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Conférence : les jeunes et les médias sociaux

Les relations des jeunes sur les médias sociaux: risques et usages

Par Julien Lecomte, Chargé de communication et Formateur à l’Université de Paix, Master et Agrégé en Information et communication.

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Les nouvelles technologies engendrent un certain nombre d’inquiétudes. Qu’est-ce que le « cyber » harcèlement ? Les « selfies » sont-ils une pratique saine ? A quoi servent toutes ces applications connectées en ligne ?

Parents, éducateurs, animateurs, enseignants… nous interpellent régulièrement à propos des relations entre jeunes sur les réseaux sociaux.

Quels effets ces médias ont-ils sur leurs manières de communiquer et d’aborder les relations ? Diminuent-ils leurs relations interpersonnelles ? Engendrent-ils plus de violence ? Les rendent-ils plus narcissiques ? Faut-il parler de modes ou de véritables pratiques durables ? Peut-on éduquer à la relation sur les réseaux sociaux ?

Dans cette conférence, nous exposerons tout d’abord quelques idées reçues classiques à l’égard d’Internet et de ses usages.

Ensuite, nous passerons en revue plusieurs pratiques typiques des jeunes sur le web. A partir de ces observations, nous identifierons des repères pour comprendre comment les technologies modifient (ou non) nos rapports sociaux.

Enfin, nous formaliserons un ensemble de pistes pour aborder la relation à travers ces nouveaux médias, non seulement au niveau des jeunes, mais aussi des adultes : comment prévenir les malentendus sur le web ? Comment prévenir les risques, résoudre les situations problématiques et développer des comportements constructifs et responsables ?

Tous ces moments seront accompagnés d’exemples illustratifs et études de cas.

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L’impact des nouveaux médias sur nos relations

Le 13 novembre 2014, Julien Lecomte (Chargé de communication à l’Université de Paix) était présent sur le plateau de l’émission Canal et compagnie (Canal Zoom et Canal C) pour parler des effets des médias sur nos manières de communiquer et d’aborder les relations. Il est intervenu en seconde partie d’émission et a répondu aux questions de l’animateur Roland au sujet de ces nouveaux outils médiatiques : diminuent-ils nos relations interpersonnelles ? Engendrent-ils plus de violence ? Nous rendent-ils plus narcissiques ? Faut-il parler de modes ou de véritables pratiques durables ? Peut-on éduquer à la relation sur les réseaux sociaux ?

Malheureusement, cette vidéo n’est plus hébergée sur le site de Canal C / Canal Zoom. Celle-ci ne nous appartient pas, et donc nous n’avons pas a priori l’autorisation de les héberger nous-mêmes. Nous allons demander aux chaines de télévision s’il n’y a pas de souci à cela ou si elles sous-traitent la gestion de leurs archives. En attendant, il n’est donc malheureusement plus possible de visionner cette vidéo.

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Selfies, réseaux sociaux et estime de soi

Le troisième numéro du fanzine trimestriel de la Confédération des Organisations de Jeunesse indépendantes et pluralistes vient de sortir. A cette occasion, vous pouvez découvrir deux articles pour mieux comprendre les relations sur le web

Désigné « mot de l’année » par le dictionnaire Oxford, le « selfie » est un autoportrait réalisé à l’aide d’un appareil photo. Cette pratique semble de plus en plus répandue : est-ce le signe d’une société de plus en plus narcissique, focalisée sur l’image ?

Avant tout chose, il faut relativiser l’ampleur du phénomène. Une des raisons les plus probables de ce « selfie boom » est simplement la possibilité technique de le faire. La photographie numérique n’est pas la même chose que la photographie argentique, où chaque photo « ratée » était perdue. Ici, on peut se permettre de ne pas cadrer correctement, de recommencer encore et encore : on ne « gâche » pas de la pellicule pour autant… L’essor du selfie est lié à la démultiplication des tablettes, smartphones et autres objets connectés.

En tant que « nouvel » usage technologique, le selfie a d’abord été pratiqué par les jeunes, puis par certains « influenceurs », comme Facebook notamment. Aujourd’hui, on peut se demander si cela ne risque pas de devenir « old-school » maintenant que les adultes trouvent ça « cool » d’en faire aussi… S’il y a beaucoup d’émulation sociale autour de ce phénomène, il se pourrait aussi que ce soit en partie une mode.

Par rapport à la question qui nous occupe, certaines études semblent montrer des corrélations entre un usage intense des selfies et une propension au narcissisme. Toutefois, la chercheuse danah boyd constate que les selfies ne sont pas que des actes narcissiques. Est-ce qu’un autoportrait devant un monument est la même chose qu’un selfie dans le miroir de sa salle de bains ? Une fonction de la photo peut être d’immortaliser un moment, de dire « j’y étais ». Ce type de cliché servirait d’abord à mettre en valeur un contexte, et non la personne en tant que telle.

Le baume du « like »

D’un autre coté, danah boyd constate dans ses recherches que les « likes » font du bien aux jeunes et que la quête de l’attention est fort présente dans leur construction identitaire. L’image de soi (celle que l’on donne, et celle que les autres nous renvoient) occupe donc une place prépondérante sur le web.

Différents réseaux sociaux illustrent comment cette image peut être « travaillée », mise en scène. Par exemple, Google+ propose de lister vos « plus belles réussites ». Facebook invite quant à lui à renseigner vos « événements marquants » dans sa timeline, ou à « choisir une image unique » en guise de photo de couverture. Des sites qui se revendiquent de l’éducation aux médias abondent dans cette direction, lorsqu’ils soulignent l’importance de faire très attention à votre « e-reputation », votre réputation en ligne. A ce sujet, certains analystes parlent de « personal branding » pour désigner le fait que des individus ont recours à des pratiques similaires à celles du marketing pour se mettre en valeur, créer une sorte de « vitrine de soi ».

Les plus alarmistes déplorent dès lors le risque d’un modèle du web comme « lieu du paraître », où l’erreur, par exemple, ne serait plus permise et nous poursuivrait toute notre vie.

Les likes et les partages deviendraient les unités de mesure de la valeur des personnes.

Dans cet ordre d’idées, pour Thomas De Long, « Facebook crée une culture de compétition et de comparaison ». Concrètement, les personnes partagent plus volontiers des informations comme « j’ai eu une promotion » ou « regardez ma nouvelle voiture » que leurs échecs, et encore moins les banalités du quotidien. Selon lui, cela contribuerait à nous rendre malheureux en augmentant nos standards de succès.

Plus loin encore, un individu peut avoir la sensation non seulement que les autres ont une meilleure vie que lui (parce qu’il est confronté à une réalité « épurée »), mais en plus que l’image qu’il renvoie de lui-même n’est pas conforme à qui il est vraiment. En effet, il existe parfois un écart entre la vitrine « idéale » qu’une personne affiche à l’extérieur et l’image qu’elle a d’elle-même.

Tout cela mérite d’être nuancé. Certains refusent d’être sur Facebook, ne pratiquent pas régulièrement le selfie ou encore disent ne pas se tracasser de l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes. Il est profondément réducteur de dire qu’une société dans son ensemble est plus ou moins égocentrique. Dans les discours, par ailleurs, les personnes peuvent prendre beaucoup de distance critique avec leurs propres pratiques, soulignant la conscience qu’ils ont de « porter un masque » et de « jouer le jeu ». Toujours est-il que ces réflexions peuvent être mises en lien avec un travail relatif à la connaissance de soi, aux croyances qu’un individu porte sur lui-même et sur les autres, à la confiance qu’il a en lui et dans les autres, ou encore aux réussites et aux échecs qu’il s’autorise et se reconnait. C’est-à-dire, en somme, sur l’estime de soi.