« Depuis que je fais du développement personnel… »

« Depuis que je fais du développement personnel, je casse les pieds à mon entourage »

Paradoxalement, depuis que je suis des formations pour « mieux » communiquer et écouter, pour m’affirmer sans agressivité ou encore pour développer mon estime de moi-même, j’ai l’impression que certains de mes comportements agacent des membres de mon entourage.

Comment l’expliquer ?

En formation, j’ai appris par exemple à différencier les propos factuels et les interprétations. Les propos factuels décrivent la réalité extérieure, sans jugement. Ils sont dès lors indiscutables.

Dans l’image ci-dessus : « il y a trois garçons » et « un garçon est sur une chaise » sont des propos factuels. Par contre, dire « deux garçons ennuient un autre garçon » ou que « un des trois garçons a peur » sont des interprétations. Ils sont peut-être en train de jouer une pièce de théâtre, par exemple (autre interprétation possible).

Quand je suis en conflit, il arrive que j’émette des jugements en faisant des généralisations, par exemple : « tu es toujours en retard ». Ces jugements peuvent être mal perçus par mon interlocuteur. Ils le sont d’autant plus quand ils sont colorés au niveau moral : « ce que tu as fait est mauvais, ce n’est pas bien de te comporter comme cela, tu es méchant… ».

Bref, depuis que j’ai appris à distinguer les faits et les jugements, je suis plus vigilant. Je tâche de m’exprimer davantage en termes de faits concrets : « cela fait deux fois que tu es arrivé en retard ». Je parle de mes émotions (ou mes besoins) plutôt que d’attribuer une connotation morale aux actions de l’autre ou à ses intentions : « je suis mécontent par rapport à ce comportement que tu as eu ».

Cela me permet aussi de mieux me faire comprendre : plutôt que de dire à l’autre qu’il est « méchant » ou « gentil », je lui exprime ce qui m’a plu ou déplu dans ses actes concrets.

Alors, ce faisant, en quoi est-ce que je casse les pieds à mon entourage ?

En aiguisant mes capacités à distinguer les faits et les jugements, en m’exerçant, je suis devenu plus attentif à mes propres jugements… mais aussi à ceux des autres !

Ainsi, quand une personne me dit que je n’éteins jamais la lumière lorsque je sors d’une pièce, je ne peux m’empêcher de me dire que c’est un jugement. Ce n’est pas vrai. On peut certainement mesurer que j’ai oublié un certain nombre de fois d’éteindre la lumière en sortant d’une pièce, mais ce n’est pas « jamais ».

Avant de m’être formé à la distinction entre les faits et les jugements, le désaccord aurait porté sur le fait d’éteindre ou non la lumière dans une pièce. Le « fond » du problème portait sur cela. Ce qui a changé aujourd’hui, c’est que la manière de s’exprimer de mon entourage est devenue une autre source de désaccord. Moi-même, je ne suis pas d’accord avec le fait qu’une personne m’exprime son désaccord sous la forme d’un jugement, voire un reproche.

De ce fait, je me suis transformé sans m’en rendre compte en « redresseur de torts ».

En communiquant avec moi, tu prends un risque !

Ma tendance à voir ce qui peut nuire à la communication interpersonnelle au quotidien s’est renforcée lorsque j’ai appris à distinguer les différentes attitudes en conflit (compétition, coopération, accommodation, repli ou compromis). Et cela ne s’est pas amélioré lorsque j’ai appris qu’il existait des messages dits « risqués » ! Lorsqu’une personne a besoin d’être entendue dans ce qu’elle vit, d’exprimer et de décharger son émotion avant tout, il est parfois inopportun d’essayer de la conseiller (lui donner des solutions), de lui faire des blagues ou encore de lui faire la morale. C’est ce que Gordon appelle les messages risqués (voir encadré ci-dessous).

De nouveau, je me suis transformé en machine à détecter les « messages risqués »… chez moi et chez autrui !

Autant dire que cela n’a pas dû être très agréable pour mes proches. Certains participants m’ont déjà témoigné de tendances similaires. L’un m’a raconté son agacement par rapport à la manière de communiquer d’un collègue. Une autre personne m’a dit connaître une personne qui communiquait « beaucoup » par « messages risqués ». Une troisième m’a confié se sentir moins authentique depuis qu’elle « se force » à communiquer sans message risqué.

Un équilibre à trouver

C’est seulement suite à ces expériences que j’ai pris conscience que les outils devaient être utilisés avec nuance. Des « jugements » ou des « messages risqués », ce n’est pas « bien » ou « mal » en tant que tel. Il en est de même pour une attitude « compétitive », par exemple.

Les outils de l’Université de Paix sont davantage à voir comme un éventail de moyens de communiquer. A certains moments, ils sont adaptés ou non, en fonction de la situation, de mon état émotionnel, de celui de mon interlocuteur. Il n’y a pas de « recette » absolue pour « bien communiquer ». De toute manière, si je dis une phrase en pensant le contraire, cela ne sonnera pas juste.

Ensuite, avec un marteau, je peux planter un clou, mais je peux aussi frapper sur le pied de mon voisin. Les outils dépendent donc de l’usage que l’on en fait.

Inconsciemment, quand j’utilise des techniques de communication pour reprocher à mes proches leur mode de communication, j’adopte une posture moralisante.

Bien sûr, il est possible de trouver des solutions pour des conflits de forme, c’est-à-dire de se mettre d’accord sur nos manières de communiquer entre nous. Les outils peuvent nous permettre de « diagnostiquer » ce qui ne nous convient pas dans nos relations. Toutefois, c’est en fonction de mes propres réactions et des réactions des autres que je vais voir s’ils sont pertinents ou non, si le moment était adéquat ou non, etc.

Aujourd’hui, tout cela fait partie de ma « boîte à outils ». Je peux varier les modes de communication en fonction des situations et des personnes : un conseil, une reformulation, une écoute dite « active », un « recadrage » ou une boutade à un autre moment, parfois une relativisation ou un jugement bien tranché… Je vois ce que ça me fait et ce que ça fait chez mon partenaire dans la discussion, et j’essaie d’adapter en conséquence. L’autre n’est pas moi et ne dispose peut-être pas des mêmes grilles de lecture que moi. Dès lors, plutôt que de m’offusquer de sa manière de dire les choses, je peux tâcher de le « décoder ». Pourquoi pas, si cela s’avère opportun, échanger avec cette personne à un autre moment à propos des techniques que j’ai apprises.

Je n’ai pas voulu apprendre les outils pour casser les pieds à mon entourage. Je crois qu’il s’agissait d’un moment de réappropriation de ceux-ci. J’ai dû les tester, m’entrainer, puis mesurer chez moi et chez l’autre ce qu’ils généraient. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les formations de l’Université de Paix sont fortement orientées par la pratique et les échanges entre les participants !

Qu’est-ce qu’un « message risqué » ?

Dire à l’autre qu’il émet un « message risqué », c’est (parfois) un message risqué.

La terminologie provient de Thomas Gordon. Pour lui, nous utilisons des messages que l’on peut considérer comme risqués. Ce sont des messages généralement bien acceptés quand la tension est basse, mais plus difficilement recevables par celui qui vit une situation problématique et qui est vulnérable. Dans un tel contexte, il peut ressentir plus facilement ces messages comme dévalorisants ou agressifs. Ces messages ne sont donc risqués que si l’autre est dans l’émotion et qu’il a besoin de se sentir entendu, de décharger son émotion…

Les messages risqués sont classés en trois catégories :

  • jugement sur la personne, la situation ou son émotion
  • solution
  • diversion par rapport au vécu de l’interlocuteur
Jugement Solution Diversion
Moraliser, prêcher  Donner des ordres, commander Rassurer, consoler
Critiquer, blâmer Avertir, menacer Enquêter, questionner
Complimenter, approuver Conseiller, donner des solutions Dévier, blaguer, esquiver
Humilier, ridiculiser Argumenter, persuader par la logique   
Psychanalyser, diagnostiquer    

Accro aux écrans

Je rencontre régulièrement des parents inquiets à propos de l’addiction de leurs enfants aux nouveaux médias. La question des addictions semble être une perspective privilégiée pour parler des pratiques des jeunes sur les nouveaux médias… Quelle est l’ampleur du phénomène ? Comment l’expliquer et le prévenir ?

Par Julien Lecomte (initialement publié dans le magazine de la COJ)

Le sujet des addictions aux nouveaux médias ou aux jeux vidéo (qui rendent « violents ») chez les jeunes est presque une ritournelle.

Certes, plusieurs pratiques peuvent interroger notre « consommation » des écrans. Spécialiste des médias à la RTBF, Alain Gerlache épinglait notamment le « binge watching », « cette pratique qui consiste à enfiler les épisodes [d’une série, par exemple] les uns après les autres jusqu’à plus soif. L’expression vient d’ailleurs du binge drinking, cette habitude qu’ont beaucoup de britanniques de boire sans limite le samedi soir. En français, on traduit parfois binge watching par « visionnage en rafale » ou « compulsif » ou même « gavage télévisuel ». ».

Ces pratiques peuvent-elles pour autant être assimilées à une utilisation compulsive de produits stupéfiants ? Ces usages nuisent-ils à la santé ou à l’épanouissement de l’individu ? L’empêchent-ils de pratiquer d’autres passe-temps, de socialiser ou autre ? N’avons-nous pas tous des « dépendances » à différents niveaux, plus ou moins problématiques ? Ce sont des questions de ce type qui font que l’on va parler d’usages « excessifs » ou non.

Or, selon la recherche « CLICK », intitulée « Les usages compulsifs d’Internet et des jeux vidéo », les usages excessifs d’Internet représentent 1,2 % des adolescents. On est loin des ados « tous accros », même si cela ne remet pas en cause la place importante des nouvelles technologies dans leur quotidien.

Pourquoi on est addict

Sur base de sa lecture du livre Hooked: How to Build Habit-Forming Products, le vidéaste Autodisciple explique comment les réseaux sociaux en ligne sont conçus pour que nous y passions un maximum de temps.

Selon lui, il y a quatre étapes de la web-addiction. Premièrement, les réseaux sociaux répondent à des petites frustrations du quotidien, comme des moments d’ennui, de solitude ou de stress. Ils les résolvent en surface en offrant une promesse de divertissement et de socialisation. Deuxièmement, les réseaux sociaux en ligne proposent une action minimale. Toutes les actions sont simplifiées au maximum, l’utilisation est rapide et facile. Cela se passe dans la réactivité, il n’y a pas besoin de chercher. Troisièmement, les réseaux sociaux offrent une récompense variable et aléatoire. Les notifications correspondent en quelque sorte à des « promesses » de plaisir. Exceptionnellement, elles offrent de la satisfaction (sous forme de reconnaissance sociale), mais la promesse de satisfaction, elle, est « éternelle » : à tout moment, je pourrais ressentir du plaisir. Enfin, quatrièmement, les réseaux sociaux sont conçus pour amener un investissement progressif et maximal : un plus petit investissement amène un plus grand investissement. Dès l’inscription sur un réseau social et avant même de profiter de ses fonctionnalités, on investit du temps, on crée un profil, etc.

Sur ces constats, le vidéaste propose quelques règles qu’il se donne à lui-même pour être plus indépendant à l’égard des réseaux sociaux, notamment le fait de réaliser d’abord ce qui le met en projet avant de réagir sur le web (créativité) ou encore de faire des listes des choses pour lesquelles il ressent le besoin d’utiliser Internet afin de toutes les faire en même temps et ne pas se laisser « distraire » en cours de route.

Les substances seules ne rendent pas dépendants

Bref, les nouvelles technologies, les réseaux sociaux en ligne ou encore les applications et les jeux vidéo sont conçus pour que nous y passions un maximum de temps. Intrinsèquement, ces produits rendraient dépendants, comme des drogues « dures ».

Toutefois, dans une conférence intitulée Everything you think you know about addiction is wrong, le journaliste et écrivain Johann Hari défend la thèse que la dépendance physique aux drogues est une idée reçue. Il argumente : tout d’abord, les gens qui reçoivent de la morphine après un accident pendant vingt jours devraient devenir accros, or ils ne le deviennent pas, alors qu’il s’agit d’héroïne. Il raconte ensuite l’expérience du Professeur Alexander : les rats qui ont une vie sociale heureuse et connectée ne consomment quasiment pas l’eau droguée qui leur est proposée, tandis que ceux qui sont isolés ne consomment que celle-là et meurent d’overdose. Il fait la parallèle avec les survivants de la guerre du Vietnam : 95% de ceux qui prenaient des drogues durant la guerre du Vietnam et qui ont eu un suivi psychiatrique ont simplement arrêté, sans aller en cure de désintoxication.

De ces constats, il retire une hypothèse : c’est le manque d’un lien social de qualité qui est à l’origine de l’« attachement » à d’autres choses. Pour lui, ce n’est pas tant parce que les produits sont intrinsèquement addictifs que parce qu’ils se substituent à un manque de relations épanouissantes.

Pascal Minotte, psychologue et chercheur au Centre de Référence en Santé Mentale (CRéSaM), ajoute : « L’usage excessif des écrans est une « stratégie » – consciente ou non – pour échapper à une souffrance en exprimant certaines dimensions importantes de soi (par exemple, un besoin de contact, un besoin d’être reconnu via jeu vidéo en équipe, etc.) ».

Pour Johann Hari, il est donc totalement contreproductif d’isoler les drogués, de les punir ou encore de les faire culpabiliser. Selon lui, la réponse aux addictions est la connexion : il s’agit de faire du lien « qualitatif », en profondeur. C’est d’autant plus interpellant si l’on se dit que pour des jeunes « accros » aux jeux vidéo en ligne, il s’agit parfois d’une des rares sphères de socialisation satisfaisante qu’il leur reste…

Formations 2016-2017

Dates et modalités du Brevet « Jeunes » (PDF) > Voir la page du Brevet Jeunes

Dates et modalités du Certificat « Interpersonnel » (PDF) > Voir la page du Certificat Interpersonnel

Agenda des conférences (PDF) > Voir la page des conférences

Dates et thèmes des modules de formation (PDF) > Voir la page des modules

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Voir aussi le comparatif des formations longues 2016-2017

Pour une école nonviolente et bienveillante

Comme tout lieu de vie collective, l’école est propice à la manifestation de conflits et de faits de violence en tous genres, physiques ou verbaux. Comment donc les désamorcer avant qu’ils ne dégénèrent ? Comment favoriser un climat serein, respectueux et agréable au sein des établissements scolaires ? En développant, par exemple, un mode de relation et une communication basés sur la bienveillance…

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Brigitte Gérard (Entrées Libres) a interviewé Claire Struelens, formatrice à l’Université de Paix.

[…] Pionnière en la matière en Belgique, l’Université de Paix propose diverses formations, ouvertes aux enseignants, dont l’objectif est de découvrir [notamment] le langage de la CNV [Communication NonViolente] et de s’initier à son processus.

« Cette forme de communication permet une compréhension de soi-même et de l’autre avec bienveillance, explique Claire STRUELENS, formatrice à l’Université de Paix. En fait, chacun cherche, par sa manière d’être, par ses comportements, ses paroles, à faire passer un message.

Parfois, ce moyen est violent, on émet des jugements, on interprète… Mais derrière ça, il y a peut-être une personne démunie, qui a besoin d’aide. La CNV nous aide à nous relier à nous-mêmes, à l’écoute de nos ressentis et de nos besoins et nous permet ensuite d’émettre une demande à l’autre » […]

> Lire l’article complet

Fiche-outil : « Laissons le corps parler »

DSCN1547OBJECTIFS

  • Prendre conscience de ses émotions et de ses sentiments.
  • Les communiquer au groupe.
  • S’initier au vocabulaire des émotions et des sentiments.
  • Découvrir l’intérêt de nommer et de partager ses émotions.
  • Avoir une vision globale de l’humeur et du ressenti du groupe.

MATERIEL

Aucun

DISPOSITION

Les participants sont assis en cercle ou la disposition tient compte de celle qui sera nécessaire pour les activités suivantes.

DEROULEMENT

L’animateur montre, l’un après l’autre, différents mouvements et explique quelle est leur signification émotionnelle:

  • lever les bras en l’air et agiter les mains : « Tout va très bien, je suis dans une forme excellente ».
  • poser les mains sur la tête et la tapoter doucement : « Je vais bien, sans plus».
  • poser les mains sur les épaules : « Je vais bien, mais je suis un peu fatigué(e)».
  • d’une main, se frotter doucement le ventre : « Je ne sais pas vraiment dire comment je me sens, j’ai des hauts et des bas ».
  • se pencher et appuyer ses mains sur ses genoux: « Je ne suis pas en grande forme, ni de très bonne humeur ».
  • se pencher et toucher ses pieds : « Ça ne va pas du tout».

Après cela, l’animateur demande à chacun de fermer les yeux, de sentir ce qu’il éprouve et de prendre la position qui y correspond.

Il demande ensuite à tous d’ouvrir les yeux et d’observer la position prise par chacun.

Il propose enfin à chacun de s’expliquer à tour de rôle ou il interroge les participants dont la position a clairement montré une émotion plus forte que la moyenne.

PISTES DE REFLEXION

L’animateur peut faire une synthèse de ce qui est apparu :

  • Y a-t-il des tendances générales dans le groupe ?
  • Quelles sont les différentes émotions apparues ?
  • Est-ce facile de mettre des mots sur ses émotions ?
  • Quels sont les avantages et les inconvénients d’exprimer ses émotions au groupe ?

NOTES A L’ANIMATEUR

Lorsque les principes et les objectifs de cette activité ont été bien intégrés, l’animateur étend son utilisation à d’autres moments de la vie du groupe : en début ou en fin de semaine, avant ou après un congé, lorsque le groupe manifeste consciemment ou inconsciemment de vives émotions, au terme d’un apprentissage particulièrement difficile, au terme d’une activité (excursion, journée sportive, classe de mer/de neige…).

7 étapes pour développer la coopération

Les activités de coopération permettent d’entrer en relation avec les autres, dans un climat de confiance et de respect mutuel. Elles visent à développer des compétences et des attitudes qui favorisent, entre autres, la confiance, le dialogue, la communication. En ce sens, il s’agit d’un pilier de l’éducation à la citoyenneté.

Pour expérimenter et apprendre l’esprit de coopération et d’entraide, il est nécessaire de passer par différentes étapes qui se succèdent selon un ordre progressif.

Au nombre de sept, ces étapes s’intitulent :

  1. « Être accueilli », se sentir bien, en sécurité dans le groupe

Cette étape correspond aux activités de présentation de soi et d’accueil des autres dans le groupe.

  1. « S’exprimer »

Lors de cette étape, il est question de développer l’expression de chacun : quelles sont les choses que j’aime ou n’aime pas ? Quels sentiments me procurent telle situation ? C’est une occasion également de trouver du commun entre les membres.

  1. « Reconnaître ses qualités » et celles de l’autre

Cette étape permet de favoriser une image positive des membres du groupe : de quoi suis-je fier/fière ? Quelles qualités essentielles les autres perçoivent-ils chez moi ?

  1. « Prendre sa place » et reconnaître celle de l’autre

Dans ce moment, chacun évalue comment s’insérer et prendre une place dans le groupe tout en laissant la place aux autres. Des rôles peuvent être distribués, échangés, testés…

  1. « Écouter », mettre à profit tous mes sens, apprendre à écouter l’autre pleinement

Le développement des capacités d’écoute fait partie des préalables à la coopération et à la confiance mutuelle. Si chacun a l’occasion de s’exprimer et d’être écouté (et donc d’écouter les autres par corollaire), la dynamique de groupe est plus constructive.

  1. « Développer la confiance » en soi, en l’autre

Des activités spécifiques pour tester et renforcer la confiance mutuelle sont proposées ici. Ici, les participants peuvent se dire qu’ils peuvent compter les uns sur les autres, dans le respect.

  1. « Coopérer », construire ensemble

A cette étape, les participants peuvent dès lors vivre des activités complexes de coopération. La dynamique coopérative se conforte notamment lorsque le groupe expérimente une réalisation collective, par exemple à travers un défi.

Selon le niveau de sécurité émotionnel du groupe, une étape peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. En effet, si je ne me sens pas en sécurité avec mes compagnes et compagnons, il me sera difficile de m’exprimer et d’écouter. En tant que formateur, animateur, éducateur, il est nécessaire de voir et de sentir l’opportunité du changement d’étape et d’activités. Certains formateurs peuvent également décider d’intervertir l’une ou l’autre étape (par exemple, l’écoute avant le fait de prendre sa place), ou encore de « retravailler » une étape passée de temps à autres…

Les années 90, la CNV et Marshall Rosenberg

Par Claire Struelens, Formatrice à l’Université de Paix.

Les années 90 marquent un tournant dans ma vie privée et professionnelle ! Après avoir travaillé 7 ans comme secrétaire et guide pour une asbl « Le Cercle Culturel et Historique de Rochefort », je me retrouve au chômage en 1991. Une porte s’ouvre car j’ai la possibilité de suivre des cours de Promotion Sociale « Educateurs A1 spécialisé ». C’est là que je découvre l’existence de l’Université de Paix par l’intermédiaire de Monsieur François Bazier (chargé de cours, formateur et membre du CA de l’Université de Paix).

A l’époque, j’étais maman de deux ados et soucieuse de créer, avec eux, des relations mutuellement respectueuses.

Depuis toujours je m’intéressais au « développement de la personne », à la psychologie « Humaniste » car j’y trouvais des réponses à mes questionnements et des outils utiles pour vivre des relations plus harmonieuses avec moi-même et les autres (Carl Rogers, Thomas Gordon).

Du 12 au 15 mai 1994 l’Université de Paix organise une « formation exceptionnelle avec Marshall Rosenberg » à Rossignol. Pas d’hésitation, je m’inscris. A ce moment-là, j’ignore, que ces trois journées scelleront ma destinée professionnelle ! Le 5 juillet 1995, je signe mon contrat comme formatrice à l’Université de Paix ! Quand j’y repense, les mots « incroyable » et «inimaginable » résonnent dans ma tête !

J’ai l’opportunité de participer à plusieurs formations données par Marshall Rosenberg, accompagné d’Anne Bourrit qui le traduit avec justesse, simplicité, humour… Ils forment un duo de choc, ils incarnent ce qu’ils disent, proposent ! Par sa présence bienveillante et chaleureuse, par son intégrité, par sa manière de transmettre le processus, Anne Bourrit me donne l’envie, l’élan de pratiquer, d’expérimenter le modèle dans mon quotidien.

Vivre la CNV c’est pouvoir « rire tous ses rires et pleurer tous ses pleurs », c’est pouvoir prendre la responsabilité de ce que l’on vit, c’est comprendre avec le cœur ce qui motive chaque être humain…c’est retrouver notre Humanité ! La mise en pratique soulève des vagues avec lesquelles je surfe tant bien que mal, et petit à petit (cheminement de ces vingt années), je deviens plus habile et perçois de mieux en mieux ce qui motive mes comportements, mes paroles, mes choix et ceux des autres.

Oui, quand je regarde où j’en suis aujourd’hui tant en ce qui concerne la vie professionnelle que privée, je ressens de la gratitude pour la reconnaissance et la confiance que l’on m’accorde à pouvoir Etre une Personne en perpétuel chemin vers plus de paix intérieure avec les autres.

Grâce à ces rencontres signifiantes (François Bazier, Marshall Rosenberg, Jean-François Lecocq) et la recherche constante à vivre en cohérence avec les valeurs chères à mon cœur, portées par l’Université de Paix et toute son équipe, je mesure combien j’ai la chance de partager ces ressources avec les personnes désireuses de découvrir et expérimenter une communication authentique et bienveillante avec elle-même et les autres.

Mes fils sont devenus des parents confiants dans la vie. Leurs enfants m’apportent l’occasion de donner et recevoir de cœur à cœur la vie avec toutes ses couleurs.

3 conseils essentiels si vous voulez communiquer de manière assertive

L’assertivité consiste à faire valoir ses droits, ses opinions et ses demandes de manière constructive, sans passivité ni agressivité. Le domaine de la communication assertive concerne principalement les messages plus « difficiles » à faire passer. Il s’agit d’affirmer ce que l’on a à dire, tout en tâchant de ne pas blesser l’autre. Pour cette raison, son application n’est pas toujours évidente. Voici trois recommandations fondamentales.

1. Avoir préalablement géré (une partie de) votre tension émotionnelle

Ce n’est peut-être pas le moment de discuter. Source : http://etc.usf.edu/clipart/

Une situation dans laquelle vous souhaitez formuler un message assertif est probablement une situation chargée en émotion. Il se peut que ce soit de la colère, par exemple si vous ressentez de l’injustice, n’avez pas l’impression d’avoir été entendu(e) ou respecté(e). Vous ressentez éventuellement de la peur, ne serait-ce que la peur que l’autre refuse de satisfaire votre demande, voire que celle-ci lui déplaise. Il s’agit peut-être également de tristesse.

Quoi qu’il en soit, ces émotions risquent fort de transparaître lorsque vous vous exprimerez. Si la tension est forte, il est alors très probable que votre interlocuteur n’entende pas réellement le message qu’il y a derrière, mais en perçoive uniquement la charge émotionnelle. Le seul « message clair » que vous aurez alors envoyé, c’est votre colère, votre peur ou votre tristesse. Dans certains cas, cela peut être perçu comme de l’agressivité. En effet, si vous formulez une demande en serrant les poings et la mâchoire, même si cette demande est « grammaticalement correcte » du point de vue de l’assertivité ou de la Communication NonViolente, il n’est pas certain que votre interlocuteur la reçoive comme vous l’auriez souhaité !

Pour évacuer (une partie de) la tension émotionnelle, une recommandation simple consiste à laisser passer du temps avant d’émettre votre message. La réaction immédiate n’est pas toujours propice à l’assertivité.

Par ailleurs, le fait de gérer ses émotions au préalable et de « prendre le temps » peut vous permettre de mieux cerner ce qui est vraiment important pour vous dans la situation.

2. Clarifier votre objectif

Bien délimiter ce qui est vraiment important pour vous dans la situation fait partie des conditions favorables à une communication assertive. Par ailleurs, si vous n’êtes pas au clair avec votre objectif, les solutions que vous proposerez ne seront peut-être pas opportunes, pas satisfaisantes au final.

Par exemple, si votre collègue arrive en retard aux réunions, vous pouvez lui faire un « message clair » en décrivant la situation problématique, en exprimant votre ressenti par rapport à cette situation, en lui proposant des solutions et en lui expliquant les conséquences positives selon vous (DESC). Or, pour ce faire, il convient de savoir ce qui vous pose problème exactement : est-ce le fait qu’il arrive en retard en soi (vous souhaitez qu’il arrive à l’heure prévue) ou s’agit-il du fait qu’il ne vous prévient pas (vous souhaitez qu’il vous informe à l’avance s’il a un empêchement) ?

Parfois, un objectif en cache un autre. Si votre objectif n’est pas clarifié quand vous entrez en discussion, il se peut que vous discutiez sur des choses qui sont en réalité secondaires.

Un type de conflit courant concerne la manière de communiquer ensemble. Si c’est le ton que votre fils ou votre fille utilise avec vous quand il ou elle vous parle qui vous pose problème, cela ne résout pas cette situation de lui demander de contribuer davantage aux tâches ménagères, de laisser son smartphone éteint pendant les repas, ou encore de donner artificiellement de l’importance à des désaccords mineurs, voire d’en trouver là où il n’y en a pas vraiment. Il est peut-être profitable de trouver des solutions à ces problèmes aussi, mais il est sans doute plus judicieux de formuler d’abord une piste de solution sur la manière dont votre enfant s’exprime avec vous : « Quand tu frappes du poing sur la table ou que tu m’interromps en criant quand nous ne sommes pas d’accord, cela me rend triste et me met en colère. Si tu es énervé(e), je souhaiterais que tu me le dises en parlant, ou que nous postposions notre discussion, par exemple ».

3. Revenir dans les faits

La dernière recommandation développée ici est intrinsèque à l’étape de description (D) du DESC. Enoncer des descriptions factuelles permet de prévenir au maximum une surenchère dans les interprétations, les jugements et les reproches. Au plus le problème et les solutions sont exprimées en des termes concrets et observables, au plus le message est clair et audible pour votre interlocuteur.

En s’exprimant de la manière la plus factuelle possible, la personne qui émet une demande, exprime un besoin ou fait part d’une émotion désagréable limite le risque d’entraver la communication en faisant intervenir des éléments discutables, invérifiables ou encore trop abstraits…