L’Université de Paix au forum Youngpress.eu

Le 28 octobre 2011, plusieurs membres de l’équipe ont été invités au forum Youngpress.eu, afin de partager notre action en termes de gestions de conflits, dans le milieu journalistique européen.

Vincent Tillieux, © StampMedia

Christelle Lacour est donc intervenue sur la question des biais liés à l’information, tandis qu’Alexandre Castanheira a rédigé un article intitulé « News report are always biased ». Il ne s’agit pas de donner un avis personnel par rapport à des phénomènes, mais bien de leur appliquer des distinctions et concepts utiles : différence entre faits et opinions, sélection / traitement / mémorisation biaisés de l’information, ouverture (pluralisme… des sources) et conscience, etc. Il ne s’agit pas tant de phénomènes à critiquer que de processus cognitifs et/ou sociaux à l’œuvre dans l’interaction… Par exemple, qu’il y ait des biais inhérents à la pratique de rédaction de l’information ne veut pas nécessairement dire que cette info n’est pas fiable.

« News reports are biased »

Alexandre Castanheira is conflict manager at the University of Namur. He is mostly working with social workers and adults that are in contact with youngsters. At the YoungPress.eu conference, he studied in the workshop ‘Labeling and prejudice’ the impact of social media.

Castanheira thinks that news is always biased. “It is all about our own perception. The reality itself isn’t treated, but our perception of reality. Everyone approaches everything from a personal opinion and has therefore a biased perception of reality.”

Opinion versus facts

“The extent in which people are sensible for biased media differs from person to person. Everyone reacts differently. People have different thoughts and emotions as well as beliefs and history”, Castanheira says. “By training people and imparting opinions and facts, they will step by step learn how to look through the façade and be less biased. Unfortunately this difference in courses is taught to a very limited extent.”

Diversity of news

Castanheira is not absolutely pro or contra the upcoming of online media. Social network sites offer a broad diversity on news. They deliver more divers information than the traditional media. It is really difficult to filter the most important news out of the constant stream of news. A journalist these days has to be able to process investigative journalism as well as mass information of the social network sites like Twitter or Facebook.

Awareness

It is difficult to make youngsters aware of the biased opinions in the media, but not impossible, Castanheira thinks. “We have to use the different sources in a useful way. It is important to keep a close eye on the traditional media and the social network sites and study and compare them.”

He is optimistic whether youngsters nowadays are really interested in news and opinion forming of the media. “Not everybody is interested obviously, but it is necessary that youngsters recognize the phenomenon.”

Castanheira believes that we cannot avoid the problem, but we do have to realize that the media is unarguably biased. “Only then youngsters are capable of recognizing the biased information”.

© 2011 – StampMedia – Lynn Symons – translation: Hannes Van Peer

L’intervention de Christelle Lacour, ainsi que l’article en anglais rédigé par Alexandre Castanheira ont été publiés le 15 décembre 2011 sur le site Youngpress.eu.

Le témoignage de Catherine Bruynbroeck

Catherine Bruynbroeck est enseignante à Ixelles. Elle y a partagé le programme « Graines de médiateurs ». Elle nous fait part aujourd’hui de son témoignage : « Nous avons mutuellement changé nos regards sur l’autre »…

Julien [J.] : Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans le programme ?

Catherine Bruynbroeck [C.] : Ce qui me plaît dans le programme, c’est la créativité que permettent les exercices, certains sont transformables à l’infini, en fonction des âges, des groupes, il y a toujours moyen de les adapter, ou d’en inventer d’autres… De plus, il n’y a pas un ordre établi, on pioche au gré de l’énergie du groupe. Pour moi qui aime la spontanéité, c’est extra… et pour quelqu’un qui a besoin de plus de structure, cela convient tout aussi bien, car le livre « Graines de médiateurs II » est extrêmement bien construit ! Une fois qu’on a compris la philosophie du programme, on peut même transposer certains cours « matière » sous forme de défi-coopération comme proposé dans le programme !

J. : Comment les élèves vivent-ils le projet ?

C. : Pour moi, ces jeux sont des « bulles d’air » dans le cursus scolaire, les enfants adorent (succès garanti) et j’insiste toujours sur le fait que c’est de l’apprentissage au même titre que des maths ou du français… Je structure beaucoup ce qui a été appris.

J. : Voyez-vous une différence de comportements, des changements chez les élèves qui suivent le programme Graines de Médiateurs ?

C. : Il faut savoir, dès le départ que GDM ne va pas faire évoluer tous les enfants à un même niveau. Lorsque j’ai débuté, il y a trois ans, cette classe était réputée comme « très difficile », les professeurs s’en plaignaient beaucoup. Les exercices ont mis du temps à faire de l’effet sur eux, mais, petit à petit, quelque chose s’est produit au sein du groupe et c’est devenu une classe bien dynamique, des enfants avec qui on peut avoir des échanges très enrichissants, le tout dans le respect des règles de vie en école. Nous avons mutuellement changé nos regards sur l’autre…

___________________________

Vous aussi vous avez un témoignage ou désirez vous exprimer, sur un programme, un outil, une formation ou autre expérience? N’hésitez pas à contacter Julien Lecomte et à nous envoyer vos textes!

Café philosophique

Ce mardi 8 novembre à 19h30, l’Université de Paix vous propose, en partenariat avec le CAL – BW (Centre d’Action Laïque du Brabant-Wallon) un « café philo » sur le thème « Violence et raison : la violence peut-elle avoir raison? »

Cet événement prend place parmi les autres conférences de l’Université de Paix, au prix de 5 euros. Une boisson vous sera offerte.

Infos et réservations auprès de Julien Lecomte, au 081/554147 ou par mail.

Cliquez pour agrandir

Bouc émissaire dans La Lettre Eduquer à la NV

Dans La Lettre Eduquer à la NonViolence et à la Paix n°21, Christelle Lacour, formatrice à l’Université de Paix, explique le phénomène du bouc émissaire, et donne quelques pistes d’activités pour travailler ce thème…

Comment réagir face au phénomène du bouc émissaire ?

Par Christelle Lacour – Licenciée et agrégée en Psychologie, Formatrice à l’Université de Paix asbl.

Le 28 avril 2011, l’Université de Paix a dispensé sa première formation sur le phénomène du bouc émissaire. Nous sommes partis de l’idée que ce problème est groupal et avons par conséquent proposé aux participant(e)s de réfléchir, travailler et expérimenter cette question de manière groupale…

Des personnes de tous bords étaient présentes : des enseignants, des animateurs pour jeunes, des travailleurs sociaux estimant vivre un cas de bouc émissaire dans leur équipe de travail, une médiatrice scolaire confrontée à ce problème dans les écoles dont elle s’occupe, des parents…

« C’est quoi un bouc émissaire ? » a été la première question que nous leur avons posée, Alexandre Castanheira et moi-même. En sous-groupes, les participants ont discuté et rapporté leurs représentations sur ce phénomène, ses causes et ce qui les amenait en formation ce jour-là. Suite à cela, une définition a été proposée :

« Le bouc émissaire est celui que le groupe rend responsable de tout ce qui ne va pas. Il remplit un rôle de cohésion en polarisant sur lui l’agressivité. Le bouc émissaire permet aussi aux autres de transgresser des règles : c’est lui qui portera le chapeau ».

Le bouc émissaire serait donc le symptôme d’un dysfonctionnement groupal : un phénomène de groupe, à travailler en groupe donc !

Nous avons dès lors proposé aux participants de vivre plusieurs situations de rejet social de manière ludique et d’en tirer leurs conclusions.

Dans une des activités, les participants ont disposé d’une minute pour trouver un « abri antiatomique » de la couleur correspondant à une gommette apposée sur leur front. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’une des participantes avait une gommette de couleur différente, ne correspondant à aucun abri. Elle a littéralement explosé au terme de la minute, puisqu’aucun groupe ne l’a accueillie dans son abri.

Dans un autre exercice, une étiquette positive ou négative (ex. sympathique, agressif, intello, …) a été attribuée à chaque membre du groupe. Ils ont ensuite du choisir de s’asseoir par quatre dans une « cafétéria » improvisée dans l’espace. Le constat était simple : les personnes ayant des étiquettes positives se retrouvaient entre elles et les participants avec une étiquette négative s’asseyaient entre eux, par défaut le plus souvent.

Dans un troisième temps, les participants ont eu l’occasion de trouver un maximum de solutions concrètes face à une situation dans laquelle un jeune était victime d’intimidation. Sur base d’une planche de bande dessinée, diverses suggestions ont été émises : faire des animations pour créer du lien, clarifier les règles et sanctionner automatiquement, faire de la sensibilisation à travers une campagne (ex. en diffusant un film traitant du thème du rejet social ou de l’intimidation), donner un rôle positif au brimeur et/ou au bouc afin de changer la dynamique, …

Lors d’une dernière rencontre en sous-groupes, nous avons expérimenté la technique de l’analyse fonctionnelle. Voici les étapes de cette méthode :

  • nommer le problème (qu’est-ce qui se passe ? comment je me sens ?) ;
  • évaluer si gérer cette situation fait partie de mon mandat professionnel ou personnel ;
  • créer un sociogramme pour situer qui est concerné par le problème et les relations entre les personnes ;
  • imaginer des pistes, les évaluer et en choisir en fonction de leurs avantages, inconvénients et risques.

Chacun(e) est reparti(e) de cette session avec des clés de lecture et des idées plein la tête. Non seulement leur vision du phénomène s’est clarifiée (cette vision a changé, ont dit certains), mais en plus les moyens d’action leur ont paru plus nombreux pour gérer ou vivre avec l’existence d’un bouc émissaire.

Retrouvez cet article dans le PDF de La Lettre Éduquer à la Nonviolence

La Lettre Eduquer à la Nonviolence et à la Paix n°21

Conférences 2012-2013

> Inscriptions

> Plus d’infos : Conférences 2012-2013 de l’Université de Paix (PDF)

L’Université de Paix propose un cycle de conférences à raison d’un mardi par mois, à 19h30. Cliquez ci-dessous sur le nom d’une conférence pour en dérouler son contenu. Si vous désirez découvrir le profil et l’expérience de chacun des intervenants, vous pouvez consulter notre page « formateurs ».

16/10/2012 - Café Philo (*) : La violence peut-elle avoir raison ? (réf. 3254)

Par Brice Droumart, le mardi 16 octobre 2011 à l’Université de Paix.

En partenariat avec le CAL du Brabant-Wallon

Violence et raison semblent s’exclure l’une l’autre. Il faudra donc nous prononcer sur cette exclusion : est-elle indépassable ou ne s’agit-il que d’une contradiction apparente ? On entend des justifications du recours à la violence : la violence serait un mal nécessaire en vue d’instaurer un ordre plus humain. Est-il donc légitime, nécessaire et/ou inévitable de recourir à la violence pour lutter contre les violences existantes ? La contradiction est-elle indépassable ? Comment combattre la violence, si elle est proprement illégitime mais aussi
sans rapport avec la raison et donc échappant aux prises de la raison ? L’atteinte à l’homme comme sujet ou la destruction partielle ou totale de l’homme vu comme objet peuvent-elle être justes et justifiées par la raison ? Est-il possible de trouver des raisons qui légitiment le recours à la violence ?

Prix d’entrée : 5 euros
Prix étudiant, chômeur : 3 euros

13/11/2012 - Construire une école citoyenne (réf. 3258)

Par Jean-Luc Tilmant, le mardi 13 novembre 2012 à l’Université de Paix.

Article 27Depuis des dizaines d’années, notre société bascule lentement vers un fonctionnement de plus en plus individualiste entraînant dans son sillage de nombreux acteurs de l’école qui revendiquent leurs droits en laissant les devoirs et les responsabilités aux autres.
Cette conférence voudrait apporter un regard neuf sur le fonctionnement archaïque et pyramidal de l’école en jetant les bases de la construction d’une nouvelle institution qui centre son fonctionnement sur les bénéficiaires. L’école citoyenne constitue une des alternatives du changement en créant, dans la négociation et la communication, les lois et les règles avec tous les acteurs de l’école. Et si l’école devenait un forum où se mêlent plaisir, responsabilité et apprentissages ?

Prix d’entrée : 10 euros
Prix étudiant, chômeur : 7 euros

11/12/2012 - La science et les méthodes utilisées dans la série « Lie to me » expliquées (réf. 3266)

Une introduction à la lecture et la compréhension des émotions, de la vérité et du mensonge, par Arnaud Blavier, le mardi 11 décembre 2012 à l’Université de Paix.

Cette conférence, approuvée par Paul Ekman, a pour but de :

  • Clarifier et/ou démystifier certaines croyances concernant la détection du mensonge.
  • Tester l’habilité des personnes à voir les micro-expressions sur le visage et aborder leurs rôles par rapport aux émotions.
  • Introduire le modèle psychologique derrière les mensonges.
  • Établir la contribution que peuvent avoir ces compétences de lecture et d’interprétation dans le cadre du travail (et de la vie privée aussi).

La conférence est organisée de manière vivante grâce à de nombreuses interactions et tests.

Prix d’entrée : 15 euros
Prix étudiant, chômeur : 12 euros

22/01/2013 - Café Philo (*) : S’engager pour qui, pour quoi ? (réf. 3302)

Par Brice Droumart, le mardi 22 janvier 2013 à l’Université de Paix.

En partenariat avec le CAL du Brabant-Wallon

Si comme le dit Sartre « l’existence précède l’essence » alors il nous faut agir. Mais cela implique le risque de l’erreur ou de la mauvaise action. Comment réguler ses actes pour allier vie bonne pour soi et pour les autres ? Si l’action est le moteur de nombres de philosophies, quelles en sont les pistes de réflexion et que nous offrent-elles à penser ? La morale kantienne, avec son « impératif catégorique », reste encore aujourd’hui le système de valeurs dominant en Europe. Comment l’expliquer ? Pourquoi s’engage-t-on ? Certains s’engagent en politique, d’autres ont des projets humanitaires,… Dans quel but ? Qu’est-ce qui peut amener un individu à se mettre au service des autres ou d’une cause ? D’où nous vient cette culture de l’agir et qu’implique-t-elle ? Et si l’action implique la liberté, serions-nous, comme le pensait Sartre, condamnés à être libre ? Plus loin, tous les moyens sont-ils acceptables pour défendre ses engagements ? Quel recours à la violence et comment le justifier?

Prix d’entrée : 5 euros
Prix étudiant, chômeur : 3 euros

26/02/2013 - Diriger selon le mode sociocratique de gouvernance (réf. 3309)

Par Jean-Luc Gilson, le mardi 26 février 2013 à l’Université de Paix.

Article 27Développer un nouveau leadership : partager le pouvoir sans le perdre. Les recherches des cinquante dernières années ont démontré que la collaboration active des partenaires à un projet est justement le principal facteur de sa réussite.
L’étude des systèmes auto-organisés a permis de cerner les fonctions d’un chef compétent pour susciter cette collaboration. Il établit une structure de communication qui donne un poids équivalent à tous les collaborateurs dans le processus de prise de décisions. De cette façon il partage le pouvoir sans le perdre.
La formalisation de ce mode de gouvernance est maintenant connue sous le nom de Sociocratie (le pouvoir du « socios », de l’intelligence collective). Son implantation met non seulement un terme aux conflits traditionnels inutiles entre les gestionnaires et les travailleurs, il crée des espaces de liberté et de responsabilisation qui mettent en valeur la vraie richesse des organisations : le capital humain.

Prix d’entrée : 10 euros
Prix étudiant, chômeur : 7 euros

26/03/2013 - Médiation et créativité (réf. 3316)

Par Silvia Casanovas Danès, le mardi 26 mars 2013 à l’Université de Paix.

Article 27Silvia Casanovas nous propose de « revisiter » la médiation sous l’angle de la créativité.
Elle nous fera visiter virtuellement sa Galeria de Mediacio, un espace de création et de diffusion d’outils pour la résolution de conflits. Un endroit où l’on joue avec les idées, les métaphores, les objets, les images, les symboles,…
Un lieu de créativité où l’on développe de nouvelles manières de faire et de dire…

Prix d’entrée : 7 euros
Prix étudiant, chômeur : 5 euros

24/04/2013 - L’estime de soi, cadeau qui donne des ailes à la vie (entrée libre, à Arlon)

Par Bénédicte de Gruben (Université de Paix au Luxembourg), dans le cadre de la réunion de la régionale luxembourgeoise de l’UFAPEC, en collaboration avec les associations de parents des écoles fondamentales de l’INDA et Saint-Bernard à Arlon (Infos sur le site de l’UFAPEC).

Appréhender le concept de l’estime de soi et ses 4 composantes : sécurité, identité, appartenance, réussite. Montrer les attitudes qui favorisent le développement de l’estime de soi.

Où : Salle polyvalente INDA, 21 rue Netzer à 6700 Arlon.

Organisation : AP des écoles fondamentales St Bernard et de l’INDA (voir l’affiche en pdf).

Paf : entrée libre, bienvenue à tous.

30/04/2013 - La discipline, un jeu d'enfants! (réf. 3320)

Par Brigitte Racine (Canada), le mardi 30 avril 2013 à l’Université de Paix.

Article 27Venez découvrir la MÉTHODE ÉDUCOEUR et pratiquer une discipline positive auprès d’enfants et d’adolescents grâce à des moyens simples, efficaces et éprouvés par des milliers de parents et d’éducateurs.

  • En avez-vous assez de répéter, menacer ou élever la voix sans obtenir de collaboration ?
  • L’avenir de vos enfants est-il une préoccupation ?

Quels sont les moyens afin d’arriver à…

  • Obtenir leur collaboration…
  • Leur apprendre à réparer les torts au lieu de punir…
  • Les accompagner à devenir autonomes et responsables…
  • Instaurer une discipline qui favorise le développement de l’estime de soi : le plus grand facteur de protection contre les conduites à risque à l’adolescence (abandon scolaire, abus de drogues, suicide,…)

Prix d’entrée : 10 euros
Prix étudiant, chômeur : 7 euros

28/05/2013 - Le harcèlement à l’école : comprendre, identifier, agir (réf. 3324)

Par Alexandre Castanheira, le mardi 28 mai 2013 à l’Université de Paix.

Article 27Intimidation, (cyber)harcèlement, bouc émissaire, souffre-douleur, brimades, moqueries, rejet social, … les mots ne manquent pas pour désigner les diverses formes de violences à l’école. Pourtant en ce qui concerne le harcèlement, le phénomène est souvent sous-estimé, voire ignoré ou passé sous silence, alors que ses conséquences psychologiques, sociales et scolaires peuvent s’avérer graves.

Aujourd’hui de nombreuses enquêtes à travers le monde affichent pourtant un pourcentage de victimes de harcèlement à l’école allant de 6 à 15% des enfants et des adolescents. Que faire ? Comment appréhender ce phénomène ? Comment l’identifier ? Comment agir ? Comment le prévenir ?

En se basant sur diverses initiatives et les dernières enquêtes en la matière, cette conférence vous permettra d’approcher le harcèlement en milieu scolaire sous 4 angles : comprendre, identifier, prévenir et intervenir.

Prix d’entrée : 7 euros
Prix étudiant, chômeur : 5 euros

(*) Nouveau : en 2012-2013, découvrez deux Cafés Philo, en partenariat avec le CAL du Brabant-Wallon.

Les « Cafés philo » offrent un lieu de rencontre entre des personnes qui souhaitent échanger sans tabous et dans une ambiance décontractée, autour d’un verre. Loin du tumulte du débat, le « café philo » est avant tout un espace démocratique organisé au sein duquel il n’est pas question de convaincre mais de chercher ensemble. Il amène, par le questionnement de chacun, à faire progresser le raisonnement et le questionnement de tous. Se questionner ensemble impose évidemment quelques règles, une éthique communicationnelle. Il faut, en effet, être prêt à accepter que l’autre puisse avoir raison. Il s’agit, dans le respect et l’écoute, de mettre en doute, mais pas de protester, de couper la parole ou d’attaquer la personne sur ses convictions. Il s’agit bien de partager et d’apprendre.

Le prix des conférences est de 5 à 15€ (3 à 12 € pour les étudiants ou chômeurs) en fonction des honoraires des intervenants extérieurs. Certaines de nos conférences sont accessibles aux conditions Article27. Les prix exacts figurent dans le pdf détaillé des conférences, ci-dessous.

> Plus d’infos : Conférences 2012-2013 de l’Université de Paix (PDF)

> Inscriptions

Comment gérer les conflits avec les jeunes?

Comment prévenir la violence avec les adolescents ?

Quelles pistes pour gérer les conflits positivement avec les adolescents ? Et comment les outiller pour qu’eux-mêmes gèrent au mieux les conflits avec leurs pairs ? S’offrir un espace de découverte et d’expérimentation d’outils à utiliser avec et entre les adolescents, pour tenter de les accompagner dans cette période de transformations multiples qu’ils vivent, voilà ce que nous vous proposons au travers des objectifs suivants :

Objectifs

Après avoir pris conscience des conditions et des limites de la médiation, les participants utiliseront la technique de l’ASIREP, permettant de négocier avec le jeune ou d’intervenir comme tiers dans un conflit entre jeunes :

  • Accueil : mettre en place un cadre sécurisant pour débuter la médiation.
  • Stop (se calmer) : expérimenter des techniques de gestion corporelle des émotions.
  • Identifier le problème : transformer un jugement en message clair (faits qui posent problème et émotions).
  • Rechercher, Evaluer les solutions et Planifier l’action concrètement.

Contenu

  • Utiliser des techniques d’ancrage et de décharge des tensions, inspirées du yoga.
  • S’exprimer en message clair.
  • Ouvrir le champ des solutions grâce au brainstorming et au CQFD (Censure abolie – Quantité souhaitée – Farfelu bienvenu – Démultiplication des idées).
  • Poser les questions permettant de planifier l’action selon la technique du CQQCOQP (Comment – Quoi – Qui – Combien – Où – Quand – Pourquoi).

Référents théoriques (e.a.) : Thomas Gordon, Dominique Chalvin, Marshall Rosenberg.

Méthodologie

  • Partage d’expériences personnelles
  • Mises en situation et jeux de rôle
  • Élaboration collective de pistes d’action
  • Apports théoriques sur base des connaissances intuitives du groupe et du vécu des participants dans les activités proposées
Personnes concernées : Toute personne ayant en charge un ou plusieurs jeune(s) ou groupe(s) de jeune(s) d’au moins 12 ans (parents, éducateurs, animateurs, enseignants, psychologues, médiateurs scolaires…)

Groupe : de 12 à 18 personnes

Durée : en 2 à 4 journées

Formation possible sur mesure, à la demande

Dispositifs pour canaliser la violence

Objectifs

  • Comprendre l’importance et les enjeux de l’institutionnalisation des dispositifs dans une institution ou une école.
  • Se familiariser avec la méthode d’institutionnalisation d’un dispositif.
  • Découvrir un autre fonctionnement collectif pour répondre aux problèmes rencontrés avec les bénéficiaires d’une institution ou d’une école.

Contenu

Au cours de cette journée, seront présentés différents dispositifs permettant de canaliser la violence dans les écoles et les institutions sensibles :

  • la reconnaissance de la colère et de la crise dans le sas de décompression ;
  • la reconnaissance de l’écoute et de la communication dans le sas d’écoute ;
  • la prise en compte des souffrances et des représentations dans les cellules « absentéisme » et « assuétudes » ;
  • le travail de la déscolarisation et du décrochage dans les classes « SAS » et les classes à rythmes différenciés ;
  • etc.

Méthodologie

Tous ces dispositifs feront l’objet d’une présentation par powerpoint et d’un débat avec les participants.

Groupe : de 12 à 18 personnes 

Durée : 1 journée de 9h30 à 17h00

Date : Jeudi 11 octobre 2012, avec Jean-Luc Tilmant – Référence : 3253

Lieu : Université de Paix

Prix : 90 euros (Organisation : 110 euros)

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires

Le témoignage de Patricia

Patricia WASTRAT a participé au Certificat en gestion positive des conflits interpersonnels durant l’année culturelle 1999-2000. Dans cet article, Patricia Wastrat nous fait part de comment l’Université de Paix a contribué à l’installation de la fonction de médiation dans le cadre de la nouvelle loi sur les droits du patient.

Un article initialement paru dans le trimestriel n°86, en mars 2004.

Médiation en pédopsychiatrie

Il y a quelques années, j’ai suivi à l’Université de Paix le certificat de base en gestion positive des conflits interpersonnels. Les séminaires étaient passionnants et en particulier les week-ends sur la médiation et sur la Communication NonViolente. J’ai donc pris part à plusieurs formations complémentaires en Communication NonViolente et en médiation. Deux ans plus tard, j’ai pu travailler dans un projet pilote de médiation en santé mentale. Après un an et demi de recherche-action, une fonction de médiation est devenue obligatoire dans les hôpitaux, en application de la loi sur les droits du patient du 22 août 2002. J’exerce cette fonction dans plusieurs hôpitaux psychiatriques.

Les droits du patient tout comme la médiation, trouvent leurs fondements dans les droits de l’homme.

La fonction de médiation a les missions suivantes, décrites par l’article 11 de la loi sur les droits du patient :

1) la prévention des questions et des plaintes par le biais de la promotion de la communication entre le patient et le praticien professionnel;

2) la médiation concernant les plaintes en vue de trouver une solution;

3) l’information du patient au sujet des possibilités en matière de règlement de sa plainte en l’absence de solution;

4) la communication d’informations sur l’organisation, le fonctionnement et les règles de procédure de la fonction de médiation;

5) la formulation de recommandations permettant d’éviter que les manquements susceptibles de donner lieu à une plainte, ne se reproduisent.

Ma fonction est souvent perçue par les soignants comme une attaque de leurs compétences et surtout de leurs compétences relationnelles- puisque la relation c’est le business de la psychiatrie-. Aussi, quand je commence à travailler dans un hôpital, j’essaye d’abord de comprendre comment la fonction de médiation peut être une aide aussi pour les soignants, dans cet hôpital-là. Je ne suis pas au service des patients ni au service des soignants. Je suis au service de la relation que ces patients ont avec les soignants de l’hôpital dans lequel ils séjournent pour un temps plus ou moins long. Cette relation existe dans le cadre des droits que la loi reconnaît aux patients, qui sont essentiellement de recevoir des soins de qualité, d’être informé de son état et de son évolution probable et de consentir à son traitement.

Quand cette étape est terminée, alors seulement, j’informe les patients, par des réunions, un dépliant, des affiches…

Si un patient vient me trouver, lorsque sa demande est devenue claire pour lui et pour moi, j’essaye de voir quelles sont les démarches qu’il peut entreprendre sans moi. Je les prépare avec lui s’il le demande ; et si à la fin de ce processus, une médiation avec un soignant (médecin, infirmières, aide-soignant…) est souhaitée par le patient, je l’organise. J’invite le soignant à venir s’entretenir avec moi et le patient de ce qui, pour le patient s’est mal passé, l’a choqué, ou de ce que le patient refuse, ou de ce qu’il demande et qui ne trouve pas de réponse selon lui : le soignant est libre d’accepter ou non cette invitation.

J’assure la fonction de médiation pour les hôpitaux psychiatriques des provinces de Brabant et du Luxembourg où 40% des patients sont des enfants ou des adolescents. Comment leur expliquer en quoi consiste cette fonction ? J’ai été rapidement à cours d’idées et il m’a semblé que ces jeunes patients oubliaient rapidement ce que je pouvais leur proposer comme soutien au cours de leur hospitalisation (qui est souvent de plusieurs mois). Je me suis souvenue du travail réalisé par l’Université de Paix dans le milieu scolaire : deux cassettes existaient : « Graines de médiateurs » et « Médiateurs en herbe » (2). J’ai choisi celle qui racontait en images une médiation menée par des enfants pour aider deux jeunes garçons à résoudre la dispute qu’ils avaient eu à la cours de récréation. J’ai fait cette expérience dans plusieurs unités pédopsychiatriques, toujours avec grand succès. Parfois, nous avons seulement regardé la cassette ensemble ; parfois, nous avons ensuite fait des jeux de rôles : les enfants apportaient alors des situations vécues qui permettaient de préciser le cadre de mon travail. Lors de ces jeux de rôles, les jeunes jouaient tous les rôles : ceux des adultes-soignants, leurs propres rôles de jeunes et celui de co-médiateur.

Le fait de voir d’autres jeunes, dans un cadre familier -l’école, organiser eux-mêmes une médiation, a certainement contribué à la compréhension de ma fonction, tout à fait nouvelle dans un hôpital. La clarté du processus illustré dans la cassette a aidé les jeunes à respecter le climat d’écoute nécessaire lorsqu’ils ont eux-mêmes demandé une médiation avec un soignant.

Par ailleurs, le fait que le processus illustré dans la cassette de l’Université de Paix soit basé sur la communication non-violente a aussi son importance. Parler de ce qu’ils ressentent et rechercher ce dont ils ont besoin est une démarche accessible à ces jeunes. Cela leur donne l’expérience qu’il est possible de créer un contexte de dialogue avec des adultes, alors que souvent l’expérience qu’ils ont eue en dehors de l’hôpital est celle de relations chaotiques.

Enfin, la médiation pratiquée avec l’outil de communication non-violente fait écho à des valeurs importantes qui sous-tendent la loi sur les droits du patient : l’autonomie et l’égalité.

La fonction de médiation dans les hôpitaux soutient l’autonomie des patients ; elle permet aux personnes qui vivent dans un hôpital psychiatrique de découvrir une part de leurs potentialités propres et de les mettre en œuvre, avec le soutien de la personne qui assure la fonction de médiation. Un autre des objectifs des auteurs de cette loi est de tenter de rétablir des liens d’égalité entre les soignants et les soignés, ce qui en psychiatrie ne va pas du tout de soi

Pour conclure, je dirais que la médiation va souvent plus loin que l’amélioration du lien entre le patient et le soignant, elle va plus loin que retrouver confiance dans le soignant ; elle a un effet sur la confiance des citoyens dans les institutions de leur pays, dans la recherche de nouvelles valeurs de société. Le travail de médiation est aussi un travail de rétablissement de lien social. Dans le cadre de la pédopsychiatrie, soutenir ces valeurs est un travail important. Et la contribution que l’Université de Paix apporte par les formations qu’elle dispense et les outils qu’elle met à disposition en est d’autant plus précieuse. Je lui suis reconnaissante de m’aider de cette façon à assurer la fonction de médiation dans les hôpitaux pédopsychiatriques.

Coordination d’une formation longue

A l’Université de Paix, la coordination des formations longues (Certificats et Brevets) occupe une place particulière. Elle est assurée par un(e) formateur(trice) de l’Université de Paix qui, à la fois, supervise les participants du groupe et co-anime l’ensemble des modules des formations. C’est cette expérience que relate Nathalie Ballade, coordinatrice du Certificat en prévention et en gestion des conflits dans les groupes d’enfants et d’adolescents (promotion, année culturelle 2008-2009) [désormais Brevet en gestion des conflits avec les jeunes (5-17 ans)].

Coordination du Certificat, fil d’Ariane…

Un article initialement paru dans le trimestriel de l’Université de Paix, en 2009.

Pour la deuxième année consécutive, le Certificat en prévention et en gestion des conflits dans les groupes d’enfants et d’adolescents [désormais Brevet en gestion des conflits avec les jeunes (5-17 ans)] – édition 2008-2009 – a été proposé à un groupe de 16 participants, d’horizons différents et aux savoirs diversifiés.

Le Certificat [désormais Brevet] s’adresse aux personnes qui accompagnent des jeunes entre 5 et 17 ans. Le processus de formation mis en place dans le cadre de la certification propose des pistes de réflexion et d’action qui répondent aux difficultés, aux questions et aux besoins des acteurs de terrain en cas de conflits entre ou avec des jeunes. Cela va de l’écoute à l’affirmation de soi, en passant par l’établissement d’un cadre clair, la gestion de conflits, la compréhension de la dynamique d’un groupe, l’expression et l’estime de soi. L’objectif est qu’au terme du processus, les participants soient capables d’utiliser concrètement les outils proposés afin d’intervenir plus efficacement dans les groupes d’enfants ou d’adolescents.

En quoi consiste le rôle de coordination ? Que fait la coordinatrice ou le coordinateur dans cette formation de longue durée ? Quels sont ses rôles et ses tâches ?

Pratiquement, que peut apporter le rôle de coordinatrice au sein de ce Certificat ?

Coordination pour la formation

Tout commence le 17 septembre 2008 par la séance d’informations et l’accueil des 16 candidats au Certificat. Et, tout se termine, le 25 septembre 2009, avec la remise du Certificat aux candidats ayant satisfait aux conditions d’octroi.

Investie de mon rôle de coordinatrice, j’ai été présente à chaque module de formation ce qui m’a permis ainsi d’assurer cohérence et continuité entre les 7 sessions proposées.

J’ai également co-animé chaque session proposée tout en préservant mon rôle d’« observatrice » ; de cette manière je pouvais garder une attention toute particulière sur le groupe. Parallèlement à cela, je transmettais les informations nécessaires aux différents formateurs sur les contenus des sessions précédentes en vue d’éviter les répétitions et de favoriser la cohérence. Ceci implique de tenir compte de la singularité de chaque formateur et de la richesse de ses apports.

La coordination du Certificat permet donc de mettre en place et de tenir un cadre qui structure la formation.

Coordination pour les participants

Tout d’abord, avoir une personne de référence tant pour l’institution que pour les participants permet de faciliter la gestion administrative du Certificat, à savoir : recueillir et sélectionner les candidatures, organiser et distribuer la farde, les syllabus de chaque module, faire les photocopies, vendre des livres et s’assurer que le prêt de livres tourne bien…

Tout au long de cette formation, j’ai également encouragé les participants à tester les outils dans leur groupe d’enfants et/ou d’adolescents et d’en témoigner soit via le site internet du Certificat afin que les autres participants puissent bénéficier de l’expérience de leur pairs, soit via mon courriel personnel s’ils se voulaient plus discrets…. Je veillais à leur faire un feedback soit par écrit, soit de manière plus informelle, lors d’une pause, en face à face de manière à ce qu’ils puissent réajuster, adapter les outils ou tout simplement être conforté dans ce qu’ils faisaient. Ceci permet de considérer chaque participant dans la singularité de son parcours professionnel et de formation.

Concernant l’impact du Certificat pour les participants… Lors des évaluations, j’ai pu constater nombre de prises de conscience et remises en question induites par les outils et réflexions apportées tant par le groupe que par l’équipe de formateurs. A partir de cette prise de conscience et par l’application concrète et directe des outils proposés, certains participants ont parlé des changements opérés dans leur vie, et dans leur pratique professionnelle.

A la lecture des travaux remis, il apparaît clairement que les participants appliquent avec pertinence les pratiques proposées dans le cadre du Certificat. Ces techniques leur semblent adaptées aux difficultés rencontrées avec les jeunes et elles rapportent un certain nombre de changements, comme expliqué lors des échanges qui ont eu lieu durant l’année. Par ailleurs, certains candidats à la certification témoignent qu’ils sont en chemin et qu’ils ont encore besoin d’intégrer ces outils pour les utiliser de manière adéquate avec leurs jeunes. Le Certificat, le début d’un grand chemin…

Enfin, j’ai aussi le souci d’être présente pour tout problème (conflit, incompréhension, questionnement, démotivation…) lié au Certificat lors de toutes les pauses des sessions ou encore entre les modules de formation.

La coordination de ce Certificat est donc un véritable accompagnement humain, un modèle d’organisation contribuant à la fois à la réussite de la « promotion » et au maintien de l’objectif pédagogique. En aidant les participants, je me suis affirmée comme une personne ressource. En supervisant l’ensemble du Certificat, j’ai assuré la gestion du groupe et sa cohésion ainsi que la validation de la certification.

Nécessité d’un coordinateur ?

De mon expérience, au terme de cette année, le rôle de la coordinatrice est un atout et même une nécessité. Cependant, ce rôle est-il obligatoire dans cette formation de longue durée ?

Les critères qui font que la coordination du Certificat devient indispensable sont :

  • le modèle de formation : le Certificat est scindé en modules que les participants suivent selon un ordre déterminé. La composition du groupe de participants n’est pas modifiée durant la formation. L’implication de chacun(e) dans le groupe permet un apprentissage supplémentaire par le partage des réactions durant las formations.
  • le public : certains participants demandent plus d’attention que d’autres (remise en question, doute, motivation et abandon…).
  • la validation de la formation de longue durée : l’octroi du certificat est soumis à condition :
  • la participation à la totalité des sessions programmées et remise des travaux demandés,
  • l’application concrète de la théorie et des outils vus en session, dans le travail avec des jeunes, et l’échange de ce vécu (forum, fiches, etc.),
  • la qualité du travail écrit basés sur les outils vus en formation ainsi qu’une synthèse créative de leur parcours et l’entretien évaluatif.

La coordination du Certificat recouvre un certain nombre de tâches qui incluent la démarche pédagogique, l’efficacité et l’homogénéisation de la formation, l’évaluation des participants du groupe et de leur progression, la médiation et la régulation des conflits, le soutien du moral et de la dynamique du groupe,… en un mot : la coordination, fil d’Ariane.

Entretien avec Bénédicte de Gruben

Entretien avec Bénédicte de Gruben. Propos recueillis par Christine CUVELIER, Chargée de relations publiques. Un entretien initialement paru dans le trimestriel n°90, en 2005.

Question 1 : Si nous te demandons de te présenter brièvement ainsi que les ateliers créatifs pour enfants que tu proposes au Luxembourg, que nous dis-tu ?

Me présenter brièvement est bien difficile. Depuis 39 ans, ma vie est riche d’événements, d’expériences et de projets, entourée de ma famille et de nombreux amis, j’ai beaucoup de choses à recevoir, donner et partager.

L’éducation et les enfants sont pour moi, l’un des grands pôles d’action de ma vie. Depuis toute petite, je pressentais que c’était ma voie. Comme beaucoup de petites filles, je voulais « faire maîtresse d’école », j’ai réalisé mon rêve et aujourd’hui, je désire toucher le monde de l’éducation par d’autres biais.

Pour moi, la vie proposée aux enfants (et parfois, osons le dire, imposée) est surchargée d’activités, hyper organisée. Comme en classe, on leur demande à nouveau d’être performants.

Bien souvent, si les deux parents travaillent et sont expatriés loin de leurs familles (comme c’est le cas au Luxembourg), il est bien difficile pour eux de gérer les nombreux congés scolaires.

C’est pourquoi, Cécile Denis (alors formatrice à l’Université de Paix) et moi avions mis sur pied des stages pour enfants avec l’objectif de les accueillir dans un cadre familial (à la maison), avec des activités ludiques, créatives et de coopération, où chacun puisse être lui-même et rencontrer l’autre. Les enfants venaient d’écoles différentes et parlaient parfois des langues différentes (français, luxembourgeois, anglais, japonais…)

Après deux ans, nous avons arrêté pour nous orienter vers d’autres priorités (moi : ma vie de famille à réorganiser et le projet de A’Musée à soutenir et Cécile pour continuer d’autres formations et accompagner d’autres projets en Belgique).

Depuis, régulièrement avant chaque période de vacances, des parents ou des amis d’amis ayant entendu parler de ces stages me demandent s’ils s’organisent encore… pour bientôt, je l’espère.

Question 2 : Tu développes un projet « A’Musée » que tu définis comme un lieu de rêve et de créativité pour les enfants au Grand-Duché de Luxembourg. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Sur le modèle du Musée des enfants de Bruxelles, et adoptant les valeurs véhiculées par le groupe européen des musées pour enfants ‘Hands On’ où l’enfant construit son propre savoir de manière ludique et créative et adhérant à celles prônées par l’Université de Paix (connaissance de soi, coopération, respect de l’autre,…) Françoise Noël et moi avons créé une asbl : l’A’Musée.

Rejointes par cinq autres collègues, notre projet de musée pour enfants a été proposé aux autorités luxembourgeoises. Pour l’instant, ‘les sites monuments nationaux’ nous ont invité de collaborer dans le projet pilote de l’UNESCO au Château d’Useldange (à 25 km de Luxembourg Ville) sur l’ouverture au monde du handicap de la vue et au monde du Moyen-Âge. Nous y préparons l’accueil et les activités pour les enfants et leurs accompagnateurs.

En attendant, la fin des travaux, nous mettons sur pied un atelier itinérant : le livre des contes de Madame Falikosche. Revenue de voyage, cette imprévisible conteuse, a perdu toutes les images de son grand livre. Heureusement grâce aux magnifique dessins collectionnés dans sa valise, les enfants l’aideront à créer une histoire originale et sans cesse renouvelée.

Bien différente de l’idée initiale, notre équipe s’est adaptée aux réponses des politiques et remanie le projet suivant l’endroit proposé … Ici aussi nous vivons l’adaptation aux changements… Un merci tout particulier au Musée des Enfants de Bruxelles !

Question 3 : Il nous arrive d’être partenaires pour développer des formations ponctuelles. En quoi ce partenariat est-il pertinent, utile pour toi ?

Les activités dans les écoles me permettent de faire vivre aux enfants et aux enseignants des moments privilégiés où ils peuvent expérimenter des savoir-être, apprendre à se connaître en dehors de la matière cognitive.

Plus que tout, voir les enfants prendre goût à la vie en commun, accepter l’autre, s’éveiller aux valeurs humanistes dans la joie, le jeu et le travail en équipe est pour moi un véritable moteur. Comme pour les stages pour enfants à Luxembourg, je collabore avec Cécile Denis avec qui le travail se passe dans la joie, la complémentarité, la complicité, la légèreté et la compréhension.

Question 4 : Le mot de la fin… Bénédicte de Gruben dans 10 ans ? Le futur de « A’Musée », qu’est-ce ?

Comment répondre à cette question ?

  • De manière optimiste :

Très en avance sur le modèle européen, L’association ‘Hands On’ vit un étroit esprit de collaboration. J’espère de tout cœur que cet exemple vivant au sein du milieu culturel et de l’enfance servira de modèle européen pour la gestion des projets pédagogiques et que chaque pays s’inspire des expériences heureuses ou non de son voisin.

L’association ‘Hands On’ comptera des membres supplémentaires et continuera tous les deux ans à se réunir en colloque d’échange. (Prochaine biennale à Vienne en Autriche à l’automne 2005).

  • De manière pessimiste :

Dans dix ans? Si nous continuons à vivre et consommer comme nous le faisons … plus d’air respirable, et l’A’Musée se déplacera dans des hôpitaux pour enfants en redonnant la joie de vivre aux trop nombreux atteints de dépression, de surmenage et de divers cancers ou maladies graves.

  • De manière réaliste :

L’une et l’autre à la fois, tout en sachant que vivre pleinement l’instant présent est source de grande joie. Alors donc, aujourd’hui, j’espère que le Grand Duché de Luxembourg se donnera les moyens d’ouvrir un lieu de rêve et de créativité pour ses enfants avant 2015 ! Et que de près ou de loin l’A’Musée en soit l’instigateur.

Merci à tous ceux qui nous soutiennent.