ados

Programmes « adolescence » 2015

Programmes « Médiation entre jeunes » et « Harcèlement scolaire » 2015

Forts des apprentissages et évaluations annuelles de Graines de médiateurs et de l’expérience pilote (de Médiation entre jeunes 10-18 ans) menée en 2011-2012 dans plusieurs établissements secondaires, les programmes relatifs d’une part à la création d’équipes de médiateurs et d’autre part au harcèlement entre jeunes et dans les écoles s’appuient sur un travail de fond avec un maximum d’acteurs concernés par l’éducation.

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A la différence de Graines de médiateurs, le processus du programme « Médiation entre jeunes » concerne la création de cellules de médiation, avec des élèves et des adultes volontaires.

Les médiateurs peuvent assister leurs camarades à trouver ensemble des solutions, si ces derniers souhaitent résoudre les différends qui les opposent. Au-delà de l’autonomie vis-à-vis de leurs propres conflits, ils disposent également de clefs leur permettant d’apporter leur aide en tant que tiers-intervenant.

Dans un souci de continuité des cellules installées, les médiateurs-volontaires sont également formés à transmettre leurs connaissances.

Le harcèlement scolaire représente une forme de violence spécifique, à laquelle 10 à 16 % des jeunes seraient confrontés en tant que victimes. Plutôt que d’intervenir en situation de crise, le programme est davantage envisagé sur la prévention : donner les informations requises pour mieux comprendre le harcèlement, l’identifier et former les professionnels de l’école à des protocoles d’intervention efficace. Il s’agit donc de prévenir ce type de violence, mais aussi de l’enrayer et de (re)construire les relations et le climat de groupe par la suite.

L’un et l’autre programme se traduisent principalement par des actions de sensibilisation, des conférences d’information destinées entre autres aux parents, et des formations bénéficiant à l’ensemble de la communauté éducative.

Création d’un module de prévention du harcèlement à l’école

Afin d’élaborer les activités et les outils de prévention, l’équipe « ado » a rassemblé et identifié plus de 75 outils sur lesquels se baser pour construire les formations et animations de prévention. Parallèlement, une documentation a été constituée à partir de références théoriques récentes dans ce domaine : livres et études sur les thèmes du harcèlement et du cyber-harcèlement entre jeunes.

Cette phase a amené jusqu’à ce jour à élaborer :

  • Un programme de 4 jours de formation à destination des professionnels de l’enseignement visant les objectifs suivants :
    • Se construire une représentation du phénomène de harcèlement en le distinguant des autres formes de violences.
    • Distinguer les différents types de prévention, notamment pour éviter l’effet inverse des actions menées pour prévenir les faits de harcèlement.
    • Expérimenter des outils de prévention du harcèlement et autres formes de discrimination entre pairs :
      • Prendre conscience de la dynamique du phénomène d’exclusion basée sur la différence.
      • Comprendre le concept de stéréotype et se questionner sur ceux que je colle à des groupes et/ou des personnes.
      • Mieux comprendre ce que vivent les personnes exclues ou discriminées.
      • Constituer un groupe qui apprivoise les différences et apprend la coopération.
      • Identifier et expérimenter des actions pour intervenir dans les situations de harcèlement.
      • Découvrir et élaborer des dispositifs de prévention spécifiques du harcèlement entre pairs.
    • Un syllabus de formation pour les participants à la formation de 4 jours et la mise à disposition de nos supports pédagogiques.

La phase suivante de création a consisté, après avoir testé les animations de prévention auprès des jeunes, à  transposer, sur base de l’évaluation de cette expérience, les outils d’animation vers d’autres secteurs de la jeunesse : mouvements de jeunesse, maisons de jeunes, clubs sportifs, plaines de jeux, etc. Des lieux où les cas de harcèlement entre jeunes peuvent survenir aussi.

Formation à la prévention et à l’intervention d’adultes face au harcèlement entre élèves

Le programme de formation a démarré durant l’année scolaire 2014-2015 dans un premier groupe de 12 écoles. Il est mis en œuvre pour un second groupe (composé de 7 écoles) depuis la fin du premier trimestre 2015.

Animations à destination des élèves de secondaire dans une classe test par école

Ces animations sont mises en œuvre avec la présence de 3 enseignants et/ou éducateurs par classe. De cette manière, ils peuvent ensuite proposer ces animations dans d’autres classes de l’école avec d’autres adultes de l’équipe anti-harcèlement afin de démultiplier ce dispositif de prévention au sein de l’école.

Campagne de sensibilisation pour la prévention du harcèlement

L’Université de Paix reçoit et répond régulièrement à des demandes d’intervention en télévision ou dans la presse écrite. Cela constitue selon nous une autre manière d’attirer l’attention de tous les adultes sur une problématique importante pour promouvoir et préserver le bien-être des jeunes dans notre société. En outre, ces derniers mois, nous avons adapté nos outils de formation afin d’y intégrer des réponses et des outils face aux questionnements des professionnels concernant la socialisation sur les réseaux sociaux et en particulier, la problématique du cyber-harcèlement.

Amplification

Colloque « Harcèlement entre élèves : croisons nos pratiques »

La perspective ouverte par le financement du projet « Harcèlement » nous a permis d’intensifier notre recherche et notre travail sur ce thème. C’est pourquoi depuis le mois de mai 2013, nous participons à un groupe de travail (le Réseau Prévention Harcèlement) sur le harcèlement entre élèves qui regroupe différents experts en Fédération Wallonie-Bruxelles.

L’objectif de ce groupe de travail a été, dans un premier temps, de sensibiliser largement les professionnels de l’enseignement à cette problématique, ainsi que d’assurer des relais presse suffisants pour que les responsables politiques placent ce sujet à l’agenda des prochaines politiques de l’enseignement. Le 18 février 2014 un premier colloque participatif a été organisé à Bruxelles.

Le 12 novembre 2015 à Namur, le Réseau Prévention Harcèlement a organisé un deuxième colloque sous la thématique « Croisons nos pratiques ». Pour en savoir davantage.

Institutionnalisation

Formation des agents PMS

D’ores et déjà, l’Université de Paix a été sélectionnée comme opérateur de formation pour deux organismes de formation des agents PMS en Fédération Wallonie-Bruxelles :

  • Le conseil de formation continue des centres PMS libres
  • Le conseil des Pouvoirs Organisateurs de l’Enseignement Officiel Neutre Subventionné

Sachant que par un arrêté de 2008, les agents PMS doivent être impérativement avertis de cas de harcèlement entre élèves à l’école, l’impact démultiplicateur de ces formations sera important dans les prochaines années pour améliorer la prise en charge des situations de harcèlement auprès des jeunes.

Des formations ont été réalisées en 2015 à Namur, Bruxelles et Mons pour 250 agents PMS.

Ces mêmes organismes nous ont réitérés leurs demandes pour 2015-2016 et 2016-2017.

Dispositifs anti-harcèlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Au début de l’année scolaire 2015-2016, le Ministère de l’Education, Culture et Enfance a proposé aux écoles, sur base de candidature, de bénéficier d’un soutien financier pour mettre en œuvre au sein de leurs établissements des dispositifs de prévention et d’intervention face aux harcèlements entre élèves.

Grâce aux projets soutenus par la Fondation Bernheim, nous avons directement été identifié comme opérateur de formation pour la médiation par les pairs tant dans le primaire que dans le secondaire. 17 écoles ont été sélectionnées pour la mise en œuvre de ce dispositif.

Formation continue des personnels de l’enseignement et des professionnels de l’éducation

A ce jour, plusieurs organismes de formation continue ont reconnu nos modules de formation « harcèlement entre élèves » et les ont intégrés dans leurs catalogues de formation : Institut de Formation Continue (IFC), APEF, ONE, Ville de Charleroi.

Pérennisation du projet soutenu par la Fondation Bernheim

Afin d’assurer la pérennité du projet rendu possible par la Fondation Bernheim, un programme de contacts avec les relais institutionnels et politiques est en cours afin de présenter les dispositifs de prévention et d’intervention face au harcèlement entre élèves aux responsables de l’enseignement primaire et secondaire et les premiers résultats d’impact obtenus.

Emission Point Barre : le harcèlement chez les jeunes

Frédéric Duponcheel, formateur à l’Université de Paix, était invité dans l’émission Point Barre consacrée au harcèlement entre jeunes du 01/06/2015, sur Canal C. Revoyez cette émission-débat ci-dessous.

Le harcèlement est un phénomène répandu qui touche toutes les écoles.
Aujourd’hui, ce phénomène est [parfois] amplifié par les réseaux sociaux. Sur le plateau, nous recevons victimes de harcèlement, parents, médiatrice scolaire ou encore représentant de l’Université de Paix qui met en place des « cellules [pour faire face au] harcèlement » dans les écoles.

Harcèlement à l’école, sur RTL+

Le 29 août 2013, un reportage sur le harcèlement à l’école dans l’émission RTL+ a été diffusé sur RTL TVI.

Alexandre Castanheira, Formateur à l’Université de Paix et spécialisé dans la problématique du harcèlement, y a expliqué le phénomène et les pistes de solutions à y apporter, en compagnie de Bruno Humbeeck.

Pour revoir l’émission (permalien) :

 

RTL+

Prévenir la violence chez les enfants et les ados

Violence physique, verbale, psychologique, institutionnelle… Qu’en est-il de ces violences à l’école, à la garderie, à la maison de quartier, au centre ou encore à la maison de jeunes aujourd’hui ? Comment agir ? Comment gérer et décoder la violence ? Comment encourager des enfants, des adolescents à adopter des comportements appropriés et non-violents lors de différends et leur permettre ainsi de jouir d’une meilleure qualité de vie ?

Prévenir la violence chez les enfants et les adolescents : que dire et que faire ?

Par Christelle Lacour, initialement publié en 2010, dans le trimestriel de l’Université de Paix.

Violence et besoins : des liens possibles

D’où vient cette violence chez les jeunes mise en avant par les médias ? La violence est un phénomène humain fortement lié à la frustration et donc a fortiori à l’insatisfaction d’un besoin. Ces considérations ont fait l’objet de la création d’un schéma à l’Université de Paix. Ce schéma, appelé « cercle de la frustration » ou « cercle de la violence », est basé sur les travaux de Paul-Henri Content (licencié en psychologie sociale, formateur pour adultes, superviseur et thérapeute en psychologie humaniste), inspiré lui-même par les théories du besoin en psychologie.

Prenons un exemple concret. Arthur dit à Jason : « Eh ça va la machine à calculer ? » (NDLR : boutons d’acné sur le visage) en regardant les autres avec le sourire. Jason se lève et dit, les poings serrés : « Tu vas me le payer ! ». Plus tard, Arthur constate que les pneus de son vélo sont crevés. Si nous suivons la logique circulaire du schéma ci-dessus, nous pouvons imaginer qu’au départ, le besoin non satisfait de Jason est le besoin de respect, voire d’acceptation ou d’intégration dans le groupe. Ce besoin en souffrance amène rapidement de la colère envers Arthur : les sourcils se froncent, le rythme cardiaque augmente et les poings de Jason se serrent. Cette colère se transforme en intention hostile : « Tu vas me le payer ! ». Et le passage à l’acte violent de Jason (crever les pneus du vélo) peut se justifier à ses yeux par l’humiliation publique d’Arthur. Il se fait justice lui-même, en quelque sorte. En amont de ce bout de conflit, comment expliquer la violence verbale d’Arthur ? Et quelles conséquences au fait d’avoir crevé ses pneus en représailles ? Cet acte provoquera sans doute la frustration d’autres besoins chez Arthur (avec le risque d’escalade que cela implique), sans pour autant satisfaire le besoin frustré au départ chez Jason, à savoir le respect ou le souhait d’être accepté dans le groupe. Dans ce cadre, nous pouvons envisager que la violence est l’expression dramatique d’un besoin non satisfait. Dramatique, car elle permet rarement de combler le besoin qu’elle tente de faire reconnaître ou soigner. Au contraire, la violence appelle la violence. D’où l’idée de cercle.

Se positionner : se protéger et écouter

Mais alors, comment réagir en tant qu’adulte dans cette situation ? Heureusement, il existe plusieurs portes de sortie pour faire de ce cercle vicieux un cercle vertueux. Remontons un peu dans le temps et arrêtons-nous juste après la réflexion d’Arthur sur les boutons de Jason. La première chose à faire est de se positionner physiquement à la fois pour se protéger (en gardant une certaine distance ou en s’asseyant) et à la fois pour manifester de la bienveillance face aux émotions exprimées maladroitement (en utilisant le regard, une voix posée et des gestes ouverts). Prendre Jason et/ou Arthur à part, en dehors du regard du groupe, peut aussi favoriser l’apaisement face à la situation.

La prise en charge de la frustration de Jason peut alors se faire de différentes manières. Il est possible de l’écouter activement, à la façon de Thomas Gordon (docteur en psychologie clinique, psychologue humaniste, pionnier dans la conceptualisation de la résolution des différends gagnant-gagnant ou sans perdant) : « Tu es fâché de te faire traiter de machine à calculer ?» ou «Tu es triste qu’Arthur dise cela devant tout le groupe en souriant ? ». Autre possibilité, exprimer sa désapprobation à Arthur de façon assertive : « Je suis fâché et je ne suis pas d’accord que tu dises cela à Jason. C’est une question de respect » (Pour aller plus loin : écoute active).

La méthode de médiation « SIREP »

L’adulte peut également utiliser la médiation, grâce à la méthode SIREP (méthode de médiation, détaillée dans Négocier, ça s’apprend tôt ! (1997), Namur : Université de Paix.) :

  • Stop pour gérer les émotions : «Je vous demande d’aller dans le coin émotions, de respirer comme nous l’avons appris, de faire tel exercice de décharge des émotions,… Quand vous vous sentirez mieux, nous pourrons reparler de cet événement.»
  • Identifier le problème : «Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui a été dit ou fait réellement ? Comment te sens-tu ? Qu’est-ce que ça te fait ?» Il est important de donner la parole alternativement à chaque partie au conflit et de faire écouter en silence et reformuler l’autre partie (pour vérifier qu’elle a compris). Par ailleurs, nettoyer les jugements permet de repartir des faits, base de discussion constructive en gestion de conflits.
  • Rechercher des solutions, les Évaluer pour en choisir une et Planifier la solution trouvée : « Que proposez-vous ? Quelle solution vous paraît la plus satisfaisante pour les deux ? Comment la mettre en œuvre : où, quand, comment, avec qui ? »

Un cadre sécurisant pour tous

L’écoute, l’expression assertive et la médiation sont particulièrement efficaces lorsque les choses semblent encore négociables, donc avant qu’un acte de violence verbale ou physique ait été posé.

Dans la sphère du « non négociable », il est par ailleurs intéressant de rappeler :

  1. la règle (exemple : « Je ne fais de mal ni à moi ni aux autres »).
  2. les sanctions possibles en cas de transgression : sanctions réparatrices en lien avec les conséquences de l’acte commis, comme s’excuser, reformuler les choses de façon acceptable, réparer les dégâts matériels causés, remplir une fiche de réflexion/réparation sur ce qui vient de se passer, etc.

Une fois l’acte de violence posé, il est très important de sanctionner, c’est-à-dire de faire assumer au jeune les conséquences de ses actions. Cette sanction n’empêche aucunement de faire un travail de fond, plus préventif comme celui qui est proposé précédemment : écouter, exprimer son point de vue adulte, inviter les parties à trouver des solutions, leur donner les moyens de décharger systématiquement leurs émotions…

Toutes ces techniques de communication constructives s’apprennent. Cet apprentissage demande du temps, c’est pourquoi l’Université de Paix a créé un programme de développement des habiletés sociales : « Graines de médiateurs II – Accompagner des enfants dans l’apprentissage de la gestion positive des conflits ».

Ce programme a été testé durant une vingtaine d’années dans plus de 200 groupes d’enfants et d’adolescents. Il consiste à accompagner les jeunes dans l’apprentissage des compétences qui permettent de prévenir la violence et de gérer les conflits. Grâce à « Graines de médiateurs », les jeunes apprennent à s’estimer, à faire confiance à l’autre, à prendre une place acceptable dans le groupe,… ces dimensions servant de piliers à l’édifice d’une paix solide et durable. Parallèlement, des équipes d’enseignants, d’éducateurs, de surveillants, de puéricultrices, d’animateurs suivent des formations leur permettant de remettre en question leurs attitudes et leurs pratiques adultes et de servir de modèle de référence «non violent» pour les jeunes qu’ils encadrent. La violence est un jeu qui se joue à plusieurs. Il est naturel qu’elle se déjoue à plusieurs également…