bouc émissaire

Harcèlement jeunes : comprendre, identifier, agir

Harcèlement entre jeunes : comprendre, identifier, agir

Intimidation, (cyber)harcèlement, bouc émissaire, « bullying », rejet social… Les mots ne manquent pas pour désigner les diverses formes de violence entre jeunes. Pourtant, en ce qui concerne le harcèlement, le phénomène est souvent sous-estimé, voire ignoré, alors que ses conséquences peuvent s’avérer graves. Que faire ? Comment appréhender ce phénomène ?

Objectifs

  • Se construire une représentation du phénomène de harcèlement en le distinguant des autres formes de violences
  • Distinguer les différents types de prévention notamment pour éviter l’effet inverse des actions menées pour prévenir les faits de harcèlement
  • Expérimenter des outils de prévention du harcèlement et autres formes de discriminations entre pairs :
    • Prendre conscience de la dynamique du phénomène d’exclusion basée sur la différence
    • Comprendre le concept de stéréotype et se questionner sur ceux que je colle à des groupes et/ou à des personnes
    • Mieux comprendre ce que vivent les personnes exclues ou discriminées
    • Constituer un groupe qui apprivoise les différences et apprend la coopération
  • Identifier et expérimenter des actions pour intervenir dans les situations de harcèlement
  • Découvrir et élaborer des dispositifs de prévention spécifique du harcèlement entre pairs

Contenu

Les apports théoriques de la formation viseront à outiller les participants pour mieux comprendre le harcèlement entre ados, ses conséquences, sa dynamique particulière en tant que phénomène de groupe. La question de l’identification du phénomène par rapport à d’autres formes de violence sera aussi étudiée. L’accent sera mis par ailleurs sur les différents types d’actions de prévention pour tous les acteurs du groupe, toujours dans une perspective globale qui consiste d’abord à rechercher et à agir pour favoriser le bien-être de chacun.

Les activités et exercices pratiques seront axés dans un premier temps sur le climat du groupe et de l’institution (bien-être, confiance et coopération). Dans un deuxième temps, l’accent sera mis sur des activités de sensibilisation spécifique au harcèlement et à différentes formes de discrimination. Enfin, le troisième aspect de la pratique portera sur des techniques d’intervention : la méthode du groupe d’entraide.

Référents théoriques (e.a.) : Dan Olweus, Éric Debarbieux, Nicole Catheline, Jean-Pierre Bellon, Bertrand Gardette, Benoit Galand, Georges Robinson & Barbara Maines, Christina Salmivalli, G. Deboutte.

Méthodologie

  • Approche expérientielle (learning-by-doing) pour les outils et techniques de prévention et d’intervention
  • Apports théoriques
  • Supports et techniques variés : activités ludiques, corporelles, supports « médias », questionnaires…
  • Exercices pratiques pour tester et intégrer les techniques d’entretien individuel ou en groupe
Personnes concernées : Toute personne intervenant avec des groupes de jeunes de 10 à 18 ans 

Groupe : de 12 à 18 personnes

Durée : 3 journées de 9h30 à 17h00

Date : Mardi 14, jeudi 23 & vendredi 31 janvier 2014, avec Alexandre Castanheira & Gilles Fossion – Référence : 1402

Lieu : Université de Paix

Prix, syllabus compris :

  • 240 euros
  • 210 euros (Membre adhérent UP)
  • 300 euros (Organisation)

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires

Stop au harcèlement à l’école

En ce début du mois d’avril 2013, le magazine Femmes d’aujourd’hui a consacré un article concernant la thématique du harcèlement à l’école.

Dans ce cadre, Alexandre Castanheira (formateur à l’Université de Paix) a présenté quelques pistes à la journaliste Christelle Gilquin pour mieux comprendre le harcèlement, le prévenir et agir lorsque ce phénomène survient…

Concernant le harcèlement à l’école, Alexandre Castanheira est également intervenu lors d’une émission de Sans Chichis, en janvier 2013.

Gérer les conflits… Sans chichis

Le mercredi 21 novembre 2012, l’émission Sans Chichis a consacré son dossier à la gestion de conflits, plus spécifiquement avec les jeunes.

Christelle Lacour, psychologue et formatrice à l’Université de Paix, était l’invitée de cette émission. Aux cotés de Joëlle et d’Adrien, elle a brièvement présenté plusieurs astuces et conseils pratiques permettant d’aborder autrement le conflit au quotidien.

Dans ce cadre, elle a expliqué la technique dite du « SIREP » (prendre un temps pour dire Stop / Se calmer et gérer les émotions, Identifier le problème, Rechercher des solutions, les Évaluer ensemble et Planifier l’action) et mentionné des méthodes pour s’apaiser et canaliser ses tensions, offrir une écoute qui convienne (synchronisation ou désynchronisation non verbale) ou encore exprimer clairement un problème  (distinction entre les faits observables et les jugements…).

Vous pouvez revoir la séquence vidéo sur le site de la RTBF/SansChichis : Sans Chichis – Gestion de conflits avec et entre jeunes

Christelle contribue au fonctionnement de cellules de médiation entre jeunes dans plusieurs écoles secondaires. Pour obtenir davantage d’informations sur ces actions ou approfondir l’une ou l’autre thématique, vous pouvez consulter la page concernant nos actions avec les jeunes, ainsi que les pages relatives à nos formations, pour adultes.

Bouc émissaire dans La Lettre Eduquer à la NV

Dans La Lettre Eduquer à la NonViolence et à la Paix n°21, Christelle Lacour, formatrice à l’Université de Paix, explique le phénomène du bouc émissaire, et donne quelques pistes d’activités pour travailler ce thème…

Comment réagir face au phénomène du bouc émissaire ?

Par Christelle Lacour – Licenciée et agrégée en Psychologie, Formatrice à l’Université de Paix asbl.

Le 28 avril 2011, l’Université de Paix a dispensé sa première formation sur le phénomène du bouc émissaire. Nous sommes partis de l’idée que ce problème est groupal et avons par conséquent proposé aux participant(e)s de réfléchir, travailler et expérimenter cette question de manière groupale…

Des personnes de tous bords étaient présentes : des enseignants, des animateurs pour jeunes, des travailleurs sociaux estimant vivre un cas de bouc émissaire dans leur équipe de travail, une médiatrice scolaire confrontée à ce problème dans les écoles dont elle s’occupe, des parents…

« C’est quoi un bouc émissaire ? » a été la première question que nous leur avons posée, Alexandre Castanheira et moi-même. En sous-groupes, les participants ont discuté et rapporté leurs représentations sur ce phénomène, ses causes et ce qui les amenait en formation ce jour-là. Suite à cela, une définition a été proposée :

« Le bouc émissaire est celui que le groupe rend responsable de tout ce qui ne va pas. Il remplit un rôle de cohésion en polarisant sur lui l’agressivité. Le bouc émissaire permet aussi aux autres de transgresser des règles : c’est lui qui portera le chapeau ».

Le bouc émissaire serait donc le symptôme d’un dysfonctionnement groupal : un phénomène de groupe, à travailler en groupe donc !

Nous avons dès lors proposé aux participants de vivre plusieurs situations de rejet social de manière ludique et d’en tirer leurs conclusions.

Dans une des activités, les participants ont disposé d’une minute pour trouver un « abri antiatomique » de la couleur correspondant à une gommette apposée sur leur front. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’une des participantes avait une gommette de couleur différente, ne correspondant à aucun abri. Elle a littéralement explosé au terme de la minute, puisqu’aucun groupe ne l’a accueillie dans son abri.

Dans un autre exercice, une étiquette positive ou négative (ex. sympathique, agressif, intello, …) a été attribuée à chaque membre du groupe. Ils ont ensuite du choisir de s’asseoir par quatre dans une « cafétéria » improvisée dans l’espace. Le constat était simple : les personnes ayant des étiquettes positives se retrouvaient entre elles et les participants avec une étiquette négative s’asseyaient entre eux, par défaut le plus souvent.

Dans un troisième temps, les participants ont eu l’occasion de trouver un maximum de solutions concrètes face à une situation dans laquelle un jeune était victime d’intimidation. Sur base d’une planche de bande dessinée, diverses suggestions ont été émises : faire des animations pour créer du lien, clarifier les règles et sanctionner automatiquement, faire de la sensibilisation à travers une campagne (ex. en diffusant un film traitant du thème du rejet social ou de l’intimidation), donner un rôle positif au brimeur et/ou au bouc afin de changer la dynamique, …

Lors d’une dernière rencontre en sous-groupes, nous avons expérimenté la technique de l’analyse fonctionnelle. Voici les étapes de cette méthode :

  • nommer le problème (qu’est-ce qui se passe ? comment je me sens ?) ;
  • évaluer si gérer cette situation fait partie de mon mandat professionnel ou personnel ;
  • créer un sociogramme pour situer qui est concerné par le problème et les relations entre les personnes ;
  • imaginer des pistes, les évaluer et en choisir en fonction de leurs avantages, inconvénients et risques.

Chacun(e) est reparti(e) de cette session avec des clés de lecture et des idées plein la tête. Non seulement leur vision du phénomène s’est clarifiée (cette vision a changé, ont dit certains), mais en plus les moyens d’action leur ont paru plus nombreux pour gérer ou vivre avec l’existence d’un bouc émissaire.

Retrouvez cet article dans le PDF de La Lettre Éduquer à la Nonviolence

La Lettre Eduquer à la Nonviolence et à la Paix n°21