Le témoignage d’Isabelle Lejeune

Entretien avec Isabelle Lejeune, Certifiée 2008 (Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes), par Christine Cuvelier.

Les modules proposés, de l’appartenance au groupe à la gestion des conflits en passant par l’écoute, l’affirmation de soi et la créativité, nous rendaient acteurs de notre propre apprentissage.

Bonjour, Isabelle. Si nous te demandons de te présenter en quelques mots, que dirais-tu ?

Je suis épouse, maman et enseignante d’ados, passionnée par tout ce que j’entreprends, à l’écoute des autres et de moi-même pour donner sens aux relations.

Quelles ont été tes motivations à t’engager dans ce cursus de formation ?

Comme enseignante, je suis depuis toujours soucieuse de mettre en valeur les qualités que chacun porte en lui et d’encourager les jeunes à rebondir à partir de leurs ressources, parfois insoupçonnées. Lors de mon inscription à la formation, j’écrivais : «Je suis très sensible au maintien de la paix, du respect de l’autre et d’un climat serein pour toute cohabitation, tout échange et transmission de savoir.» Mon intérêt pour la Communication NonViolente m’avait déjà permis de me situer dans une nouvelle dynamique et je voyais dans le Certificat un complément intéressant.

Comment s’est déroulé ce cursus de formation ?

Ce fut une très belle année riche en découvertes. Avant d’apprendre à s’occuper des conflits extérieurs à nous, nous avons d’abord pris conscience de notre propre personnalité et de ses multiples facettes : déjà un fameux programme ! En cheminant à ma propre découverte, j’ai pu mettre en avant mes facultés de créativité, de communication, d’expression… et accueillir celles des autres participantes pour grandir ensemble.
Les modules proposés, de l’appartenance au groupe à la gestion des conflits en passant notamment par l’écoute, l’affirmation de soi et la créativité, nous rendaient acteurs de notre propre apprentissage et c’était vraiment motivant et intéressant !

As-tu pu appliquer et appliques-tu les outils proposés dans ton travail ?

Depuis un an, il ne se passe pas un jour sans que je n’envoie un clin d’œil à l’Université de Paix !

En effet, au quotidien je suis amenée à pratiquer l’écoute active, à gérer des interactions entre les élèves en observant les faits d’abord, à aider les jeunes à évacuer les étiquettes qu’on leur colle ou qu’ils se collent et à les redynamiser en mettant en avant leurs qualités, à créer avec les élèves les règles de fonctionnement en classe et à décider ensemble des sanctions à attribuer,…

Par exemple, l’an passé en 5ème secondaire, les élèves du cours de français ont décidé que s’ils ne rendaient pas les travaux à la date fixée préalablement ensemble, ils seraient pénalisés d’1 point/20 par jour de cours de retard. Pourtant ils ont aussi estimé qu’ils avaient droit à un oubli sur l’année ; la première fois, ils ne seraient donc pas sanctionnés. Je n’ai jamais eu autant de travaux rendus à temps que cette année-là : seul 1 élève perdit 1 point sur l’année entière ! Ils s’étaient sentis responsables de leur décision…

Quelle expérience en as-tu retirée ?

Une expérience personnelle enrichissante sur le plan personnel et relationnel. Ce fut l’occasion aussi, après 4 ans de pause-carrière, de redonner de bonnes bases à mon retour devant les classes, pleine de nouveaux projets et d’outils concrets d’observation et d’actions. D’ailleurs, le jour de la rentrée, j’ai fait asseoir mes élèves de 16 ans en cercle et on a joué pour apprendre à mieux se connaître, comme au Certificat…et ça marche !

Ton meilleur souvenir…

Il n’y en a pas qu’un ! Mais je pense au jour où on avait décidé de toutes se mettre ensemble pour préparer le repas : on devait partager nos savoir-faire… ou bien le jour où on a fait la formation dans le jardin d’une participante, on faisait partie d’un groupe où chacune avait sa place…
Comme pour les élèves, les souvenirs sont toujours créés à partir des moments «hors du commun» !

Quels conseils pour les candidats au Certificat ?

Une volonté de se remettre d’abord en question soi-même et être ouvert à toutes les activités les plus imaginatives et les plus farfelues proposées par des formateurs motivés et compétents : le cerveau droit fonctionne souvent bien plus que le gauche !

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour toi, ce serait…

Si la gestion des conflits m’intéressait, je suis aujourd’hui encore bien plus attirée par sa prévention; la terre porte bien plus de fruits si elle a été préparée avec attention : écoute, valorisation, partage… en sont les engrais.

Merci beaucoup Isabelle pour cette causerie !

Propos recueillis par Christine Cuvelier, Chargée de relations publiques

Le témoignage d’Anne-Laurence

Anne-Laurence a suivi le Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes (désormais Brevet en gestion de conflits avec les jeunes). Elle nous offre aujourd’hui son témoignage.

Qu’est-ce qui vous a plu particulièrement dans ce programme ?

La pédagogie par une alternance entre les exercices, l’analyse de la situation par les participants, ainsi que la théorie expliquée après par les formateurs.

Que retirez-vous de cette expérience, d’un point de vue tout à fait personnel ?

Que du bonheur! Une prise de conscience de ma façon de fonctionner, un pouvoir d’analyse sur la situation et des pistes à suivre, des solutions surtout qui m’apportent, que j’apporte à mon petit garçon et à mes proches, à mes collègues, ….

Utilisez-vous vous-même l’un ou l’autre outil de médiation proposé dans votre quotidien ?

Je n’arrête pas! C’est extra! J’ai encore des choses à apprendre et à la fois je m’approprie de plus en plus les outils. Je passe par différentes techniques apprises comme exprimer ses besoins, parler des faits, se connaître et connaître les autres, analyser des situations en situation de stress ou de coopération,… J’adore, je suis passionnée de voir les enfants prendre conscience de leurs réactions et après de changer de comportement.

Voyez-vous une différence de comportements, des changements, chez vous, ou chez les enfants dont vous vous occupez ?

Lors de stages de 3 à 5 jours avec des enfants de 5 à 8 ans, je prends le matin une heure pour faire des exercices de connaissance de soi, des autres, de coopération ou de prévention à la gestion des conflits chaque jour. Les enfants sont souriants, calmes, les mots et les gestes « qui font mal » sont moins présents et ils sont accueillis au conseil au début ou fin de journée.

Le témoignage de Marie-Noëlle

Marie Noëlle Heymans : « Une véritable intimité se crée dans ce groupe et m’a permis de tester des attitudes que je n’aurais pas osées ailleurs »

« Les progrès se font parfois lents mais les habitudes de changement sont enclenchées… »

Madame Marie Noëlle Heymans, vous avez suivi le Certificat en gestion de conflits interpersonnels,

Julien [J.] : Qu’est-ce qui vous a plu particulièrement dans ce programme ?

Marie Noëlle Heymans [M. H.] : L’intérêt d’un tel programme est le travail « au long court », si je puis dire. Le travail se fait de mois en mois par petites touches. Et en fin de compte, lors du bilan, j’ai observé chez moi un véritable changement en profondeur.

Je nommerai trois ingrédients qui ont fait que « la sauce a pris » :

1- le groupe : tout est mis en place pour que le groupe se prenne en charge, se responsabilise. Une véritable intimité se crée dans ce groupe et m’a permis de tester des attitudes que je n’aurais pas osées ailleurs. Le changement se teste en séance pour ensuite être davantage utilisé dans le quotidien entre les séances.

2- le coordinateur de la formation : à chaque séance, l’université de Paix invite un intervenant différent, particulièrement expérimenté dans le domaine concerné. Pour que cette formation ait une cohérence malgré la succession des intervenants, un coordinateur participe à toutes les séances et a pour mission de nous encourager à faire les liens entre les différents thèmes, il accompagne les trajectoires de chacun. Il s’agit là d’un rôle discret mais tout à fait important.

3- La progression des thématiques : Ces thématiques visaient tout autant à nous donner de nouvelles lunettes pour décoder nos interactions quotidiennes mais aussi pour nous outiller dans notre communication. En d’autres mots, elles m’ont permis d’être un peu plus lucide sur moi-même et plus outillée dans la relation aux autres.

J. : Que retirez-vous de cette expérience, d’un point de vue tout à fait personnel ?

M. H. : Le message que je retiens le plus, le plus marqué en moi, je l’ai entendu à la première journée du premier week-end : « Le conflit n’est qu’un désaccord. Il est pris dans un maillage fait d’émotions que chacun gère plus ou moins bien, d’enjeux, de contexte, de place des uns et des autres, d’une dimension temporelle, … En lui-même, le conflit, ce n’est pas grave ! »

Formidable découverte !

Ce jour-là, le conflit a cessé d’être un gros méchant monstre que je dois éviter à tout prix. Cela a profondément modifié mon rapport aux autres.

J. : Utilisez-vous vous-même l’un ou l’autre outil de médiation proposé dans votre quotidien ?

Oui, très certainement au quotidien. Mon homme me dit régulièrement qu’il a été le premier bénéficiaire de la formation !

Les progrès se font parfois lents mais les habitudes de changement sont enclenchées…

Haim Ginott[1], un pédopsychiatre qui a mis au point des programmes de communication respectueuse dans les familles a écrit que cette approche peut se comparer à l’apprentissage d’une nouvelle langue, comme l’allemand ou le chinois. Et de plus, tout en apprenant ce nouveau langage, il fallait désapprendre l’ancien discours, issu d’une vie entière. Il serait assez normal que nous la parlions avec un certain accent; l’objectif étant que les générations qui nous suivent puissent l’intégrer comme une langue maternelle ! Beau programme, non ?

J. : Auriez-vous une anecdote, un petit récit ou autre à nous partager par rapport à votre expérience ?

M. H. : J’ai compris que ce que je découvrais en formation « percolait » dans l’éducation de mes enfants le jour où mon fiston âgé de 8 ans à ce moment-là m’a rapporté une discussion qu’il a eue avec son institutrice.

Assez turbulent, il était régulièrement accusé d’avoir donné des coups ou de participer à une bagarre. L’institutrice l’accusait parfois à tort, ce qui le mettait en rage. Un jour, alors qu’elle l’interpelle et qu’elle lui demande ce qu’il a fait à « x », il lui répond : « Je ne suis pas d’accord avec vous, je suis triste et fâché d’être accusé alors que vous n’avez pas vu ce qu’il se passe. Gérons ce désaccord ! »  Mon fiston a été très content de me dire l’étonnement de son institutrice si peu habituée à un tel langage de sa part et surtout de son exploit à freiner l’explosion liée à la colère et à la dire avec des mots. En rigolant, il me dit : « Tu l’as expliqué à Papa, hier pendant le souper ! »
Notre famille est en apprentissage de cette seconde langue et je sais que cela prendra du temps pour tout le monde !


[1] Faber A & Mazlish E. (2001) « Parents épanouis, enfants épanouis, cultivez le bonheur dans votre famille », éd. Relations plus inc.

Le témoignage de Christiane, au Luxembourg

Christiane Wagner-Bach a participé au Certificat en prévention et gestion de conflits dans les groupes de jeunes au Luxembourg (SCRIPT-IFC). Elle nous livre aujourd’hui son ressenti par rapport à son expérience.

« Voici quelques unes de mes réflexions au terme d’un peu plus de la moitié du certificat :

A la fin du 6ième module,  je comprends, peu à peu, comment les différents modules sont reliés entre eux. Jusqu’ici, j’avais eu des difficultés pour trouver ce « fil rouge ». C’est surtout le répertoire des 4 attitudes éducatives qui m’a  démontré à quel point les différents modules se complètent. Il me reste à utiliser, de façon adéquate, les nombreuses idées que j’ai rencontrées. Je me réjouis de les incorporer dans mon travail et dans la relation à l’autre.

Je prends, par exemple, le module sur l’estime de soi qui m’a montré que le développement de l’estime de soi chez nous-mêmes et surtout chez nos élèves est souvent négligé ou oublié. Je pense qu’il est très important d’y faire plus attention et d’éviter des attitudes éducatives qui nuisent à l’estime de soi des enfants.

Pour conclure en toute transparence, j’ai envie d’ajouter : certains modules m’ont plus intéressée que d’autres, certains furent même très intenses. Je vais encore relire mes syllabi pour intégrer l’ensemble. Mais déjà, et j’en suis satisfaite : les outils vus me permettent de mieux comprendre les conflits dans un groupe et m’aident à intervenir de façon adéquate et consciente. Jusqu’ici, j’ai beaucoup appris sur les autres membres du certificat et sur moi-même ».

Le témoignage d’Emmanuella

Emmanuella Lonardo a suivi le Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes, une de nos formations de longue durée. Aujourd’hui, elle nous livre son regard sur son parcours…

« Cette formation  m’a permis de me rendre compte de la dimension qu’il existe entre l’autre et moi ».

Qu’est-ce qui vous a particulièrement plu ?

– Les échanges avec les autres participants. Dans tous les cas, respect des règles mentionnées dès le départ, c’est-à-dire : parler en « je » [parler de soi plutôt que sur autrui], droit au STOP [droit de poser ses limites]…

– Les échanges purement professionnels, très respectueux du cadre de vie, des valeurs de chacun.

– Le côté très pratique : à partir d’exercices, on découvre de la théorie. Pour l’équipe de formation, je trouve cela très pro. Pour leur créativité : Bravo !

Que retirez-vous de cette expérience d’un point de vue personnel ?

Cette formation  m’a permis de me rendre compte de la dimension qu’il existe entre l’autre et moi. Je suis moi, avec mes interprétations, mon vécu, mes choix et l’autre est l’autre. Respecter mon vécu et celui de l’autre est une grande étape dans la gestion de la relation avec lui ou elle.

Utilisez-vous vous-même parfois des outils présentés lors du Certificat ?

J’utilise assez souvent les techniques de l’écoute active et du DESC.

J’aborde également et plus souvent que dans le passé mes propres besoins et émotions. Mes objectifs sont clairement exprimés dès le départ. Je demande à l’autre de clarifier ses objectifs, je vérifie ses émotions par rapport à ce qu’il vient de me dire, ce qu’il vient de vivre.

J’ai appris à me dire : « Ce qui te fait rire ne fais pas forcément rire tout le monde ! »

Voyez-vous une différence de comportement… ?

Dans le cadre des stages que je coordonne, je suis beaucoup plus à l’écoute. Quand il y a un souci entre 2 enfants, j’écoute en demandant aux enfants de me citer les faits, pas leurs interprétations. Les enfants sont alors plus à l’aise pour gérer un conflit, ils expriment leur vécu par rapport à la situation qu’ils viennent de vivre. Je prépare une petite formation (au départ de celle que j’ai suivie à l’Université de Paix) pour l’équipe d’animation : ceux-ci sont plus à l’aise, l’échange est réellement palpable sur le terrain. Toutes les règles sont respectées parce qu’elles sont toutes connues, qu’elles sont claires et que leur conséquences sont clairement expliquées !

Le témoignage de Catherine

Catherine a suivi le Certificat en gestion de conflits interpersonnels. Elle a accepté de nous partager brièvement une partie de son expérience :

« Pour résumer mon vécu, je dirais que je suis arrivée avec plein de croyances et d’attentes. Je repars avec le sentiment que le certificat m’a donné des clés, ouvert des portes, mais que tout reste à faire. Ce n’est pas la fin d’une aventure humaine ou de la découverte de soi mais le début. Vers ce nouveau voyage, j’emmène avec moi deux nouvelles croyances « créditer l’autre d’une intention positive » et « accepter que je n’ai pas de pouvoir sur l’autre » lui rendre la responsabilité de ses choix et prendre la responsabilité des miens ».

Le témoignage d’Anne-Michèle

Anne-Michèle Tries a suivi le Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes. Elle nous partage aujourd’hui son témoignage :

Ce qui m’a beaucoup plu c’est d’avoir eu l’occasion de travailler avec le même groupe sur plusieurs mois, d’affiner ma perception de l’autre et de recevoir des outils concrets et utilisables dans des domaines très divers. J’ai pu constater aussi, lors d’un conflit ouvert au sein du groupe, qu’il n’était pas simple non plus pour des « professionnels » de réagir et de rebondir avec le groupe, puisque nous étions témoins d’une colère d’une participante vis à vis d’un autre participant.

Maman de 3 ados que j’élève seule, j’ai vu mon regard changé face aux limites, peurs, réactions que je mettais en place avec mes 3 jeunes. Affronter le conflit et me positionner me semble encore aujourd’hui plus facile même si la fin n’est pas automatiquement garantie. Je peux prendre de la distance et dédramatiser.

Au point de vue professionnel, j’anime des groupes de jeunes en secourisme pour la Croix Rouge. Ma manière de parler aux enfants est plus directe, je les responsabilise face aux conséquences de leurs actes et paroles et je me sens de plus en plus confiante vis à vis de moi-même.  Le retour des enfants est enthousiaste et touchant. La parole est plus facile entre eux et j’essaie de réagir en direct avec les antagonistes que ce soit dans le verbal ou le non verbal. Même si je ne suis pas l’institutrice, j’ai la confiance de celle-ci pour cheminer avec sa classe.

Une anecdote : je fais partie d’un groupe de 5 femmes qui pratiquent la communication non violente. Lorsque j’animais la séance, je me suis servi d’un exercice proposé à partir d’une photo (« je vois, je pense ») que j’ai repris du week-end avec Cécile, nous avons ri de nos découvertes et nous en reparlons encore plusieurs mois plus tard.

J’ai enfin pu expérimenter que j’étais tout à fait capable d’affronter la peur de l’échec face au travail de fin de Certificat car j’ai reçu mon petit diplôme au mois de septembre.

« Le Certif Jeunes m’a donné un projet… »

Martine Kleinberg : « Le Certif Jeunes m’a donné un projet pour les 20 ans à venir »

Nous vous proposons aujourd’hui l’interview de Martine Kleinberg. Martine a suivi le Certificat en gestion positive des conflits avec les jeunes, et ensuite le Certificat en gestion positive des conflits de l’Université de Paix. Elle contribue également à développer les outils de l’Université de Paix au Luxembourg. Elle nous raconte comment, en neuf séances de « Certif jeunes », sa vision des choses a évolué : « J’ai pu vivre une certaine frustration par rapport aux conflits que je vivais avec mes élèves […] j’aurais voulu pouvoir y travailler directement, obtenir des solutions clefs en mains. Or, la formation est progressive, se développe logiquement… ».


Julien [J.] : Madame Kleinberg, vous avez suivi le Certificat « jeunes », qu’est-ce qui vous a plu particulièrement dans ce programme ?

Martine Kleinberg [M. K] : En fait, vous me demandez mes « Prix Orange » de la session 2009-2010 du certif Jeunes?  😉 C’est ainsi que Christelle, la coordinatrice, appelle les aspects particulièrement nourrissants des 9 séminaires de la formation! Ils sont multiples, c’est une formation très concrète : nous avons surtout vécu des situations, expérimenté des activités, plongé dans le conflit, sous ses différentes variantes ; confit de groupe essentiellement. Une formation très « terrain », donc. En même temps (ça c’est un « Prix Citron » !), au début, j’ai pu vivre une certaine frustration par rapport aux conflits que je vivais avec mes élèves (j’avais 2 classes d’ados en français dans un lycée technique au Grand-duché de Luxembourg) : j’aurais voulu pouvoir y travailler directement, obtenir des solutions clefs en mains. Or, la formation est progressive, se développe logiquement, en piliers (Moi et le conflit, Dynamique de Groupe, Ecoute …) et ce n’est qu’après quelques séminaires que nous avons pu nous atteler à nos situations vécues. La diversité des intervenants est un plus, avec la garantie de la continuité grâce à la coordination. Sans vouloir faire rougir Christelle, je voudrais dire qu’elle a rempli son rôle à merveille : organisation structurée, flexibilité dans la créativité, clarté, humour, disponibilité, légèreté.

Nous avions aussi l’avantage d’un petit groupe, de 10 dont un homme. Nous sommes devenus très vite proches, en confiance. Enfin, venant du Luxembourg, j’ai pu profiter de la chambrette mansardée, et j’ai eu ainsi le sentiment d’être totalement accueillie, en toute simplicité et facilité !

J. : Que retirez-vous de cette expérience, d’un point de vue tout à fait personnel ?

M. K. : Depuis 2006, je me forme à la pratique de la CNV (Communication NonViolente – processus de Marshall Rosenberg). Le certif Jeunes m’a permis d’aller plus loin dans ce travail sur soi et la relation à l’autre et au groupe, d’envisager d’autres outils. Enfin, d’un angle vraiment personnel, je traversais alors, en début de formation, une tempête intérieure: les séances à l’Université de Paix [UP] ont contribué à l’accalmie et au retour d’une énergie intérieure positive. Mine de rien, j’ai « travaillé », de façon indirecte, l’acceptation, le lâcher-prise, ma place dans le groupe, etc. En outre, j’ai été suffisamment motivée pour m’engager dans l’autre certificat longue durée, interpersonnel, et me lancer avec d’autres, notamment Bénédicte de Gruben, dans un projet ambitieux, à long terme : l’implantation au Luxembourg du programme de développement des compétences sociales dans le milieu scolaire. Autrement dit, faire des compétences sociales (écoute, confiance en soi, gestion des conflits,…) une matière scolaire comme une autre. Apprendre à s’accepter, écouter l’autre, régler ses conflits sans nuire et se nuire, c’est aussi crucial que d’apprendre à lire ou compter ! Et plus tôt cela se fera autant de blessures qui pourront être évitées par la suite ! Donc, le Certif Jeunes m’a donné un projet pour les 20 ans à venir : ce n’est pas rien !

J. : Utilisez-vous vous-même l’un ou l’autre outil de médiation proposé dans votre quotidien ?

M. K. : En fait, je vois 3 niveaux de changement : dans la relation de moi à moi, dans la relation à l’autre adulte, dans le cadre professionnel et le cadre privé, dans la relation aux jeunes, en tant que parent ou qu’enseignante. L’an passé j’enseignais donc le français, j’avais mes classes par tranche de 50 mn, rarement de 100 mn. De plus, le programme à réaliser. Ce fut un de mes défis d’intégrer les outils nouvellement découverts à l’UP dans mes cours. J’ai fait des expériences émouvantes, notamment en donnant l’occasion aux élèves de parler de  leurs points forts, de ce qu’ils aiment, en les faisant travailler sur l’image de soi. J’ai aussi pu mieux décrypter ce qui se passait chez l’un des jeunes, Bob, un « rebelle » (encore une étiquette!). J’ai aussi pu explorer mes limites, les accepter et réaliser les difficultés à mener le changement « seule », sans soutien de l’institution. Aujourd’hui, avec mon fils, c’est surtout l’écoute empathique que je pratique, l’expression des besoins, la formulation de règles claires, négociées et la pratique de sanctions conséquentes, elles-aussi formulées à l’avance et « raisonnables » (ex. « Nous sommes d’accord que tu éteins ton ordi à 21.30. Et que penses-tu qu’en cas de non-respect de la règle, il n’y aura pas d’ordi durant 8 jours? »).

J. : Voyez-vous une différence de comportements, des changements, chez vous, ou chez les enfants dont vous vous occupez ?

M. K. : Pour les enfants, je n’ai pas eu l’occasion de suivre mes élèves, car cette année, je ne suis plus en lycée, mais au ministère de l’Education nationale. Avec mon fils (10 ans), nous arrivons à davantage de créativité et pensons l’un et l’autre plus souvent à préciser règles et sanctions. Peut-être ne suis-je pas assez ferme dans l’application des sanctions, ce qui affaiblit le processus. Sans doute nous faudrait-il alors revoir certaines règles (rangement de la chambre, participation au maintien de la propreté des pièces communes …). Mes comportements, c’est difficile à dire … Ce qui est certains c’est que la croix dite de Barry Hart m’aide à savoir ce que je veux privilégier dans un conflit : mon objectif ou la relation, et cela m’aide au quotidien dans mon travail actuel avec des adultes. Du coup, je suis plus détendue, moins « figée » sur le résultat à atteindre, alors que jusqu’à il y a peu je me considérais comme une obsédée de l’efficacité. Obsession, si l’on cherche plus loin, qui a à voir avec le besoin de reconnaissance ! Tout est dans tout ! Le savoir, agir en conscience, c’est déjà énorme, même si l’occasion de vivre les outils, les  activités ne se présente pas toujours.

J. : Pour terminer, auriez-vous une anecdote, un petit récit ou autre à nous partager par rapport à votre expérience ?

M. K. : Dans le séminaire « Dynamique de Groupe », nous avions vécu l’exercice « La bombe atomique ». En bref, les participants sont affublés d’un collant de couleur sur leur front, mais ils ignorent quelle est sa couleur. Lorsque le décompte avant l’explosion de la bombe commence, chacun doit (enfin, c’est la consigne, le verbe « devoir » est en principe exclu du vocabulaire du Certif !) rejoindre l’abri atomique de sa couleur, mais sans parler. Celui qui n’aura pu s’abriter, eh bien, en théorie, il est « mort ». C’est une activité tout sauf anodine, mais que le groupe peut prendre avec plus ou moins de légèreté. Le moment fort est surtout celui du débriefing/feedback : « que s’est-il passé, qu’ai-je compris, éprouvé, comment me suis-comporté, comment le groupe s’est comporté, comment je me sens avec tout ça », etc. A Wépion, cela avait paru « un jeu d’enfants ».  J’ai voulu l’expérimenter dans un cadre amical (ce qui était certainement une erreur : tant mieux, j’en ai appris bien plus que prévu !), le résultat a été terrible, car certains participants ont très mal vécu leur comportement, de n’avoir pas « sauvé » leur proche … Et des profondeurs d’aucuns sont sortis des craintes, angoisses inattendues. Donc, même si la formation a été très gaie et chaleureuse, elle n’est vraiment pas superficielle !

Un autre « truc » qui me plaît, que j’oublie malheureusement de pratiquer, c’est le « Petit bûcheron », un mode d’expression acceptable de sa colère. Car tous les sentiments sont acceptables (colère, haine, …) ; ce qui ne l’est pas toujours, c’est leur expression (frapper) ou la stratégie utilisée (tuer). Il faudrait dessiner un petit bûcheron, saisissant sa hache, prenant de l’élan et l’abattant sur le tronc avec un cri à la hauteur de la colère ressentie !

 

[Historique] 10 ans de Certificat (2008)

En 2008, le Certificat en gestion positive des conflits interpersonnels fête ses 10 ans. Créé en 1998 pour répondre aux attentes de personnes désireuses de recevoir et d’assimiler progressivement des savoirs, des savoirs-faire et des savoirs-être en gestion positive des conflits, une première formation de longue durée était proposée. Une grande aventure commençait…

Un article rédigé par Mireille Jacquet, paru initialement dans le trimestriel de juin 2008.

Certificat en gestion positive des conflits interpersonnels – dixième anniversaire

Historique

L’idée de proposer une formation longue en gestion des conflits interpersonnels nous est venue au départ de deux constats :

  • Le premier était la cohérence du programme de formations courtes proposées dans le cadre de notre axe de travail prioritaire «  La gestion positive des conflits ».
  • Le second résultait du nombre de personnes s’inscrivant à de multiples formations courtes durant le même exercice et dont les thèmes se succédaient dans la logique « connaissances de base- communication- gestion et résolution des conflits ».

Nous avons dès lors conçu un programme long constitué des formations de base à chaque niveau de notre axe de travail.

Au niveau du temps disponible pour la formation, un cycle long a deux avantages: d’une part, éviter les redites inévitables en modules courts et d’autre part, les participants se connaissant à partir du premier module, les présentations et l’expression des attentes ne sont plus nécessaires par la suite.

Le temps ainsi dégagé est investi dans l’ancrage des acquis, tant au niveau des savoirs que des savoirs-faire et savoirs-être.

Autre avantage du cycle long : les participants étant les mêmes durant tout le cycle, la confiance développée au fil des sessions favorise un travail en profondeur, un questionnement sur la durée et un enrichissement supplémentaire de par la vie du groupe.

Caractéristiques de l’encadrement

  • L’accueil des candidats retenus a lieu antérieurement au premier module de formation. Une soirée conviviale y est consacrée, soirée au cours de laquelle ils peuvent rencontrer l’ensemble des formateurs et plusieurs anciens certifiés.
  • Durant tout le processus de formation, l’accompagnement du groupe et la compétence des formateurs sont des éléments essentiels :
    • Dès la sélection des candidats jusqu’à la remise des certificats, un coordinateur est présent. Son rôle est capital. Il a en charge les contacts avec les candidats entre les modules, notamment via un forum Internet. Il est présent à la totalité de chaque module, fait les liens entre les modules, reçoit les devoirs demandés à la fin de chaque module et y réagit, réceptionne le travail écrit de fin de parcours et l’évalue, avec d’autres formateurs. Cette façon de procéder est fortement appréciée par les candidats. Elle participe à l’établissement et au maintien de la confiance dans le groupe et donc, consécutivement, à un investissement sincère et important de la part de ses membres.
    • Chaque module traitant d’une thématique précise, il est assuré par des formateurs choisis en fonction de leur compétence spécifique en la matière.
  • Finalement, les certificats, complétés et signés par les instances et les formateurs, sont remis aux candidats ayant satisfait aux différentes conditions de son octroi au cours d’une cérémonie suivie d’un cocktail dînatoire.

Évolution des contenus au fil du temps

Depuis 10 ans, les thèmes du Certificat en gestion positive des conflits interpersonnels sont stables. A l’origine, la structure avait été longuement réfléchie et construite sur base de l’expérience engrangée au fil des années par les membres de l’équipe de formateurs de l’Université de Paix.

Les modifications et mises à jour des contenus sont réalisées chaque année suite aux évaluations apportées par les participants et les formateurs. Certains modules ont été amplifiés (par exemple : l’écoute) ; pour d’autres, c’est l’aspect pratique et concret de la formation qui a été mis plus en avant (par exemple : les bases de la communication).

Concrètement, le Certificat se compose de 9 modules abordant chacun une thématique distincte bien que liée aux précédentes :

  1. Le premier week-end permet aux participants d’une part, de prendre leurs repères et au groupe de se former et d’autre part, d’aborder la notion de conflit et d’analyser les attitudes possibles en situation conflictuelle.
  2. Lors du deuxième week-end, nous explorons notre système de perception, nos représentations mentales de l’univers ainsi que la dimension non-verbale de la communication, notamment par le biais d’exercices filmés et analysés.
  3. Ce module permet de découvrir un outil de prévention par excellence : l’écoute ! Eviter les message risqués, s’exercer à la reformulation, pratiquer l’écoute active, …en sont les principaux ingrédients.
  4. Le quatrième quant à lui, aborde l‘assertivité : apprendre à refuser sans agressivité, critiquer et recevoir une critique, faire une demande en s’affirmant.
  5. L’introduction à la Communication Nonviolente (selon la méthode de M. Rosenberg) vient conclure ce chapitre des multiples facettes de la communication et des outils qui en découlent.
  6. Le module suivant est consacré au phénomène du pouvoir : comment concilier les outils découverts avec cette chose complexe à définir, à percevoir, à maîtriser…Spécificité de ce week-end : aucun contenu théorique n’est fourni au cours du week-end. Seule l’expérimentation – et son évaluation consécutive- comptent.
  7. Ce week-end permet la mise en œuvre de l’ensemble des acquis en pratiquant un mode de gestion de conflits : la négociation. Les conditions, avantages et désavantages de cette méthode de résolution des conflits étant précisés, le travail est axé sur la négociation coopérative.
  8. Ce week-end permet la mise en œuvre de l’ensemble des acquis en pratiquant un mode de gestion de conflits : la médiation : la communication des spécificités et des conditions de ce processus, son esprit et les règles de fonctionnement se fait majoritairement durant les évaluations consécutives aux mises en situation issues de cas vécus par les participants.
  9. Le dernier module est un « training », une pratique intensive : ultime occasion pour les participants de tester leurs compétences à partir de situations concrètes, c’est aussi un temps d’évaluation personnelle et de mise en perspective des acquis.

Publics

Si nous constatons une relative stabilité du contenu, le public a quant à lui évolué au cours de ces 10 années.

A l’origine, notre objectif était de travailler avec les acteurs du secteur socio-culturel de la jeunesse. Ce public est toujours majoritaire aujourd’hui. Cependant, nous constatons une présence de plus en plus importante de candidats du secteur public et du  secteur privé : responsable de services des ressources humaines, docteur en médecine, chef d’entreprise, membre de coopérative, photographe,… ont participé ces dernier temps à notre formation.

Nombre de personnes

Comme il est d’usage pour nos formations de courte durée, nous privilégions les groupes restreints. Le nombre de participants est limité à 18 personnes, ce qui permet une dynamique de groupe enrichissante tout en laissant la place à l’individu.

En dix ans, ceci représente 180 candidats, dont 136 ont été certifiés (sans tenir compte des certificats à la demande).

Attentes des participants

Les attentes des candidats sont majoritairement d’acquérir et de développer des outils concrets transposables dans leurs activités professionnelles, associatives, voire dans leur vie familiale.

Un des éléments recherchés et attendus de notre programme est son éclectisme -au niveau des portes d’entrée du travail en gestion des conflits- dans l’homogénéité de la démarche.

Nous constatons régulièrement que les candidats au Certificat sont dans une démarche continuée : certains ont déjà vécu une première expérience de formation et souhaitent l’amplifier, la poursuivre. Pour d’autres, notre cursus est un tremplin vers des formations plus ciblées (par exemple, les graduats en médiation) ou constituant un approfondissement plus théorique d’une matière.

Témoignages de participants

De toute évidence, le fait d’avoir suivi cette formation longue qu’est le Certificat a des retombées sur la manière dont les candidats vivent dans leurs milieux professionnel et autres.

Certains ont changé d’orientation, d’autres ont créé des associations, des programmes de formation,…

Ainsi, Ahmad Aminian, médiateur scolaire, propose -avec ses collègues d’une association-  une formation longue sur la «  Gestion de la diversité culturelle ». Florence Buseyne, quant à elle, collabore depuis 2003 au projet «  Citoyenneté et reconstruction du dialogue » réalisé en Algérie sous la coordination d’une ONG italienne, le CISP. C’est par son intermédiaire que, deux ans plus tard, l’Université de Paix a rejoint le projet pour y assurer la formation des formateurs algériens.

Mais, laissons plutôt la plume à quelques certifiés :

« En m’ouvrant des pistes pour remplacer mes conditionnements initiaux face à une situation de conflit, le certificat m’a certes bousculée, mais surtout, permis d’élargir les possibles. Je dispose désormais de leviers pour initier ou maintenir le dialogue et rechercher une ou des solutions plus créatives où ce n’est plus forcément ma solution ou celle de mon interlocuteur qui prime, mais notre ou nos solutions.

A chaque week-end, des phrases clés, fils rouges de nos travaux, se sont ancrées en moi et font désormais parie intégrante de ma « trousse de survie » pour renforcer mes compétences relationnelles, tant au niveau professionnel que personnel ».

Ambre Dierckx – travailleuse sociale dans une mission locale pour l’emploi et la formation

« L’Université de Paix et sa bande…

Il y a la formation, son contenu… Et puis, la façon de la faire passer. Sentir que les formateurs sont vraiment portés par cette façon de communiquer et de vivre avec les autres, c’est vraiment réconfortant et apaisant. Savoir que quelque soit mon implication, mon ressenti, je suis respectée dans cela, ça a compté pour moi et ça m’a donné d’autant plus envie de m’impliquer.

Puisque la vie est mouvement et expérimentation, cette formation s’inscrit vraiment dans l’élan de la vie »

Véronique Schrive – Centre de la Petite Enfance, Lambersart

« Je fais partie d’une petite équipe de développement de l’agriculture paysanne et bio ; nous sommes 4 bénévoles avec un attaché pédagogique comme salarié. Par ma participation au Certificat, j’ai amélioré ma capacité à clarifier les situations, à mettre les conflits à leur niveau, à comprendre les blocages et nos besoins respectifs. Tout ceci nous permet de mieux utiliser les énergies du groupe et de mieux nous organiser. J’utilise aussi des mots positifs. Exprimer les situations peut se faire de tant de manières, et il y a celles qui ouvrent vers les possibles…J’apprends aussi à « sentir » et à formuler les malaises et les non-dits. Cette dynamique positive me permet d’entrevoir un rassemblement des forces alternatives paysannes wallonnes »

Michel Glibert – agriculteur

« Tout au long des sessions, des prises de conscience se sont faites en moi, par exemple sur ma manière d’inter-« prêter-agir-venir ». Cette conscientisation m’a permis de prendre une certaine distance et donc d’avoir une autre vision de mes comportements, des agissements d’autrui et d’ouvrir d’autres angles de vue sur les situations à gérer.(…) Grâce à cette formation et forte de l’impact qu’offre les outils de gestion de conflits, je suis aujourd’hui en charge, au Luxembourg, d’un partenariat entre GP3-groupe conseil en entreprises (dirigé par un ancien certifié de l’Université de Paix : le monde est petit) et l’Université de Paix. »

Bénédicte de Gruben – Coordinatrice et présidente du musée pour enfants, l’A-Musée [désormais représentante du Réseau Université de Paix au Luxembourg]

Qui valide le contenu des formations ?

« Le savoir ne vaut que s’il est partagé » peut constituer le leitmotiv du travail des formateurs de l’Université de Paix.

Les contenus de formation sont élaborés,  évalués, adaptés en équipe en fonction des expériences accumulées. A chaque programmation du Certificat, l’ensemble du programme fait l’objet d’une attention particulière : contenus et méthode de travail sont revisités et fixés sur base d’un consensus.

La formation des formateurs est diversifiée : licenciés en psychologie -orientations « éducation » et « développement et société », sociologues, éducateurs, licencié en pratiques de formations, licencié en droit… Tous ont le grand avantage de travailler sur le terrain et de pouvoir ensemble évaluer et analyser leur pratique afin de l’améliorer au quotidien.

Cette orientation pragmatique et collective constitue une caractéristique du modèle de formation mis en place.

Quel équilibre entre les enseignements théoriques et les pratiques ?

Nous accordons une très grande importance à la pratique. Nous avons coutume de dire aux participants qu’ils ont l’opportunité de travailler «  en laboratoire » et en toute confidentialité : exercices multiples, mises en situation, jeux de rôle, questionnaires, grilles d’analyse, positionnements, …, et leurs évaluations représentent certainement 75% du temps de formation.

Au niveau théorique, un syllabus relatif à chaque module est remis à chaque participant. D’autre part , la théorie est injectée durant la formation en fonction des nécessités et opportunités. Ainsi, une introduction à la thématique du module est réalisée en début, chaque phase ou exercice est situé dans le cadre et est suivi d’une évaluation durant laquelle de nouveaux éléments théoriques sont apportés en fonction du vécu et des questionnements.

Durée

La durée du certificat est de 108 heures de formation réparties sur 9 week-ends à raison d’un week-end par mois de septembre à mai.

En sus des heures de formation, des « devoirs » sont demandés après chaque session et, en fin de parcours, chaque participant est tenu de remettre un travail écrit de synthèse et d’analyse.

Pourquoi un Certificat ? Quelle valeur ?

Le Certificat que nous délivrons certifie la participation du candidat à la totalité des modules de formation et la remise des devoirs et travail écrit demandés.

Au départ, nous pensions que ce certificat aurait comme valeur, la seule valeur symbolique que le candidat lui donnerait. Au fil du temps, nous nous sommes aperçus que la valeur symbolique était dépassée. Repris comme élément dans les curriculum vitae, il est devenu une référence de formation congruente, pratique et de qualité.

Recherchez-vous une reconnaissance de l’État, d’une université ?

En proposant le certificat, nous avons voulu donner aux personnes souhaitant développer une démarche de gestion positive des conflits, l’opportunité de se former concrètement selon un schéma relativement léger et en groupe restreint. L’apprentissage et l’acquisition des outils se font progressivement dans un mixte entre, d’une part, les attentes particulières et le niveau des candidats et, d’autre part, le programme fixé. Il est, pour nous, très important d’accompagner le groupe et ses membres dans leur parcours évolutif sur ce thème précis.

Le certificat est-il connu ?

La réponse à cette question peut être oui et non. Il est bien connu dans notre milieu de prédilection : le secteur associatif au sens large du terme. De part la profession des candidats, nous constatons qu’il est de plus en plus connu dans les milieux de profession libérale comme dans les secteurs spécifiquement sociaux.

Dès le départ, nous avons eu conscience de répondre à une réelle demande. Je me souviens de mon étonnement en août 1998 : je rentrais de vacances en me demandant si notre nouveau projet (le certificat, donc) avait suscité quelques demandes d’inscription : 53 candidatures m’attendaient! Depuis lors, le nombre annuel de candidatures reste similaire et la (re-)connaissance de sa pertinence ne fait que croître.

Le fait que les certifiés le mentionnent tant dans leur CV que dans leurs titres lorsqu’ils donnent eux-mêmes des formations, des conférences… contribue évidemment aussi à le faire connaître.

Depuis quelques années, des groupes constitués nous demandent de réaliser un programme de certificat spécifiquement pour eux.

Ainsi, pour l’instant, nous terminons un certificat pour une association belge « Les 3 Pommes » dont l’objet social est de travailler avec des jeunes placés en maison d’accueil.

En France, le Certificat a été réalisé pour le Centre de la Petite Enfance dont le projet est la « bien-traitance » de la petite enfance, à Lambersart.

Pour ces demandes comme pour les autres, le contenu global du programme est similaire à celui que nous proposons annuellement mais est traité de manière à correspondre au milieu concerné. Les outils doivent être transposables dans le travail quotidien de chacune de ces équipes.

Pour répondre aux demandes d’animateurs de jeunes, de quartiers…, nous proposons depuis septembre 2007, un Certificat en prévention et en gestion des conflits dans les groupes d’enfants et d’adolescents [Désormais Brevet en gestion des conflits avec les jeunes (5-17 ans)].

La différence fondamentale entre les deux certificats est évidente : il s’agit ici de contenus et d’outils transposables très rapidement dans les groupes de jeunes. Le modèle est largement inspiré de notre programme « Développement des habiletés sociales » et « Graines de médiateurs », formation longue réalisée depuis plus de 15 ans, principalement dans les écoles.

Ce programme fait l’objet d’une recherche-action au niveau européen et bénéficie du soutien de municipalités et de fondations. Il a été mis à l’honneur dans le cadre de la 10ième réunion des coordinateurs du Programme « Éducation à la Citoyenneté » du Conseil de l’Europe.

Dans le cadre du dixième anniversaire de ce Certificat en gestion positive des conflits interpersonnels, certifiés et formateurs se retrouveront le vendredi 23 mai 2008 pour échanger sur l’impact de cette formation au fil des ans.