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Assesse : des graines de médiateurs dans les écoles

Le 20/03/2015, Canal C a consacré un reportage au programme Graines de médiateurs, dans l’école St-Martin à Assesse :

L’Université de Paix de Namur propose régulièrement des animations scolaires sur le thème de la non-violence et de la prévention des conflits. Mieux communiquer s’apprend dès le plus-âge : un exemple en troisième primaire de l’école St-Martin de Assesse.

Faire face à l’agressivité, Techniques et postures

L’Université de Paix propose un article relatif à des « Techniques et postures pour faire face à l’agressivité » (Christelle LACOUR et Julien LECOMTE) dans le numéro 337 de Non-Violence Actualités (« Se faire respecter et respecter l’autre »).

L’affirmation de soi est souvent confondue avec la domination… Exister se ferait donc au détriment de l’altérité ? Affirmer son originalité, son identité, ses besoins et ses valeurs, sont des moyens d’exister. Cela ne sous-entend pas la nécessité de nier ces mêmes facultés à l’autre. Faire un pas vers soi pour faire un pas vers l’autre est au cœur d’une expression de soi respectueuse de nos besoins et de ceux de l’autre. Cela met la violence hors-jeu et cela devrait s’apprendre tôt ! L’éducation et la formation émotionnelles et relationnelles sont des vecteurs pour favoriser la maîtrise de ces connaissances et de ces habiletés. Cela contribue au bien-être de chacun, à la richesse des relations, à la résolution non violente des conflits et à l’amélioration du vivre ensemble.

Favoriser la coopération par le jeu

Le n°334 Non-Violence Actualité propose plusieurs articles relatifs à l’apprentissage de la coopération par le jeu, notamment un article sur le jeu coopératif Belfedar, développé par l’Université de Paix : « Un outil ludique et pédagogique ». Au-delà de la présentation du jeu, cet article explique ses fondements théoriques, revient sur les expérimentations dont il est issu et propose des pistes pratiques d’animation pour un usage didactique.

« Les jeux coopératifs offrent aux joueurs un temps de rencontre et d’amusement. C’est un moyen pour eux de se découvrir dans leurs forces et leurs différences. Ceci se fait dans un cadre sécurisant, puisqu’il n’y a pas un vainqueur et des perdants ; tout le monde gagne ou perd ensemble.

L’échec n’est pas négatif, au contraire, il est utile à l’apprentissage puisqu’il donne des informations qui permettront de surmonter collectivement l’obstacle. Ainsi, à travers les jeux proposés, les participants sont invités à adopter une attitude propice à l’action collective, en recherchant la complémentarité de leurs actions. Chacun fait l’expérience du bénéfice partagé à aider, à demander de l’aide et à prendre des décisions en commun pour réussir la tâche ».

AïkiCom, approche corporelle de gestion des conflits

Depuis 2010, l’Université de Paix propose des conférences et modules de formation de deux jours avec Christian Vanhenten : AïkiCom, approche corporelle de la communication et de la résolution non-violente des conflits inspirée de l’aïkido.

L’AïkiCom, approche corporelle de gestion des conflits

Par Christian Vanhenten – Professeur d’aïkido (troisième dan), Maître-praticien en PNL. Article initialement paru en 2010, dans le trimestriel de l’Université de Paix.

L’AïkiCom vise à apprendre et intégrer corporellement des principes de communication avec soi et avec les autres. Les qualités évidentes de l’aïkido en matière d’intelligence émotionnelle sont transmises par une pratique corporelle qui fait le lien avec les principes de l’aïkido mais également avec ceux d’autres approches telles que la PNL (programmation neuro-linguistique), l’AT (Analyse Transactionnelle) ou encore la Communication Nonviolente.

L’aïkido est un art martial qui consiste à utiliser et à canaliser les énergies

Le conflit est l’expression d’un désaccord. En ce sens, il n’a rien de négatif en soi. Il est le signal que quelque chose ne va pas et qu’il est nécessaire de communiquer pour trouver une solution. Pourtant pour beaucoup le conflit est vu comme quelque chose de négatif. C’est que le conflit peut devenir affrontement s’il n’est pas géré de manière adéquate.

En fonction de nos expériences, nous avons développé des stratégies diverses face aux situations conflictuelles.

Certains sont passés maîtres dans l’art de les éviter. Ils se garderont de prononcer les mots qui fâchent, la moindre parole qui pourrait faire dégénérer la discussion en dispute. Ceux-là dépensent une énergie folle à contenir la pression de leurs émotions intérieures. Ils ont opté pour la paix avec les autres quitte à déplacer le conflit à l’intérieur d’eux-mêmes.

D’autres préfèrent la manière forte. Ils affûtent leurs armes pour vaincre l’autre. Leur slogan : la meilleure défense, c’est l’attaque. Cette démarche n’est pas moins énergivore que la première.

Carine est intervenante sociale. Elle travaille en équipe mais les relations sont tendues. L’équipe est sous stress en permanence par manque de personnel. Lors d’une formation, elle m’explique que dès la première réflexion qu’elle estime déplacée elle préfère attaquer. Elle en arrive à faire pleurer ses collègues. « Comme ça j’ai la paix pour la journée » me dit-elle. Elle a le verbe facile et la répartie cinglante. Elle semble satisfaite de sa manière de faire mais, lorsqu’au détour de la conversation, je lui demande « ça doit être fatiguant non ? », elle soupire, se détend sur sa chaise et lâche en soupirant un « oui » qui en dit long. Mais pour elle, fatiguant ou pas, elle n’a pas le choix. C’est çà ou s’écraser. Et ça il n’en n’est pas question.

La gestion des conflits ça s’apprend.

A force d’essuyer les plâtres, on se rend compte que l’on a besoin d’apprendre des techniques verbales, des grilles de lecture, des modèles pour ne pas basculer dans l’escalade.

Mais lorsque les enjeux sont importants, lorsque la personne en face de soi est une personne qui compte beaucoup pour nous ou si elle nous connaît bien et sait les mots qui nous font bondir, les émotions peuvent être fortes et le risque de retomber dans nos vieux schémas de comportements est alors très fort.

L’AïkiCom apporte une solution pour sortir de cette apparente fatalité.

En se basant sur l’aïkido, un art martial japonais non-violent, l’AïkiCom introduit un troisième acteur pour rétablir le dialogue entre notre pensée et nos émotions : le corps.

Lorsque les émotions nous submergent, notre pensée est court-circuitée, notre neurobiologie active des schémas de survie qui se conjuguent sous trois modes : l’attaque, la fuite ou l’immobilité. Dans cette situation notre corps peut être une ressource précieuse pour revenir à soi.

Les techniques de l’aïkido nous apprennent à nous défendre contre des attaques sans chercher à vaincre l’autre en retour mais plutôt en lui démontrant l’inutilité de son attaque. L’aïkido se base sur un certain nombre de principes que l’on trouve dans d’autres approches et arts martiaux mais, ce qui fait son originalité, c’est sa manière de matérialiser ces principes dans les mouvements et de les inscrire ainsi dans notre corps.

Citons par exemple le centrage qui peut être défini comme la capacité d’être pleinement soi en contact avec nos besoins, nos valeurs. En aïkido une personne centrée est nettement plus stable et sera moins vite déséquilibrée par son partenaire.

Les attaques en aïkido sont vues comme des occasions de transformer l’énergie de l’agression en quelque chose de nouveau. Au quotidien, cela se traduit par le fait de gérer les interactions d’un conflit et de désamorcer l’agressivité pour rétablir les conditions du dialogue. L’objectif de l’aïkido n’est pas de vaincre mais bien de créer les conditions d’une nouvelle forme de coopération. Cela peut paraître utopique. Pourtant cela ne l’est pas. Lorsque l’on s’inscrit dans une logique de bienveillance, l’autre sent très vite qu’il a plus à gagner par le dialogue que par les échanges d’argument où plus personne n’écoute l’autre, trop occupé que l’on est de préparer la prochaine réplique.

L’aïkido offre une solution pour échapper au dilemme attaquer-laisser faire. Cette voie médiane je l’appelle l’ « attitude Aïki ». en japonais signifie harmonie ou concordance, Ki signifie l’énergie vitale, c’est l’énergie qui est présente dès que des êtres vivants sont présents. L’attitude Aïki peut donc être définie comme étant une attitude visant à générer de l’harmonie entre les êtres vivants dans le respect de chacun. Avoir l’attitude Aïki, c’est vivre en restant présent à soi, dans le respect de ses valeurs et communiquer avec l’autre avec le même respect. Toute tentation de manipuler l’autre pour atteindre son objectif est écartée, seule compte l’intention de créer des synergies pour trouver des solutions qui rencontrent les objectifs de chacun. Et si l’autre, malgré mes efforts pour créer les conditions d’une collaboration, ne veut pas collaborer, c’est son choix. Je peux alors décider d’interrompre la collaboration jusqu’à ce qu’il revoie sa position ou me tourner vers quelqu’un d’autre. En aucun cas je ne dois me sacrifier pour le satisfaire. Je reste moi-même et j’apprends de cette expérience.

Même si rien ne peut remplacer les heures passées sur les tatamis des dojos d’aïkido, il est possible de découvrir dans son corps l’application concrète des principes fondamentaux d’une communication visant à favoriser la coopération plutôt que la compétition. Ces sensations corporelles deviennent alors une ressource précieuse qui peut nous aider dans toutes les situations de conflits.

C’est ce que propose l’AïkiCom au travers d’exercices corporels tirés des mouvements de l’aïkido. Ces exercices viennent illustrer les concepts et sont complétés par des techniques verbales qui transposent dans le langage les mouvements de l’AïkiCom.

Ainsi il devient possible d’ancrer dans les mots et dans les gestes des compétences essentielles pour gérer les discussions difficiles et découvrir expérience après expérience comme vivre au quotidien dans l’attitude Aïki.

Apprendre à vivre ensemble

Quelques repères du programme « Graines de médiateurs – Développement des habiletés sociales » tel que dispensé en 2003. Ce programme a pour objectif de développer chez les enfants des compétences personnelles et relationnelles. Il a été réalisé par deux formatrices de l’Université  de Paix tout au long de l’année scolaire, à raison d’environ 2 séances de 2 heures par mois. Récit et impressions d’une formatrice.

Découvrez également la vidéo Graines de médiateurs (cliquez sur l'image)

Quand les enfants apprennent à vivre ensemble…

En prenant connaissance du projet, ma première impression est l’étonnement. Habituellement, nous travaillons dans les classes lorsque le climat s’est tellement détérioré qu’il ne permet plus aux élèves d’apprendre. Ici, rien de tel. L’accent est mis sur la prévention de la violence et la possibilité pour les élèves de 5 classes de 4ième et 5ième primaire d’acquérir des compétences relationnelles qui leur permettent de gérer leurs conflits et de communiquer de façon non violente. Quelle chance !

Pour démarrer le projet, une réunion est programmée avec les enseignants des classes concernées. Certains enseignants sont un peu sceptiques, d’autres voient en ces animations la chance de pouvoir régler certaines difficultés vécues en classe. Une enseignante aimerait travailler par exemple l’écoute car elle est épuisée par le bruit que font les 27 élèves de sa classe.

Une réunion est aussi organisée pour les parents des élèves concernés par les animations afin de leur expliquer les tenants et aboutissants du projet. Pour favoriser l’intégration par les enfants des compétences sociales, il est important de pouvoir collaborer avec tous les adultes socialisateurs qui gravitent autour de l’enfant. L’efficacité du programme en dépend largement.

L’objectif de ce programme est de développer des habiletés sociales afin de permettre un climat harmonieux dans la classe. Vivre ensemble, ce n’est pas facile. Cela nécessite des compétences et celles-ci ne s’acquièrent pas de n’importe quelle façon.

Dès la première animation en classe, nous leur proposons des règles de vie à respecter. Entre autres, je ne fais pas de mal (ni à moi, ni aux autres), j’ai le droit au stop,… Une boîte à suggestion leur donne l’opportunité de signaler aux autres ce qu’ils apprécient, ce qui les dérange et leurs propositions de changement. Au début de chaque séance, leurs messages sont lus à haute voix. Certaines propositions seront discutées. Par exemple, dans la classe de 27 élèves où il était difficile d’avoir le calme même pour l’énoncé d’une consigne, des élèves ont proposé d’ajouter des règles de vie et de faire des jeux pour apprendre à se taire.

Certaines étapes jalonnent l’apprentissage de ces compétences telles que la connaissance de soi-même et d’autrui, la confiance et la coopération, l’écoute, la capacité à s’exprimer dans le respect des autres. La méthodologie proposée est active : jeux de groupe, sketches, histoire, échanges… Un exemple d’activité sera donné pour chacune des étapes.

1. Moi parmi les autres

Se connaître et se faire connaître aux autres est le préalable de toute relation constructive. Beaucoup d’activités amènent les enfants à regarder les autres avec un regard positif. Par exemple, les enfants ont apporté un objet qui les représentait et l’ont présenté aux autres. Un enfant s’exprime : « J’ai apporté l’Espagne », dit-il en montrant la carte du pays, « car mon papa est espagnol ». Les autres sont étonnés, ils ne savaient pas. Une autre montre une bouteille d’eau « j’ai apporté de l’eau parce que je pleure beaucoup ».

2. Confiance et coopération

Lorsque le groupe est prêt et avant d’aborder le conflit proprement dit, il est important de construire un climat de confiance Ainsi, avec l’activité « les chaudoudoux », les enfants envoient des messages positifs à leurs compagnons et à leur professeur. Dans une des classes, les élèves ont proposé de lire un des messages reçus à haute voix. L’émotion était grande lorsqu’un élève a remercié son enseignant de lui avoir expliqué plusieurs fois des matières non comprises pendant les temps de midi. Un tel type de climat permet aux élèves de s’exprimer sans craindre le jugement d’autrui.

3. Moi et le conflit

Tous n’ont pas la même manière de réagir lors de disputes. A partir d’une histoire conflictuelle, les enfants ont pu s’exprimer sur les différentes attitudes. « Moi, le conflit, j’aime pas trop, je préfère ne pas le voir ! » dit un garçon de 4ième primaire. Céline confie au groupe : « lors des disputes, moi j’arrange toujours les choses avec tout le monde ». Les enfants apprennent à être plus conscients de leurs stratégies et à s’ouvrir à d’autres attitudes possibles.

4. A l’écoute du verbal et du non-verbal

Les enfants apprennent à écouter et à observer les autres afin de permettre une communication qui tient compte de l’autre. Les jeux d’écoute non-verbale ont été fort appréciés par les enfants de la classe où il y a beaucoup de bruits. Ils ont pu vivre des moments de silence et en mesure l’intérêt.

5. A l’écoute de ce qui se vit

L’expression de ses sentiments et l’accueil du ressenti de l’autre permettent une compréhension mutuelle et une communication plus en profondeur. Par des situations simples, les enfants sont amenés à mimer une émotion. Les autres devinent de quel sentiment il s’agit. Une autre manière de favoriser l’expression des sentiments : après chaque activité, les enfants qui le souhaitent peuvent prendre le bâton de parole et exprimer leur avis sur le jeu et leur ressenti. Le fait d’exprimer un ressenti entendu par l’autre provoque souvent soulagement et compréhension mutuelle.

6. Sortir du conflit

Des situations conflictuelles sont jouées et les enfants vont y répondre de manière créative. Certains conflits, survenus durant les animations, ont pu être discutés et réglés de manière non violente. Par exemple, deux enfants ont pu trouver un terrain d’entente à leur difficile cohabitation de bureau en classe.

Parfois, lorsque des séances sont difficiles, tendues, et que beaucoup d’énergie est déployée pour de maigres résultats visibles, je suis sortie de la classe découragée. Mais au fil des séances, j’ai pu observer des changements qui me réconfortent dans le bien-fondé de notre démarche. Par exemple, quel bonheur d’entendre un élève féliciter spontanément une autre d’avoir bien camouflé sa voix dans un exercice et de voir le sourire de l’intéressée jusque derrière les oreilles ! Lorsque les groupes-classes vivent des moments de cohésion, quelle satisfaction de les voir bien ensemble !

A la fin de l’année, vient le moment de l’évaluation. J’étais très intriguée de savoir ce que retiendraient les enfants des séances. Voici quelques réponses à l’évaluation écrite réalisée en fin d’année : « j’ai appris des choses sur les autres », « ce que les autres ont dans le cœur », « j’ai appris à parler au lieu de taper », « qu’il faut respecter celui qui a la parole ».

Les enseignants étaient très satisfaits, ils y ont vu des avantages au niveau de l’ambiance de leur classe. « Les sports d’hiver ne sont jamais aussi bien passés que cette année », nous a confié une enseignante. Une autre, celle qui était fatiguée par le bruit de ses 27 élèves, m’a dit « Je croyais que l’Université de Paix, c’était magique, que tous les élèves allaient se taire. J’ai appris cette année qu’il fallait du temps pour développer ces compétences. L’autre jour, j’ai proposé une heure d’échange et de partage avec les élèves, et ils se sont écoutés sans s’interrompre durant toute l’heure ! J’étais très heureuse. »

La réunion des parents de fin de parcours regroupant parents, enfants et enseignants a rencontré un franc succès. Plus d’une soixantaine de personnes y sont venues pour entendre l’évaluation du programme et exprimer leur souhait de le voir se poursuivre cette année, ce qui est chose faite dans trois écoles de la commune.

J’ai été émue en lisant la réponse d’un enfant : « J’ai grandi grâce à vous ». Et ces petites graines semées, qui sait ce qu’elles produiront demain, dans une semaine, dans dix ans… ?

Education à la paix en maternelle

Dans le cadre de la Décade de l’Union européenne pour la culture de la paix et de la non violence pour les enfants dans le monde (2001-2010), la Commission européenne a attribué des fonds Daphné à l’International Fellowship of Reconciliation (IFOR) (MIR en francophonie), afin de réaliser une recherche-action sur l’éducation à la paix et la prévention de la violence dans les écoles maternelles. Les fonds européens Daphné sont attribués à des projets qui visent à combattre la violence envers les enfants, les adolescents et les femmes. L’Université de Paix a été sollicitée pour participer à cette recherche-action, qui jette les bases de l’élaboration d’un programme européen de développement des habiletés sociales.

Un article rédigé par Christelle Lacour et Julie Duelz, initialement paru dans le trimestriel du mois de juin 2008.

Prévenir la violence dans les écoles maternelles – Projet européen d’éducation à la paix

Suite à la tragique affaire Dutroux, et pour montrer sa détermination à lutter contre ces crimes, l’Union Européenne décide en 1997 de commencer à financer des projets européens spécifiquement consacrés à la lutte contre la violence envers les enfants et les femmes. C’est la naissance du programme Daphné, sous la responsabilité de la Direction Générale Justice et Affaires Intérieures. Le premier cycle de subventions a été attribué entre 2000 et 2004, le deuxième a été inauguré l’année dernière (Daphné II). Pour le deuxième cycle de subventions, le programme se concentrera sur l’échange de bonnes pratiques entre les pays membres et insiste sur la coopération entre les pays et le partage des expériences et des méthodes. Ces possibilités permettent de développer des projets originaux et efficaces.

C’est donc dans le cadre de l’appel à projets Daphné II que l’IFOR a proposé l’idée du projet « Approches durables pour l’éducation à la paix et la prévention de la violence dans les écoles maternelles ». Cette idée a émergé suite à la lecture du rapport de l’OCDE « Petite enfance, grands défis II : Éducation et structures d’accueil ».

Participent à cette recherche à la fois des Universités (Université d’Halmstadt en Suède, de Florence et de Pise en Italie, de Lodz en Pologne, d’Oslo en Norvège, de Fribourg en Allemagne, Université du Kosovo) et des centres de formations pour enfants et adultes, comme l’Université de Paix en Belgique ou le Centre pour la Communication Non Violente en Suède. Dans chaque pays partenaire, des écoles maternelles pilotes ont été choisies pour faire partie de la recherche-action. En Belgique, il s’agit de l’école communale d’Ecausinnes, dans le Hainaut.

La recherche action en prévention de la violence dans les écoles maternelles s’étend sur 4 ans. Dans un premier temps, nous avons effectué un état des lieux concernant la violence et les habiletés sociales dans les écoles maternelles de chaque pays partenaire (questionnaires, observations filmées de conflits entre enfants, interviews, revue de la littérature et des lois nationales, etc.). Cette première phase a commencé en juillet 2007 et s’est terminée fin avril 2008, avec des publications et une conférence internationale regroupant les participants locaux, nationaux et internationaux au projet. L’objectif était de réaliser une comparaison internationale des contextes nationaux en matière de législation, d’éducation à la paix, d’infrastructures dans les écoles,…

Sur base des résultats de la phase I et avec la collaboration des pays partenaires de l’étude (notamment Allemagne, Suède, Italie, Pologne, Norvège), il s’agit alors de construire et de tester un programme européen de développement des habiletés sociales dans les classes maternelles de chaque pays (phase II : mai 2008 – mai 2010). Ce programme a pour finalité l’éducation à la paix chez les enfants, en collaboration avec les instituteurs, l’équipe éducative et les parents concernés. Il s’agira ainsi de donner des ateliers dans les classes maternelles, mais également d’offrir des journées de coaching aux enseignants et de formation ou d’information à l’équipe éducative (surveillants, puéricultrices…) et aux parents. Cette étape sera également l’occasion d’échanges entre les écoles, institutions ou encore universités des différents pays. Comme la phase I, la phase II se clôturera par une conférence internationale et des publications concernant le processus et les résultats des ateliers pour enfants et adultes dans les écoles.

La dernière phase (phase III : juin 2010 – juin 2011) sera consacrée à l’évaluation du projet, en vue de modifier le programme de développement des habiletés sociales et d’estimer les retombées possibles au niveau national, européen et international.

A tout moment durant ce projet, seront visés au niveau international :

  • la visibilité et la promotion de la prévention de la violence et de l’éducation à la paix dans des classes maternelles auprès des différents systèmes éducatifs européens (en Belgique, auprès du Ministère de l’Éducation de la Communauté française);
  • la coopération et la mise en réseau interdisciplinaire (psychologie, pédagogie, pédiatrie, sciences de l’éducation, sociologie,…) et la mise en réseau locale, nationale et européenne (entre écoles, associations de parents, communes, journaux, universités, ONG, Commission européenne…).

Nous sommes convaincus qu’éduquer à la citoyenneté et à la gestion de conflits est un travail qui se fait dans la durée et avec tous les partenaires scolaires. C’est pourquoi l’approche systémique du programme européen de prévention de la violence en maternelle nous intéresse particulièrement.

Comme nous l’avons expliqué plus haut, l’Université de Paix a été contactée par l’IFOR afin de collaborer à la réalisation de cette recherche-action sur la prévention de la violence et l’éducation à la Paix chez les enfants en école maternelle. Notre rôle consiste à :

  • participer aux réunions européennes (réflexion, décisions, etc.) et aux conférences internationales ;
  • favoriser les liens entre les partenaires locaux, nationaux et européens ;
  • rendre des rapports nationaux concernant l’avancée du projet, le processus, les résultats, l’évaluation, les possibilités de retombées locales, nationales, internationales ;
  • collecter les informations concernant l’école, les lois belges, les études universitaires belges sur la prévention de la violence et l’éducation à la paix ;
  • réaliser les observations, mener les interviews, collecter les données concernant la violence chez les enfants, etc. ;
  • servir de lien, de contact entre le siège de la recherche (en Allemagne) et l’école communale d’Ecausinnes, école pilote pour le projet ;
  • rencontrer le directeur, les institutrices, les parents, l’équipe éducative de l’école communale d’Ecausinnes, afin de les informer et de codécider des modalités concrètes de réalisation du programme européen de développement des habiletés sociales ;
  • donner des ateliers aux enfants et des formations aux adultes (enseignants, équipe éducative, parents…).

L’Université de Paix apporte une expérience de plus de 15 ans dans l’apprentissage de la gestion de conflits en maternelle et en primaire. Le programme que nous réalisons actuellement dans les classes s’intitule « Graines de médiateurs ». Primé par la Communauté Française en novembre 2006, il est sans cesse amélioré grâce à notre expérience sur le terrain et à la collaboration des enseignants.

Par ailleurs, collaborer et mettre en commun les différentes approches des partenaires du projet européen nous paraît être la meilleure façon d’ouvrir notre champ d’action et de nous enrichir de l’expérience des autres pays membres de la recherche-action. Finalement, tester, évaluer, se questionner sur ce programme européen de développement des habiletés sociales permettra sans aucun doute d’en mesurer l’impact concret dans la gestion positive des conflits, de l’enfant de 3 ans au Directeur d’école.

Parallèlement à ce travail, l’Université de Paix a pris contact avec le Cabinet de la Ministre-Présidente de la Communauté française. Une rencontre a eu lieu le 14 février 2008, afin de présenter le projet européen à Monsieur Dominique Luperto, collaborateur de la Madame la Ministre Marie Arena. L’Université de Paix s’est engagée à communiquer les résultats des différentes phases de cette recherche-action. En retour, Monsieur Luperto a accepté de nous transmettre ses commentaires, suggestions et pistes de travail concernant le projet européen et ses suites possibles au niveau national.