Yamina Ghoul, COJ

L’Université de Paix est membre de la Confédération des Organisations de Jeunesse (COJ).

Entretien avec Yamina Ghoul, Secrétaire générale de la Confédération des Organisations de Jeunesse

Propos recueillis par Christine Cuvelier et initialement publiés dans le trimestriel n°83, en 2003.

1) Si nous te demandons de te présenter brièvement, que nous dis-tu ?

Je suis issue d’une famille d’immigrés algériens. Mes parents ont débarqué par la force des choses en Belgique vu que papa a été fait prisonnier par les Allemands pendant la deuxième guerre mondiale. (Pour rappel, l’Algérie était française jusqu’en 1962.). Libéré et remis aux français, il est délicatement dirigé vers les charbonnages du fin fond du Borinage. Ma mère le rejoint en 1954. J’ai 4 sœurs et un frère. Mon parcours scolaire est très correct mais trop court car à 18 ans je décide de travailler pour permettre à papa de se reposer. Aujourd’hui, je suis mariée et maman de deux enfants, Nabila et Sofien.

2) Peux-tu nous parler de ton parcours depuis ton arrivée à la COJ, il y a 20 ans ?

Je débarque à la COJ après 8 années d’expérience dans une ambassade où je côtoyais Ambassadeurs, Ministres, Chefs d’Etat… Le secteur associatif m’est tout à fait inconnu.

La COJ est située rue du Luxembourg dans des locaux plus que vétustes. Heureusement la COJ déménage 15 jours plus tard au 8, rue Traversière proche du Botanique.

Vu mes origines et ma culture, il ne m’avait pas été possible jusque là de m’impliquer dans le milieu associatif. Je pense que, depuis 20 ans, je me suis rattrapée même si c’est comme permanente d’une confédération ! Ce secteur ne m’a apporté et ne m’apporte que du bonheur : au niveau des relations, de collaborations, et de l’amitié. Ce secteur m’a permis aussi  tout au long de mon parcours de me former – d’apprendre – de comprendre.

3) Et s’il fallait parler de la COJ 2003…

La COJ avait à peine 8 ans quand j’y suis entrée. A 28 ans, je la trouve adulte – mature – créative….  En ce qui concerne le rôle de la COJ vis-à-vis de ses OJ membres de tout temps, elle a été un balancier entre les services à rendre à l’« intérieur » (soutien dans l’élaboration de dossiers, par exemple) et la notoriété à asseoir à l’« extérieur » (crédibilité, fiabilité, etc.). Sans doute gardera-t-elle encore longtemps ce rôle !

L’association est pluraliste et indépendante de tout courant confessionnel, philosophique ou politique. Elle a pour buts :

  • de promouvoir toute action, projet, service qui permet aux jeunes de développer les valeurs de solidarité et d’accéder à l’autonomie et de poser des choix  pour un engagement responsable dans la société ;
  • de défendre le mouvement associatif, ses associations membres et les jeunes en particulier ainsi que de coordonner les moyens et les objectifs de ses associations membres ;
  • de promouvoir la place effective des jeunes dans la société, notamment dans les domaines sociaux, économiques et culturels ;
  • de promouvoir, défendre et infléchir une politique de jeunesse intégrant le développement d’une société qui favorise l’exercice de la participation active, individuelle et collective des jeunes à tous les niveaux, dans le respect des libertés démocratiques.

En 2003, la COJ occupe plusieurs mandats qui sont loin d’être des moindres : la présidence du Conseil de la Jeunesse d’Expression Française (CJEF), de la Commission Défense des Organisations de Jeunesse (DOJ), de celle des Centres et Maisons de Jeunes (CCMCJ),… La COJ a encore de belles années devant elle pour continuer de mener à bien ses missions, ouvrir de nouveaux chantiers, spécifiquement en matière de formation, de publications et d’écoute de la parole des jeunes, sans oublier son action de soutien et d’orientation des Oj existantes ou émergentes. Il est important de souligner que la COJ ne se compose pas d’une seule personne, c’est aussi une équipe de 7 travailleurs au service des organisations de jeunesse membres.

4)  Une rencontre, un projet ou une expérience qui t’a marqué ?

D’abord le 4 avril dernier, une grande surprise m’attendait. Vous fêtiez mes 20 ans (de COJ, puisqu’en réalité, je n’en ai que 18 !) avec une soixantaine de vrais amis : de petits, des grands, des durs, des mous, des ridés, des chevelus à long cou… Avec à la clef un totem (une Première, pour moi ) : « Choucas se bat » (prononcé très vite… c’est bon comme là-bas, dis). Et dire que j’ai évité « Grive la Gaillarde » !

Sur 20 ans, certaines années ont été plus difficiles que d’autres ; dans ce cas, j’ai tenté d’en tirer des leçons et de n’en retenir que les bons souvenirs… C’est le coup de fil de Cécile Gouzée (secrétaire Générale de la COJ à l’époque) pour m’annoncer que je suis engagée le 3 mars 1983. C’est ma nomination en tant que secrétaire générale adjointe en 1987. C’est en 1993 que le conseil d’administration présidé par Lucien Barel décide de me propulser au poste de secrétaire générale que j’occupe actuellement. C’est ma rencontre avec les organisations de jeunesse, leurs permanents… C’est la constitution d’une équipe de travailleurs. C’est… tout ce qui reste de beau à venir !

5)  29 organisations sont affiliées à la COJ dont l’Université de Paix. La COJ développe avec elles des projets et activités ponctuelles. En quoi estimes-tu utile la collaboration avec l’Université de Paix ?

L’Université de Paix est pour nous et depuis toujours une organisation qui s’implique dans le fonctionnement de la COJ (Bureau – Conseil d’Administration – Assemblée Générale et groupes de travail).

Pour la COJ, développer des projets avec l’Université de Paix, c’est d’abord reconnaître son travail de qualité, la découvrir un peu plus et la soutenir.

Si les partenariats entre la COJ et l’Université de Paix ont été bénéfiques pour ton organisation de jeunesse, cela a été très enrichissant pour la COJ, qu’il s’agisse des passerelles avec les écoles normales, des interviews de jeunes ou encore des formations organisées conjointement. Il est incontestable que le projet et la philosophie de l’Université de Paix s’inscrivent parfaitement dans les lignes de pensées que soutient la COJ.

6)  Le mot de la fin pour toi, ce serait…

Mieux qu’hier, moins bien que demain, Inch’ Allah !

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