Moustique : que faire quand son enfant est harcelé ?

Dans le cadre d’un dossier sur le harcèlement à l’école le 04/12/2013, l’hebdomadaire Moustique a interviewé Bruno Humbeeck et Alexandre Castanheira, formateur à l’Université de Paix. Deux questions fréquemment posées par les parents ont été posées à Alexandre :

  • Quand faut-il s’inquiéter? Comment détecter si mon enfant est victime de harcèlement?
  • Que faire quand son enfant est harcelé? Comment réagir?

Le harcèlement dans le Journal de l’éducation

Le harcèlement entre élèves à l’école n’est pas une fatalité : parlons-en et agissons ensemble !
La plupart des études à propos du harcèlement entre élèves concluent qu’environ 10% des élèves en seraient victimes. Le cyber-harcèlement concernerait jusqu’à 30% des jeunes…

Harcèlement scolaire et estime de soi

Plusieurs théories établissent des liens entre le harcèlement à l’école et l’estime de soi des enfants et adolescents.

Une des plus répandues dans le sens commun postule que tant le harcelé que le harceleur ont tous les deux un manque d’estime d’eux-mêmes. Le déficit d’estime de soi peut en effet conduire à adopter des comportements consistant à se rabaisser soi-même, mais aussi à rabaisser l’autre. Quant à la victime de ce phénomène, il est probable que son estime d’elle-même, souvent observée après les faits, soit effectivement dégradée, abimée.

Cette approche est cependant remise en cause par plusieurs autres théories. D’abord, comme le constate Bruno Humbeeck, pour qu’il y ait harcèlement, il faut qu’il y ait un groupe « d’observateurs » : si un enfant insulte ou frappe un autre, on est dans de la violence, mais pas nécessairement du harcèlement. Certains élèves sourient suite aux moqueries, d’autres en rajoutent, d’autres tournent la tête et font mine de ne rien voir… Pour parler de harcèlement, il doit s’agir de comportements répétés en présence d’un groupe qui semble donner son accord tacitement à ce qui est en train de se dérouler.

Ensuite, des études ont montré que le harceleur n’était pas nécessairement en mésestime de lui-même, au contraire. Il adopte plutôt des comportements dominants. Par contre, il est très attentif – voire inquiet – par sa position dans le groupe, c’est-à-dire par la reconnaissance que les autres peuvent lui fournir.

Pour ces deux raisons, il apparait clairement que le travail sur le harcèlement, tant en prévention qu’en intervention, doit aussi se faire sur le groupe entier, et non seulement le harceleur et la victime, comme c’est souvent le cas. En responsabilisant les observateurs et en développant leur empathie, il s’agit de les amener à réagir par rapport aux comportements de harcèlement. Grâce aux tests de psychologie sociale comme l’expérience de Asch, on sait par ailleurs qu’une seule personne qui s’oppose à la norme implicite du groupe peut avoir du poids sur les autres qui s’y seraient conformés le cas échéant… Cela, en plus d’activités préventives de cohésion, notamment.

> Découvrez nos autres articles sur l’estime de soi et le harcèlement à l’école dans notre rubrique de ressources.