« Changer le monde, un dialogue à la fois »

Histoire de la Communication NonViolente en Belgique, 1993 – 2013, par Jean-François Lecocq (CommunicationNonviolente.info)

Voici le lien vers l’ebook gratuit qui retrace en 80 pages l’histoire des 20 premières années de la CNV en Belgique : CHANGER LE MONDE, UN DIALOGUE A LA FOIS 

Cette 3e édition a été spécialement revue, illustrée et adaptée pour être lue facilement au format PDF sur ordinateurs, tablettes, smartphones et liseuses.

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En cliquant sur le lien, vous ouvrez le système Dropbox et vous cliquez directement sur « Télécharger ». Bonne lecture. 

Pourquoi est-on violent (Les Niouzz) ?

Dans son émission du 7 mars 2017, le journal Les Niouzz se demandait comment expliquer le recours à des gestes ou des mots qui blessent. Ils ont demandé à Nathalie Ballade, Formatrice à l’Université de Paix.

Cliquez sur l’image pour aller regarder le reportage !

« La paix est plus que le silence des canons »

Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix 1958

La citation est de notre fondateur, Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix 1958.

La paix, ce n’est pas seulement une « lutte contre » la violence. Il n’est pas seulement question de prévenir cette dernière ou encore d’y remédier, mais aussi de créer un véritable climat permettant de mieux vivre ensemble en société, de communiquer et d’échanger de manière plus harmonieuse…

Au quotidien, enfants comme adultes sont confrontés à des désaccords, à des demandes ou à des situations qui déclenchent des émotions, parfois désagréables : comment vivre avec tout en préservant les relations ?

Cela rejoint les propos d’Edgar Morin :

« Il ne peut être que banal d’enseigner que paix vaut mieux que guerre, ce qui est évident dans les temps paisibles. Le problème se pose quand l’esprit de guerre submerge les mentalités. Éduquer à la paix signifie donc lutter pour résister à l’esprit de guerre ».

(Le Monde, 07/02/2016)

L’éducation à la paix se joue aussi – voire surtout – quand les canons sont silencieux, mais qu’ils n’en demeurent pas près de se réveiller… La paix consiste à pouvoir s’entendre, malgré les différences et les divergences. Lutter contre l’esprit de guerre, c’est ne pas se satisfaire de l’absence de violence, c’est créer le climat pour la prévenir et vivre harmonieusement ensemble.

A ce titre, au niveau interpersonnel, nous travaillons au développement de l’empathie et d’une écoute authentique, tant au niveau des adultes que des jeunes (cf. les articles relatifs à l’écoute dans nos ressources, et notamment celui à propos de notre programme de formation à l’écoute pour adolescents).

Un climat relationnel harmonieux se joue également dans les milieux professionnels, au niveau organisationnel. Sur ce site, vous découvrirez par exemple un résumé des travaux 2015-2016 du Conseil académique en gestion de conflits et en éducation à la paix à propos du « management émotionnel ».

Un article plus philosophique questionne également la différence entre nos relations « réelles » et celles que l’on qualifie de « virtuel », à travers les technologies numériques.

L’Université de Paix continue enfin de produire, partager et diffuser des ressources pédagogiques et des contenus et méthodes de formation afin d’outiller chaque personne qui le souhaite à résoudre ses conflits positivement.

Pour une école nonviolente et bienveillante

Comme tout lieu de vie collective, l’école est propice à la manifestation de conflits et de faits de violence en tous genres, physiques ou verbaux. Comment donc les désamorcer avant qu’ils ne dégénèrent ? Comment favoriser un climat serein, respectueux et agréable au sein des établissements scolaires ? En développant, par exemple, un mode de relation et une communication basés sur la bienveillance…

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Brigitte Gérard (Entrées Libres) a interviewé Claire Struelens, formatrice à l’Université de Paix.

[…] Pionnière en la matière en Belgique, l’Université de Paix propose diverses formations, ouvertes aux enseignants, dont l’objectif est de découvrir [notamment] le langage de la CNV [Communication NonViolente] et de s’initier à son processus.

« Cette forme de communication permet une compréhension de soi-même et de l’autre avec bienveillance, explique Claire STRUELENS, formatrice à l’Université de Paix. En fait, chacun cherche, par sa manière d’être, par ses comportements, ses paroles, à faire passer un message.

Parfois, ce moyen est violent, on émet des jugements, on interprète… Mais derrière ça, il y a peut-être une personne démunie, qui a besoin d’aide. La CNV nous aide à nous relier à nous-mêmes, à l’écoute de nos ressentis et de nos besoins et nous permet ensuite d’émettre une demande à l’autre » […]

> Lire l’article complet

Les années 90, la CNV et Marshall Rosenberg

Par Claire Struelens, Formatrice à l’Université de Paix.

Les années 90 marquent un tournant dans ma vie privée et professionnelle ! Après avoir travaillé 7 ans comme secrétaire et guide pour une asbl « Le Cercle Culturel et Historique de Rochefort », je me retrouve au chômage en 1991. Une porte s’ouvre car j’ai la possibilité de suivre des cours de Promotion Sociale « Educateurs A1 spécialisé ». C’est là que je découvre l’existence de l’Université de Paix par l’intermédiaire de Monsieur François Bazier (chargé de cours, formateur et membre du CA de l’Université de Paix).

A l’époque, j’étais maman de deux ados et soucieuse de créer, avec eux, des relations mutuellement respectueuses.

Depuis toujours je m’intéressais au « développement de la personne », à la psychologie « Humaniste » car j’y trouvais des réponses à mes questionnements et des outils utiles pour vivre des relations plus harmonieuses avec moi-même et les autres (Carl Rogers, Thomas Gordon).

Du 12 au 15 mai 1994 l’Université de Paix organise une « formation exceptionnelle avec Marshall Rosenberg » à Rossignol. Pas d’hésitation, je m’inscris. A ce moment-là, j’ignore, que ces trois journées scelleront ma destinée professionnelle ! Le 5 juillet 1995, je signe mon contrat comme formatrice à l’Université de Paix ! Quand j’y repense, les mots « incroyable » et «inimaginable » résonnent dans ma tête !

J’ai l’opportunité de participer à plusieurs formations données par Marshall Rosenberg, accompagné d’Anne Bourrit qui le traduit avec justesse, simplicité, humour… Ils forment un duo de choc, ils incarnent ce qu’ils disent, proposent ! Par sa présence bienveillante et chaleureuse, par son intégrité, par sa manière de transmettre le processus, Anne Bourrit me donne l’envie, l’élan de pratiquer, d’expérimenter le modèle dans mon quotidien.

Vivre la CNV c’est pouvoir « rire tous ses rires et pleurer tous ses pleurs », c’est pouvoir prendre la responsabilité de ce que l’on vit, c’est comprendre avec le cœur ce qui motive chaque être humain…c’est retrouver notre Humanité ! La mise en pratique soulève des vagues avec lesquelles je surfe tant bien que mal, et petit à petit (cheminement de ces vingt années), je deviens plus habile et perçois de mieux en mieux ce qui motive mes comportements, mes paroles, mes choix et ceux des autres.

Oui, quand je regarde où j’en suis aujourd’hui tant en ce qui concerne la vie professionnelle que privée, je ressens de la gratitude pour la reconnaissance et la confiance que l’on m’accorde à pouvoir Etre une Personne en perpétuel chemin vers plus de paix intérieure avec les autres.

Grâce à ces rencontres signifiantes (François Bazier, Marshall Rosenberg, Jean-François Lecocq) et la recherche constante à vivre en cohérence avec les valeurs chères à mon cœur, portées par l’Université de Paix et toute son équipe, je mesure combien j’ai la chance de partager ces ressources avec les personnes désireuses de découvrir et expérimenter une communication authentique et bienveillante avec elle-même et les autres.

Mes fils sont devenus des parents confiants dans la vie. Leurs enfants m’apportent l’occasion de donner et recevoir de cœur à cœur la vie avec toutes ses couleurs.

Médias Schola ULB, HELMo, Radio Présence…

Le parachute, jeu de coopération

Depuis la fin octobre, plusieurs médias locaux ou liés à un événement ont donné un écho à des actions de l’Université de Paix.

Journée des droits de l’homme à l’HELMo Sainte Croix

A l’occasion de la Journée des droits de l’Homme à l’HELMo Sainte Croix, une vidéo a été réalisée pour présenter la journée. Frédéric Billiard y prenait la parole en tant que directeur d’école et intervenant pour l’Université de Paix, sur le sujet des violences à l’école. Christelle Lacour, formatrice à l’Université de Paix, était également présente.

Journée des droits de l’homme à HELMo Sainte-Croix from hauteecolehelmo on Vimeo.

Forum des innovations en éducation (Schola ULB)

Le 18/11/2014, Schola ULB asbl organisait le 7e forum des innovations en éducation. L’Université de Paix y était présente dans un stand et lors d’une conférence sur les impacts des médias numériques sur les relations. Christine Cuvelier, chargée de relations publiques à l’Université de Paix, faisait également partie du jury qui avait pour mission de départager les projets innovants proposés par les écoles. Une vidéo a été tournée à l’occasion de cet événement.

Éducation à la Paix à Toulouse

Enfin, la radio locale toulousaine « Radio Présence » a invité Nathalie Ballade, formatrice à l’Université de Paix, lors d’une émission de 50 minutes à propos du programme d’éducation à la relation dans les groupes d’enfants. Nathalie Ballade y aborde des clés de lecture, de compréhension et de communication de la gestion de conflits. Pour réécouter cette émission, cliquez ici.

Guide des dons et legs

L’Université de Paix asbl est référencée dans l’annuaire d’associations du guide des dons et legs.

dons-legsLe Guide des Dons et Legs est un annuaire gratuit d’associations humanitaires contenant les coordonnées des associations ou fondations humanitaires habilitées à recevoir des dons et legs.

La raison d’être de ce guide gratuit est de mieux vous faire connaître les Associations et Fondations qui œuvrent dans de nombreux domaines, tous aussi utiles que divers. Ce répertoire vous donne un large aperçu du rôle indispensable des associations et fondations.

Vous envisagez peut-être de faire un don ou un legs à l’Université de Paix, ou recherchez d’autres moyens de soutenir des projets solidaires.

A l’Université de Paix, les dons des particuliers représentent une source de financement pour :

  • nos actions auprès des jeunes, visant à prévenir la violence et éduquer à la paix ;
  • nos actions d’information et de sensibilisation (cf. notre espace ressources didactiques et associatives), également via des ateliers ;
  • l’accessibilité de nos activités grâce à des conditions préférentielles, notamment via notre offre annuelle de bourse de formation (formation gratuite) à un groupe d’adultes ou de jeunes qui en font la demande.

Depuis 2011, tout don d’une valeur supérieure ou égale à 40€ fait l’objet d’une exonération fiscale.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter la page « Faire un don ? » ou encore la page des questions fréquemment posées. N’hésitez pas à prendre contact avec nous pour en savoir davantage, soit au 081/55 41 40, soit par mail. Nous pouvons également envisager un rendez-vous afin de répondre à vos questions, demandes et remarques.

Un éditorial de Timothée Demont

Un article de Timothée Demont, membre du Conseil d’administration de l’Université de Paix, publié en tant qu’éditorial du trimestriel n°126.

Dans cet article, T. Demont compare les situations belge et française en ce qui concerne l’éducation à la paix et à la médiation par les pairs…

Cela fait un peu plus d’un an que j’habite et travaille en France. Je trouve ce grand pays fascinant à de nombreux égards. Je pensais le connaitre et me sentais si proche, en tant que Belge francophone. Pourtant, de vivre en son sein, de suivre au quotidien les débats et remous sociaux et politiques qui l’habitent, je me suis rendu compte que nous étions en fait des sociétés assez différentes. Il s’agit pour une grande part de ressentis informes, difficiles à transcrire. Néanmoins, un constat n’a cessé de me revenir régulièrement à l’esprit. Il s’agit d’un constat nécessairement subjectif et simplificateur, mais que j’avais néanmoins envie de partager ici puisqu’il trouve son origine dans l’outil de lecture de la croix de Barry-Hart découvert à l’UP. Ainsi donc, je ressens une logique de compétition très prégnante dans la sphère publique française. L’Etat français, ce n’est un secret pour personne, est un Etat centralisé, fort et influent. Le Président se doit d’avoir une bonne dose de charisme et d’autorité.  Les Français ont l’habitude que l’Etat régule abondamment et fixe la marche à suivre jusque dans ses moindres détails. Ils ont aussi l’habitude de s’en plaindre, d’ailleurs. Il reste, non sans ambiguïté, qu’ils en ont d’une certaine manière besoin. Le Président Hollande est arrivé au pouvoir un peu par erreur, dans un mouvement de retour de balancier. Une majorité des citoyens s’étaient montrés fatigués par les manières excessives de Sarkozy et s’étaient prononcés en faveur d’un changement de profil radical. Cependant, les sondages actuels montrent que beaucoup d’entre eux regrettent le côté « rassurant » d’un Président et d’un gouvernement « autoritaire ».

Je voudrais évoquer un exemple récent, proche de la réalité de l’UP, d’une de ces décisions prises à Paris et imposées tant bien que mal à grand renfort de communication. La loi Peillon contre le harcèlement à l’école demande à chaque établissement de mettre en place une politique préventive, sur base de conseils prodigués dans une série de guides pratiques publiés par le gouvernement[1]. Résultat : un recueil de bonnes intentions, dans lequel on retrouve notamment la nécessité de mettre en place un climat scolaire agréable, des règles claires, des espaces de parole, des pratiques collaboratives et de l’empathie entre enfants, un système de médiation par les pairs, etc.[2]. Bref, une bonne idée… malheureusement largement inefficace parce que dénuée d’accompagnement et de formations de longue durée sur le terrain, capables d’impliquer et de transformer progressivement tous les acteurs de la communauté éducative en gardiens du savoir vivre ensemble. Loin de cette approche « top-down » cherchant à faire du bruit et du chiffre, l’UP [Université de Paix] sème des graines de médiateurs en Fédération Wallonie Bruxelles depuis 2007… Qui ont déjà fait éclore autant de fleurs dans les classes et cours de récréation. Mais il est vrai que le contexte n’est pas le même.

Timothée Demont


[1] Il est vrai que le phénomène de harcèlement dans l’hexagone a pris des dimensions inquiétantes : une enquête de l’Observatoire de la violence à l’école auprès d’élèves de primaires montre que 14% et 10% des élèves déclarent avoir subi un harcèlement moral et physique, respectivement. Les chiffres sont assez proches pour le niveau secondaire.

Entretien avec Isabelle Brouillard

Depuis le 14 octobre 2013, Isabelle Brouillard est la nouvelle Secrétaire générale de l’Université de Paix.

Propos recueillis par Christine Cuvelier, Chargée de relations publiques.

Si nous te demandons de te présenter en quelques mots, que dirais-tu ?

Je suis née dans la nuit du 24 décembre 1966, il faisait froid mais j’ai très vite eu chaud. Fruit d’une mère andalouse et d’un père bruxellois, cinquième d’une famille nombreuse (7 enfants), victime d’une maladie des reins jusqu’à l’âge de 12 ans, j’ai tellement ressenti de l’amour « fraternel » durant toute mon enfance que très tôt, je n’ai eu de cesse que de vouloir donner.

Quel a été ton parcours avant d’accéder à la direction de l’Université de Paix ?

Criminologue de formation, mon chemin professionnel a débuté au service des Ministères de l’Intérieur et de la Justice, en qualité de conseillère scientifique. C’était en 1992 après les tueries du brabant wallon, il y avait un plan de réforme national qui concernait tous les services de police ; j’étais chargée de le mettre en œuvre en ce qui concerne la Cour d’appel de Liège. Les nombreux dysfonctionnements et graves manquements observés dans le cadre de ce travail m’ont conduit à vouloir m’engager plus encore dans la justice et la protection des Droits de l’Homme. C’est au sein de la Commission Justice et Paix que j’ai pu orienter mon travail vers la défense des groupes vulnérables (enfants, demandeurs d’asile…) en Belgique et aussi dans plusieurs pays du sud (Amérique Latine). Cette nouvelle expérience m’a donné l’envie d’aller plus loin vers le secteur de la coopération au développement. Le projet de l’ONG RCN Justice et Démocratie au Burundi, intitulé « L’Eloge des justes », a croisé mon chemin et je suis partie emmenant toute ma petite famille avec moi. Les accords de paix pour le Burundi venaient d’être signés à Arusha au mois d’août 2000. Ce n’était que des accords sur papier. Il a fallu 5 années pour que le dernier mouvement rebelle accepte de rendre les armes et de se joindre aux prochaines élections. Nombreux furent les défis durant cette période mais au bout du compte le renforcement de la justice de proximité -cœur de mon travail- durant toutes ces années a pu progresser. Mes aînés en âge de rentrer à l’Université, nous sommes revenus en Belgique en 2012 et j’ai trouvé un emploi au sein de l’Ecole des Parents et des Educateurs, association d’éducation permanente, dont le but est fort proche de celui de l’Université de paix.

Qu’est-ce qui t’a conduit à l’Université de Paix ?

Le Nunca mas, ce cri déjà sorti de milliers de victimes de part le monde, et qui n’a toujours pas permis d’enrayer définitivement la guerre et les souffrances qu’elle engendre. Hier, aujourd’hui, et tristement demain, les forces destructrices continuent et continueront à l’emporter sur la raison et l’humanité.

Les fondateurs de l’Université de Paix savaient cela et ne se sont pas désespérés. En créant l’Université de paix, ils ont pensé que la réflexion d’hommes et de femmes permettaient d’agir et de trouver des réponses concrètes aux conflits et des moyens pour prévenir les violences. Bien au-delà, les fondateurs de l’Université de Paix et les centaines d’hommes et de femmes qui y travaillent depuis sa création ont su transcender nos besoins individuels de paix, et agir pour la collectivité, le bien commun, le vivre ensemble en vue de construire une société participative juste et responsable. C’est cette envie de construire plus de paix, qui m’a été communiquée et qui m’a conduite à l’Université de paix.

Quelles sont tes ambitions à court et moyen termes pour l’Université de Paix ?

Je souhaite tout d’abord préserver la qualité des relations humaines observées depuis mon engagement. Ce climat de compréhension et de respect mutuel a certes des racines profondes mais il s’agit de bien entretenir ce magnifique jardin. Ensuite, mon premier objectif est de soulager l’équipe de permanents qui fait face à la notoriété de l’Université et reçoit une cascade de demandes d’intervention et de projets. C’est donc la gestion du non et la planification qui sont à l’ordre du jour.

A moyen terme, j’espère que ce sera la gestion du oui. Il s’agira de trouver de nouveaux moyens pour permettre à l’Université de Paix de grandir en harmonie tout en intensifiant son impact. J’inscris cet objectif dans le prolongement du travail de fil rouge « Horizon Université de Paix 2020 » initié par l’équipe.

En quoi le travail de l’Université de Paix apporte-t-il une réponse satisfaisante pour renforcer ou améliorer les capacités des personnes en situation conflictuelle à y faire face ?

Mon expérience de vie dans la région des grands lacs m’a permis de comprendre combien la réponse par la violence a une telle force destructrice qu’elle est source de conflits pour des générations entières qui dépasse notre propre existence. Ouvrir des espaces de dialogue y compris dans des situations extrêmement difficiles permet de rompre ce cycle et de répondre à un besoin humain fondamental d’agir ici et maintenant. Si ce cercle de paroles est créé et que toutes les parties au conflit y participent, c’est encore un long cheminement avant qu’il ne soit source d’actions constructives. Renforcer les personnes dans leur capacité d’expression, d’écoute, d’empathie, de résilience, est propice à une compréhension approfondie des origines du conflit et l’émergence de pistes pour y remédier. Sans cette qualité de dialogue, tous les autres mécanismes de résolution de conflits telle que la négociation, la médiation, l’équité et la justice ne permettraient pas d’apporter une réponse durable.

Quelle sera, à ton avis, l’évolution de l’Université de Paix dans les prochaines années ?

Déjà dans l’immédiat, je constate que les demandes d’éducation à la paix sont nombreuses et que les acteurs pour y répondre ne sont pas suffisants et organisés. Avec la crise financière actuelle, les moyens vont geler voire diminuer et les conflits sans doute augmenter ! Comme je l’ai expliqué plus haut, le défi d’aujourd’hui est d’anticiper cette évolution « distordue »  en examinant toutes les composantes du fil rouge dessiné par l’équipe : la valorisation et la pérennisation des acquis de Graine de médiateurs, le développement de synergie avec de nouveaux partenaires, la consolidation des moyens financiers, l’ouverture ou non des actions sur le plan international, etc. Des pistes déjà explorées dans le passé à revisiter et réfléchir dans le contexte sociétal actuel.

Quel est le meilleur compliment que nous puissions te faire ?

« Tu as pu rester fidèle à l’esprit de l’Université de Paix et tu as pu contribuer à la réalisation et au développement de sa mission ».

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour toi, ce serait…

La flamme… Je suis rentrée à l’Université de Paix, comme un athlète à qui on remet le flambeau olympique. Quelle responsabilité ! Préserver le passé, gérer le présent et construire l’avenir… Je demande aux lecteurs de cet article, membres et sympathisants, de m’aider à veiller avec moi sur la flamme… Merci !