La « mise au carré » pour nuancer ses croyances

Un outil pour nuancer ses croyances : la « mise au carré » (D. Faulx)

Nos croyances se construisent par « associations » sur base de « raccourcis » cognitifs. Le cerveau fait des raccourcis et « connecte » les choses entre elles, opérant parfois des omissions, des généralisations ou des distorsions de la réalité. Autrement dit, le cerveau « simplifie » le réel.

Pour cette raison, une croyance n’est jamais totalement fausse. Elle est au contraire toujours vraie « d’un certain point de vue », « dans une certaine mesure » !

L’intérêt de cet outil est de faire émerger les situations, les contextes ou les conditions dans lesquelles les affirmations se vérifient.

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« La folie, c’est se comporter de la même manière… »

« La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent » (Einstein)

Visite guidée de la nouvelle mouture de notre revue trimestrielle (décembre 2017)

A ceux avec qui nous avons pu prendre contact par téléphone ou par mail, nous vous disons encore un grand « merci » pour les avis que vous nous avez envoyés quant à l’avenir de la revue.

A celles et ceux à qui nous n’avons pas pu témoigner individuellement de notre reconnaissance, nous vous remercions chaleureusement.

Show must go on

La plupart des répondants ayant manifesté un attachement à ce support, et dans l’optique de continuer à remplir notre mission de communication des connaissances et de sensibilisation, nous allons maintenir ce canal tout en rationalisant les dépenses qui y sont liées.

Moins de pages, mais pas moins de fond

Le nombre de pages de la revue diminue, malgré des retours contradictoires sur la question. Notre souci était de diminuer les coûts liés à l’édition de ce périodique. Certains parmi vous nous ont proposé de diminuer le nombre d’exemplaires imprimés, mais ceci n’a pas un impact fort sur les coûts, car les frais d’impression impliquent des coûts fixes importants.

Notre objectif suite à vos retours était d’impacter le moins possible nos rubriques d’articles de fond tout en continuant à vous informer des activités que nous programmons.

Dès lors, les rubriques impactées sont les suivantes : l’espace documentation (ramenée à 1 page maximum) et les fiches-outils (ramenée à 1 ou 2 pages), la vie de l’institution (« brèves »), les événements, salons, festivals à venir ou encore les promotions (ramenée à 1 ou 2 pages).

L’agenda des formations, conférences et ateliers à venir est désormais réduit lui aussi à une seule page. Le détail des programmes de ces activités et les conditions préférentielles qui y sont liées (APEF, ONE, IFC, Article27, Forem, CFM, prix membre…) figurent sur notre site internet https://www.universitedepaix.org

Formations courtes

Conditions préférentielles

Le nombre d’articles thématiques demeure quant à lui constant. Dans le numéro 141 de la revue et sur ce site, nous échangerons avec vous à propos des « raccourcis » que fait notre cerveau, de l’assertivité face à une personne qui adopte des comportements de domination et de manipulation, de la place du rire dans les situations de harcèlement scolaire et de la gestion de conflits en classe en école primaire.

Comment concilier nos points de vue différents ?

La violence psychologique ordinaire

« Détends-toi, c’est juste pour rire » !

Résoudre les conflits en classe

Disparition du système d’abonnements

La dernière page de la précédente mouture du trimestriel vous demandait de vous réabonner. Dans les faits, seules quelques personnes étaient encore abonnées à la revue, tandis que plusieurs centaines parmi vous la reçoivent sans être abonnées. Nous pensons que les personnes parmi vous qui restent abonnées le sont surtout parce qu’elles soutiennent nos projets et nos actions. Par conséquent, nous supprimons le principe « d’abonnement », et encourageons davantage les dons et cotisations « membre » individuelles volontaires.

Autrement dit, tous les sympathisants qui le souhaitent reçoivent le trimestriel gratuitement, en tant que support d’information et outil de sensibilisation. Cela nous semble « en phase » avec notre objectif de démocratisation des savoirs en gestion de conflits et en éducation à la paix.

En contrepartie, si vous souhaitez soutenir nos actions de fond et contribuer à leur pérennité, vous pouvez effectuer un don (déductible fiscalement à partir de 40 € / an) ou participer à nos activités en bénéficiant de prix préférentiels en payant une cotisation membre annuelle (25 € / an).

Faire un don

Une diffusion plus ciblée

En corollaire du passage à la gratuité, et afin de continuer à optimiser les coûts de la revue : si nous ne recevons pas de nouvelles de vous pendant deux années (vous ne participez plus aux activités, n’avez pas renouvelé votre don ou cotisation, ou ne nous avez plus contactés du tout pendant cette période pour manifester votre intérêt), nous cesserons de vous l’envoyer afin d’en faire bénéficier une autre personne.

De l’utilité du conflit à la gestion du conflit

Date : 18/04/2017
Lieu : Au Mundaneum
Prix : 5€ – 3€ tarif réduit

UTOPIA, un cycle pour questionner nos habitudes ! Nos partenaires proposent des pistes pour devenir plus serein, prendre soin de sa santé, améliorer ses relations avec autrui et diminuer son impact sur l’environnement et son impact social, près ou loin de chez soi.

18.04.17 – 18h00 – De l’utilité du conflit à la gestion du conflit

Atelier-conférence par François Bazier, président de l’Université de Paix asbl   
 
Tous les conflits sont-ils néfastes ? Les éviter, ne serait-ce pas pire ? Et une fois que le conflit s’intalle, comment le résoudre de manière pacifique ? Que signifient les « 3 C » de la médiation ?
 
L’asbl Université de Paix prône « la paix par le dialogue » : un bel objectif qui fait écho à l’exposition « Et si on osait la paix ? »
Lors de cette conférence-atelier, François Bazier explorera les facettes du conflit et de sa résolution.

François Bazier est licencié en Sociologie, Précédemment Directeur des Ressources Humaines (SWCS), Administrateur délégué et Formateur à l’Université de Paix asbl, Chargé de cours à l’Institut provincial de formation sociale (Ilfop – Namur).

La soirée se clôturera comme toujours par un moment d’échange convival autour d’un verre équitable !

Achetez vos tickets sur la boutique en ligne du MUNDANEUM ou à l’entrée du musée le jour de l’évènement.

Quand ?

18 avril à 18h

Harcèlement à l’école et médiation scolaire

Séminaire UBMP

Source : http://ubmp-bupb.org/evenements-agenda-2/

Namur, 24/04/2017 – 10 à 13h

Demande en cours – agrément Commission Fédérale de Médiation : 3h

Intervenante : Almudena Vaquerizo Gilsanz, médiatrice agréée.

Intimidation, (cyber)harcèlement, bouc émissaire, souffre-douleur, brimades, moqueries, rejet social,… Les mots ne manquent pas pour désigner les diverses formes de violences à l’école. Pourtant, en ce qui concerne le harcèlement, le phénomène est souvent sous-estimé, voire ignoré ou passé sous silence, alors que ses conséquences psychologiques, sociales et scolaires peuvent s’avérer graves.

Que faire ? Comment appréhender ce phénomène ? Comment l’identifier ? Comment agir ? Comment le prévenir ?

En se basant sur diverses initiatives et les dernières enquêtes en la matière, cette conférence vous permettra d’approcher le harcèlement en milieu scolaire sous quatre angles: comprendre, identifier, prévenir et intervenir.

Lieu: Université de Paix (asbl) – 4, bd du Nord – 5000 Namur

Inscriptions : a.vaquerizo@universitedepaix.be ou helene.vds@ubmp-bupb.org

Bienvenue à tous. Gratuit pour les membres de l’UBMP-BUPB-BUPM – 30€ pour les non-membres (30€ = carte de membre adhérent) à verser sur le compte de l’UBMP – IBAN=BE98-0003.2526.9793. – BIC=BPOTBEB1

Bilan 2016 du travail du Conseil Académique

Le Conseil académique de l’Université de Paix est un groupe de réflexion interdisciplinaire travaillant sur les thématiques de la gestion de conflits, la prévention de la violence et l’éducation à la paix.

Découvrez ci-dessous les productions 2015-2016.

Dossier – La radicalisation : quelles pistes éducatives ?

Dossier – Le management émotionnel

Dossier – Développer l’intelligence émotionnelle des enfants

Hommage à Georges Thinès

Georges Thinès a assuré la fonction de vice-président du Conseil académique durant de nombreuses années, suppléant régulièrement le président de l’époque, A. Perez Esquivel.

Georges est à la base du livre « Promouvoir la Paix » qui s’est terminé sous la présidence de Charles van der Vaeren.

Il a également travaillé à la réalisation de sessions longues, mais aussi de modules courts et de conférences. Monsieur Thinès était un homme aux multiples compétences et de très haut niveau : scientifique (professeur d’éthologie à l’UCL, spécialiste en psychologie animale), violoniste, écrivain (prix Rossel). Il était aussi d’une modestie exemplaire ; il venait parfois à des sessions comme simple participant, se montrait très intéressé par les thématiques et restait d’une grande simplicité.

Nos pensées vont à sa famille et à ses proches.

Intelligence émotionnelle des enfants (1)

Comment développer une intelligence émotionnelle « positive » chez les enfants ?

Nous vous proposons un dossier de fond relatif au développement de l’intelligence émotionnelle chez les enfants. Ce document a été produit par le Groupe de Travail « enfance » du Conseil académique en gestion de conflits et en éducation à la paix. Il est issu d’une réflexion ayant débuté en septembre 2015.

En lien avec la mission de prévention de la violence et d’éducation à la relation de l’Université de Paix, le groupe de travail « Enfance » du Conseil académique en gestion de conflits et en éducation à la paix a choisi de s’intéresser au développement de l’intelligence émotionnelle chez les enfants.

Membres du Groupe de Travail ayant contribué à cette note :

  • Nathalie Ballade : Enseignante, Licenciée (France) en physique, Formatrice en gestion de conflits, Coordinatrice du Brevet en gestion de conflits avec et entre jeunes à l’Université de Paix
  • Erika Benkö : Assistante en psychologie diplômée, Formatrice en gestion de conflits, Coordinatrice du Certificat en gestion de conflits à l’Université de Paix
  • Pierre Biélande : Master en économie, Titulaire d’un DES en Management, Editeur, Coordinateur des activités « Nord » à Echos Communication
  • Christian Bokiau, Psychopédagogue, Administrateur et précédemment animateur à l’EPE, à l’initiative du développement des méthodes Gordon et PRODAS en Belgique
  • Martine Grosjean : Enseignante (Ecole normale préscolaire), Directrice de Maison de repos, Chargée d’étude, de mission et de consultance pour l’innovation et la diversification des réponses au besoin de qualité de vie des aînés. Actuellement formatrice
  • Serge Léonard : Juriste (avocat), Titulaire d’un Master européen en médiation, Spécialisé en protection internationale de l’enfant
  • Jean Lerminiaux : Médecin, Neuropsychiatre et Pédopsychiatre, Licencié en Psychologie et en Philosophie, Gradué en sciences religieuses et de formation psychanalytique. Spécialisé en thérapie systémique, en haptonomie, en programmation neurolinguistique et en chaînes musculaires
  • Manfred Peters : Docteur en linguistique, Professeur émérite à l’UNamur, Responsable ou membre dans de nombreuses associations et groupes de réflexion

Plusieurs formateurs du « Pôle Enfance » de l’Université de Paix ont également contribué à ce document en proposant l’une ou l’autre approche ou grille de lecture utilisée sur le terrain.

Plan du dossier

« La paix est plus que le silence des canons »

Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix 1958

La citation est de notre fondateur, Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix 1958.

La paix, ce n’est pas seulement une « lutte contre » la violence. Il n’est pas seulement question de prévenir cette dernière ou encore d’y remédier, mais aussi de créer un véritable climat permettant de mieux vivre ensemble en société, de communiquer et d’échanger de manière plus harmonieuse…

Au quotidien, enfants comme adultes sont confrontés à des désaccords, à des demandes ou à des situations qui déclenchent des émotions, parfois désagréables : comment vivre avec tout en préservant les relations ?

Cela rejoint les propos d’Edgar Morin :

« Il ne peut être que banal d’enseigner que paix vaut mieux que guerre, ce qui est évident dans les temps paisibles. Le problème se pose quand l’esprit de guerre submerge les mentalités. Éduquer à la paix signifie donc lutter pour résister à l’esprit de guerre ».

(Le Monde, 07/02/2016)

L’éducation à la paix se joue aussi – voire surtout – quand les canons sont silencieux, mais qu’ils n’en demeurent pas près de se réveiller… La paix consiste à pouvoir s’entendre, malgré les différences et les divergences. Lutter contre l’esprit de guerre, c’est ne pas se satisfaire de l’absence de violence, c’est créer le climat pour la prévenir et vivre harmonieusement ensemble.

A ce titre, au niveau interpersonnel, nous travaillons au développement de l’empathie et d’une écoute authentique, tant au niveau des adultes que des jeunes (cf. les articles relatifs à l’écoute dans nos ressources, et notamment celui à propos de notre programme de formation à l’écoute pour adolescents).

Un climat relationnel harmonieux se joue également dans les milieux professionnels, au niveau organisationnel. Sur ce site, vous découvrirez par exemple un résumé des travaux 2015-2016 du Conseil académique en gestion de conflits et en éducation à la paix à propos du « management émotionnel ».

Un article plus philosophique questionne également la différence entre nos relations « réelles » et celles que l’on qualifie de « virtuel », à travers les technologies numériques.

L’Université de Paix continue enfin de produire, partager et diffuser des ressources pédagogiques et des contenus et méthodes de formation afin d’outiller chaque personne qui le souhaite à résoudre ses conflits positivement.

15 M€ pour des avions de chasse ?

Le gouvernement belge projette d’investir 15 milliards d’euros pour l’achat et l’entretien de 34 nouveaux avions chasseurs-bombardiers pour l’armée (plus d’informations à ce sujet).

Au regard de ce projet, nous nous interrogeons sur l’incommensurabilité de ce montant financé avec l’argent public, alors que des « économies » sont réalisées ça-et-là, parfois au détriment de la liberté, du bien-être, de la cohésion sociale ou encore de l’éducation.

Dans le même temps, Francis Briquemont, lieutenant général belge, met en garde sur les dérives possibles d’une politique qui oublierait ses bases démocratiques et sacrifierait le vivre ensemble au profit d’un repli identitaire et du nationalisme.

« Nous n’avons d’ailleurs jamais rencontré un « ancien » des guerres 1914-1918 et 1940-1945 ou ayant participé à des interventions dans les conflits intra-étatiques que nous connaissons depuis vingt-cinq ans, qui ait déclaré : « Je voudrais revivre cela… » Car même les guerres dites « justes » sont aussi des guerres « sales »… »

S’appuyant sur sa lecture du livre du général français Jean Cot [Jean Cot, Un monde en paix. Une utopie réaliste ?, Paris, Editions Charles Léopold Mayer, 2016.], Francis Briquemont se demande alors si un monde en paix est une utopie réaliste.

Pour ces deux hommes militaires, même s’il y a du chemin à faire, il existe en tout cas des erreurs à ne pas commettre, et des domaines dans lesquels investir. Ils appellent entre autres à une politique internationale plus juste, éthique et exemplaire (notamment à travers l’ONU). Ils soulignent aussi l’importance du développement de l’esprit critique (entre autres face à la propagande et aux nationalismes), de la philosophie morale et des sciences humaines, sociales et politiques.

L’Université de Paix travaille en ce sens depuis plusieurs années. En tant qu’organisation de jeunesse, nous éduquons les enfants et les adultes qui en ont la charge à gérer leurs conflits de manière autonome, notamment à travers le programme Graines de médiateurs, dont nous présentons ici des repères pédagogiques. Nous intervenons aussi, entre autres, dans l’enseignement secondaire spécialisé de manière à développer l’empathie des jeunes et leur permettre d’exprimer leurs émotions. Nous formons également des adultes qui souhaitent développer leurs compétences en gestion de conflits (cf. ce témoignage de Certifié-e-s en 2015). Sur notre site, vous trouverez enfin un espace documentaire et des fiches d’activités directement réalisables avec des enfants.

Comme le disait Camus, la paix est « un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements ». Nous ne disposons pas de milliards d’euros ou de puissants lobbies permettant d’influencer directement les gouvernements. Par contre, nous échangeons et informons à propos de méthodes, techniques et stratégies qui permettent de vivre ensemble, décoder les relations, communiquer et agir sans avoir recours à la violence. Nous faisons le maximum, avec votre aide, pour diffuser le plus possible ces grilles de lecture et les outils pour contribuer à un progrès humain, de manière à ce que chacun puisse se positionner en tant que citoyen critique, conscient et informé.

« Bombarder le terrorisme ne l’éradiquera pas »

Communiqué de presse de la CNAPD.
22 mars 2016, la terreur aveugle a encore frappé. C’est cette fois notre pays qui dénombre ses morts et ses blessés.

Nous pleurons les victimes des attentats à Bruxelles, comme nous pleurons toutes les victimes innocentes de Paris, d’Irak, de Syrie, de Turquie, de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mali et partout ailleurs où la terreur frappe aveuglément. Ces attaques nous rappellent douloureusement que la guerre et la violence ne connaissent pas de frontières.

Bombarder le terrorisme ne l’éradiquera pas

Ces attaques nous laissent sans voix. Elles n’appellent qu’incompréhension, impuissance et colère. Le soir des attentats de Paris, le gouvernement français a fait sien le langage de la vengeance et de la guerre. Les raids aériens sur la Syrie s’en sont suivis. Mais la terreur frappe en retour.

Notre réponse aux attaques terroristes à Bruxelles ne pourra pas répéter les erreurs du passé. Voilà des années que nous sommes engagés dans « la guerre contre le terrorisme ». Elle laisse derrière elle 1,8 million de victimes. Cette guerre n’a apporté ni paix ni stabilité. Nulle part. En Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, le remède a à chaque fois alimenté la maladie. Ces interventions militaires participent à la création du terreau propice au développement de groupes terroristes comme al qaïda ou l’organisation de l’État islamique. Des interventions militaires qui ignorent les racines de la haine. La violence et le terrorisme ne tombent pas du ciel.

Unanimes dans le rejet de cette violence aveugle, nos gouvernements doivent enfin lutter contre les causes profondes qui la rendent possible. Nous devons avoir soif d’une politique cohérente où l’économie, les politiques sociales, la diplomatie et toutes les formes d’action extérieure sont liées les unes aux autres dans un seul but : assurer la sécurité.

Mais la sécurité est bien plus que l’absence de violence. La sécurité doit viser le développement des options de vie de chaque individu et l’éradication de tout obstacle à ce développement, telles que la pauvreté, les inégalités, l’exclusion sociale ou la discrimination. Si les pays européens souscrivent à bon nombre de ces valeurs, force est de constater qu’ils ne sont pas toujours cohérents quand il s’agit de les défendre et de les propager. C’est ainsi que la Belgique, par exemple, choisit d’investir plusieurs milliards d’euro dans des appareils militaires, notamment 34 avions chasseurs-bombardiers. La Région wallonne, elle, continue de livrer ses armes à des régimes peu recommandables. Nos autorités choisissent la mauvaise réponse.

#dailyracism

Nous ne devons pas tomber dans le piège des organisations terroristes qui veulent semer la haine et la division. La solidarité et l’unité doivent rester nos principes directeurs.
Les auteurs des attentats à Bruxelles et à Paris ont grandi ici. Ils se sont radicalisés ici. Certains d’entre eux sont ensuite partis combattre en Irak ou en Syrie, mus par une profonde frustration vis-à-vis de la société qui les a vus grandir. Ce n’est que par un investissement dans l’éducation, l’emploi, la culture pour tous que nous pourrons dépasser ces sentiments mortifères.

Démocratie en sursis

Ces événements mettent notre démocratie en danger. Mais moins de démocratie ne saurait être la solution. Notre salut ne viendra pas par davantage de répression, mais bien par l’investissement dans une société dans laquelle chacun trouve sa place. Des actions musclées peuvent certes contribuer à un sentiment psychologique de sécurité. Mais même la présence de tous les contingents de l’armée dans les rues de Bruxelles ne réduira le risque terroriste à néant.
Le sentiment d’urgence qui découle de ces attaques entraîne des politiques qui auraient été impensables dans d’autres circonstances. Tous les moyens doivent être donnés à la police et aux tribunaux pour traduire les coupables en justice et mettre l’accent sur la prévention de tels événements pour éviter qu’ils ne se reproduisent. Mais cela doit être fait dans les limites de la démocratie et de l’État de droit.

Naïma Regueras, Présidente de la CNAPD

Communiqué en version PDF

L’article sur le site de la CNAPD

Plus d’infos sur la CNAPD