organisation de jeunesse

Qu’est-ce qu’une asbl ?

Une asbl est une association sans but lucratif (lien Wikipédia).

L’Université de Paix est une asbl dont la mission est de diminuer la violence et favoriser des comportements autonomes, responsables et respectueux.

Cela ne signifie pas que nous fonctionnons sans fonds, mais bien que nous réengageons tous les profits dans nos activités d’information, de sensibilisation et de formation.

L’Université de Paix est également reconnue comme Organisation de jeunesse (catégorie service – cf. Actions jeunesse) par la Fédération Wallonie-Bruxelles (Communauté française de Belgique). Elle se situe à Namur.

Découvrez notre mission et notre pédagogie, ainsi que nos programmes éducatifs en tant qu’asbl « jeunesse » !

Afin de réaliser notre mission d’éducation à la paix, nous réalisons également des formations et produisons des ressources pédagogiques.

> Lire aussi : Documents officiels (Rapports annuels, status…), Instances (Conseil d’administration et Assemblée générale)

> Vous n’avez pas réponse à toutes vos questions ? Cliquez ici 🙂 ou contactez-nous

La COJ fête ses 40 ans

Il y a 40 ans, en 1975, la COJ voyait le jour, désireuse de créer une alternative à une appartenance (pilier politique) qu’offraient alors les fédérations d’OJ existantes…

 

Au fil du temps, elle a accueilli les OJ – 35 aujourd’hui – qui se voulaient indépendantes et pluralistes. 2015 va donc rimer avec anniversaire à travers un vaste programme de nos 40 ans. Au menu de notre anniversaire : trois grands volets, interconnectés. Un axe politique construit avec nos OJ sur le thème de « Jeunes et Politique ». Qu’entend-on par politique ? Ne parle-t-on pas plutôt de société ? Quelle est la place du Jeune dans la société ? Des questions et discussions qui se cogitent actuellement au sein d’un atelier politique. Deuxièmement, la COJ met en valeur 40 activités de ses OJ sur 2015 estampillées aux couleurs des « 40 ans de la COJ ». L’occasion durant l’année 2015 de nous retrouver au fil des 40 activités, 40 bougies à souffler parmi nos OJ. Dernière chose, et non des moindres, le 40ème anniversaire de la COJ sera marqué par le «Festival Jeunes» cet été dans le cadre des festivités de « Mons 2015, capitale européenne de la culture ».

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Harcèlement entre élèves, dans la revue COJ#01

COJ#01 est le premier numéro du nouveau périodique de la Confédération des Organisations de Jeunesse indépendantes et pluralistes (COJ). Ce magazine contient de nombreux articles de fond concernant des thèmes centraux relatifs aux missions des OJ.

En janvier 2014, la revue publie un article sur le harcèlement entre élèves, rédigé par Alexandre Castanheira, détaché pédagogique – formateur à l’Université de Paix.

Ces dernières années, les cas de harcèlement entre élèves font de plus en plus parler d’eux, largement relayés par la presse. S’agit-il pour autant d’un nouveau phénomène de violence à l’école ? Non, juste un phénomène davantage cerné par de nombreuses recherches. Peut-être, dès lors, repéré et qualifié avec plus d’efficacité que dans le passé.


Aujourd’hui, la plupart des études en Europe concluent que 8 à 15% des jeunes scolarisés seraient concernés par des situations de harcèlement. Sachant que les conséquences psychologiques et scolaires peuvent s’avérer graves, il est temps d’en parler le plus largement possible et de diffuser les moyens de prévention et d’intervention qui existent aujourd’hui.

Mais de quoi s’agit-il exactement? Qu’est-ce que le harcèlement entre élèves ? Commençons par un exemple : Jérémie est nouveau dans une école avec internat. Un soir, les jeunes de sa section sont rassemblés dans la salle de jeux, ils se racontent des blagues. Jérémie qui est plutôt réservé finit par en raconter une. Sa blague fait un ‘flop’. Silence. Max, un élève à peine plus âgé, à l’aise dans le groupe et bien intégré, familier des bonnes blagues bien racontées, enchaine par une blague moqueuse à propos de Jérémie et déclenche les rires de toute l’assistance. Désappointé, mal à l’aise, Jérémie ne se sait que répondre et esquisse un rire jaune. C’est à partir de là, que, durant les jours suivants, Max continuera à mettre de l’ambiance en se moquant des blagues à la c… de Jérémie. La stigmatisation de Jérémie commence alors, ainsi que son calvaire : il sera victime de moqueries à répétition, de mises à l’écart, de jets d’objets en classe, etc. Son parcours scolaire va s’en ressentir et il finira par devoir changer d’école.

On le voit dans cet exemple, le harcèlement entre élèves (appelé school-bullying en anglais) présente plusieurs caractéristiques assez précises. Généralement, les spécialistes affirment  qu’un jeune est victime de harcèlement lorsque :

– il est soumis de façon répétée et sur une certaine durée à des comportements perçus comme violents, négatifs, agressifs de la part d’une ou plusieurs personnes;

– il s’agit d’une situation intentionnellement agressive qui vise à mettre en difficulté la victime ;

– il y a une relation de domination psychologique telle que la victime n’est pas en mesure ou ne se sent pas en mesure de sortir de ce rapport de force, de se défendre.

Ce qui veut dire aussi que lorsque deux jeunes de force égale (pas seulement physique…) se disputent, se moquent, s’insultent, se battent, il ne s’agit pas de harcèlement.

Physique, verbal, cyber & LOL!

C’est là un des aspects qui le rend difficilement identifiable : le harcèlement peut prendre de nombreuses formes. Il peut être « physique » : faire des gestes, donner des coups, jeter des objets, bousculer, contraindre à certaines actions ; il est le plus souvent « verbal » : insulter, se moquer, donner des surnoms, faire circuler de fausses rumeurs, menacer, user de sarcasmes ; il peut s’agir de « racket » : appropriation d’objets appartenant à la victime, taxage ou grattage de cigarettes, d’argent, de gsm, … ; il peut être question aussi de harcèlement sexuel et, de plus en plus souvent, semble-t-il, de cyber-harcèlement, comme par exemple, envoyer des messages négatifs par sms ou sur les réseaux sociaux, ou le « outing », le fait de diffuser publiquement des informations privées qui avaient été transmises sous le sceau de la confiance et qui sont envoyées à un groupe de personnes beaucoup plus large, ou encore, la diffusion de photos et de vidéos de la victime diffusées sans son consentement et affublées de commentaires humiliants.

La plupart du temps, les victimes subissent plusieurs de ces formes de harcèlement et la détresse psychologique qui en découle est souvent d’autant plus grande que le harcèlement est plus intrusif dans leur quotidien, non seulement à l’école, mais aussi à la maison ou hors des murs de l’école via les réseaux sociaux et l’utilisation fréquente de leur gsm.

Une autre dimension importante de ce phénomène réside dans sa nature « groupale ». Contrairement à d’autres formes de violence à l’école, les cas de harcèlement ont lieu en présence et grâce au groupe de pairs, les ‘témoins’. La plupart du temps, le ‘harceleur’ va rechercher, grâce à une instrumentalisation du rire (« …et c’est pour rire » – « LOL ! »), à renforcer sa position dominante dans le groupe en agissant devant des témoins. Certains rallient le ‘harceleur’ (les ‘suiveurs’), d’autres ne présentent pas de positionnement clair (‘outsiders’) ou ne voient rien, d’autres enfin vont chercher à secourir la victime (‘sauveurs’). Dans tous les cas, ceux qui n’agissent pas pour stopper le harcèlement renforcent celui-ci.

L’invisible visibilité

Ch. Salmivalli, de l’Université de Turku en Finlande, a démontré qu’une stratégie efficace de prévention consiste précisément à agir sur les ‘outsiders’ en leur donnant les moyens et les compétences pour s’impliquer afin de faire cesser la situation de harcèlement.

Cela suppose un travail sur les normes sociales au sein du groupe. En effet, la plupart des témoins n’oseront pas agir par peur des représailles et/ou de se voir considérés comme une ‘balance’. Pourtant 84% d’entre eux ressentent un malaise face à ces situations et développeront vraisemblablement un sentiment de lâcheté. Or, D. Pelpler, de l’Université de York, affirme que dans 60% des cas où les témoins interviennent, le harcèlement cesse dans les 10 secondes. Dès lors, que le ‘harceleur’ et les ‘suiveurs’ n’ont plus de public, le harcèlement cesse.

Par ailleurs, le harcèlement est généralement invisible aux yeux des adultes tout en étant parfaitement visible pour les jeunes. C’est le phénomène d’INVISIBLE VISIBILITE nommé et décrit par J.-B. Bellon et B. Gardette dans « Harcèlement et brimades entre élèves, la face cachée de la violence scolaire (2010) ».  Des élèves peuvent en agresser un autre 6 à 8 fois par jour, dans l’enseignement secondaire, rien que pendant les intercours non surveillés ou dans des espaces échappant au regard des adultes au sein de l’école (ou plus simplement par gsm…).

Déséquilibre de force, volonté de nuire, répétition, phénomène de groupe, instrumentalisation du rire, loi du silence, invisible visibilité, ces caractéristiques rendent au final le phénomène du harcèlement difficile à appréhender.

Néanmoins des dispositifs de prévention et d’intervention existent et les adultes de l’école peuvent se les approprier, y compris avec les jeunes, les parents et les services d’accompagnement des écoles (PMS, …), pour construire des écoles sans harcèlement.

Alexandre CASTANHEIRA,

Formateur en gestion positive des conflits –   www.universitedepaix.org

6 axes d’action contre le harcèlement à l’école

1. Un climat scolaire bienveillant et accueillant

2. Des règles claires, concrètes et connues

3. Informer et sensibiliser les élèves au phénomène du harcèlement

4. Impliquer les parents dans la prévention

5. Des lieux de parole pour échanger au sein de l’école

6. Inscrire ces démarches dans la durée.

Lire aussi : programme de prévention et d’action par rapport au harcèlement

Forum international de rencontre entre jeunes

UNIVERSITE DE PAIX 1960-2000 – FORUM INTERNATIONAL DE RENCONTRE ENTRE JEUNES

Rédigé par Christine Cuvelier, cet article a été initialement publié dans le trimestriel n°73, en 2000.

Un article historique sur un événement organisé à l’occasion des 40 ans de l’Université de Paix.

Cette action a mené plus de huit cents jeunes à la découverte d’autres pays, de leurs habitants, de leurs coutumes en les faisant véritablement participer à la vie locale.

L’Université de Paix a proposé, du 29 octobre au 4 novembre dernier, un Forum international de rencontre entre jeunes. Une semaine durant, 50 participants sont venus d’une trentaine de pays européens, africains, asiatiques et américains afin d’échanger sur la «gestion positive des conflits».

A l’occasion des 40 ans de notre institution, il nous paraissait important de fêter cet événement et d’articuler passé et présent dans une nouvelle synergie.

  • Le passé : l’esprit des premières sessions internationales organisées par l’Université de Paix. Il s’agissait de réunir des jeunes de tous les continents dans des sessions longues pour échanger expériences, analyses et critiques et pour approfondir les engagements de chacun allant dans le sens de la paix.
  • Le présent : l’axe de travail de l’Université de Paix depuis plus de 10 ans « Apprendre à gérer positivement les conflits ». Cet axe de travail serait le thème central de cette rencontre internationale.

Lors de ce Forum, nous avons voulu donner aux jeunes venus des cinq continents quelles que soient leur origine sociale, leur appartenance culturelle, leur obédience philosophique, l’occasion de mettre en commun les efforts qu’ils développent dans leur pays pour prévenir et gérer violence et conflits.

Nous avons aussi tenté d’apporter des réponses à certaines de leurs questions, questions de ceux qui ne se résignent pas et qui souhaitent au-delà de leurs oppositions, gérer leurs différends ; de ceux qui souhaitent, hors de tout débordement de violence, trouver une «autre» issue aux conflits auxquels ils sont confrontés.

Le programme

Difficile de résumer une semaine d’échanges, de rencontres, de débats, de visites, d’autant que cette semaine a été particulièrement riche pour tous les participants autant que pour les formateurs et les invités. Différentes formes d’activités ont été proposées : des ateliers, des témoignages, des échanges d’expériences mais aussi des formations et des présentations d’outils pédagogiques. Ces activités ont notamment permis aux jeunes de :

  1. créer des ponts et poser des jalons pour l’avenir en se préparant à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
  2. partager connaissances et savoir-faire pour s’approprier des savoirs et acquérir des compétences afin d’être apte à gérer positivement les conflits;
  3. développer un réseau d’échanges de savoirs;
  4. explorer des outils nécessaires à la construction de l’autonomie, la confiance en soi, la prise de responsabilité et utiles à l’amélioration du «vivre ensemble».

Ce Forum n’aurait pas été ce qu’il a été sans l’intervention :

  • d’une part, des formateurs de l’Université de Paix qui ont proposé un cycle de formations ayant trait aux notions de conflits, communication verbale et non-verbale, créativité, pouvoir et médiation ;
  • d’autre part, de personnes ressources invitées à partager leurs connaissances de tel ou tel aspect précis ayant trait à la problématique traitée durant la semaine.

Échange de pratiques et de connaissances entre des professionnels et des jeunes qui les ont interrogés avec intérêt et regard critique. Tout au long de la semaine, les savoirs ont ainsi été questionnés, appropriés, critiqués et reconstruits dans une dynamique générale de mise en commun.

Cette construction commune, nous avons voulu la symboliser par la plantation d’un Arbre de la Paix, qui a trouvé sa place dans le parc de La Marlagne, témoignage vivant d’une rencontre réelle et du travail collectif de cette semaine.

Un cycle de formation a été proposé aux jeunes. Nos objectifs durant cette formation ont été les suivants :

  • Exercer son esprit de créativité face à des situations problématiques.
  • Pouvoir sortir du cadre : élargir ses points de vue et par là les possibilités de solution.
  • Découvrir une série de notions et d’outils pouvant faciliter le développement d’une approche créative face à des situations problématiques.

Des personnes ressources

L’objectif du Forum était de favoriser, nouer et multiplier des contacts entre les participants mais aussi de favoriser, nouer et multiplier des contacts entre les participants et d’autres associations.

En voici quelques exemples…

  • Notre groupe a participé à des tables rondes organisées par Luc ARNOULD, Directeur général de NEW dans les bâtiments de la Bourse à Namur. A chaque table, étaient réunis 7 ou 8 jeunes et un namurois représentant du monde associatif, économique, culturel, politique, privé, etc. Ce dernier était chargé de présenter en quelques minutes un ou deux cas de litiges, cas vécu ou théorique en rapport avec son secteur d’activités et d’animer les débats. Ces échanges furent spontanés, passionnants et enthousiastes.
  • «Apprendre à devenir le citoyen de demain…», thème d’une journée dévolue à la découverte de diverses institutions belges : Yamina GHOUL, Secrétaire générale de la COJ, nous a présenté les structures de politique de jeunesse en Belgique, Hugues BAYET la philosophie de la politique de jeunesse en Communauté française et Kurt DE BACKER 6) la politique de jeunesse en Communauté flamande.
  • Notre groupe a également accueilli Monsieur Josy DEHOUBERT et un candidat délégué de classe de l’Ecole Asty-Moulin (Namur) qui nous ont fait part de leurs motivations. Ce rôle, nous ont-t-ils expliqué, est le premier engagement de citoyenneté, une entrée de plain-pied dans la vie citoyenne.
  • Une autre expérience de découverte, d’ouverture d’esprit et de citoyenneté, celle de l’opération «PatchWorld – Avoir vingt ans en l’An 2000» lancée par la ville de Namur nous a été présentée par Dany MARTIN et deux jeunes ayant participé à cette opération, Stépahne RAPPE et Nunzio MAUGERI.

Cette action a mené plus de huit cents jeunes à la découverte d’autres pays, de leurs habitants, de leurs coutumes en les faisant véritablement participer à la vie locale.

Stéphane RAPPE : «Le projet Patchworld» visant à rapprocher deux peuples proches par la langue mais lointain par la culture a pris fin au terme de cette année scolaire 1999-2000. Dans ce cadre, je crois avoir vécu ce qu’aucune photo ne saura jamais montrer.

A travers le regard de ces gens, j’ai souvent vu l’envie, parfois le dédain mais de toute façon le concept du blanc à qui tout sourit.

Me promenant dans une échoppe de cosmétiques, j’ai pu remarquer combien les canons de beauté représentés sur les réclames étaient physiquement proches du type métis sinon eurasien. Ainsi, quand leurs yeux nous criaient «visa» les nôtres leur criaient «nature et authenticité»».

Par ailleurs, notre groupe a eu droit à une visite guidée du Parlement wallon par son plus jeune député, Philippe HENRY, et à une réception à l’Hôtel de Ville de Namur avec Monsieur Tanguy AUSPERT, Echevin de la Jeunesse. Cette rencontre qui avait pour but de se familiariser avec quelques structures politiques communale et communautaire belges s’est terminée par le verre de l’amitié.

Et la culture…

Durant toute la semaine, Lise BRACHET nous a fait le plaisir d’exposer quelques-unes de ses toiles sur le thème « Plaidoyer pour la paix ». Ce fut pour notre groupe l’occasion de se réunir dans un univers pictural emprunt de douceur et de tendresse et de réfléchir aux conséquences malheureuses de la guerre.

La ville de Namur s’est dévoilée au fil d’une ballade dans son cœur historique. Mais aussi, notre groupe, invité du Théâtre de Namur, a assisté à une représentation du spectacle «Un conte d’hiver» de Shakespeare, une nouvelle création de Dominique Serron au Grand Manège de Namur. Nous avons pu également applaudir la dernière représentation en Belgique du spectacle «Sahmata» de Al Midan Théâtre (Nazareth) joué en langue arabe.

A son petit-fils, Haifa, Abou Maïssa, raconte l’histoire de son passé, celle de son exil quand la guerre de 1948 commence et de son village palestinien, Sahamata, aujourd’hui déserté, proche de la frontière libanaise mais également ses espoirs d’une paix entre palestiniens et israéliens construite sur le respect mutuel et l’égalité des droits, véritable plaidoyer en faveur de la fin de l’Intifida !

La plantation de l’arbre de La Paix

Un Forum international tel que celui-ci se devait de recourir à la symbolique à la fois pour célébrer le présent et aussi pour marquer l’avenir, assurer le souvenir. L’Université de Paix, lors de la remise des Certificats en gestion positive des conflits de l’année académique 1999-2000 s’était vu offrir un superbe pommier répondant au nom de La Paix.

Pourquoi celui-ci ne servirait-il pas de symbole, de souvenir entre tout le travail accompli par l’institution dans son quotidien et celui accompli par les participants à ce Forum international ? Le pommier de La Paix fut donc transporté du Boulevard du Nord à La Marlagne et planté par les bons soins de tous les participants.

Gageons qu’il poussera serein dans cet environnement et que de longues années durant il fleurira et apportera les fruits de la Paix que d’autres ici sont venus planter et que d’autres encore viendront chercher.

Des partenaires étrangers

Une rencontre internationale, ce sont aussi des partenaires étrangers. D’autres associations intéressées au fonctionnement de cette rencontre internationale nous ont déjà demandé comment nous avons choisi nos partenaires étrangers, comment nous les avons identifiés… Durant une longue phase de préparation, des associations avec lesquelles nous avions déjà travaillé et qu’il nous semblait intéressant d’inviter ont été contactées. D’emblée, certaines ont accepté de contribuer au projet ; d’autres, ne pouvant être présentes, nous ont fait part des coordonnées d’autres organisations. Ainsi, peu à peu, le groupe d’associations partenaires s’est constitué, chacune s’engageant à y déléguer des jeunes pour participer aux travaux de la semaine de rencontre. Au terme de cet échange de contacts et d’invitations lancées, pour des raisons financières, politiques, administratives,… le plus souvent indépendantes de notre volonté et de notre pouvoir d’action, il nous a fallu, avec regret, admettre que certains ne pourraient nous rejoindre.

L’hébergement et l’accueil

Finalement, plus de 50 jeunes issus de 32 pays dont 17 africains, 32 européens, 1 asiatique et 3 américains ont pu manifester leur intérêt pour ce Forum qui les a mené en Belgique, au Centre Marcel Hicter (Domaine de La Marlagne) pour un séjour de 7 jours. Nous tenons à remercier Armand Pirlet et toute son équipe, pour nous avoir permis de nous sentir bien, «comme chez soi», ce qui était un défi pour un groupe aussi hétérogène. Les repas étaient des moments privilégiés et conviviaux de rencontre, facilitant les discussions spontanées. La musique, une autre atmosphère, un autre moyen pour les participants de dialoguer, de s’exprimer, de communiquer. La rencontre d’un pays se fait également par les plaisirs de la table et la diversité de sa cuisine. Durant la soirée multiculturelle, un des moments forts de ce Forum, nous avons goûté différentes spécialités culinaires : moambe, carry, couscous, riz, fruits frais exotiques, pâtisseries tunisiennes et togolaises… et dansé au son de différentes percussions. De retour dans nos quartiers de l’Université de Paix, en défaisant les caisses, nous avons trouvé minutieusement emballés des cadeaux : le boubou saumon offert par Angèle à Mireille et celui de coloris vert pour Christine, la céramique bulgare de Nadia, les sujets en poterie de Amira, un djembé de nos amis africains… Chaque présent nous replonge dans cette semaine ; chacun à notre tour, nous évoquons tantôt un souvenir tantôt une anecdote. Nous revoyons défiler tous les visages de ces jeunes, leur sourire radieux, leur mimique, leur espoir. Et, chaque fois, nous ne pouvons nous empêcher de sourire tant cette semaine fut chargée d’apprentissage et d’émotion intenses.

La langue

La principale langue de travail a été le français. L’anglais, langue internationale incontournable, a été retenue comme deuxième langue de travail. Une équipe de traducteurs a assuré, tout au long des ateliers, une traduction simultanée. Grâce à Albertine, Christine, Jean-Christophe, Ludmilla, Paula, Sayed, Stéphane et Thierry, nous avons pu travailler avec efficacité durant toute la semaine.

Quelques conclusions

Ce Forum a été une sorte de laboratoire idéal en matière de multiculturalisme où plus de 50 jeunes venus d’une trentaine de pays ont cohabité durant une semaine pour acquérir une riche expérience des manières positives de faire face aux conflits.

Il leur a fallu rapidement apprendre, au-delà des différences flagrantes, à engager des relations de partenariat.

Ces jeunes se sont racontés, ont échangé de multiples informations sur leurs pays respectifs, leurs manières de faire, leurs cultures tout en devenant capables, dans l’échange, de «se mettre entre parenthèses un moment» pour permettre une rencontre vraie, authentique avec l’autre. Dominique Pire, fondateur de l’Université de Paix, est resté présent tout au long de cette semaine où nous avons tous, jeunes et intervenants, pratiqué ce qu’il appelait le « dialogue fraternel ».

Ecouter, accepter les différences culturelles, faciliter la communication, promouvoir le dialogue interculturel ont été les maîtres-mots de la semaine toute entière, avec des résultats stupéfiants. Comment permettre autrement l’apprentissage de la gestion positive des conflits, l’émergence d’une citoyenneté responsable et le développement de politiques interculturelles sans cela ?

C’est, par la pratique, au travers de l’expérience que ces cinquante jeunes ont pu prendre conscience et mesurer le chemin qui mène de soi vers l’autre.

Ils ont également pris conscience du socle de valeurs communes, humanistes qu’ils avaient en patrimoine et redécouvert combien ils avaient beaucoup à apprendre les uns des autres à condition cependant de veiller à ce que les particularismes d’ordre culturel, ethnique, social, religieux, politique,… ne constituent pas des obstacles insurmontables à un mieux-vivre ensemble.

L’exigence est de taille et néanmoins indispensable au succès futur d’une société plus juste et plus solidaire.

Un pas vers une culture de paix ? Très certainement.

Le projet était, fut et reste ambitieux.

Si c’est toujours vrai, il nous a fallu dans le cadre de ce Forum internationnal, être davantage vigilants à la prise en compte et à la reconnaissance de la spécificité de chaque jeune.

En effet, nous considérons que, pour promouvoir une véritable culture de paix, il convient de considérer les différences non pas comme un problème à résoudre mais bien comme une richesse à exploiter.

C’est bien là un des défis que l’Université de Paix relève depuis 40 ans. C’est bien là aussi ce qui se vécut durant cette semaine.

Nos attentes et nos souhaits, sont-ils à la hauteur du résultat ? Y aura-t-il une continuation, une exploitation de ce réseau de contacts ?

L’Université de Paix a très certainement atteint ses objectifs de départ : faire se rencontrer des jeunes, leur donner un maximum de pistes dans la perspective d’une gestion positive de conflits et permettre une construction commune de savoirs dans le cadre d’une rencontre où chacun, avec les autres, s’est enrichi. Mais la rencontre n’est pas terminée. Les participants à cette rencontre internationale sont repartis en sachant l’existence d’un réseau de personnes, jeunes et moins jeunes, un réseau auquel ils sont dorénavant reliés.

Ce forum virtuel sera un lieu de rencontres, d’échanges et de débats sur la prévention et la gestion positive des conflits dans la perspective de l’émergence de cette culture de paix dont nous parlions précédemment. Grâce à ce réseau, les jeunes ayant participé au Forum pourront :

  • continuer d’apprendre et d’échanger sur les différents projets/sujets qui les intéressent,
  • participer à des discussions,
  • coopérer à distance et ce, grâce aux projets d’information, de formation et d’animation à distance qu’ils développeront et, par ailleurs, en faire bénéficier leurs pairs.

Les jeunes espèrent, et certains y travaillent déjà, que ce Forum aboutira également tôt ou tard :

  • à d’autres projets d’échange de jeunes,
  • à des projets de formation commune, ailleurs, sur des thématiques connexes : dans des camps de réfugiés, par exemple.

La richesse des contacts, la découverte des autres et les liens qui se sont tissés durant le Forum, l’originalité de la pédagogie développée et l’enthousiasme de tous ceux qui ont œuvré à cette rencontre internationale audacieuse en ont fait un événement unique et inoubliable qui fera date dans les annales de l’Université de Paix.