Stop au harcèlement à l’école

En ce début du mois d’avril 2013, le magazine Femmes d’aujourd’hui a consacré un article concernant la thématique du harcèlement à l’école.

Dans ce cadre, Alexandre Castanheira (formateur à l’Université de Paix) a présenté quelques pistes à la journaliste Christelle Gilquin pour mieux comprendre le harcèlement, le prévenir et agir lorsque ce phénomène survient…

Concernant le harcèlement à l’école, Alexandre Castanheira est également intervenu lors d’une émission de Sans Chichis, en janvier 2013.

Gérer les conflits… Sans chichis

Le mercredi 21 novembre 2012, l’émission Sans Chichis a consacré son dossier à la gestion de conflits, plus spécifiquement avec les jeunes.

Cliquez sur l'image pour voir la séquence de Sans Chichis

Christelle Lacour, psychologue et formatrice à l’Université de Paix, était l’invitée de cette émission. Aux cotés de Joëlle et d’Adrien, elle a brièvement présenté plusieurs astuces et conseils pratiques permettant d’aborder autrement le conflit au quotidien.

Dans ce cadre, elle a expliqué la technique dite du « SIREP » (prendre un temps pour dire Stop / Se calmer et gérer les émotions, Identifier le problème, Rechercher des solutions, les Évaluer ensemble et Planifier l’action) et mentionné des méthodes pour s’apaiser et canaliser ses tensions, offrir une écoute qui convienne (synchronisation ou désynchronisation non verbale) ou encore exprimer clairement un problème  (distinction entre les faits observables et les jugements…).

Vous pouvez revoir la séquence vidéo sur le site de la RTBF/SansChichis : Sans Chichis – Gestion de conflits avec et entre jeunes

Christelle contribue au fonctionnement de cellules de médiation entre jeunes dans plusieurs écoles secondaires. Pour obtenir davantage d’informations sur ces actions ou approfondir l’une ou l’autre thématique, vous pouvez consulter la page concernant nos actions avec les jeunes, ainsi que les pages relatives à nos formations, pour adultes.

Recherche-action sur le harcèlement à l’école

Campagne I'm not scared

Projet I'm not scaredLe harcèlement à l’école représente un défi important auquel tous les systèmes éducatifs européens doivent faire face. Afin de trouver des solutions à ce problème, la Commission européenne finance le projet « I’m not scared » dans le cadre du programme d’apprentissage tout au long de la vie.

Ce projet, coordonné pour la Belgique par Inforef, se décline en 4 activités :

  • Collecte d’informations

Une base de données a été créée et propose une liste de publications traitant du phénomène d’intimidation disponible dans les 9 pays partenaires et d’initiatives pour prévenir et lutter contre les brimades à l’école.

  • Études de cas

Des situations de brimades sont analysées selon le point de vue des différents acteurs impliqués dans l’événement d’intimidation : les victimes, les élèves intimidants, d’autres étudiants, les enseignants, les directeurs d’école, les parents des élèves concernés, des intervenants extérieurs (experts, décideurs politiques,…).

  • Rapport transnational

Un rapport transnational soulignera les similitudes et les principales différences de prévention et de lutte contre les brimades à l’école.

  • Stratégie européenne de lutte contre l’intimidation

Au terme de ce projet, une stratégie de mise en œuvre de lutte contre l’intimidation, les brimades, le harcèlement,… sera développée et proposée au niveau européen.

L’Université de Paix participe à cette recherche-action depuis mai 2011.

Les autres partenaires sont : Zinev Technologies Art (Bulgarie) – Zentrum für Forschung empirische Pädagogische & Universität Koblenz-Landau (Allemagne) – École de ASPETE    éducation pédagogique et technologique (Grèce) – Connectis & Istituto di Istruzione Superiore Don Lorenzo Milani (Italie) – Université Technologique de Kaunas (Lituanie) – EuroEd Fondation (Roumanie) – Université de Séville (Espagne) – Wilsthorpe Community School (Royaume-Uni).

En savoir plus sur le site d’I’m not scared.

Campagne I'm not scared

Avec Inforef.

Logo Inforef

Bouc émissaire dans La Lettre Eduquer à la NV

Dans La Lettre Eduquer à la NonViolence et à la Paix n°21, Christelle Lacour, formatrice à l’Université de Paix, explique le phénomène du bouc émissaire, et donne quelques pistes d’activités pour travailler ce thème…

Comment réagir face au phénomène du bouc émissaire ?

Par Christelle Lacour – Licenciée et agrégée en Psychologie, Formatrice à l’Université de Paix asbl.

Le 28 avril 2011, l’Université de Paix a dispensé sa première formation sur le phénomène du bouc émissaire. Nous sommes partis de l’idée que ce problème est groupal et avons par conséquent proposé aux participant(e)s de réfléchir, travailler et expérimenter cette question de manière groupale…

Des personnes de tous bords étaient présentes : des enseignants, des animateurs pour jeunes, des travailleurs sociaux estimant vivre un cas de bouc émissaire dans leur équipe de travail, une médiatrice scolaire confrontée à ce problème dans les écoles dont elle s’occupe, des parents…

« C’est quoi un bouc émissaire ? » a été la première question que nous leur avons posée, Alexandre Castanheira et moi-même. En sous-groupes, les participants ont discuté et rapporté leurs représentations sur ce phénomène, ses causes et ce qui les amenait en formation ce jour-là. Suite à cela, une définition a été proposée :

« Le bouc émissaire est celui que le groupe rend responsable de tout ce qui ne va pas. Il remplit un rôle de cohésion en polarisant sur lui l’agressivité. Le bouc émissaire permet aussi aux autres de transgresser des règles : c’est lui qui portera le chapeau ».

Le bouc émissaire serait donc le symptôme d’un dysfonctionnement groupal : un phénomène de groupe, à travailler en groupe donc !

Nous avons dès lors proposé aux participants de vivre plusieurs situations de rejet social de manière ludique et d’en tirer leurs conclusions.

Dans une des activités, les participants ont disposé d’une minute pour trouver un « abri antiatomique » de la couleur correspondant à une gommette apposée sur leur front. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’une des participantes avait une gommette de couleur différente, ne correspondant à aucun abri. Elle a littéralement explosé au terme de la minute, puisqu’aucun groupe ne l’a accueillie dans son abri.

Dans un autre exercice, une étiquette positive ou négative (ex. sympathique, agressif, intello, …) a été attribuée à chaque membre du groupe. Ils ont ensuite du choisir de s’asseoir par quatre dans une « cafétéria » improvisée dans l’espace. Le constat était simple : les personnes ayant des étiquettes positives se retrouvaient entre elles et les participants avec une étiquette négative s’asseyaient entre eux, par défaut le plus souvent.

Dans un troisième temps, les participants ont eu l’occasion de trouver un maximum de solutions concrètes face à une situation dans laquelle un jeune était victime d’intimidation. Sur base d’une planche de bande dessinée, diverses suggestions ont été émises : faire des animations pour créer du lien, clarifier les règles et sanctionner automatiquement, faire de la sensibilisation à travers une campagne (ex. en diffusant un film traitant du thème du rejet social ou de l’intimidation), donner un rôle positif au brimeur et/ou au bouc afin de changer la dynamique, …

Lors d’une dernière rencontre en sous-groupes, nous avons expérimenté la technique de l’analyse fonctionnelle. Voici les étapes de cette méthode :

  • nommer le problème (qu’est-ce qui se passe ? comment je me sens ?) ;
  • évaluer si gérer cette situation fait partie de mon mandat professionnel ou personnel ;
  • créer un sociogramme pour situer qui est concerné par le problème et les relations entre les personnes ;
  • imaginer des pistes, les évaluer et en choisir en fonction de leurs avantages, inconvénients et risques.

Chacun(e) est reparti(e) de cette session avec des clés de lecture et des idées plein la tête. Non seulement leur vision du phénomène s’est clarifiée (cette vision a changé, ont dit certains), mais en plus les moyens d’action leur ont paru plus nombreux pour gérer ou vivre avec l’existence d’un bouc émissaire.

Retrouvez cet article dans le PDF de La Lettre Éduquer à la Nonviolence

La Lettre Eduquer à la Nonviolence et à la Paix n°21