citoyenneté

[Vidéo] Graines de médiateurs à Gentinnes

Reportage « Graines de médiateurs » à La Petite Ecole de Gentinnes.

Ce projet vise à enseigner aux enfants la gestion positive des conflits.

> Pour en savoir plus sur le programme Graines de médiateurs.

Fiche-outil : « Et si tu me suivais ? »

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  • Découvrir une composante du langage non-verbal : la notion d’espace interpersonnel.
  • Expérimenter les conséquences du (non) respect de cette notion d’espace.

MATERIEL

Lattes : une pour deux participants.

DISPOSITION

Les participants circulent librement dans un espace délimité.

DEROULEMENT

  • L’animateur distribue une latte pour deux participants.
  • Les mains croisées dans le dos, les deux participants font tenir la latte entre eux (en l’appuyant sur leur front, leur thorax ou leur abdomen par exemple).
  • Au signal de l’animateur, les participants circulent dans la pièce sans que la latte ne tombe.
  • Dans un premier temps, le participant le plus âgé guide la progression et fait comprendre par des pressions où il veut aller.
  • Lorsque l’animateur le précise, les rôles s’inversent. Le plus jeune guide la marche.
  • Si la latte tombe, les participants la ramassent et essayent à nouveau.

Pistes de réflexion…

L’animateur permet aux participants d’exprimer comment ils ont vécu l’activité :

  • Tous les duos ont-ils réussi à relever le défi ?
  • Quelles ont été les difficultés ?
  • Était-il facile de se tenir si près de l’autre ? Pourquoi cela a-t-il paru gênant à certains ?

Notes à l’animateur

L’animateur peut établir des liens avec des situations de promiscuité dans la vie réelle qui génèrent des tensions :

  • Y a-t-il des moments (à l’école, en famille, dans la vie de tous les jours) où ils se sentent également embarrassés, voire énervés, d’être aussi proches des autres ?
  • Comment réagissent-ils quand cela arrive ?

Fiche-outil : « Je m’assieds dans l’herbe »

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  • Reconnaître l’autre en l’appelant par son prénom.
  • Être attentif à la place de chacun.

MATERIEL

Aucun

DISPOSITION

Des chaises en cercle.

Il y a une chaise en plus que le nombre de participants.

L’animateur et les participants sont assis sur les chaises.

DÉROULEMENT

  • Le participant qui s’aperçoit le premier qu’il y a une chaise vide à sa gauche ou à sa droite tape sur celle-ci, s’y assied en disant : « Je m’assieds… ». Il libère donc sa chaise.
  • Son voisin suit le mouvement en s’asseyant sur la chaise nouvellement libérée et dit : « …dans l’herbe … »
  • Le suivant fait de même en s’asseyant sur la nouvelle chaise libérée et dit : « …et j’appelle… ». Il appelle alors un participant du groupe.
  • Le participant appelé quitte sa chaise pour aller s’asseoir sur la chaise libre.
  • Une autre chaise est donc libérée. De nouveau, le participant qui s’aperçoit le premier de la place vide s’y assied en disant « Je m’assieds… ». Et ainsi de suite.

Pistes de réflexion…

L’animateur suscite le débat autour de questions telles que :

  • Certains participants ont peut-être été appelés plus souvent que d’autres ? Pourquoi ? Comment se sentent-ils ?
  • Comment se sentent les participants qui n’ont pas été appelés ?
  • Pourquoi a-t-on tendance à plutôt appeler ses amis ?

Notes à l’animateur

  • Si deux enfants tapent sur une chaise libre à coté d’eux et disent « je m’assieds… » en même temps, il est possible de construire avec le groupe de nouvelles règles pour les départager. Exemple : jouer à « pierre, papier, ciseaux ».
  • L’animateur sera attentif à ce que chaque enfant soit appelé au moins une fois. Pour aider, les participants déjà appelés peuvent faire un signe (pouce en l’air, par exemple).
  • Cette activité est fort appréciée et souvent demandée. C’est l’occasion d’en complexifier les règles, en tenant compte des retours précédents. Cette révision est en général proposée spontanément par les participants. En voici quelques exemples :
    • Je respecte le rythme amorcé au début du jeu.
    • J’essaie d’appeler quelqu’un en face de moi, sans chercher mon copain ou ma copine.
    • Les filles appellent les garçons et les garçons appellent les filles.

Jean-Luc Tilmant : écoles citoyennes

Entretien avec Jean-Luc Tilmant : des écoles citoyennes pour prévenir la violence

Jean-Luc Tilmant est enseignant, psychopédagogue spécialisé en problèmes de violences à l’école et en institutions, auteur de 3 livres : Treize stratégies pour prévenir les violences à l’école (2004), Aider l’école à prévenir les violences : 12 stratégies (2006) et Le syndrome d’Harpocrate ou l’école démocratique ? (2008).

Propos recueillis par Christine Cuvelier, en 2010.

Si nous vous demandons de vous présenter en quelques mots, que diriez-vous ?

Pour tous nos amis de l’Université de Paix, je dirais que je suis un citoyen du monde, un humaniste, enseignant et psychopédagogue qui souhaite, comme un enfant, changer les vilains côtés de notre monde en travaillant essentiellement l’axe éducatif.

Quand on parle de violences à l’école, de quelles violences parle-t-on ?

Des violences spectaculaires dont la presse s’empare ? Des écoles qui flambent ? En pédagogie institutionnelle, nous parlons plutôt de la violence de l’école caserne dirigée par le dieu Harpocrate, le dieu du silence. Dans cette école on se tait et jamais on ne rentre en conflit ; on subit les sarcasmes, les vexations, l’incompétence et par-dessus-tout le manque de considération…

Les violences à l’école, comment ça marche ?

Prenez un jeune et placez-le dans un système où il sera frustré en terme de communication, de considération et d’acceptation, confrontez-le à des adultes déçus, peu motivés, irrespectueux, mélangez le tout et vous obtenez le cocktail explosif qu’on appelle : violence.

Les violences à l’école ont toujours existé, mais elles changent de forme. Quels sont les traits actuels qui vous surprennent le plus ?

A part notre société, rien n’a changé ! Mais je suis surpris du manque de lucidité de nos politiciens qui n’utilisent les experts que lorsqu’ils se trouvent dans une situation délicate pour leur pouvoir. En-dehors de ce cas de figure, ils travaillent à la petite semaine… Ce n’est pas comme cela qu’on dirige une société vers l’épanouissement de tous, un slogan que vous lisez pourtant sur toutes leurs affiches.

Quelle est l’ampleur de la problématique des violences à l’école ?

Les violences très spectaculaires restent très minoritaires dans nos pays occidentaux. Elles étaient bien plus graves au Moyen-âge ; de ce côté, nous avons évolué ! La violence institutionnelle plus sournoise est en augmentation car les professionnels sont de moins en moins bien formés !

Faire face aux injures, insultes, moqueries, cris, bousculades dans les couloirs, refus de l’autorité, petits larcins, dégradation des locaux, que faire ? Qu’est-ce qui peut faire la différence ?

Créer une école citoyenne dans laquelle on se parle, où tout se négocie sauf la LOI construite par tout le collectif. En bref, ce qui peut faire changer les choses, c’est la PAROLE.

Selon vous, quel lien peut-on faire entre votre travail et celui de l’Université de Paix ?

Vous PARLEZ ! Vous semez des valeurs au contact de tous vos interlocuteurs ! Vous êtes incontournable en matière de prévention ! Nous avons donc besoin de vous pour construire des écoles citoyennes !

Quel est le meilleur compliment que nous puissions vous faire ?

Me dire que je n’ai pas renié mon serment : celui de ne jamais faire subir à mes jeunes, ce qu’on m’a fait subir !

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour vous, ce serait…

Je n’aime pas le mot de la fin, il me renvoie à l’angoisse de mort mais je vais faire un effort. Je voudrais avec toutes les bonnes volontés, les énergies positives et les associations humanistes renverser la logique de notre société ! Nous ne pouvons pas rester inactifs face à la souffrance d’autres humains au prise avec des institutions en déclin… Et si nous nous remettions au travail !