Programmes « adolescence » 2015

Programmes « Médiation entre jeunes » et « Harcèlement scolaire » 2015

Forts des apprentissages et évaluations annuelles de Graines de médiateurs et de l’expérience pilote (de Médiation entre jeunes 10-18 ans) menée en 2011-2012 dans plusieurs établissements secondaires, les programmes relatifs d’une part à la création d’équipes de médiateurs et d’autre part au harcèlement entre jeunes et dans les écoles s’appuient sur un travail de fond avec un maximum d’acteurs concernés par l’éducation.

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A la différence de Graines de médiateurs, le processus du programme « Médiation entre jeunes » concerne la création de cellules de médiation, avec des élèves et des adultes volontaires.

Les médiateurs peuvent assister leurs camarades à trouver ensemble des solutions, si ces derniers souhaitent résoudre les différends qui les opposent. Au-delà de l’autonomie vis-à-vis de leurs propres conflits, ils disposent également de clefs leur permettant d’apporter leur aide en tant que tiers-intervenant.

Dans un souci de continuité des cellules installées, les médiateurs-volontaires sont également formés à transmettre leurs connaissances.

Le harcèlement scolaire représente une forme de violence spécifique, à laquelle 10 à 16 % des jeunes seraient confrontés en tant que victimes. Plutôt que d’intervenir en situation de crise, le programme est davantage envisagé sur la prévention : donner les informations requises pour mieux comprendre le harcèlement, l’identifier et former les professionnels de l’école à des protocoles d’intervention efficace. Il s’agit donc de prévenir ce type de violence, mais aussi de l’enrayer et de (re)construire les relations et le climat de groupe par la suite.

L’un et l’autre programme se traduisent principalement par des actions de sensibilisation, des conférences d’information destinées entre autres aux parents, et des formations bénéficiant à l’ensemble de la communauté éducative.

Création d’un module de prévention du harcèlement à l’école

Afin d’élaborer les activités et les outils de prévention, l’équipe « ado » a rassemblé et identifié plus de 75 outils sur lesquels se baser pour construire les formations et animations de prévention. Parallèlement, une documentation a été constituée à partir de références théoriques récentes dans ce domaine : livres et études sur les thèmes du harcèlement et du cyber-harcèlement entre jeunes.

Cette phase a amené jusqu’à ce jour à élaborer :

  • Un programme de 4 jours de formation à destination des professionnels de l’enseignement visant les objectifs suivants :
    • Se construire une représentation du phénomène de harcèlement en le distinguant des autres formes de violences.
    • Distinguer les différents types de prévention, notamment pour éviter l’effet inverse des actions menées pour prévenir les faits de harcèlement.
    • Expérimenter des outils de prévention du harcèlement et autres formes de discrimination entre pairs :
      • Prendre conscience de la dynamique du phénomène d’exclusion basée sur la différence.
      • Comprendre le concept de stéréotype et se questionner sur ceux que je colle à des groupes et/ou des personnes.
      • Mieux comprendre ce que vivent les personnes exclues ou discriminées.
      • Constituer un groupe qui apprivoise les différences et apprend la coopération.
      • Identifier et expérimenter des actions pour intervenir dans les situations de harcèlement.
      • Découvrir et élaborer des dispositifs de prévention spécifiques du harcèlement entre pairs.
    • Un syllabus de formation pour les participants à la formation de 4 jours et la mise à disposition de nos supports pédagogiques.

La phase suivante de création a consisté, après avoir testé les animations de prévention auprès des jeunes, à  transposer, sur base de l’évaluation de cette expérience, les outils d’animation vers d’autres secteurs de la jeunesse : mouvements de jeunesse, maisons de jeunes, clubs sportifs, plaines de jeux, etc. Des lieux où les cas de harcèlement entre jeunes peuvent survenir aussi.

Formation à la prévention et à l’intervention d’adultes face au harcèlement entre élèves

Le programme de formation a démarré durant l’année scolaire 2014-2015 dans un premier groupe de 12 écoles. Il est mis en œuvre pour un second groupe (composé de 7 écoles) depuis la fin du premier trimestre 2015.

Animations à destination des élèves de secondaire dans une classe test par école

Ces animations sont mises en œuvre avec la présence de 3 enseignants et/ou éducateurs par classe. De cette manière, ils peuvent ensuite proposer ces animations dans d’autres classes de l’école avec d’autres adultes de l’équipe anti-harcèlement afin de démultiplier ce dispositif de prévention au sein de l’école.

Campagne de sensibilisation pour la prévention du harcèlement

L’Université de Paix reçoit et répond régulièrement à des demandes d’intervention en télévision ou dans la presse écrite. Cela constitue selon nous une autre manière d’attirer l’attention de tous les adultes sur une problématique importante pour promouvoir et préserver le bien-être des jeunes dans notre société. En outre, ces derniers mois, nous avons adapté nos outils de formation afin d’y intégrer des réponses et des outils face aux questionnements des professionnels concernant la socialisation sur les réseaux sociaux et en particulier, la problématique du cyber-harcèlement.

Amplification

Colloque « Harcèlement entre élèves : croisons nos pratiques »

La perspective ouverte par le financement du projet « Harcèlement » nous a permis d’intensifier notre recherche et notre travail sur ce thème. C’est pourquoi depuis le mois de mai 2013, nous participons à un groupe de travail (le Réseau Prévention Harcèlement) sur le harcèlement entre élèves qui regroupe différents experts en Fédération Wallonie-Bruxelles.

L’objectif de ce groupe de travail a été, dans un premier temps, de sensibiliser largement les professionnels de l’enseignement à cette problématique, ainsi que d’assurer des relais presse suffisants pour que les responsables politiques placent ce sujet à l’agenda des prochaines politiques de l’enseignement. Le 18 février 2014 un premier colloque participatif a été organisé à Bruxelles.

Le 12 novembre 2015 à Namur, le Réseau Prévention Harcèlement a organisé un deuxième colloque sous la thématique « Croisons nos pratiques ». Pour en savoir davantage.

Institutionnalisation

Formation des agents PMS

D’ores et déjà, l’Université de Paix a été sélectionnée comme opérateur de formation pour deux organismes de formation des agents PMS en Fédération Wallonie-Bruxelles :

  • Le conseil de formation continue des centres PMS libres
  • Le conseil des Pouvoirs Organisateurs de l’Enseignement Officiel Neutre Subventionné

Sachant que par un arrêté de 2008, les agents PMS doivent être impérativement avertis de cas de harcèlement entre élèves à l’école, l’impact démultiplicateur de ces formations sera important dans les prochaines années pour améliorer la prise en charge des situations de harcèlement auprès des jeunes.

Des formations ont été réalisées en 2015 à Namur, Bruxelles et Mons pour 250 agents PMS.

Ces mêmes organismes nous ont réitérés leurs demandes pour 2015-2016 et 2016-2017.

Dispositifs anti-harcèlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Au début de l’année scolaire 2015-2016, le Ministère de l’Education, Culture et Enfance a proposé aux écoles, sur base de candidature, de bénéficier d’un soutien financier pour mettre en œuvre au sein de leurs établissements des dispositifs de prévention et d’intervention face aux harcèlements entre élèves.

Grâce aux projets soutenus par la Fondation Bernheim, nous avons directement été identifié comme opérateur de formation pour la médiation par les pairs tant dans le primaire que dans le secondaire. 17 écoles ont été sélectionnées pour la mise en œuvre de ce dispositif.

Formation continue des personnels de l’enseignement et des professionnels de l’éducation

A ce jour, plusieurs organismes de formation continue ont reconnu nos modules de formation « harcèlement entre élèves » et les ont intégrés dans leurs catalogues de formation : Institut de Formation Continue (IFC), APEF, ONE, Ville de Charleroi.

Pérennisation du projet soutenu par la Fondation Bernheim

Afin d’assurer la pérennité du projet rendu possible par la Fondation Bernheim, un programme de contacts avec les relais institutionnels et politiques est en cours afin de présenter les dispositifs de prévention et d’intervention face au harcèlement entre élèves aux responsables de l’enseignement primaire et secondaire et les premiers résultats d’impact obtenus.

Emission Point Barre : le harcèlement chez les jeunes

Frédéric Duponcheel, formateur à l’Université de Paix, était invité dans l’émission Point Barre consacrée au harcèlement entre jeunes du 01/06/2015, sur Canal C. Revoyez cette émission-débat ci-dessous.

Le harcèlement est un phénomène répandu qui touche toutes les écoles.
Aujourd’hui, ce phénomène est [parfois] amplifié par les réseaux sociaux. Sur le plateau, nous recevons victimes de harcèlement, parents, médiatrice scolaire ou encore représentant de l’Université de Paix qui met en place des « cellules [pour faire face au] harcèlement » dans les écoles.

Prévenir la violence chez les enfants et les ados

Violence physique, verbale, psychologique, institutionnelle… Qu’en est-il de ces violences à l’école, à la garderie, à la maison de quartier, au centre ou encore à la maison de jeunes aujourd’hui ? Comment agir ? Comment gérer et décoder la violence ? Comment encourager des enfants, des adolescents à adopter des comportements appropriés et non-violents lors de différends et leur permettre ainsi de jouir d’une meilleure qualité de vie ?

Prévenir la violence chez les enfants et les adolescents : que dire et que faire ?

Par Christelle Lacour, initialement publié en 2010, dans le trimestriel de l’Université de Paix.

Violence et besoins : des liens possibles

D’où vient cette violence chez les jeunes mise en avant par les médias ? La violence est un phénomène humain fortement lié à la frustration et donc a fortiori à l’insatisfaction d’un besoin. Ces considérations ont fait l’objet de la création d’un schéma à l’Université de Paix. Ce schéma, appelé « cercle de la frustration » ou « cercle de la violence », est basé sur les travaux de Paul-Henri Content (licencié en psychologie sociale, formateur pour adultes, superviseur et thérapeute en psychologie humaniste), inspiré lui-même par les théories du besoin en psychologie.

Prenons un exemple concret. Arthur dit à Jason : « Eh ça va la machine à calculer ? » (NDLR : boutons d’acné sur le visage) en regardant les autres avec le sourire. Jason se lève et dit, les poings serrés : « Tu vas me le payer ! ». Plus tard, Arthur constate que les pneus de son vélo sont crevés. Si nous suivons la logique circulaire du schéma ci-dessus, nous pouvons imaginer qu’au départ, le besoin non satisfait de Jason est le besoin de respect, voire d’acceptation ou d’intégration dans le groupe. Ce besoin en souffrance amène rapidement de la colère envers Arthur : les sourcils se froncent, le rythme cardiaque augmente et les poings de Jason se serrent. Cette colère se transforme en intention hostile : « Tu vas me le payer ! ». Et le passage à l’acte violent de Jason (crever les pneus du vélo) peut se justifier à ses yeux par l’humiliation publique d’Arthur. Il se fait justice lui-même, en quelque sorte. En amont de ce bout de conflit, comment expliquer la violence verbale d’Arthur ? Et quelles conséquences au fait d’avoir crevé ses pneus en représailles ? Cet acte provoquera sans doute la frustration d’autres besoins chez Arthur (avec le risque d’escalade que cela implique), sans pour autant satisfaire le besoin frustré au départ chez Jason, à savoir le respect ou le souhait d’être accepté dans le groupe. Dans ce cadre, nous pouvons envisager que la violence est l’expression dramatique d’un besoin non satisfait. Dramatique, car elle permet rarement de combler le besoin qu’elle tente de faire reconnaître ou soigner. Au contraire, la violence appelle la violence. D’où l’idée de cercle.

Se positionner : se protéger et écouter

Mais alors, comment réagir en tant qu’adulte dans cette situation ? Heureusement, il existe plusieurs portes de sortie pour faire de ce cercle vicieux un cercle vertueux. Remontons un peu dans le temps et arrêtons-nous juste après la réflexion d’Arthur sur les boutons de Jason. La première chose à faire est de se positionner physiquement à la fois pour se protéger (en gardant une certaine distance ou en s’asseyant) et à la fois pour manifester de la bienveillance face aux émotions exprimées maladroitement (en utilisant le regard, une voix posée et des gestes ouverts). Prendre Jason et/ou Arthur à part, en dehors du regard du groupe, peut aussi favoriser l’apaisement face à la situation.

La prise en charge de la frustration de Jason peut alors se faire de différentes manières. Il est possible de l’écouter activement, à la façon de Thomas Gordon (docteur en psychologie clinique, psychologue humaniste, pionnier dans la conceptualisation de la résolution des différends gagnant-gagnant ou sans perdant) : « Tu es fâché de te faire traiter de machine à calculer ?» ou «Tu es triste qu’Arthur dise cela devant tout le groupe en souriant ? ». Autre possibilité, exprimer sa désapprobation à Arthur de façon assertive : « Je suis fâché et je ne suis pas d’accord que tu dises cela à Jason. C’est une question de respect » (Pour aller plus loin : écoute active).

La méthode de médiation « SIREP »

L’adulte peut également utiliser la médiation, grâce à la méthode SIREP (méthode de médiation, détaillée dans Négocier, ça s’apprend tôt ! (1997), Namur : Université de Paix.) :

  • Stop pour gérer les émotions : «Je vous demande d’aller dans le coin émotions, de respirer comme nous l’avons appris, de faire tel exercice de décharge des émotions,… Quand vous vous sentirez mieux, nous pourrons reparler de cet événement.»
  • Identifier le problème : «Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui a été dit ou fait réellement ? Comment te sens-tu ? Qu’est-ce que ça te fait ?» Il est important de donner la parole alternativement à chaque partie au conflit et de faire écouter en silence et reformuler l’autre partie (pour vérifier qu’elle a compris). Par ailleurs, nettoyer les jugements permet de repartir des faits, base de discussion constructive en gestion de conflits.
  • Rechercher des solutions, les Évaluer pour en choisir une et Planifier la solution trouvée : « Que proposez-vous ? Quelle solution vous paraît la plus satisfaisante pour les deux ? Comment la mettre en œuvre : où, quand, comment, avec qui ? »

Un cadre sécurisant pour tous

L’écoute, l’expression assertive et la médiation sont particulièrement efficaces lorsque les choses semblent encore négociables, donc avant qu’un acte de violence verbale ou physique ait été posé.

Dans la sphère du « non négociable », il est par ailleurs intéressant de rappeler :

  1. la règle (exemple : « Je ne fais de mal ni à moi ni aux autres »).
  2. les sanctions possibles en cas de transgression : sanctions réparatrices en lien avec les conséquences de l’acte commis, comme s’excuser, reformuler les choses de façon acceptable, réparer les dégâts matériels causés, remplir une fiche de réflexion/réparation sur ce qui vient de se passer, etc.

Une fois l’acte de violence posé, il est très important de sanctionner, c’est-à-dire de faire assumer au jeune les conséquences de ses actions. Cette sanction n’empêche aucunement de faire un travail de fond, plus préventif comme celui qui est proposé précédemment : écouter, exprimer son point de vue adulte, inviter les parties à trouver des solutions, leur donner les moyens de décharger systématiquement leurs émotions…

Toutes ces techniques de communication constructives s’apprennent. Cet apprentissage demande du temps, c’est pourquoi l’Université de Paix a créé un programme de développement des habiletés sociales : « Graines de médiateurs II – Accompagner des enfants dans l’apprentissage de la gestion positive des conflits ».

Ce programme a été testé durant une vingtaine d’années dans plus de 200 groupes d’enfants et d’adolescents. Il consiste à accompagner les jeunes dans l’apprentissage des compétences qui permettent de prévenir la violence et de gérer les conflits. Grâce à « Graines de médiateurs », les jeunes apprennent à s’estimer, à faire confiance à l’autre, à prendre une place acceptable dans le groupe,… ces dimensions servant de piliers à l’édifice d’une paix solide et durable. Parallèlement, des équipes d’enseignants, d’éducateurs, de surveillants, de puéricultrices, d’animateurs suivent des formations leur permettant de remettre en question leurs attitudes et leurs pratiques adultes et de servir de modèle de référence «non violent» pour les jeunes qu’ils encadrent. La violence est un jeu qui se joue à plusieurs. Il est naturel qu’elle se déjoue à plusieurs également…

Estime de soi avec les adolescents

Où Alex tente d’écrire un article sur l’estime de soi des adolescents…

Qu’est-ce que l’estime de soi ? En quoi est-elle importante pour notre qualité de vie  ? Dans notre relation avec les ados  ?

Développer l'estime de soi des adolescents

Ça y est, j’y suis en plein… Je veux dire dans la thématique de l’estime de soi (en général). Celle de nos ados, nous allons y venir dans quelques lignes.

Écrire un article –et ce pourrait être n’importe quel texte, rédaction, dissertation, résumé, future élocution ou allocution publique– suscite chez moi une double angoisse : celle de la page blanche et du regard de l’autre.

Quel lien avec l’estime de soi me direz-vous ? Qui plus est avec celle des ados ? Justement, il n’y a pas un lien, mais des liens ! Explications.

Cet article, cela fait un certain temps (ou un temps certain) que je me suis engagé à l’écrire. De fait, je vous l’avoue (mais ne le dites pas à Christine, notre Chargée de relations publiques), je procrastine. Que signifie ce drôle de mot ? La procrastination, c’est « la tendance à différer, à remettre au lendemain une décision ou l’exécution de quelque chose », c’est le fait de remettre quelque chose au lendemain.

Premier lien

La procrastination et l’estime de soi, c’est lié. Avec l’adolescence aussi d’ailleurs. « Suis-je capable d’écrire cet article ? Tellement de gens savants en ont rédigé d’autres avant moi, ne pourrais-je me limiter à renseigner quelques articles ou livres sur la question ? Que vont penser les lecteurs de cette feuille de chou ? A quelle sauce vais-je être évalué ? Et si le retour est négatif, qu’en sera-t-il de mon image ? ». Comme la nomme Marijke Bisschop dans son ouvrage « Ado ! As-tu confiance en toi ? », je suis en train de faire parler Néga. La voix d’un dialogue intérieur négatif, la voix de mes peurs, une voix qui risque d’être limitante et de repousser au plus loin le passage à l’action. Ce phénomène se produit chez les adultes comme chez les ados. Peut-être avec plus d’intensité chez les ados. Cela peut mener à procrastiner donc à ne pas agir, à ne pas oser se confronter à de nouvelles expériences, à de nouveaux savoirs. Et, au plus souvent cela se produira au plus l’estime de soi pourra en souffrir. Je peux m’en vouloir, me dévaloriser, me juger incapable et j’en passe. Le remède : passer à l’action, avancer petits pas par petits pas pour augmenter sa confiance en soi, se féliciter (ou être félicité par des proches) et… laisser parler une autre petite voix intérieure : Posi. Celle-ci encourage, soutient les efforts, la confiance en soi, la conviction que « je peux le faire ».

Par exemple, ce que je pourrais me dire pour cesser de reporter la rédaction de cet article serait : « j’ai tout de même étudié quelque peu la question, j’ai des outils et des expériences dans ce domaine que je pourrais partager avec les lecteurs, ce n’est pas la première fois que je suis amené à rédiger un article ou un texte de ce genre, etc. ». C’est une petite voix qui nous poussera toujours vers là où nous voulons aller. C’est une petite voix qui peut aider à faire grandir la confiance en soi. Imaginez-vous à 12, 14 ou 16 ans. Le cadre : l’école. Pour dans 1 mois, 2 mois ou 15 jours, vous êtes tenus de : (au choix) rédiger un début de roman de science-fiction de 5 pages, prononcer un discours devant toute la classe pendant au moins 3 minutes, mener un débat sur le nucléaire, interpréter une scène de Roméo et Juliette, etc. Qu’en disent Néga et Posi ?

Deuxième lien

Cette activité de rédaction met en jeu plusieurs composantes de l’estime de soi. La confiance en soi : puis-je forger dans mon esprit une prédiction réaliste et ponctuelle quant au fait que je possède les ressources nécessaires pour réaliser cette tâche ? Si oui, alors j’ai confiance en moi. Je vivrais dès lors suffisamment de sécurité intérieure pour me lancer dans cette aventure rédactionnelle. Si je parviens au bout de cette tâche, je vivrais peut-être un sentiment de réussite : « ça y est, je l’ai fait ! ». Et si le retour des lecteurs valide mes choix rédactionnels, je me sentirais compétent pour ce type de tâche. Et je vivrais en toute conscience, la satisfaction de me connaître, sinon de m’être découvert un peu plus qu’hier. Tout est lié. Ainsi l’estime de soi se développe autour de 4 composantes :

  • la confiance en soi (sentiment de sécurité),
  • la connaissance de soi (ou image de soi),
  • le sentiment d’appartenance
  • et le sentiment de compétence.

C’est en développant ces 4 éléments qu’un jour peut-être l’on peut parvenir au SACRE de l’estime de soi :

  • Sécurité
  • Appartenance
  • Connaissance de soi
  • Reussite

C’est dit, ce n’est pas pour autant que c’est simple. Particulièrement, à l’adolescence. Développer de la confiance en soi lorsque l’on vit une période de changements importants, c’est loin d’être gagné d’avance. L’adolescence est un âge bousculé par les transformations du corps (croissance, bouleversements hormonaux et sexuels), devenir pubère, capable de donner la vie, ce n’est pas rien ! D’autre part, l’adolescence, c’est aussi la capacité de réfléchir sur des concepts abstraits et dès lors, de voir la vie et les autres différemment. C’est encore des changements dans l’environnement : le passage à l’école secondaire. C’est enfin une période où, en prenant ses distances avec ses parents, l’adolescent tente de définir son identité propre : Qui suis-je ? D’où je viens ? Où je vais ? Quelle est ma place ? Quelle est ma valeur ? Rien de simple dans ces questions, et bien des préoccupations pour un âge passionné et passionnant.

Comment s’y prendre alors ? Et pour quelle utilité ? Développer l’estime de soi, c’est développer la conscience de la valeur personnelle que je me reconnais dans différents domaines de la vie (physique, intellectuel, social, professionnel, relations affectives et amoureuses, etc.). Il s’agit bien de « conscience » et de « reconnaissance ». Or pour re-connaître, il faut avoir connu, ce qui suppose d’agir, de se frotter à une diversité d’expériences. Et si un ado est conscient de sa valeur personnelle, il pourra plus facilement s’exprimer et s’affirmer, faire des choix personnels, prendre sa place dans un groupe, et se faire respecter en s’opposant aux agressions verbales ou physiques à son égard, tout en ayant du respect pour les autres.

Cela donne envie, n’est-ce pas ? Mais comment s’y prendre en tant qu’adulte en relation avec un jeune ou un groupe de jeunes ?

C’est précisément ce qui me semble difficile à décrire en quelques pages. Néanmoins, en lisant jusqu’ici, vous avez déjà glané quelques informations. Mais comment aller plus loin ?

Je peux évoquer avec vous quelques attitudes fondamentales et vous inviter à trouver d’autres moyens qui vous conviennent : lire et se documenter (voir la bibliographie ci-dessous), suivre des formations, expérimenter de nouvelles attitudes ou manière de communiquer, en parler avec les jeunes que vous côtoyez,…

First of all : en parallèle à toute autre démarche, ayez vous-même une estime de soi juste et vraie ou développez-la ! C’est plus facile de favoriser la confiance en soi d’un ado si moi-même, je vis la confiance en moi en tant qu’adulte ou que je suis en mesure de gérer mon stress.

Ensuite, une citation à transmettre aux jeunes : « Là où sont mes pieds, je suis à ma place ». Amener à prendre conscience que par le seul fait d’exister, j’ai une place en ce monde et je m’affirme. Je peux apporter au monde quelque chose d’unique en étant à la fois semblable et différent de tous les autres. Alors, allez-y, partez à la découverte de vous et des jeunes que vous côtoyez de mille et une façons : en jouant, en créant, en dessinant, en chantant, en expérimentant,… De temps en temps, mettez des lunettes Posi qui valorisent, qui donnent de la reconnaissance sur les qualités, les compétences, les efforts de vos jeunes, qui félicitent, qui encouragent (« Bravo pour ton énergie durant l’entraînement d’aujourd’hui, si tu continues à t’entraîner comme cela, tu feras une belle prestation le jour J ! »).

En effet, la connaissance de soi grandit d’autant plus que le jeune se sent aimé et apprécié, écouté et compris par les adultes. Entre autre, l’écoute et la reformulation sans jugement sont importantes parce que les ados ont tendance à parler pour élaborer leur pensée. C’est en disant qu’ils prennent conscience de ce qu’ils pensent et qu’ils construisent leur représentation du monde, des autres, de la vie. Le fait de reformuler ou d’écouter activement les propos d’un jeune va l’aider à prendre conscience de qui il est et de ce qu’il pense et à poursuivre son cheminement dans la construction de son identité.

Et l’appartenance alors ? Le besoin de sentir rattaché est essentiel à l’adolescence : trouver sa place dans sa famille, à l’école, dans un groupe d’ami(e)s. En tant qu’adulte, parent ou enseignant, nous sommes généralement soucieux que cela se passe bien pour nos jeunes dans les groupes qu’ils côtoient ou qu’ils forment (club de sport, mouvement de jeunesse, maison de jeunes, bande,…). Comment s’assurer de cela ? Parmi d’autres moyens, nous, adultes, nous pouvons favoriser certaines manières de vivre en groupe à l’école ou dans la famille :

  • favoriser l’empathie et la coopération en encourageant le partage et l’aide mutuelle, en leur apprenant à résoudre leurs conflits gagnant-gagnant, en les aidant à devenir plus sensible à l’autre (lorsqu’un jeune peut identifier ses émotions et ses besoins, il peut aussi comprendre que les comportements des autres sont liés à des émotions et des besoins)
  • relier les jeunes entre eux et avec le groupe en réalisant des activités collectives (projets, jeux coopératifs, activités communes, photos de groupe, décoration d’un local,…), en prévoyant un lieu et un temps pour parler avec les jeunes du fonctionnement de la vie du groupe (classe, famille,…), en donnant une place à chacun (via une roue des responsabilités, un rôle tournant, des félicitations, etc.).

Permettre aux jeunes de vivre une vie de groupe, de famille, de classe où s’expérimentent ces éléments, c’est favoriser une manière de vivre et de faire ensemble qui donne et respecte la place de chacun. C’est aussi offrir des modèles de vie de groupe qui influenceront les jeunes dans leur vivre ensemble.

L’air de rien (enfin, j’essaie), j’ai évoqué avec vous des attitudes qui favorisent le développement de l’estime de soi dans 4 directions : confiance en soi, connaissance de soi, sentiment de compétence et sentiment d’appartenance. Ce sont bien des évocations. Pour aller plus loin, je vous invite à consulter les références bibliographiques de cet article. Et, pour terminer, j’ai envie de vous proposer un petit exercice.

Vous souhaitez développer l’estime de soi des jeunes que vous côtoyez et plus concrètement, mettre en place 10 actions concrètes pour favoriser l’estime de soi des ados? Fort bien. Je vous propose alors d’expérimenter la technique des « petits pas ».  Prenez une grande feuille A3, notez l’objectif à atteindre en haut de la page et tracez, dessinez le chemin à parcourir. Ensuite, identifiez une action concrète, précise, atteignable par vous-même, réaliste, en lien avec l’objectif, que vous noterez sur un « petit pas ». Réalisez cette action. C’est fait ? Bravo, vous avez le droit de coller le « petit pas » sur votre chemin. Et ainsi de suite jusqu’à ce que votre objectif soit atteint.

La méthode des « petits pas » vous plait ? Magnifique, sachez qu’elle est applicable avec des ados dans des tas de contexte (école, famille, groupes d’activités, etc.).

Le mot de la fin : « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas », Lao-Tseu.

Ça me rappelle furieusement le début de cet article, et vous ?

Bonne route !

Comment gérer les conflits avec les jeunes?

Comment prévenir la violence avec les adolescents ?

Quelles pistes pour gérer les conflits positivement avec les adolescents ? Et comment les outiller pour qu’eux-mêmes gèrent au mieux les conflits avec leurs pairs ? S’offrir un espace de découverte et d’expérimentation d’outils à utiliser avec et entre les adolescents, pour tenter de les accompagner dans cette période de transformations multiples qu’ils vivent, voilà ce que nous vous proposons au travers des objectifs suivants :

Objectifs

Après avoir pris conscience des conditions et des limites de la médiation, les participants utiliseront la technique de l’ASIREP, permettant de négocier avec le jeune ou d’intervenir comme tiers dans un conflit entre jeunes :

  • Accueil : mettre en place un cadre sécurisant pour débuter la médiation.
  • Stop (se calmer) : expérimenter des techniques de gestion corporelle des émotions.
  • Identifier le problème : transformer un jugement en message clair (faits qui posent problème et émotions).
  • Rechercher, Evaluer les solutions et Planifier l’action concrètement.

Contenu

  • Utiliser des techniques d’ancrage et de décharge des tensions, inspirées du yoga.
  • S’exprimer en message clair.
  • Ouvrir le champ des solutions grâce au brainstorming et au CQFD (Censure abolie – Quantité souhaitée – Farfelu bienvenu – Démultiplication des idées).
  • Poser les questions permettant de planifier l’action selon la technique du CQQCOQP (Comment – Quoi – Qui – Combien – Où – Quand – Pourquoi).

Référents théoriques (e.a.) : Thomas Gordon, Dominique Chalvin, Marshall Rosenberg.

Méthodologie

  • Partage d’expériences personnelles
  • Mises en situation et jeux de rôle
  • Élaboration collective de pistes d’action
  • Apports théoriques sur base des connaissances intuitives du groupe et du vécu des participants dans les activités proposées
Personnes concernées : Toute personne ayant en charge un ou plusieurs jeune(s) ou groupe(s) de jeune(s) d’au moins 12 ans (parents, éducateurs, animateurs, enseignants, psychologues, médiateurs scolaires…)

Groupe : de 12 à 18 personnes

Durée : en 2 à 4 journées

Formation possible sur mesure, à la demande