions aux nouveaux médias ou aux jeux vidéo (qui rendent « violents ») chez les jeunes est presque une ritournelle.

Certes, plusieurs pratiques peuvent interroger notre « consommation » des écrans. Spécialiste des médias à la RTBF, Alain Gerlache épinglait notamment le « binge watching », « cette pratique qui consiste à enfiler les épisodes [d’une série, par exemple] les uns après les autres jusqu’à plus soif. L’expression vient d’ailleurs du binge drinking, cette habitude qu’ont beaucoup de britanniques de boire sans limite le samedi soir. En français, on traduit parfois binge watching par « visionnage en rafale » ou « compulsif » ou même « gavage télévisuel ». ».

Ces pratiques peuvent-elles pour autant être assimilées à une utilisation compulsive de produits stupéfiants ? Ces usages nuisent-ils à la santé ou à l’épanouissement de l’individu ? L’empêchent-ils de pratiquer d’autres passe-temps, de socialiser ou autre ? N’avons-nous pas tous des « dépendances » à différents niveaux, plus ou moins problématiques ? Ce sont des questions de ce type qui font que l’on va parler d’usages « excessifs » ou non.

Or, selon la recherche « CLICK », intitulée « Les usages compulsifs d’Internet et des jeux vidéo », les usages excessifs d’Internet représentent 1,2 % des adolescents. On est loin des ados « tous accros », même si cela ne remet pas en cause la place importante des nouvelles technologies dans leur quotidien.

Pourquoi on est addict

Sur base de sa lecture du livre Hooked: How to Build Habit-Forming Products, le vidéaste Autodisciple explique comment les réseaux sociaux en ligne sont conçus pour que nous y passions un maximum de temps.

Selon lui, il y a quatre étapes de la web-addiction. Premièrement, les réseaux sociaux répondent à des petites frustrations du quotidien, comme des moments d’ennui, de solitude ou de stress. Ils les résolvent en surface en offrant une promesse de divertissement et de socialisation. Deuxièmement, les réseaux sociaux en ligne proposent une action minimale. Toutes les actions sont simplifiées au maximum, l’utilisation est rapide et facile. Cela se passe dans la réactivité, il n’y a pas besoin de chercher. Troisièmement, les réseaux sociaux offrent une récompense variable et aléatoire. Les notifications correspondent en quelque sorte à des « promesses » de plaisir. Exceptionnellement, elles offrent de la satisfaction (sous forme de reconnaissance sociale), mais la promesse de satisfaction, elle, est « éternelle » : à tout moment, je pourrais ressentir du plaisir. Enfin, quatrièmement, les réseaux sociaux sont conçus pour amener un investissement progressif et maximal : un plus petit investissement amène un plus grand investissement. Dès l’inscription sur un réseau social et avant même de profiter de ses fonctionnalités, on investit du temps, on crée un profil, etc.

Sur ces constats, le vidéaste propose quelques règles qu’il se donne à lui-même pour être plus indépendant à l’égard des réseaux sociaux, notamment le fait de réaliser d’abord ce qui le met en projet avant de réagir sur le web (créativité) ou encore de faire des listes des choses pour lesquelles il ressent le besoin d’utiliser Internet afin de toutes les faire en même temps et ne pas se laisser « distraire » en cours de route.

Les substances seules ne rendent pas dépendants

Bref, les nouvelles technologies, les réseaux sociaux en ligne ou encore les applications et les jeux vidéo sont conçus pour que nous y passions un maximum de temps. Intrinsèquement, ces produits rendraient dépendants, comme des drogues « dures ».

Toutefois, dans une conférence intitulée Everything you think you know about addiction is wrong, le journaliste et écrivain Johann Hari défend la thèse que la dépendance physique aux drogues est une idée reçue. Il argumente : tout d’abord, les gens qui reçoivent de la morphine après un accident pendant vingt jours devraient devenir accros, or ils ne le deviennent pas, alors qu’il s’agit d’héroïne. Il raconte ensuite l’expérience du Professeur Alexander : les rats qui ont une vie sociale heureuse et connectée ne consomment quasiment pas l’eau droguée qui leur est proposée, tandis que ceux qui sont isolés ne consomment que celle-là et meurent d’overdose. Il fait la parallèle avec les survivants de la guerre du Vietnam : 95% de ceux qui prenaient des drogues durant la guerre du Vietnam et qui ont eu un suivi psychiatrique ont simplement arrêté, sans aller en cure de désintoxication.

De ces constats, il retire une hypothèse : c’est le manque d’un lien social de qualité qui est à l’origine de l’« attachement » à d’autres choses. Pour lui, ce n’est pas tant parce que les produits sont intrinsèquement addictifs que parce qu’ils se substituent à un manque de relations épanouissantes.

Pascal Minotte, psychologue et chercheur au Centre de Référence en Santé Mentale (CRéSaM), ajoute : « L’usage excessif des écrans est une « stratégie » – consciente ou non – pour échapper à une souffrance en exprimant certaines dimensions importantes de soi (par exemple, un besoin de contact, un besoin d’être reconnu via jeu vidéo en équipe, etc.) ».

Pour Johann Hari, il est donc totalement contreproductif d’isoler les drogués, de les punir ou encore de les faire culpabiliser. Selon lui, la réponse aux addictions est la connexion : il s’agit de faire du lien « qualitatif », en profondeur. C’est d’autant plus interpellant si l’on se dit que pour des jeunes « accros » aux jeux vidéo en ligne, il s’agit parfois d’une des rares sphères de socialisation satisfaisante qu’il leur reste…

Formations 2016-2017

Dates et modalités du Brevet « Jeunes » (PDF) > Voir la page du Brevet Jeunes

Dates et modalités du Certificat « Interpersonnel » (PDF) > Voir la page du Certificat Interpersonnel

Agenda des conférences (PDF) > Voir la page des conférences

Dates et thèmes des modules de formation (PDF) > Voir la page des modules

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Voir aussi le comparatif des formations longues 2016-2017

7 étapes pour développer la coopération

Les activités de coopération permettent d’entrer en relation avec les autres, dans un climat de confiance et de respect mutuel. Elles visent à développer des compétences et des attitudes qui favorisent, entre autres, la confiance, le dialogue, la communication. En ce sens, il s’agit d’un pilier de l’éducation à la citoyenneté.

Pour expérimenter et apprendre l’esprit de coopération et d’entraide, il est nécessaire de passer par différentes étapes qui se succèdent selon un ordre progressif.

Au nombre de sept, ces étapes s’intitulent :

  1. « Être accueilli », se sentir bien, en sécurité dans le groupe

Cette étape correspond aux activités de présentation de soi et d’accueil des autres dans le groupe.

  1. « S’exprimer »

Lors de cette étape, il est question de développer l’expression de chacun : quelles sont les choses que j’aime ou n’aime pas ? Quels sentiments me procurent telle situation ? C’est une occasion également de trouver du commun entre les membres.

  1. « Reconnaître ses qualités » et celles de l’autre

Cette étape permet de favoriser une image positive des membres du groupe : de quoi suis-je fier/fière ? Quelles qualités essentielles les autres perçoivent-ils chez moi ?

  1. « Prendre sa place » et reconnaître celle de l’autre

Dans ce moment, chacun évalue comment s’insérer et prendre une place dans le groupe tout en laissant la place aux autres. Des rôles peuvent être distribués, échangés, testés…

  1. « Écouter », mettre à profit tous mes sens, apprendre à écouter l’autre pleinement

Le développement des capacités d’écoute fait partie des préalables à la coopération et à la confiance mutuelle. Si chacun a l’occasion de s’exprimer et d’être écouté (et donc d’écouter les autres par corollaire), la dynamique de groupe est plus constructive.

  1. « Développer la confiance » en soi, en l’autre

Des activités spécifiques pour tester et renforcer la confiance mutuelle sont proposées ici. Ici, les participants peuvent se dire qu’ils peuvent compter les uns sur les autres, dans le respect.

  1. « Coopérer », construire ensemble

A cette étape, les participants peuvent dès lors vivre des activités complexes de coopération. La dynamique coopérative se conforte notamment lorsque le groupe expérimente une réalisation collective, par exemple à travers un défi.

Selon le niveau de sécurité émotionnel du groupe, une étape peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. En effet, si je ne me sens pas en sécurité avec mes compagnes et compagnons, il me sera difficile de m’exprimer et d’écouter. En tant que formateur, animateur, éducateur, il est nécessaire de voir et de sentir l’opportunité du changement d’étape et d’activités. Certains formateurs peuvent également décider d’intervertir l’une ou l’autre étape (par exemple, l’écoute avant le fait de prendre sa place), ou encore de « retravailler » une étape passée de temps à autres…

Selfies, réseaux sociaux et estime de soi

Le troisième numéro du fanzine trimestriel de la Confédération des Organisations de Jeunesse indépendantes et pluralistes vient de sortir. A cette occasion, vous pouvez découvrir deux articles pour mieux comprendre les relations sur le web

Désigné « mot de l’année » par le dictionnaire Oxford, le « selfie » est un autoportrait réalisé à l’aide d’un appareil photo. Cette pratique semble de plus en plus répandue : est-ce le signe d’une société de plus en plus narcissique, focalisée sur l’image ?

Avant tout chose, il faut relativiser l’ampleur du phénomène. Une des raisons les plus probables de ce « selfie boom » est simplement la possibilité technique de le faire. La photographie numérique n’est pas la même chose que la photographie argentique, où chaque photo « ratée » était perdue. Ici, on peut se permettre de ne pas cadrer correctement, de recommencer encore et encore : on ne « gâche » pas de la pellicule pour autant… L’essor du selfie est lié à la démultiplication des tablettes, smartphones et autres objets connectés.

En tant que « nouvel » usage technologique, le selfie a d’abord été pratiqué par les jeunes, puis par certains « influenceurs », comme Facebook notamment. Aujourd’hui, on peut se demander si cela ne risque pas de devenir « old-school » maintenant que les adultes trouvent ça « cool » d’en faire aussi… S’il y a beaucoup d’émulation sociale autour de ce phénomène, il se pourrait aussi que ce soit en partie une mode.

Par rapport à la question qui nous occupe, certaines études semblent montrer des corrélations entre un usage intense des selfies et une propension au narcissisme. Toutefois, la chercheuse danah boyd constate que les selfies ne sont pas que des actes narcissiques. Est-ce qu’un autoportrait devant un monument est la même chose qu’un selfie dans le miroir de sa salle de bains ? Une fonction de la photo peut être d’immortaliser un moment, de dire « j’y étais ». Ce type de cliché servirait d’abord à mettre en valeur un contexte, et non la personne en tant que telle.

Le baume du « like »

D’un autre coté, danah boyd constate dans ses recherches que les « likes » font du bien aux jeunes et que la quête de l’attention est fort présente dans leur construction identitaire. L’image de soi (celle que l’on donne, et celle que les autres nous renvoient) occupe donc une place prépondérante sur le web.

Différents réseaux sociaux illustrent comment cette image peut être « travaillée », mise en scène. Par exemple, Google+ propose de lister vos « plus belles réussites ». Facebook invite quant à lui à renseigner vos « événements marquants » dans sa timeline, ou à « choisir une image unique » en guise de photo de couverture. Des sites qui se revendiquent de l’éducation aux médias abondent dans cette direction, lorsqu’ils soulignent l’importance de faire très attention à votre « e-reputation », votre réputation en ligne. A ce sujet, certains analystes parlent de « personal branding » pour désigner le fait que des individus ont recours à des pratiques similaires à celles du marketing pour se mettre en valeur, créer une sorte de « vitrine de soi ».

Les plus alarmistes déplorent dès lors le risque d’un modèle du web comme « lieu du paraître », où l’erreur, par exemple, ne serait plus permise et nous poursuivrait toute notre vie.

Les likes et les partages deviendraient les unités de mesure de la valeur des personnes.

Dans cet ordre d’idées, pour Thomas De Long, « Facebook crée une culture de compétition et de comparaison ». Concrètement, les personnes partagent plus volontiers des informations comme « j’ai eu une promotion » ou « regardez ma nouvelle voiture » que leurs échecs, et encore moins les banalités du quotidien. Selon lui, cela contribuerait à nous rendre malheureux en augmentant nos standards de succès.

Plus loin encore, un individu peut avoir la sensation non seulement que les autres ont une meilleure vie que lui (parce qu’il est confronté à une réalité « épurée »), mais en plus que l’image qu’il renvoie de lui-même n’est pas conforme à qui il est vraiment. En effet, il existe parfois un écart entre la vitrine « idéale » qu’une personne affiche à l’extérieur et l’image qu’elle a d’elle-même.

Tout cela mérite d’être nuancé. Certains refusent d’être sur Facebook, ne pratiquent pas régulièrement le selfie ou encore disent ne pas se tracasser de l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes. Il est profondément réducteur de dire qu’une société dans son ensemble est plus ou moins égocentrique. Dans les discours, par ailleurs, les personnes peuvent prendre beaucoup de distance critique avec leurs propres pratiques, soulignant la conscience qu’ils ont de « porter un masque » et de « jouer le jeu ». Toujours est-il que ces réflexions peuvent être mises en lien avec un travail relatif à la connaissance de soi, aux croyances qu’un individu porte sur lui-même et sur les autres, à la confiance qu’il a en lui et dans les autres, ou encore aux réussites et aux échecs qu’il s’autorise et se reconnait. C’est-à-dire, en somme, sur l’estime de soi.

Estime de soi avec les adolescents

Où Alex tente d’écrire un article sur l’estime de soi des adolescents…

Qu’est-ce que l’estime de soi ? En quoi est-elle importante pour notre qualité de vie  ? Dans notre relation avec les ados  ?

Développer l'estime de soi des adolescents

Ça y est, j’y suis en plein… Je veux dire dans la thématique de l’estime de soi (en général). Celle de nos ados, nous allons y venir dans quelques lignes.

Écrire un article –et ce pourrait être n’importe quel texte, rédaction, dissertation, résumé, future élocution ou allocution publique– suscite chez moi une double angoisse : celle de la page blanche et du regard de l’autre.

Quel lien avec l’estime de soi me direz-vous ? Qui plus est avec celle des ados ? Justement, il n’y a pas un lien, mais des liens ! Explications.

Cet article, cela fait un certain temps (ou un temps certain) que je me suis engagé à l’écrire. De fait, je vous l’avoue (mais ne le dites pas à Christine, notre Chargée de relations publiques), je procrastine. Que signifie ce drôle de mot ? La procrastination, c’est « la tendance à différer, à remettre au lendemain une décision ou l’exécution de quelque chose », c’est le fait de remettre quelque chose au lendemain.

Premier lien

La procrastination et l’estime de soi, c’est lié. Avec l’adolescence aussi d’ailleurs. « Suis-je capable d’écrire cet article ? Tellement de gens savants en ont rédigé d’autres avant moi, ne pourrais-je me limiter à renseigner quelques articles ou livres sur la question ? Que vont penser les lecteurs de cette feuille de chou ? A quelle sauce vais-je être évalué ? Et si le retour est négatif, qu’en sera-t-il de mon image ? ». Comme la nomme Marijke Bisschop dans son ouvrage « Ado ! As-tu confiance en toi ? », je suis en train de faire parler Néga. La voix d’un dialogue intérieur négatif, la voix de mes peurs, une voix qui risque d’être limitante et de repousser au plus loin le passage à l’action. Ce phénomène se produit chez les adultes comme chez les ados. Peut-être avec plus d’intensité chez les ados. Cela peut mener à procrastiner donc à ne pas agir, à ne pas oser se confronter à de nouvelles expériences, à de nouveaux savoirs. Et, au plus souvent cela se produira au plus l’estime de soi pourra en souffrir. Je peux m’en vouloir, me dévaloriser, me juger incapable et j’en passe. Le remède : passer à l’action, avancer petits pas par petits pas pour augmenter sa confiance en soi, se féliciter (ou être félicité par des proches) et… laisser parler une autre petite voix intérieure : Posi. Celle-ci encourage, soutient les efforts, la confiance en soi, la conviction que « je peux le faire ».

Par exemple, ce que je pourrais me dire pour cesser de reporter la rédaction de cet article serait : « j’ai tout de même étudié quelque peu la question, j’ai des outils et des expériences dans ce domaine que je pourrais partager avec les lecteurs, ce n’est pas la première fois que je suis amené à rédiger un article ou un texte de ce genre, etc. ». C’est une petite voix qui nous poussera toujours vers là où nous voulons aller. C’est une petite voix qui peut aider à faire grandir la confiance en soi. Imaginez-vous à 12, 14 ou 16 ans. Le cadre : l’école. Pour dans 1 mois, 2 mois ou 15 jours, vous êtes tenus de : (au choix) rédiger un début de roman de science-fiction de 5 pages, prononcer un discours devant toute la classe pendant au moins 3 minutes, mener un débat sur le nucléaire, interpréter une scène de Roméo et Juliette, etc. Qu’en disent Néga et Posi ?

Deuxième lien

Cette activité de rédaction met en jeu plusieurs composantes de l’estime de soi. La confiance en soi : puis-je forger dans mon esprit une prédiction réaliste et ponctuelle quant au fait que je possède les ressources nécessaires pour réaliser cette tâche ? Si oui, alors j’ai confiance en moi. Je vivrais dès lors suffisamment de sécurité intérieure pour me lancer dans cette aventure rédactionnelle. Si je parviens au bout de cette tâche, je vivrais peut-être un sentiment de réussite : « ça y est, je l’ai fait ! ». Et si le retour des lecteurs valide mes choix rédactionnels, je me sentirais compétent pour ce type de tâche. Et je vivrais en toute conscience, la satisfaction de me connaître, sinon de m’être découvert un peu plus qu’hier. Tout est lié. Ainsi l’estime de soi se développe autour de 4 composantes :

  • la confiance en soi (sentiment de sécurité),
  • la connaissance de soi (ou image de soi),
  • le sentiment d’appartenance
  • et le sentiment de compétence.

C’est en développant ces 4 éléments qu’un jour peut-être l’on peut parvenir au SACRE de l’estime de soi :

  • Sécurité
  • Appartenance
  • Connaissance de soi
  • Reussite

C’est dit, ce n’est pas pour autant que c’est simple. Particulièrement, à l’adolescence. Développer de la confiance en soi lorsque l’on vit une période de changements importants, c’est loin d’être gagné d’avance. L’adolescence est un âge bousculé par les transformations du corps (croissance, bouleversements hormonaux et sexuels), devenir pubère, capable de donner la vie, ce n’est pas rien ! D’autre part, l’adolescence, c’est aussi la capacité de réfléchir sur des concepts abstraits et dès lors, de voir la vie et les autres différemment. C’est encore des changements dans l’environnement : le passage à l’école secondaire. C’est enfin une période où, en prenant ses distances avec ses parents, l’adolescent tente de définir son identité propre : Qui suis-je ? D’où je viens ? Où je vais ? Quelle est ma place ? Quelle est ma valeur ? Rien de simple dans ces questions, et bien des préoccupations pour un âge passionné et passionnant.

Comment s’y prendre alors ? Et pour quelle utilité ? Développer l’estime de soi, c’est développer la conscience de la valeur personnelle que je me reconnais dans différents domaines de la vie (physique, intellectuel, social, professionnel, relations affectives et amoureuses, etc.). Il s’agit bien de « conscience » et de « reconnaissance ». Or pour re-connaître, il faut avoir connu, ce qui suppose d’agir, de se frotter à une diversité d’expériences. Et si un ado est conscient de sa valeur personnelle, il pourra plus facilement s’exprimer et s’affirmer, faire des choix personnels, prendre sa place dans un groupe, et se faire respecter en s’opposant aux agressions verbales ou physiques à son égard, tout en ayant du respect pour les autres.

Cela donne envie, n’est-ce pas ? Mais comment s’y prendre en tant qu’adulte en relation avec un jeune ou un groupe de jeunes ?

C’est précisément ce qui me semble difficile à décrire en quelques pages. Néanmoins, en lisant jusqu’ici, vous avez déjà glané quelques informations. Mais comment aller plus loin ?

Je peux évoquer avec vous quelques attitudes fondamentales et vous inviter à trouver d’autres moyens qui vous conviennent : lire et se documenter (voir la bibliographie ci-dessous), suivre des formations, expérimenter de nouvelles attitudes ou manière de communiquer, en parler avec les jeunes que vous côtoyez,…

First of all : en parallèle à toute autre démarche, ayez vous-même une estime de soi juste et vraie ou développez-la ! C’est plus facile de favoriser la confiance en soi d’un ado si moi-même, je vis la confiance en moi en tant qu’adulte ou que je suis en mesure de gérer mon stress.

Ensuite, une citation à transmettre aux jeunes : « Là où sont mes pieds, je suis à ma place ». Amener à prendre conscience que par le seul fait d’exister, j’ai une place en ce monde et je m’affirme. Je peux apporter au monde quelque chose d’unique en étant à la fois semblable et différent de tous les autres. Alors, allez-y, partez à la découverte de vous et des jeunes que vous côtoyez de mille et une façons : en jouant, en créant, en dessinant, en chantant, en expérimentant,… De temps en temps, mettez des lunettes Posi qui valorisent, qui donnent de la reconnaissance sur les qualités, les compétences, les efforts de vos jeunes, qui félicitent, qui encouragent (« Bravo pour ton énergie durant l’entraînement d’aujourd’hui, si tu continues à t’entraîner comme cela, tu feras une belle prestation le jour J ! »).

En effet, la connaissance de soi grandit d’autant plus que le jeune se sent aimé et apprécié, écouté et compris par les adultes. Entre autre, l’écoute et la reformulation sans jugement sont importantes parce que les ados ont tendance à parler pour élaborer leur pensée. C’est en disant qu’ils prennent conscience de ce qu’ils pensent et qu’ils construisent leur représentation du monde, des autres, de la vie. Le fait de reformuler ou d’écouter activement les propos d’un jeune va l’aider à prendre conscience de qui il est et de ce qu’il pense et à poursuivre son cheminement dans la construction de son identité.

Et l’appartenance alors ? Le besoin de sentir rattaché est essentiel à l’adolescence : trouver sa place dans sa famille, à l’école, dans un groupe d’ami(e)s. En tant qu’adulte, parent ou enseignant, nous sommes généralement soucieux que cela se passe bien pour nos jeunes dans les groupes qu’ils côtoient ou qu’ils forment (club de sport, mouvement de jeunesse, maison de jeunes, bande,…). Comment s’assurer de cela ? Parmi d’autres moyens, nous, adultes, nous pouvons favoriser certaines manières de vivre en groupe à l’école ou dans la famille :

  • favoriser l’empathie et la coopération en encourageant le partage et l’aide mutuelle, en leur apprenant à résoudre leurs conflits gagnant-gagnant, en les aidant à devenir plus sensible à l’autre (lorsqu’un jeune peut identifier ses émotions et ses besoins, il peut aussi comprendre que les comportements des autres sont liés à des émotions et des besoins)
  • relier les jeunes entre eux et avec le groupe en réalisant des activités collectives (projets, jeux coopératifs, activités communes, photos de groupe, décoration d’un local,…), en prévoyant un lieu et un temps pour parler avec les jeunes du fonctionnement de la vie du groupe (classe, famille,…), en donnant une place à chacun (via une roue des responsabilités, un rôle tournant, des félicitations, etc.).

Permettre aux jeunes de vivre une vie de groupe, de famille, de classe où s’expérimentent ces éléments, c’est favoriser une manière de vivre et de faire ensemble qui donne et respecte la place de chacun. C’est aussi offrir des modèles de vie de groupe qui influenceront les jeunes dans leur vivre ensemble.

L’air de rien (enfin, j’essaie), j’ai évoqué avec vous des attitudes qui favorisent le développement de l’estime de soi dans 4 directions : confiance en soi, connaissance de soi, sentiment de compétence et sentiment d’appartenance. Ce sont bien des évocations. Pour aller plus loin, je vous invite à consulter les références bibliographiques de cet article. Et, pour terminer, j’ai envie de vous proposer un petit exercice.

Vous souhaitez développer l’estime de soi des jeunes que vous côtoyez et plus concrètement, mettre en place 10 actions concrètes pour favoriser l’estime de soi des ados? Fort bien. Je vous propose alors d’expérimenter la technique des « petits pas ».  Prenez une grande feuille A3, notez l’objectif à atteindre en haut de la page et tracez, dessinez le chemin à parcourir. Ensuite, identifiez une action concrète, précise, atteignable par vous-même, réaliste, en lien avec l’objectif, que vous noterez sur un « petit pas ». Réalisez cette action. C’est fait ? Bravo, vous avez le droit de coller le « petit pas » sur votre chemin. Et ainsi de suite jusqu’à ce que votre objectif soit atteint.

La méthode des « petits pas » vous plait ? Magnifique, sachez qu’elle est applicable avec des ados dans des tas de contexte (école, famille, groupes d’activités, etc.).

Le mot de la fin : « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas », Lao-Tseu.

Ça me rappelle furieusement le début de cet article, et vous ?

Bonne route !

Estime de soi : dessine ta silhouette

Adultes, adolescents, enfants… il nous est tous arrivé de douter de nos compétences et de notre capacité à affronter certaines situations. Et pourtant, chacun de nous possède des qualités et des points forts sur lesquels il peut s’appuyer en cas de difficulté. L’estime de soi, auto-évaluation juste de sa propre valeur, peut être travaillée et développée à tout âge. Elle constitue un facteur important dans la prévention des conflits et favorise le bien-être personnel.

Un article rédigé par Julie Duelz, initialement paru dans le trimestriel n°95, en 2006.

Une activité pour aider les enfants à s’estimer : « Et si tu dessinais ta silhouette ? »

Certaines activités permettent aux enfants d’augmenter leur estime d’eux-mêmes. La silhouette est une activité qui, menée au bon moment dans un groupe, permet à chacun de se recentrer sur ses forces et compétences et de les montrer aux autres. Ce double processus – reconnaissance par soi-même de ses capacités et reconnaissance par les autres – est un « bon carburant » pour l’estime de soi.

Jeudi, 10h30. Manon et Camille, Caroline et Lucas, Jonathan et Mathieu, l’enseignant et tous les autres enfants de la classe semblent bien occupés. L’un est couché sur une grande feuille de papier et l’autre dessine le contour de la silhouette de son camarade sur la feuille. L’exercice provoque des fous-rires lorsque la pointe du feutre chatouille les doigts. De la concentration pour ne pas rater un doigt ou pour ne pas tâcher le vêtement. Une fois le contour achevé, les réactions de l’enfant voyant son « ombre » ne tardent pas : « J’ai des si petits pieds ? » s’étonne Manon ; « C’est marrant de voir mes cheveux », dit Mathieu.

Ensuite, chacun représente sur sa silhouette toutes les choses qu’il est capable de faire avec les différentes parties de son corps. Les fous-rires se font plus rares, l’ambiance devient calme et apaisée, presque magique. Chacun est avec lui-même. Certains y vont franchement avec les couleurs, d’autres sont perplexes et m’interpellent : « Julie, je ne sais rien faire ! »

Enfin, les silhouettes sont affichées aux murs, aux fenêtres,… et même au plafond ! Les enfants présentent une chose qu’ils ont envie de partager avec les autres. Jonathan présente sa silhouette habillée en joueur de football et dit aux autres « qu’il aimerait beaucoup être une star de football à la télé ». Manon, qui s’est dessinée avec des bottes d’équitation, parle avec enthousiasme de son cheval. Lucas a colorié un grand cœur sur sa silhouette : il aime partager. Avec fierté et émotion, Mathieu raconte à ses camarades comment il peut aider sa maman handicapée à porter les courses. Tous les élèves semblent ressentir l’importance de ce moment de partage et sont attentifs aux présentations de chacun. Lorsque Madame Joëlle présente sa silhouette à son tour, on entend les mouches voler.

Comme à chaque fois que cette activité est menée, je suis stupéfaite de constater le peu de connaissance qu’ont les enfants (et les adultes en ont encore moins) d’eux-mêmes ainsi que de la peur du regard de l’autre. Qu’est-ce que je suis capable de faire ? Que vont penser les autres si je dessine un grand cœur ? Et si j’écris que je sais faire une tarte aux pommes ?

Toutes ces réflexions peuvent être exprimées à la fin de l’activité. Ce moment d’échange final est incontournable pour parler des difficultés rencontrées et pour construire peu à peu la confiance dans la classe. Mathieu partage ses émotions au reste de la classe : « J’avais un peu peur de le dire à toute la classe parce que je pensais qu’ils allaient rire, mais comme Lucas a parlé du cœur, j’ai osé ».

Pour en arriver là, différentes étapes ont été traversées par la classe. On ne commence pas les animations en abordant les activités d’estime de soi. Chaque groupe a son histoire, son rythme et sa dynamique propres qui sont à respecter (Ces étapes sont décrites dans le livre Jeux coopératifs pour bâtir la paix, 2005) :

  • Les enfants doivent d’abord se sentir accueillis et en sécurité (étape 1). Le cadre est posé dès le début des animations : je ne fais pas mal ni moralement ni physiquement, j’ai le droit au stop (si je ne veux pas participer, je me mets sur le côté sans déranger les autres). Ces règles, dont l’animateur est le garant, permettent aux enfants d’avancer en sécurité.
  • Les activités d’expression suivent (étape 2) ainsi que les jeux d’écoute (étape 3).
  • Ensuite, les thématiques des jeux proposés relèvent de la place de chacun dans le groupe (étape 4).
  • L’étape des qualités suit (étape 5)
  • …puis laisse la place aux jeux de confiance et de coopération (étapes 6 et 7).

Il est midi, les enfants quittent la classe. Les impressions de l’institutrice ne tardent pas : découverte d’une facette inconnue d’un enfant plus réservé, surprise que tous les garçons n’aient pas tous présenté le football comme activité favorite et étonnée positivement par la qualité d’écoute.

La semaine suivante, l’institutrice nous raconte l’enthousiasme des enfants à présenter leurs silhouettes à leurs parents et à en parler à la maison. Avec humour, elle lâche : « les tables de multiplications ne suscitent pas autant d’intérêt ! ». Elle trouve aussi qu’il y a « quelque chose de changé dans l’ambiance de la classe, ils font un peu plus attention aux autres »

Faire dessiner aux enfants leur silhouette est une activité intéressante pour augmenter la conscience de leurs capacités et aptitudes particulières. Cependant, elle est loin d’être suffisante. C’est au quotidien que nous, adultes, avons la responsabilité d’alimenter l’estime de soi chez les enfants. Comment ? En les aidant à être conscients de leurs forces mais également de leurs limites. En les aidant à trouver par eux-mêmes des idées pour surmonter un défi, une difficulté. En évitant les mots jugeants ou blessants qui peuvent faire des dégâts. Et si nous commencions par nous-mêmes ?

L’estime de soi, tout comme la tension ou l’agressivité, est contagieuse dans un groupe. Celui qui dit un compliment à un autre, qui encourage et qui reconnaît le positif chez l’autre voit en même temps son estime personnelle rehaussée. Que de perspectives encourageantes…