COJ

#SemaineGDM : ils l’ont annoncée

La Semaine événementielle Graines de médiateurs du mois de mars 2015 (#SemaineGDM, consacrée au Programme GDM) a été annoncée par plusieurs titres de presse associative ou spécialisée dans le domaine de l’éducation, notamment le magazine PROF (via le site de la CFWB – enseignement.be), la COJ, la FFEDD, la FAPEO, le site « Le Point Médiation »… Elle était également répertoriée auprès de plusieurs partenaires tels que l’IFC, l’ONE, Article27 et la Ville de Namur…

Merci à eux et à tous ceux qui ont contribué au succès des multiples événements qui ont rythmé cette semaine ! Plusieurs échos et articles de fond suivront…

La COJ fête ses 40 ans

Il y a 40 ans, en 1975, la COJ voyait le jour, désireuse de créer une alternative à une appartenance (pilier politique) qu’offraient alors les fédérations d’OJ existantes…

 

Au fil du temps, elle a accueilli les OJ – 35 aujourd’hui – qui se voulaient indépendantes et pluralistes. 2015 va donc rimer avec anniversaire à travers un vaste programme de nos 40 ans. Au menu de notre anniversaire : trois grands volets, interconnectés. Un axe politique construit avec nos OJ sur le thème de « Jeunes et Politique ». Qu’entend-on par politique ? Ne parle-t-on pas plutôt de société ? Quelle est la place du Jeune dans la société ? Des questions et discussions qui se cogitent actuellement au sein d’un atelier politique. Deuxièmement, la COJ met en valeur 40 activités de ses OJ sur 2015 estampillées aux couleurs des « 40 ans de la COJ ». L’occasion durant l’année 2015 de nous retrouver au fil des 40 activités, 40 bougies à souffler parmi nos OJ. Dernière chose, et non des moindres, le 40ème anniversaire de la COJ sera marqué par le «Festival Jeunes» cet été dans le cadre des festivités de « Mons 2015, capitale européenne de la culture ».

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Yamina Ghoul, COJ

L’Université de Paix est membre de la Confédération des Organisations de Jeunesse (COJ).

Entretien avec Yamina Ghoul, Secrétaire générale de la Confédération des Organisations de Jeunesse

Propos recueillis par Christine Cuvelier et initialement publiés dans le trimestriel n°83, en 2003.

1) Si nous te demandons de te présenter brièvement, que nous dis-tu ?

Je suis issue d’une famille d’immigrés algériens. Mes parents ont débarqué par la force des choses en Belgique vu que papa a été fait prisonnier par les Allemands pendant la deuxième guerre mondiale. (Pour rappel, l’Algérie était française jusqu’en 1962.). Libéré et remis aux français, il est délicatement dirigé vers les charbonnages du fin fond du Borinage. Ma mère le rejoint en 1954. J’ai 4 sœurs et un frère. Mon parcours scolaire est très correct mais trop court car à 18 ans je décide de travailler pour permettre à papa de se reposer. Aujourd’hui, je suis mariée et maman de deux enfants, Nabila et Sofien.

2) Peux-tu nous parler de ton parcours depuis ton arrivée à la COJ, il y a 20 ans ?

Je débarque à la COJ après 8 années d’expérience dans une ambassade où je côtoyais Ambassadeurs, Ministres, Chefs d’Etat… Le secteur associatif m’est tout à fait inconnu.

La COJ est située rue du Luxembourg dans des locaux plus que vétustes. Heureusement la COJ déménage 15 jours plus tard au 8, rue Traversière proche du Botanique.

Vu mes origines et ma culture, il ne m’avait pas été possible jusque là de m’impliquer dans le milieu associatif. Je pense que, depuis 20 ans, je me suis rattrapée même si c’est comme permanente d’une confédération ! Ce secteur ne m’a apporté et ne m’apporte que du bonheur : au niveau des relations, de collaborations, et de l’amitié. Ce secteur m’a permis aussi  tout au long de mon parcours de me former – d’apprendre – de comprendre.

3) Et s’il fallait parler de la COJ 2003…

La COJ avait à peine 8 ans quand j’y suis entrée. A 28 ans, je la trouve adulte – mature – créative….  En ce qui concerne le rôle de la COJ vis-à-vis de ses OJ membres de tout temps, elle a été un balancier entre les services à rendre à l’« intérieur » (soutien dans l’élaboration de dossiers, par exemple) et la notoriété à asseoir à l’« extérieur » (crédibilité, fiabilité, etc.). Sans doute gardera-t-elle encore longtemps ce rôle !

L’association est pluraliste et indépendante de tout courant confessionnel, philosophique ou politique. Elle a pour buts :

  • de promouvoir toute action, projet, service qui permet aux jeunes de développer les valeurs de solidarité et d’accéder à l’autonomie et de poser des choix  pour un engagement responsable dans la société ;
  • de défendre le mouvement associatif, ses associations membres et les jeunes en particulier ainsi que de coordonner les moyens et les objectifs de ses associations membres ;
  • de promouvoir la place effective des jeunes dans la société, notamment dans les domaines sociaux, économiques et culturels ;
  • de promouvoir, défendre et infléchir une politique de jeunesse intégrant le développement d’une société qui favorise l’exercice de la participation active, individuelle et collective des jeunes à tous les niveaux, dans le respect des libertés démocratiques.

En 2003, la COJ occupe plusieurs mandats qui sont loin d’être des moindres : la présidence du Conseil de la Jeunesse d’Expression Française (CJEF), de la Commission Défense des Organisations de Jeunesse (DOJ), de celle des Centres et Maisons de Jeunes (CCMCJ),… La COJ a encore de belles années devant elle pour continuer de mener à bien ses missions, ouvrir de nouveaux chantiers, spécifiquement en matière de formation, de publications et d’écoute de la parole des jeunes, sans oublier son action de soutien et d’orientation des Oj existantes ou émergentes. Il est important de souligner que la COJ ne se compose pas d’une seule personne, c’est aussi une équipe de 7 travailleurs au service des organisations de jeunesse membres.

4)  Une rencontre, un projet ou une expérience qui t’a marqué ?

D’abord le 4 avril dernier, une grande surprise m’attendait. Vous fêtiez mes 20 ans (de COJ, puisqu’en réalité, je n’en ai que 18 !) avec une soixantaine de vrais amis : de petits, des grands, des durs, des mous, des ridés, des chevelus à long cou… Avec à la clef un totem (une Première, pour moi ) : « Choucas se bat » (prononcé très vite… c’est bon comme là-bas, dis). Et dire que j’ai évité « Grive la Gaillarde » !

Sur 20 ans, certaines années ont été plus difficiles que d’autres ; dans ce cas, j’ai tenté d’en tirer des leçons et de n’en retenir que les bons souvenirs… C’est le coup de fil de Cécile Gouzée (secrétaire Générale de la COJ à l’époque) pour m’annoncer que je suis engagée le 3 mars 1983. C’est ma nomination en tant que secrétaire générale adjointe en 1987. C’est en 1993 que le conseil d’administration présidé par Lucien Barel décide de me propulser au poste de secrétaire générale que j’occupe actuellement. C’est ma rencontre avec les organisations de jeunesse, leurs permanents… C’est la constitution d’une équipe de travailleurs. C’est… tout ce qui reste de beau à venir !

5)  29 organisations sont affiliées à la COJ dont l’Université de Paix. La COJ développe avec elles des projets et activités ponctuelles. En quoi estimes-tu utile la collaboration avec l’Université de Paix ?

L’Université de Paix est pour nous et depuis toujours une organisation qui s’implique dans le fonctionnement de la COJ (Bureau – Conseil d’Administration – Assemblée Générale et groupes de travail).

Pour la COJ, développer des projets avec l’Université de Paix, c’est d’abord reconnaître son travail de qualité, la découvrir un peu plus et la soutenir.

Si les partenariats entre la COJ et l’Université de Paix ont été bénéfiques pour ton organisation de jeunesse, cela a été très enrichissant pour la COJ, qu’il s’agisse des passerelles avec les écoles normales, des interviews de jeunes ou encore des formations organisées conjointement. Il est incontestable que le projet et la philosophie de l’Université de Paix s’inscrivent parfaitement dans les lignes de pensées que soutient la COJ.

6)  Le mot de la fin pour toi, ce serait…

Mieux qu’hier, moins bien que demain, Inch’ Allah !

« Tour des écoles », un projet de la COJ

Depuis deux ans, l’Université de Paix participe au projet « Tour des écoles, humanités » proposé et coordonné par la Confédération des Organisations de Jeunesse (COJ). Celui-ci s’est déroulé le 2 avril 2009 à l’Institut Saint-Louis de Bruxelles.

Un article initialement publié dans le trimestriel de l’Université de Paix, en 2009. Il a été rédigé par Claire Struelens et Christine Cuvelier.

Des jeux sans bleu(s)… pour développer l’estime de soi des ados

« L’estime de soi est le plus précieux héritage qu’on peut léguer aux jeunes » (G. Duclos).

Le projet

Les objectifs de ce projet « Tour des écoles, humanités », coordonné par la COJ sont les suivants :

  • faire connaître les pratiques éducatives et pédagogiques des organisations de jeunesse de la COJ par la découverte et l’expérimentation de nouvelles approches d’apprentissage (via des formations, animations et informations) ;
  • créer des synergies entre le secteur des organisations de jeunesse et le milieu scolaire ;
  • permettre aux étudiants de rentrer dans un processus d’apprentissage en dehors du cadre scolaire, à travers des ateliers interactifs proposés par les organisations membres de la COJ dont l’Université de Paix.

Durant cette journée, Christine et Claire ont animé le matin et l’après-midi, un atelier de 2 heures, « Des jeux sans bleu(s) ».

L’atelier « Des jeux sans bleu(s) »

Ils s’appellent Ahmed, Alice, Ayoub, Divine Jessica, Gulsum, Hind, Moises, Tatiana, Zeynep… Ils sont d’origine congolaise, marocaine, turque, belge, libanaise… Ils ont entre 12 et 14 ans et sont en 1ère et en 2ème secondaires. Ils ne sont pas dans la même classe et ne se connaissent donc pas nécessairement. Ils sont parfois en décrochage scolaire et désertent les classes. Ils vivent à Bruxelles ville ou en périphérie…

Dans les deux groupes que nous accueillons ce jour-là, il y a des jeunes en difficulté sociale et/ou relationnelle qui côtoient d’autres qui sont « bien dans leurs baskets ».

Cette mixité n’est pas toujours évidente mais peut être enrichissante pour chacun d’eux et pour le groupe.

Je suis nul, je n’y arriverai jamais.

Je suis moche.

Les autres ne m’invitent pas à leur teuf.

Les autres font toujours mieux que moi.

Quels éducateurs, enseignants, animateurs… n’ont pas déjà entendu de tels propos de la bouche de jeunes ? Pourquoi certains adolescents ont-ils tendance à se dévaloriser ainsi ? Quelles sont les répercussions d’une telle mésestime sur les apprentissages (relationnels, scolaires…) ?

Face à cette situation insatisfaisante et à ce désir de changement, comment aider les jeunes à mieux se connaître et à mieux connaître les autres ? Comment leur apprendre à coopérer ? Comment développer la confiance en soi et en l’autre ? Comment résoudre des conflits sans violence ? Comment les guider dans la découverte de stratégies qui mènent à la réussite ?

L’estime de soi est faite de quatre composantes: le sentiment de confiance, la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance à un groupe et le sentiment de compétence. Le sentiment de confiance est préalable à l’estime de soi. En effet, il faut d’abord le ressentir et le vivre afin d’être disponible pour réaliser des apprentissages qui vont nourrir l’estime de soi. Il en va autrement des trois autres composantes. On peut stimuler la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance et le sentiment de compétence à chaque stade du développement, à chaque période de la vie, par des attitudes éducatives adéquates et des moyens concrets. Il faut donc accorder une importance toute spéciale à la sécurité et à la confiance.

Pour relever ce défi, nous avons proposé à la trentaine d’étudiants inscrits à cet atelier, de vivre des activités concrètes et ludiques (jeux de coopération, mises en situation, échanges…) favorisant l’estime de soi.

Cinq axes de travail ont été développés dans cet atelier :

  • accueillir et être accueilli
  • mieux se connaître, connaître l’autre
  • coopérer et (se) faire confiance
  • se découvrir des qualités
  • percevoir et identifier les sentiments

Quelques exemples d’activité…

Le code de vie proposé préalablement aux activités, basé sur le respect mutuel fait que les étudiants ont pu échanger sur leur identité propre tout en sachant qu’il est parfois difficile et délicat pour certains de parler d’eux devant les autres.

Les règles du code de vie :

  • Je parle en mon nom (message « je »)
  • Je ne fais pas mal, ni avec les gestes ni avec les mots
  • J’ai le droit au STOP (c’est-à-dire de ne pas faire une activité si celle-ci m’incommode, tout en ne la perturbant pas)
  • J’ai accès au panneau d’évaluation permanente : « j’apprécie, je n’apprécie pas, je propose »
  • Je respecte la confidentialité

Avec l’activité « l’effet domino », les étudiants forment une chaîne.

Un des étudiants du groupe se place au centre du cercle. Les autres l’observent et essayent de trouver un point commun visible. Un deuxième participant vient alors le rejoindre en énonçant leur caractéristique « Nous portons un jeans ». Un troisième étudiant vient se placer et ainsi de suite, la chaîne se forme progressivement.

Dans un premier temps, cette activité permet aux étudiants de vérifier qu’il est toujours possible de trouver un point commun avec les autres et dans un second temps, d’ouvrir la réflexion de l’intérêt de cette découverte pour la gestion des conflits : par exemple, s’exercer à pouvoir différencier le comportement de la personne de la personne elle-même.

Les étudiants sont, cette fois, répartis de part et d’autre de la « fresque » de papier, en deux rangées qui se font face. Chacun a en main un pastel. Claire puis Christine, chacune à leur tour, donnent un thème de dessin (une fleur, un animal, son prénom « taggé »,…). Chacun peint devant lui en respectant le thème. Nous demandons, ensuite, aux participants de changer de place en se déplaçant vers la droite tout en gardant leur pastel. Un nouveau thème est donné et chacun dessine en le respectant. On poursuit les déplacements des participants et les changements de thème. Quand la fresque est suffisamment remplie de dessins de couleurs différentes, nous invitons les étudiants à découvrir leur chef d’œuvre. Pour terminer, nous leur demandons de choisir un morceau de cette fresque pour en réaliser un cahier de « chaudoudoux » (pour apprendre à donner et à recevoir des gratifications positives).

Cette activité coopérative permet aux étudiants :

  • de reconnaître leurs qualités artistiques et de reconnaître celles des autres ;
  • de poser un regard positif sur eux-mêmes et sur les autres au lieu de voir systématiquement ce qui ne va pas.

Quelques impacts

L’objectif de cet atelier n’est pas « d’amuser » les étudiants mais de les faire travailler sur des composantes de l’estime de soi,… en s’amusant.

La quasi-totalité d’entre-eux l’ont apprécié.

Au terme de cet atelier, nous pouvons observer quelques différences d’attitudes.

Nous pouvons ressentir que le climat du groupe a changé… Des visages inquiets ou interrogateurs du début…, nous passons aux sourires… Il est donc possible, en deux heures, d’entrer en relation avec autrui et de développer une cohésion de groupe. Petit à petit, les étudiants partagent leurs qualités avec respect et spontanéité.

Si les jeunes n’ont pas compris immédiatement l’intérêt de notre démarche, ils prennent conscience de ses avantages au fur et à mesure des activités et des debriefings.

Le debriefing proposé en fin des activités est une réflexion sur le sens et sur le comment des activités réalisées. Il permet aux étudiants d’échanger, de partager leurs expériences pour en faire profiter les autres. C’est aussi le moment privilégié de la prise de conscience de l’évolution de chacun et du groupe, du chemin accompli vers l’estime de soi.

Expérimenter de nouvelles activités proposées par l’Université de Paix -et par les autres organisations participant à ce projet « Tour des écoles, humanités »- a permis aux étudiants de prendre conscience de leurs qualités, autres que scolaires : artistiques, scientifiques, sportives, sociales, humanitaires,…

Ces « réussites » alimentent l’estime de soi de ces étudiants lesquelles peuvent les motiver à entreprendre des projets (s’inscrire à une formation pour devenir animateur par exemple) qui, à leur tour, peuvent augmenter le sentiment de compétence et de fierté personnelle.

Les jeunes ont besoin de se sentir appréciés, valorisés et compétents. C’est un besoin vital qui leur procure le sentiment de sécurité nécessaire pour :

  • pouvoir adopter des stratégies de résolution de problèmes adaptées telles la recherche de soutien social (conseils, réconfort,…) auprès de proches, la remise en question mesurée des comportements inadéquats…
  • résoudre de manière non-violente et créative leurs différends et les conflits.

L’estime de soi est un outil pour appréhender la réalité et affronter les difficultés.

Le développement harmonieux des jeunes est une préoccupation qui concerne l’ensemble des professionnels de l’éducation et/ou de la socialisation des enfants et des adolescents. C’est pourquoi l’Université de Paix propose, entre autres, divers outils et formations sur l’estime de soi.