Qu’est-ce qu’une asbl ?

L’Université de Paix est une asbl dont la mission est de diminuer la violence et favoriser des comportements autonomes, responsables et respectueux.

Une asbl est une association sans but lucratif (lien Wikipédia).

L’Université de Paix est une asbl dont la mission est de diminuer la violence et favoriser des comportements autonomes, responsables et respectueux.

Cela ne signifie pas que nous fonctionnons sans fonds, mais bien que nous réengageons tous les profits dans nos activités d’information, de sensibilisation et de formation.

L’Université de Paix est également reconnue comme Organisation de jeunesse (catégorie service – cf. Actions jeunesse) par la Fédération Wallonie-Bruxelles (Communauté française de Belgique). Elle se situe à Namur.

Découvrez notre mission et notre pédagogie, ainsi que nos programmes éducatifs en tant qu’asbl « jeunesse » !

Afin de réaliser notre mission d’éducation à la paix, nous réalisons également des formations et produisons des ressources pédagogiques.

> Lire aussi : Documents officiels (Rapports annuels, status…), Instances (Conseil d’administration et Assemblée générale)

> Vous n’avez pas réponse à toutes vos questions ? Cliquez ici 🙂 ou contactez-nous

La COJ fête ses 40 ans

Il y a 40 ans, en 1975, la COJ voyait le jour, désireuse de créer une alternative à une appartenance (pilier politique) qu’offraient alors les fédérations d’OJ existantes…

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La COJ a 40 ans en 2015

 

Au fil du temps, elle a accueilli les OJ – 35 aujourd’hui – qui se voulaient indépendantes et pluralistes. 2015 va donc rimer avec anniversaire à travers un vaste programme de nos 40 ans. Au menu de notre anniversaire : trois grands volets, interconnectés. Un axe politique construit avec nos OJ sur le thème de « Jeunes et Politique ». Qu’entend-on par politique ? Ne parle-t-on pas plutôt de société ? Quelle est la place du Jeune dans la société ? Des questions et discussions qui se cogitent actuellement au sein d’un atelier politique. Deuxièmement, la COJ met en valeur 40 activités de ses OJ sur 2015 estampillées aux couleurs des « 40 ans de la COJ ». L’occasion durant l’année 2015 de nous retrouver au fil des 40 activités, 40 bougies à souffler parmi nos OJ. Dernière chose, et non des moindres, le 40ème anniversaire de la COJ sera marqué par le «Festival Jeunes» cet été dans le cadre des festivités de « Mons 2015, capitale européenne de la culture ».

> Lire la suite

Harcèlement entre élèves, dans la revue COJ#01

COJ#01 est le premier numéro du nouveau périodique de la Confédération des Organisations de Jeunesse indépendantes et pluralistes (COJ). Ce magazine contient de nombreux articles de fond concernant des thèmes centraux relatifs aux missions des OJ.

En janvier 2014, la revue publie un article sur le harcèlement entre élèves, rédigé par Alexandre Castanheira, détaché pédagogique – formateur à l’Université de Paix.

Ces dernières années, les cas de harcèlement entre élèves font de plus en plus parler d’eux, largement relayés par la presse. S’agit-il pour autant d’un nouveau phénomène de violence à l’école ? Non, juste un phénomène davantage cerné par de nombreuses recherches. Peut-être, dès lors, repéré et qualifié avec plus d’efficacité que dans le passé.


Aujourd’hui, la plupart des études en Europe concluent que 8 à 15% des jeunes scolarisés seraient concernés par des situations de harcèlement. Sachant que les conséquences psychologiques et scolaires peuvent s’avérer graves, il est temps d’en parler le plus largement possible et de diffuser les moyens de prévention et d’intervention qui existent aujourd’hui.

Mais de quoi s’agit-il exactement? Qu’est-ce que le harcèlement entre élèves ? Commençons par un exemple : Jérémie est nouveau dans une école avec internat. Un soir, les jeunes de sa section sont rassemblés dans la salle de jeux, ils se racontent des blagues. Jérémie qui est plutôt réservé finit par en raconter une. Sa blague fait un ‘flop’. Silence. Max, un élève à peine plus âgé, à l’aise dans le groupe et bien intégré, familier des bonnes blagues bien racontées, enchaine par une blague moqueuse à propos de Jérémie et déclenche les rires de toute l’assistance. Désappointé, mal à l’aise, Jérémie ne se sait que répondre et esquisse un rire jaune. C’est à partir de là, que, durant les jours suivants, Max continuera à mettre de l’ambiance en se moquant des blagues à la c… de Jérémie. La stigmatisation de Jérémie commence alors, ainsi que son calvaire : il sera victime de moqueries à répétition, de mises à l’écart, de jets d’objets en classe, etc. Son parcours scolaire va s’en ressentir et il finira par devoir changer d’école.

On le voit dans cet exemple, le harcèlement entre élèves (appelé school-bullying en anglais) présente plusieurs caractéristiques assez précises. Généralement, les spécialistes affirment  qu’un jeune est victime de harcèlement lorsque :

– il est soumis de façon répétée et sur une certaine durée à des comportements perçus comme violents, négatifs, agressifs de la part d’une ou plusieurs personnes;

– il s’agit d’une situation intentionnellement agressive qui vise à mettre en difficulté la victime ;

– il y a une relation de domination psychologique telle que la victime n’est pas en mesure ou ne se sent pas en mesure de sortir de ce rapport de force, de se défendre.

Ce qui veut dire aussi que lorsque deux jeunes de force égale (pas seulement physique…) se disputent, se moquent, s’insultent, se battent, il ne s’agit pas de harcèlement.

Physique, verbal, cyber & LOL!

C’est là un des aspects qui le rend difficilement identifiable : le harcèlement peut prendre de nombreuses formes. Il peut être « physique » : faire des gestes, donner des coups, jeter des objets, bousculer, contraindre à certaines actions ; il est le plus souvent « verbal » : insulter, se moquer, donner des surnoms, faire circuler de fausses rumeurs, menacer, user de sarcasmes ; il peut s’agir de « racket » : appropriation d’objets appartenant à la victime, taxage ou grattage de cigarettes, d’argent, de gsm, … ; il peut être question aussi de harcèlement sexuel et, de plus en plus souvent, semble-t-il, de cyber-harcèlement, comme par exemple, envoyer des messages négatifs par sms ou sur les réseaux sociaux, ou le « outing », le fait de diffuser publiquement des informations privées qui avaient été transmises sous le sceau de la confiance et qui sont envoyées à un groupe de personnes beaucoup plus large, ou encore, la diffusion de photos et de vidéos de la victime diffusées sans son consentement et affublées de commentaires humiliants.

La plupart du temps, les victimes subissent plusieurs de ces formes de harcèlement et la détresse psychologique qui en découle est souvent d’autant plus grande que le harcèlement est plus intrusif dans leur quotidien, non seulement à l’école, mais aussi à la maison ou hors des murs de l’école via les réseaux sociaux et l’utilisation fréquente de leur gsm.

Une autre dimension importante de ce phénomène réside dans sa nature « groupale ». Contrairement à d’autres formes de violence à l’école, les cas de harcèlement ont lieu en présence et grâce au groupe de pairs, les ‘témoins’. La plupart du temps, le ‘harceleur’ va rechercher, grâce à une instrumentalisation du rire (« …et c’est pour rire » – « LOL ! »), à renforcer sa position dominante dans le groupe en agissant devant des témoins. Certains rallient le ‘harceleur’ (les ‘suiveurs’), d’autres ne présentent pas de positionnement clair (‘outsiders’) ou ne voient rien, d’autres enfin vont chercher à secourir la victime (‘sauveurs’). Dans tous les cas, ceux qui n’agissent pas pour stopper le harcèlement renforcent celui-ci.

L’invisible visibilité

Ch. Salmivalli, de l’Université de Turku en Finlande, a démontré qu’une stratégie efficace de prévention consiste précisément à agir sur les ‘outsiders’ en leur donnant les moyens et les compétences pour s’impliquer afin de faire cesser la situation de harcèlement.

Cela suppose un travail sur les normes sociales au sein du groupe. En effet, la plupart des témoins n’oseront pas agir par peur des représailles et/ou de se voir considérés comme une ‘balance’. Pourtant 84% d’entre eux ressentent un malaise face à ces situations et développeront vraisemblablement un sentiment de lâcheté. Or, D. Pelpler, de l’Université de York, affirme que dans 60% des cas où les témoins interviennent, le harcèlement cesse dans les 10 secondes. Dès lors, que le ‘harceleur’ et les ‘suiveurs’ n’ont plus de public, le harcèlement cesse.

Par ailleurs, le harcèlement est généralement invisible aux yeux des adultes tout en étant parfaitement visible pour les jeunes. C’est le phénomène d’INVISIBLE VISIBILITE nommé et décrit par J.-B. Bellon et B. Gardette dans « Harcèlement et brimades entre élèves, la face cachée de la violence scolaire (2010) ».  Des élèves peuvent en agresser un autre 6 à 8 fois par jour, dans l’enseignement secondaire, rien que pendant les intercours non surveillés ou dans des espaces échappant au regard des adultes au sein de l’école (ou plus simplement par gsm…).

Déséquilibre de force, volonté de nuire, répétition, phénomène de groupe, instrumentalisation du rire, loi du silence, invisible visibilité, ces caractéristiques rendent au final le phénomène du harcèlement difficile à appréhender.

Néanmoins des dispositifs de prévention et d’intervention existent et les adultes de l’école peuvent se les approprier, y compris avec les jeunes, les parents et les services d’accompagnement des écoles (PMS, …), pour construire des écoles sans harcèlement.

Alexandre CASTANHEIRA,

Formateur en gestion positive des conflits –   www.universitedepaix.org

6 axes d’action contre le harcèlement à l’école

1. Un climat scolaire bienveillant et accueillant

2. Des règles claires, concrètes et connues

3. Informer et sensibiliser les élèves au phénomène du harcèlement

4. Impliquer les parents dans la prévention

5. Des lieux de parole pour échanger au sein de l’école

6. Inscrire ces démarches dans la durée.

Lire aussi : programme de prévention et d’action par rapport au harcèlement

Forum international de rencontre entre jeunes

UNIVERSITE DE PAIX 1960-2000 – FORUM INTERNATIONAL DE RENCONTRE ENTRE JEUNES

Rédigé par Christine Cuvelier, cet article a été initialement publié dans le trimestriel n°73, en 2000.

Un article historique sur un événement organisé à l’occasion des 40 ans de l’Université de Paix.

Cette action a mené plus de huit cents jeunes à la découverte d’autres pays, de leurs habitants, de leurs coutumes en les faisant véritablement participer à la vie locale.

L’Université de Paix a proposé, du 29 octobre au 4 novembre dernier, un Forum international de rencontre entre jeunes. Une semaine durant, 50 participants sont venus d’une trentaine de pays européens, africains, asiatiques et américains afin d’échanger sur la «gestion positive des conflits».

A l’occasion des 40 ans de notre institution, il nous paraissait important de fêter cet événement et d’articuler passé et présent dans une nouvelle synergie.

  • Le passé : l’esprit des premières sessions internationales organisées par l’Université de Paix. Il s’agissait de réunir des jeunes de tous les continents dans des sessions longues pour échanger expériences, analyses et critiques et pour approfondir les engagements de chacun allant dans le sens de la paix.
  • Le présent : l’axe de travail de l’Université de Paix depuis plus de 10 ans « Apprendre à gérer positivement les conflits ». Cet axe de travail serait le thème central de cette rencontre internationale.

Lors de ce Forum, nous avons voulu donner aux jeunes venus des cinq continents quelles que soient leur origine sociale, leur appartenance culturelle, leur obédience philosophique, l’occasion de mettre en commun les efforts qu’ils développent dans leur pays pour prévenir et gérer violence et conflits.

Nous avons aussi tenté d’apporter des réponses à certaines de leurs questions, questions de ceux qui ne se résignent pas et qui souhaitent au-delà de leurs oppositions, gérer leurs différends ; de ceux qui souhaitent, hors de tout débordement de violence, trouver une «autre» issue aux conflits auxquels ils sont confrontés.

Le programme

Difficile de résumer une semaine d’échanges, de rencontres, de débats, de visites, d’autant que cette semaine a été particulièrement riche pour tous les participants autant que pour les formateurs et les invités. Différentes formes d’activités ont été proposées : des ateliers, des témoignages, des échanges d’expériences mais aussi des formations et des présentations d’outils pédagogiques. Ces activités ont notamment permis aux jeunes de :

  1. créer des ponts et poser des jalons pour l’avenir en se préparant à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
  2. partager connaissances et savoir-faire pour s’approprier des savoirs et acquérir des compétences afin d’être apte à gérer positivement les conflits;
  3. développer un réseau d’échanges de savoirs;
  4. explorer des outils nécessaires à la construction de l’autonomie, la confiance en soi, la prise de responsabilité et utiles à l’amélioration du «vivre ensemble».

Ce Forum n’aurait pas été ce qu’il a été sans l’intervention :

  • d’une part, des formateurs de l’Université de Paix qui ont proposé un cycle de formations ayant trait aux notions de conflits, communication verbale et non-verbale, créativité, pouvoir et médiation ;
  • d’autre part, de personnes ressources invitées à partager leurs connaissances de tel ou tel aspect précis ayant trait à la problématique traitée durant la semaine.

Échange de pratiques et de connaissances entre des professionnels et des jeunes qui les ont interrogés avec intérêt et regard critique. Tout au long de la semaine, les savoirs ont ainsi été questionnés, appropriés, critiqués et reconstruits dans une dynamique générale de mise en commun.

Cette construction commune, nous avons voulu la symboliser par la plantation d’un Arbre de la Paix, qui a trouvé sa place dans le parc de La Marlagne, témoignage vivant d’une rencontre réelle et du travail collectif de cette semaine.

Un cycle de formation a été proposé aux jeunes. Nos objectifs durant cette formation ont été les suivants :

  • Exercer son esprit de créativité face à des situations problématiques.
  • Pouvoir sortir du cadre : élargir ses points de vue et par là les possibilités de solution.
  • Découvrir une série de notions et d’outils pouvant faciliter le développement d’une approche créative face à des situations problématiques.

Des personnes ressources

L’objectif du Forum était de favoriser, nouer et multiplier des contacts entre les participants mais aussi de favoriser, nouer et multiplier des contacts entre les participants et d’autres associations.

En voici quelques exemples…

  • Notre groupe a participé à des tables rondes organisées par Luc ARNOULD, Directeur général de NEW dans les bâtiments de la Bourse à Namur. A chaque table, étaient réunis 7 ou 8 jeunes et un namurois représentant du monde associatif, économique, culturel, politique, privé, etc. Ce dernier était chargé de présenter en quelques minutes un ou deux cas de litiges, cas vécu ou théorique en rapport avec son secteur d’activités et d’animer les débats. Ces échanges furent spontanés, passionnants et enthousiastes.
  • «Apprendre à devenir le citoyen de demain…», thème d’une journée dévolue à la découverte de diverses institutions belges : Yamina GHOUL, Secrétaire générale de la COJ, nous a présenté les structures de politique de jeunesse en Belgique, Hugues BAYET la philosophie de la politique de jeunesse en Communauté française et Kurt DE BACKER 6) la politique de jeunesse en Communauté flamande.
  • Notre groupe a également accueilli Monsieur Josy DEHOUBERT et un candidat délégué de classe de l’Ecole Asty-Moulin (Namur) qui nous ont fait part de leurs motivations. Ce rôle, nous ont-t-ils expliqué, est le premier engagement de citoyenneté, une entrée de plain-pied dans la vie citoyenne.
  • Une autre expérience de découverte, d’ouverture d’esprit et de citoyenneté, celle de l’opération «PatchWorld – Avoir vingt ans en l’An 2000» lancée par la ville de Namur nous a été présentée par Dany MARTIN et deux jeunes ayant participé à cette opération, Stépahne RAPPE et Nunzio MAUGERI.

Cette action a mené plus de huit cents jeunes à la découverte d’autres pays, de leurs habitants, de leurs coutumes en les faisant véritablement participer à la vie locale.

Stéphane RAPPE : «Le projet Patchworld» visant à rapprocher deux peuples proches par la langue mais lointain par la culture a pris fin au terme de cette année scolaire 1999-2000. Dans ce cadre, je crois avoir vécu ce qu’aucune photo ne saura jamais montrer.

A travers le regard de ces gens, j’ai souvent vu l’envie, parfois le dédain mais de toute façon le concept du blanc à qui tout sourit.

Me promenant dans une échoppe de cosmétiques, j’ai pu remarquer combien les canons de beauté représentés sur les réclames étaient physiquement proches du type métis sinon eurasien. Ainsi, quand leurs yeux nous criaient «visa» les nôtres leur criaient «nature et authenticité»».

Par ailleurs, notre groupe a eu droit à une visite guidée du Parlement wallon par son plus jeune député, Philippe HENRY, et à une réception à l’Hôtel de Ville de Namur avec Monsieur Tanguy AUSPERT, Echevin de la Jeunesse. Cette rencontre qui avait pour but de se familiariser avec quelques structures politiques communale et communautaire belges s’est terminée par le verre de l’amitié.

Et la culture…

Durant toute la semaine, Lise BRACHET nous a fait le plaisir d’exposer quelques-unes de ses toiles sur le thème « Plaidoyer pour la paix ». Ce fut pour notre groupe l’occasion de se réunir dans un univers pictural emprunt de douceur et de tendresse et de réfléchir aux conséquences malheureuses de la guerre.

La ville de Namur s’est dévoilée au fil d’une ballade dans son cœur historique. Mais aussi, notre groupe, invité du Théâtre de Namur, a assisté à une représentation du spectacle «Un conte d’hiver» de Shakespeare, une nouvelle création de Dominique Serron au Grand Manège de Namur. Nous avons pu également applaudir la dernière représentation en Belgique du spectacle «Sahmata» de Al Midan Théâtre (Nazareth) joué en langue arabe.

A son petit-fils, Haifa, Abou Maïssa, raconte l’histoire de son passé, celle de son exil quand la guerre de 1948 commence et de son village palestinien, Sahamata, aujourd’hui déserté, proche de la frontière libanaise mais également ses espoirs d’une paix entre palestiniens et israéliens construite sur le respect mutuel et l’égalité des droits, véritable plaidoyer en faveur de la fin de l’Intifida !

La plantation de l’arbre de La Paix

Un Forum international tel que celui-ci se devait de recourir à la symbolique à la fois pour célébrer le présent et aussi pour marquer l’avenir, assurer le souvenir. L’Université de Paix, lors de la remise des Certificats en gestion positive des conflits de l’année académique 1999-2000 s’était vu offrir un superbe pommier répondant au nom de La Paix.

Pourquoi celui-ci ne servirait-il pas de symbole, de souvenir entre tout le travail accompli par l’institution dans son quotidien et celui accompli par les participants à ce Forum international ? Le pommier de La Paix fut donc transporté du Boulevard du Nord à La Marlagne et planté par les bons soins de tous les participants.

Gageons qu’il poussera serein dans cet environnement et que de longues années durant il fleurira et apportera les fruits de la Paix que d’autres ici sont venus planter et que d’autres encore viendront chercher.

Des partenaires étrangers

Une rencontre internationale, ce sont aussi des partenaires étrangers. D’autres associations intéressées au fonctionnement de cette rencontre internationale nous ont déjà demandé comment nous avons choisi nos partenaires étrangers, comment nous les avons identifiés… Durant une longue phase de préparation, des associations avec lesquelles nous avions déjà travaillé et qu’il nous semblait intéressant d’inviter ont été contactées. D’emblée, certaines ont accepté de contribuer au projet ; d’autres, ne pouvant être présentes, nous ont fait part des coordonnées d’autres organisations. Ainsi, peu à peu, le groupe d’associations partenaires s’est constitué, chacune s’engageant à y déléguer des jeunes pour participer aux travaux de la semaine de rencontre. Au terme de cet échange de contacts et d’invitations lancées, pour des raisons financières, politiques, administratives,… le plus souvent indépendantes de notre volonté et de notre pouvoir d’action, il nous a fallu, avec regret, admettre que certains ne pourraient nous rejoindre.

L’hébergement et l’accueil

Finalement, plus de 50 jeunes issus de 32 pays dont 17 africains, 32 européens, 1 asiatique et 3 américains ont pu manifester leur intérêt pour ce Forum qui les a mené en Belgique, au Centre Marcel Hicter (Domaine de La Marlagne) pour un séjour de 7 jours. Nous tenons à remercier Armand Pirlet et toute son équipe, pour nous avoir permis de nous sentir bien, «comme chez soi», ce qui était un défi pour un groupe aussi hétérogène. Les repas étaient des moments privilégiés et conviviaux de rencontre, facilitant les discussions spontanées. La musique, une autre atmosphère, un autre moyen pour les participants de dialoguer, de s’exprimer, de communiquer. La rencontre d’un pays se fait également par les plaisirs de la table et la diversité de sa cuisine. Durant la soirée multiculturelle, un des moments forts de ce Forum, nous avons goûté différentes spécialités culinaires : moambe, carry, couscous, riz, fruits frais exotiques, pâtisseries tunisiennes et togolaises… et dansé au son de différentes percussions. De retour dans nos quartiers de l’Université de Paix, en défaisant les caisses, nous avons trouvé minutieusement emballés des cadeaux : le boubou saumon offert par Angèle à Mireille et celui de coloris vert pour Christine, la céramique bulgare de Nadia, les sujets en poterie de Amira, un djembé de nos amis africains… Chaque présent nous replonge dans cette semaine ; chacun à notre tour, nous évoquons tantôt un souvenir tantôt une anecdote. Nous revoyons défiler tous les visages de ces jeunes, leur sourire radieux, leur mimique, leur espoir. Et, chaque fois, nous ne pouvons nous empêcher de sourire tant cette semaine fut chargée d’apprentissage et d’émotion intenses.

La langue

La principale langue de travail a été le français. L’anglais, langue internationale incontournable, a été retenue comme deuxième langue de travail. Une équipe de traducteurs a assuré, tout au long des ateliers, une traduction simultanée. Grâce à Albertine, Christine, Jean-Christophe, Ludmilla, Paula, Sayed, Stéphane et Thierry, nous avons pu travailler avec efficacité durant toute la semaine.

Quelques conclusions

Ce Forum a été une sorte de laboratoire idéal en matière de multiculturalisme où plus de 50 jeunes venus d’une trentaine de pays ont cohabité durant une semaine pour acquérir une riche expérience des manières positives de faire face aux conflits.

Il leur a fallu rapidement apprendre, au-delà des différences flagrantes, à engager des relations de partenariat.

Ces jeunes se sont racontés, ont échangé de multiples informations sur leurs pays respectifs, leurs manières de faire, leurs cultures tout en devenant capables, dans l’échange, de «se mettre entre parenthèses un moment» pour permettre une rencontre vraie, authentique avec l’autre. Dominique Pire, fondateur de l’Université de Paix, est resté présent tout au long de cette semaine où nous avons tous, jeunes et intervenants, pratiqué ce qu’il appelait le « dialogue fraternel ».

Ecouter, accepter les différences culturelles, faciliter la communication, promouvoir le dialogue interculturel ont été les maîtres-mots de la semaine toute entière, avec des résultats stupéfiants. Comment permettre autrement l’apprentissage de la gestion positive des conflits, l’émergence d’une citoyenneté responsable et le développement de politiques interculturelles sans cela ?

C’est, par la pratique, au travers de l’expérience que ces cinquante jeunes ont pu prendre conscience et mesurer le chemin qui mène de soi vers l’autre.

Ils ont également pris conscience du socle de valeurs communes, humanistes qu’ils avaient en patrimoine et redécouvert combien ils avaient beaucoup à apprendre les uns des autres à condition cependant de veiller à ce que les particularismes d’ordre culturel, ethnique, social, religieux, politique,… ne constituent pas des obstacles insurmontables à un mieux-vivre ensemble.

L’exigence est de taille et néanmoins indispensable au succès futur d’une société plus juste et plus solidaire.

Un pas vers une culture de paix ? Très certainement.

Le projet était, fut et reste ambitieux.

Si c’est toujours vrai, il nous a fallu dans le cadre de ce Forum internationnal, être davantage vigilants à la prise en compte et à la reconnaissance de la spécificité de chaque jeune.

En effet, nous considérons que, pour promouvoir une véritable culture de paix, il convient de considérer les différences non pas comme un problème à résoudre mais bien comme une richesse à exploiter.

C’est bien là un des défis que l’Université de Paix relève depuis 40 ans. C’est bien là aussi ce qui se vécut durant cette semaine.

Nos attentes et nos souhaits, sont-ils à la hauteur du résultat ? Y aura-t-il une continuation, une exploitation de ce réseau de contacts ?

L’Université de Paix a très certainement atteint ses objectifs de départ : faire se rencontrer des jeunes, leur donner un maximum de pistes dans la perspective d’une gestion positive de conflits et permettre une construction commune de savoirs dans le cadre d’une rencontre où chacun, avec les autres, s’est enrichi. Mais la rencontre n’est pas terminée. Les participants à cette rencontre internationale sont repartis en sachant l’existence d’un réseau de personnes, jeunes et moins jeunes, un réseau auquel ils sont dorénavant reliés.

Ce forum virtuel sera un lieu de rencontres, d’échanges et de débats sur la prévention et la gestion positive des conflits dans la perspective de l’émergence de cette culture de paix dont nous parlions précédemment. Grâce à ce réseau, les jeunes ayant participé au Forum pourront :

  • continuer d’apprendre et d’échanger sur les différents projets/sujets qui les intéressent,
  • participer à des discussions,
  • coopérer à distance et ce, grâce aux projets d’information, de formation et d’animation à distance qu’ils développeront et, par ailleurs, en faire bénéficier leurs pairs.

Les jeunes espèrent, et certains y travaillent déjà, que ce Forum aboutira également tôt ou tard :

  • à d’autres projets d’échange de jeunes,
  • à des projets de formation commune, ailleurs, sur des thématiques connexes : dans des camps de réfugiés, par exemple.

La richesse des contacts, la découverte des autres et les liens qui se sont tissés durant le Forum, l’originalité de la pédagogie développée et l’enthousiasme de tous ceux qui ont œuvré à cette rencontre internationale audacieuse en ont fait un événement unique et inoubliable qui fera date dans les annales de l’Université de Paix.

« Tour des écoles », un projet de la COJ

Depuis deux ans, l’Université de Paix participe au projet « Tour des écoles, humanités » proposé et coordonné par la Confédération des Organisations de Jeunesse (COJ). Celui-ci s’est déroulé le 2 avril 2009 à l’Institut Saint-Louis de Bruxelles.

Un article initialement publié dans le trimestriel de l’Université de Paix, en 2009. Il a été rédigé par Claire Struelens et Christine Cuvelier.

Des jeux sans bleu(s)… pour développer l’estime de soi des ados

« L’estime de soi est le plus précieux héritage qu’on peut léguer aux jeunes » (G. Duclos).

Le projet

Les objectifs de ce projet « Tour des écoles, humanités », coordonné par la COJ sont les suivants :

  • faire connaître les pratiques éducatives et pédagogiques des organisations de jeunesse de la COJ par la découverte et l’expérimentation de nouvelles approches d’apprentissage (via des formations, animations et informations) ;
  • créer des synergies entre le secteur des organisations de jeunesse et le milieu scolaire ;
  • permettre aux étudiants de rentrer dans un processus d’apprentissage en dehors du cadre scolaire, à travers des ateliers interactifs proposés par les organisations membres de la COJ dont l’Université de Paix.

Durant cette journée, Christine et Claire ont animé le matin et l’après-midi, un atelier de 2 heures, « Des jeux sans bleu(s) ».

L’atelier « Des jeux sans bleu(s) »

Ils s’appellent Ahmed, Alice, Ayoub, Divine Jessica, Gulsum, Hind, Moises, Tatiana, Zeynep… Ils sont d’origine congolaise, marocaine, turque, belge, libanaise… Ils ont entre 12 et 14 ans et sont en 1ère et en 2ème secondaires. Ils ne sont pas dans la même classe et ne se connaissent donc pas nécessairement. Ils sont parfois en décrochage scolaire et désertent les classes. Ils vivent à Bruxelles ville ou en périphérie…

Dans les deux groupes que nous accueillons ce jour-là, il y a des jeunes en difficulté sociale et/ou relationnelle qui côtoient d’autres qui sont « bien dans leurs baskets ».

Cette mixité n’est pas toujours évidente mais peut être enrichissante pour chacun d’eux et pour le groupe.

Je suis nul, je n’y arriverai jamais.

Je suis moche.

Les autres ne m’invitent pas à leur teuf.

Les autres font toujours mieux que moi.

Quels éducateurs, enseignants, animateurs… n’ont pas déjà entendu de tels propos de la bouche de jeunes ? Pourquoi certains adolescents ont-ils tendance à se dévaloriser ainsi ? Quelles sont les répercussions d’une telle mésestime sur les apprentissages (relationnels, scolaires…) ?

Face à cette situation insatisfaisante et à ce désir de changement, comment aider les jeunes à mieux se connaître et à mieux connaître les autres ? Comment leur apprendre à coopérer ? Comment développer la confiance en soi et en l’autre ? Comment résoudre des conflits sans violence ? Comment les guider dans la découverte de stratégies qui mènent à la réussite ?

L’estime de soi est faite de quatre composantes: le sentiment de confiance, la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance à un groupe et le sentiment de compétence. Le sentiment de confiance est préalable à l’estime de soi. En effet, il faut d’abord le ressentir et le vivre afin d’être disponible pour réaliser des apprentissages qui vont nourrir l’estime de soi. Il en va autrement des trois autres composantes. On peut stimuler la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance et le sentiment de compétence à chaque stade du développement, à chaque période de la vie, par des attitudes éducatives adéquates et des moyens concrets. Il faut donc accorder une importance toute spéciale à la sécurité et à la confiance.

Pour relever ce défi, nous avons proposé à la trentaine d’étudiants inscrits à cet atelier, de vivre des activités concrètes et ludiques (jeux de coopération, mises en situation, échanges…) favorisant l’estime de soi.

Cinq axes de travail ont été développés dans cet atelier :

  • accueillir et être accueilli
  • mieux se connaître, connaître l’autre
  • coopérer et (se) faire confiance
  • se découvrir des qualités
  • percevoir et identifier les sentiments

Quelques exemples d’activité…

Le code de vie proposé préalablement aux activités, basé sur le respect mutuel fait que les étudiants ont pu échanger sur leur identité propre tout en sachant qu’il est parfois difficile et délicat pour certains de parler d’eux devant les autres.

Les règles du code de vie :

  • Je parle en mon nom (message « je »)
  • Je ne fais pas mal, ni avec les gestes ni avec les mots
  • J’ai le droit au STOP (c’est-à-dire de ne pas faire une activité si celle-ci m’incommode, tout en ne la perturbant pas)
  • J’ai accès au panneau d’évaluation permanente : « j’apprécie, je n’apprécie pas, je propose »
  • Je respecte la confidentialité

Avec l’activité « l’effet domino », les étudiants forment une chaîne.

Un des étudiants du groupe se place au centre du cercle. Les autres l’observent et essayent de trouver un point commun visible. Un deuxième participant vient alors le rejoindre en énonçant leur caractéristique « Nous portons un jeans ». Un troisième étudiant vient se placer et ainsi de suite, la chaîne se forme progressivement.

Dans un premier temps, cette activité permet aux étudiants de vérifier qu’il est toujours possible de trouver un point commun avec les autres et dans un second temps, d’ouvrir la réflexion de l’intérêt de cette découverte pour la gestion des conflits : par exemple, s’exercer à pouvoir différencier le comportement de la personne de la personne elle-même.

Les étudiants sont, cette fois, répartis de part et d’autre de la « fresque » de papier, en deux rangées qui se font face. Chacun a en main un pastel. Claire puis Christine, chacune à leur tour, donnent un thème de dessin (une fleur, un animal, son prénom « taggé »,…). Chacun peint devant lui en respectant le thème. Nous demandons, ensuite, aux participants de changer de place en se déplaçant vers la droite tout en gardant leur pastel. Un nouveau thème est donné et chacun dessine en le respectant. On poursuit les déplacements des participants et les changements de thème. Quand la fresque est suffisamment remplie de dessins de couleurs différentes, nous invitons les étudiants à découvrir leur chef d’œuvre. Pour terminer, nous leur demandons de choisir un morceau de cette fresque pour en réaliser un cahier de « chaudoudoux » (pour apprendre à donner et à recevoir des gratifications positives).

Cette activité coopérative permet aux étudiants :

  • de reconnaître leurs qualités artistiques et de reconnaître celles des autres ;
  • de poser un regard positif sur eux-mêmes et sur les autres au lieu de voir systématiquement ce qui ne va pas.

Quelques impacts

L’objectif de cet atelier n’est pas « d’amuser » les étudiants mais de les faire travailler sur des composantes de l’estime de soi,… en s’amusant.

La quasi-totalité d’entre-eux l’ont apprécié.

Au terme de cet atelier, nous pouvons observer quelques différences d’attitudes.

Nous pouvons ressentir que le climat du groupe a changé… Des visages inquiets ou interrogateurs du début…, nous passons aux sourires… Il est donc possible, en deux heures, d’entrer en relation avec autrui et de développer une cohésion de groupe. Petit à petit, les étudiants partagent leurs qualités avec respect et spontanéité.

Si les jeunes n’ont pas compris immédiatement l’intérêt de notre démarche, ils prennent conscience de ses avantages au fur et à mesure des activités et des debriefings.

Le debriefing proposé en fin des activités est une réflexion sur le sens et sur le comment des activités réalisées. Il permet aux étudiants d’échanger, de partager leurs expériences pour en faire profiter les autres. C’est aussi le moment privilégié de la prise de conscience de l’évolution de chacun et du groupe, du chemin accompli vers l’estime de soi.

Expérimenter de nouvelles activités proposées par l’Université de Paix -et par les autres organisations participant à ce projet « Tour des écoles, humanités »- a permis aux étudiants de prendre conscience de leurs qualités, autres que scolaires : artistiques, scientifiques, sportives, sociales, humanitaires,…

Ces « réussites » alimentent l’estime de soi de ces étudiants lesquelles peuvent les motiver à entreprendre des projets (s’inscrire à une formation pour devenir animateur par exemple) qui, à leur tour, peuvent augmenter le sentiment de compétence et de fierté personnelle.

Les jeunes ont besoin de se sentir appréciés, valorisés et compétents. C’est un besoin vital qui leur procure le sentiment de sécurité nécessaire pour :

  • pouvoir adopter des stratégies de résolution de problèmes adaptées telles la recherche de soutien social (conseils, réconfort,…) auprès de proches, la remise en question mesurée des comportements inadéquats…
  • résoudre de manière non-violente et créative leurs différends et les conflits.

L’estime de soi est un outil pour appréhender la réalité et affronter les difficultés.

Le développement harmonieux des jeunes est une préoccupation qui concerne l’ensemble des professionnels de l’éducation et/ou de la socialisation des enfants et des adolescents. C’est pourquoi l’Université de Paix propose, entre autres, divers outils et formations sur l’estime de soi.

Agissons pour éduquer à la paix

 

Vous aussi, vous pouvez contribuer à construire une société plus harmonieuse, prévenir la violence et favoriser une meilleure gestion de conflits au quotidien !

Cliquez ici si vous souhaitez contribuer à ces actions !

 

L’Université de Paix asbl travaille au quotidien avec des jeunes et des adultes afin de leur fournir des outils pour gérer les conflits d’une manière qui convienne à chacun.

Son action vise à favoriser un meilleur « vivre ensemble », par le partage de la réflexion, l’expérimentation de situations et la prise de conscience des relations avec autrui.

Pour ce faire, l’Université de Paix accompagne des adultes par rapport à leurs propres conflits et entreprend un travail de fond avec les jeunes.

Grâce à votre aide et en tant qu’Organisation de Jeunesse, nous éduquons et sensibilisons les enfants, les adolescents et les personnes qui en ont la charge, qu’ils soient enseignants, éducateurs, animateurs… Nous intervenons directement sur le terrain, notamment dans plusieurs écoles primaires et secondaires belges. En plus des formations, conférences et actions d’informations que nous proposons au grand public, nous produisons des ressources et outils pédagogiques, tels que le livre Graines de médiateurs II ou encore le jeu coopératif Belfedar, afin de partager le plus largement possible les méthodes de gestion de conflits.

Par cet article, nous vous proposons d’agir avec nous en effectuant un don (*) permettant de la sorte de continuer à développer, pérenniser et transmettre ces méthodes pour vivre des relations plus harmonieuses, qui conviennent à chacun.

Cliquez ici si vous souhaitez contribuer à ces actions !

Nous vous remercions d’ores et déjà pour votre geste !

(*) Tout versement de 40 euros ou plus, versé en une ou plusieurs fois au cours de la même année civile, donne droit à une exonération fiscale. Pour en savoir plus sur notre action au quotidien, vous pouvez consulter notre page « Questions fréquentes », ainsi que les différents articles de ce site. Nous sommes également disponibles par e-mail ou au 081/554140. Nous pouvons enfin convenir d’une rencontre, si vous le souhaitez.

Patricia Hubert, responsable du Service jeunesse

L’Université de Paix est une Organisation de jeunesse reconnue par la Communauté française [Désormais Fédération Wallonie-Bruxelles, ndlr]. Nous avons l’occasion de croiser régulièrement Patricia Hubert et ses collègues du Service jeunesse du Ministère de la Communauté française [FWB] lors de projets : subventions, reconnaissances, formations, projet Confejes, etc.

Entretien avec Patricia Hubert, responsable du Service jeunesse de la FWB. Propos recueillis par Christine Cuvelier, initialement publiés en 2011.

Entretien avec Patricia Hubert

Bonjour, Patricia. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années. Tu es aujourd’hui responsable du service jeunesse de la Communauté française. Qu’est-ce que cela t’apporte ?

En effet, cela fait maintenant plusieurs années que je travaille au Service de la Jeunesse (SJ). Au fil du temps, j’y ai exercé différentes fonctions. En résumé, j’ai tout d’abord été chargée de la gestion du secteur des centres de jeunes (CJ), ensuite des subventions extraordinaires et des conventions, puis du suivi des travaux du Conseil de la Jeunesse et enfin, depuis 6 ans, de la gestion du secteur des organisations de jeunesse (OJ). C’est ce trajet riche de multiples expériences qui m’amène aujourd’hui à assumer la fonction de responsable du SJ. Cela représente pour moi un défi particulièrement enthousiasmant avec, notamment, de nouvelles tâches à accomplir, une équipe à mobiliser, des projets à définir et à réaliser.

Quelles sont les missions du service jeunesse de la Communauté française ?

Au sein du Service Général de la Jeunesse et de l’Education permanente, le Service de la Jeunesse est chargé de la mise en œuvre de la politique sectorielle de la jeunesse. Le SJ se préoccupe des questions qui concernent les jeunes, organisés ou non. Ses missions principales se centrent sur la promotion et le soutien aux associations (via la reconnaissance, le soutien à des projets spécifiques pour et par les jeunes, le soutien à des actions de formation,…), le dialogue et la concertation avec les instances consultatives, la promotion et l’impulsion d’initiatives spécifiques ainsi que la participation à la définition des axes et priorités en matière de politique internationale de jeunesse.

Quels sont vos prochains défis ?

De nombreux chantiers sont sur la table, ils constituent autant de défis pour le SJ : participation à l’évaluation du décret CJ, du décret OJ et de la circulaire « Soutien aux projets jeunes », revue des politiques de jeunesse, publication sur les pratiques culturelles, réflexion sur l’égalité des chances dans le cadre du décret CJ, refondation de nos propres outils de communication dont le site du service,…

Nous portons également une attention particulière aux projets et thématiques émergentes qui ne répondent pas toujours aux conditions fixées par les cadres réglementaires

Tout récemment, la mise en place d’une Conférence Interministérielle de la Jeunesse (CIM) a été approuvée par le Gouvernement. Les travaux du comité de pilotage chargé de l’élaboration d’un Plan Jeunesse démarreront dès la fin août. Cette décision impulse une nouvelle dynamique en faveur de la jeunesse axée sur davantage de coordination et de transversalité des politiques de jeunesse. Cela augure de nouvelles perspectives pour le SJ qui participera à la conception de nouvelles mesures et à leur mise en œuvre dans les temps à venir.

Que souhaite le service jeunesse pour les Organisations de jeunesse & les Centres et Maison de jeunes ? pour les jeunes ?

En priorité, une plus grande visibilité du travail des associations, la valorisation de leur spécificité, de leur diversité et des enjeux dont elles sont porteuses, le soutien aux initiatives des jeunes et aux dynamiques associatives, la participation individuelle et collective des jeunes, le développement des potentialités de leur expression et de l’exercice d’une citoyenneté critique, responsable, solidaire et active.

Au sein du service, y a-t-il une devise, une ligne de conduite ou de pensée ?

« Le service de la jeunesse… au service des jeunes ». Tel est l’intitulé d’une de nos brochures. Ce titre résume bien nos missions et, plus concrètement, l’attention quotidienne portée aux demandes formulées par les associations et à leur aboutissement.

Selon toi, que peut apporter l’Université de Paix dans le développement de la politique de jeunesse en Communauté française ?

L’Université de Paix est une organisation de jeunesse agréée de longue date par la Communauté française. L’Université de Paix, c’est, entre autres, une expérience de 50 ans dans le domaine de l’interculturalité, continuellement revisitée et actualisée, un professionnalisme avéré de ses encadrants et formateurs, des possibilités de faire des ponts entre le monde de l’éducation formelle où elle est reconnue et celui de l’éducation non formelle. Son expertise en matière d’éducation à la paix est appréciée tant en Communauté française qu’en dehors de « nos frontières ». Ainsi, dans le cadre d’un programme de la Confejes, le SJ a sollicité le concours de l’Université de Paix en vue de la rédaction d’un guide pour la promotion de la culture de la paix, de l’élaboration et de la promotion de modules de formation destinés à des animateurs et des jeunes de l’espace francophone. Entamée depuis quelques années maintenant, cette expérience fructueuse se poursuit à la satisfaction générale des différents partenaires impliqués. D’autres collaborations dans le cadre de programmes de formation, de séminaires ou de groupes de travail par exemple sont envisageables selon les projets et les thématiques que nous développerons dans le futur.

La valorisation des compétences issues de formations d’organisations de jeunesse, du secteur socio-culturel (comme l’Université de Paix, par exemple) s’inscrit dans la stratégie de formation tout au long de la vie.

Quels conseils peux-tu donner pour réaliser un projet de reconnaissance de ces compétences ?

La valorisation et la reconnaissance des compétences acquises dans le cadre de l’éducation non-formelle, la promotion du travail de jeunesse sont des questions importantes, débattues notamment dans les enceintes européennes. Les expériences en matière de formations permettant l’acquisition de compétences utiles à la pratique professionnelle (ou bénévole) -comme le BAGIC- pourraient servir de point de départ à la définition d’une cadre de référence. Par contre, l’évaluation des formations davantage centrées sur l’épanouissement et l’implication du jeune dans un projet de société est a priori plus complexe.

Les finalités données à un tel projet méritent également d’être questionnées. En tout cas, il me semble essentiel, dans ce cadre, de défendre les finalités propres à l’éducation permanente (exercice d’une citoyenneté active et critique, émancipation individuelle et collective, expression culturelle des publics, participation active à la vie démocratique,…) dans lesquelles s’inscrivent les organisations de jeunesse.

Quel est le meilleur compliment que nous puissions te faire ?

Ce sont les nombreuses initiatives qui nous parviennent et qui témoignent de la vitalité des associations de jeunesse mais aussi, je l’espère, de l’intérêt de nos programmes et dispositifs de soutien.

C’est aussi d’être interpellée sur des questions de fond comme vous le faites aujourd’hui.

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour toi, ce serait…

En guise de conclusion, je dirais simplement que les chantiers foisonnent, que le travail ne manque pas et que les perspectives sont stimulantes.

Clefs pour la jeunesse

Clefs pour la jeunesseL’asbl bicommunautaire Clefs pour la Jeunesse (dont Leefsleutels vzw est le pendant en Communauté flamande) conçoit depuis plus de 20 ans des programmes de développement des compétences sociales visant à renforcer le bien-être relationnel des enfants, des adolescents et des adultes qui les encadrent (Clés pour grandir, Clefs pour l’adolescence,…). Des formations interactives et des outils pédagogiques concrétisent ces programmes (cf. Missions, public et historique de Clefs pour la jeunesse asbl).

Depuis le 4 mai 2012, la partie francophone de l’association Clefs pour la Jeunesse a confié son travail en Fédération Wallonie Bruxelles à l’Université de Paix.

Vous retrouverez prochainement leurs outils didactiques et formations proposées au nom de l’Université de Paix.

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