Monique Degimbe raconte son volontariat à l’UP

Volontariat à l’Université de Paix

Les circonstances de la vie ont fait qu’à l’âge de 35 ans, je suis devenue « maman à temps plein ».

Pendant plusieurs années, j’ai apprécié être disponible et présente pour mes fils.

Mais ils ont grandi, sont devenus autonomes et j’ai trouvé que mon mode de vie était devenu très réducteur.

Reprendre l’enseignement était difficile, mais je voulais « de nouveau être utile ».

C’est lors d’une visite au salon du volontariat de Namur que j’ai rencontré Julien qui m’a parlé de l’Université de Paix et de ses activités. J’avais déjà approché la communication nonviolente (CNV) et j’avais été emballée. Je me suis proposée pour quelques heures par semaine.

Accueil, prise de contact et intégration

Le 1er mardi de février 2015, c’est avec un peu d’appréhension que j’ai poussé la porte de l’Université de Paix. Le premier contact fut simple : « Ici tout le monde se tutoie » et puis, ce fut une vague de nouveaux visages et de nouveaux prénoms, un accueil chaleureux et cette sensation de bienvenue.

Au fil des semaines, ce sentiment s’est conforté. Après une intégration rapide et une place vite trouvée, j’ai pu expérimenter dans la façon d’être de chacun, toutes les valeurs de l’Université de Paix : un intérêt réel des personnes les unes pour les autres, de l’écoute et beaucoup de bienveillance.

Un enrichissement intellectuel, mais surtout humain

Différentes tâches m’ont été confiées mais la plus intéressante est sans aucun doute, la relecture de plusieurs syllabi (à la recherche d’éventuelles coquilles oubliées). Ce travail m’a donné un accès direct aux différentes théories et applications qui font la base même des formations de l’UP : gestion de conflits, intelligence émotionnelle, harcèlement entre jeunes, médiation, CNV…

En dehors d’un apport intellectuel indéniable, cela a été une prise de conscience, une fenêtre ouverte sur une autre communication, une autre possibilité de vivre les relations avec les autres et avec soi-même. Essayer de vivre ces principes, même à très petite échelle a été une véritable évolution personnelle.

Si je devais faire un bilan de ces deux années passées au sein de l’UP, je soulignerais que ce fut bien plus que du volontariat ou qu’une occupation. Cela a été une expérience de vie, un enrichissement personnel et une ouverture d’esprit. Mais cela a surtout été beaucoup de belles rencontres…

[Dossier] Dimanche : « le harcèlement à l’école »

Dans son édition du 29 mars 2015, le Journal Dimanche (des Médias Catholiques Belges Francophones) a consacré un dossier de fond sur le harcèlement à l’école :

  • Décryptage du phénomène par Benoît Galand, enseignant et chercheur à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education à l’UCL
  • Découverte de l’Université de la Paix et de ses actions pour prévenir et intervenir face à ce phénomène (entretien avec Frédéric Duponcheel)
  • Témoignage de Jean-Pol Colin, directeur de l’école fondamentale de Couvin

> Se procurer le Journal Dimanche

Médias Schola ULB, HELMo, Radio Présence…

Le parachute, jeu de coopération

Depuis la fin octobre, plusieurs médias locaux ou liés à un événement ont donné un écho à des actions de l’Université de Paix.

Journée des droits de l’homme à l’HELMo Sainte Croix

A l’occasion de la Journée des droits de l’Homme à l’HELMo Sainte Croix, une vidéo a été réalisée pour présenter la journée. Frédéric Billiard y prenait la parole en tant que directeur d’école et intervenant pour l’Université de Paix, sur le sujet des violences à l’école. Christelle Lacour, formatrice à l’Université de Paix, était également présente.

Journée des droits de l’homme à HELMo Sainte-Croix from hauteecolehelmo on Vimeo.

Forum des innovations en éducation (Schola ULB)

Le 18/11/2014, Schola ULB asbl organisait le 7e forum des innovations en éducation. L’Université de Paix y était présente dans un stand et lors d’une conférence sur les impacts des médias numériques sur les relations. Christine Cuvelier, chargée de relations publiques à l’Université de Paix, faisait également partie du jury qui avait pour mission de départager les projets innovants proposés par les écoles. Une vidéo a été tournée à l’occasion de cet événement.

Éducation à la Paix à Toulouse

Enfin, la radio locale toulousaine « Radio Présence » a invité Nathalie Ballade, formatrice à l’Université de Paix, lors d’une émission de 50 minutes à propos du programme d’éducation à la relation dans les groupes d’enfants. Nathalie Ballade y aborde des clés de lecture, de compréhension et de communication de la gestion de conflits. Pour réécouter cette émission, cliquez ici.

Conférences et ateliers 2014-2015

> Inscriptions

> PDF récapitulatif des conférences et ateliers

L’Université de Paix propose un cycle de conférences et ateliers à raison d’une soirée par mois, à 19h30. Cliquez ci-dessous sur le nom d’une conférence pour en dérouler son contenu. Si vous désirez découvrir le profil et l’expérience de chacun des intervenants, vous pouvez consulter notre page « formateurs ».

Vous pouvez consulter le programme des conférences 2014-2015 ci-dessous.

08/10/2014 - Introduction à la pleine conscience (réf. 1461)

Par Alexandre Castanheira, le mercredi 8 octobre 2014 à 19h30 à l’Université de Paix

Vous souhaitez mieux gérer votre stress ? Vous tentez de lâcher-prise sans y parvenir ? Régulièrement, vous ruminez les mêmes pensées et émotions ? Vous vous prenez les pieds à répétition dans les mêmes difficultés personnelles ou relationnelles ? Face aux douleurs, aux conflits et aux difficultés de la vie, vous cherchez à développer davantage de sérénité, améliorer votre bien-être, ainsi que la qualité de votre relation à vous-mêmes et aux autres ?

Alors la pratique de la pleine conscience peut vous être  utile… et une manière de le vérifier, c’est de venir découvrir cet outil lors d’une séance d’information !

Ce sera l’occasion d’expérimenter concrètement et simplement ce qu’est la pleine conscience et de sentir un début de ce qu’elle peut apporter dans votre vie de tous les jours. Ce sera aussi l’occasion d’expliquer que la pleine conscience est proposée ici selon le programme de réduction du stress basé sur la pleine conscience, mis au point par Jon Kabat-Zinn et son équipe du Center For Mindfulness de l’Université du Massachussetts. Ce programme vise à entrainer votre capacité à vous connecter à l’instant présent, avec curiosité et bienveillance, sans jugement. Et c’est en développant cette capacité que vous modifierez votre manière de gérer les « stress » de la vie (quotidienne).

Une méthode ‘simple’, progressive, basée sur l’expérience, accessible à tou(te)s.

Prix d’entrée : gratuit

09/12/2014 - Les relations 2.0, ou les relations connectées (réf. 1478)

Par Julien Lecomte, le mardi 9 décembre 2014 à 19h30 à l’Université de Paix.

Les jeunes passent désormais une partie de leur temps sur les réseaux sociaux. Inspiré par ce constat, le philosophe Michel Serres parle de « Petite Poucette » pour désigner cette génération qui communique avec son pouce sur les écrans…

De la tablette et du PC au smartphone, les médias numériques occupent une grande place dans le quotidien. Quels sont leurs impacts sur les relations ?

Dans cette conférence, nous exposerons tout d’abord quelques idées reçues classiques à l’égard d’Internet et de ses usages.

Ensuite, nous passerons en revue plusieurs pratiques typiques des jeunes sur le web. A partir de ces observations, nous identifierons des repères pour comprendre comment les technologies modifient (ou non) nos rapports sociaux.

Enfin, nous formaliserons un ensemble de pistes pour aborder la relation à travers ces nouveaux médias, non seulement au niveau des jeunes, mais aussi des adultes : comment prévenir les malentendus sur le web ? Comment y gérer un conflit ? Quelles sont les choses qui diffèrent par rapport à la vie « IRL » (In Real Life, « dans la vraie vie ») ?

Tous ces moments seront accompagnés d’exemples illustratifs et études de cas.

Prix d’entrée : 7 euros

Prix -26 ans : 5 euros

13/01/2015 - Faire face à l'agressivité (conférence annulée)

par Christelle Lacour, le mardi 13 janvier 2015 à 19h30 à l’Université de Paix.

Le mot « agressivité » vient du latin aggredior, qui signifie « aller vers ». L’agressivité est une pulsion qui contribue à la survie de l’espèce. Elle nous pousse à nous protéger des dangers et à nous mobiliser pour atteindre nos objectifs. Puisqu’elle est naturelle, l’agressivité n’est donc ni un bien, ni un mal. C’est la manière de l’exprimer et de la gérer qui sera constructive (limites exprimées de manière socialement acceptable) ou destructrice (agression physique ou verbale).

Lors de cette conférence, les participants entreverront des outils pour :

  • Comprendre l’agressivité et ses sources
  • Détecter l’agressivité en soi et chez l’interlocuteur
  • Faire face à l’agressivité

Prix d’entrée : 7 euros
Prix -26 ans :5 euros

10/02/2015 - Savoir dire non (conférence annulée)

Par Christelle Lacour, le mardi 10 février 2015 à 19h30 à l’Université de Paix.

Vous éprouvez parfois des difficultés à DIRE NON ? Lorsque vous refusez quelque chose, vous vous sentez coupable ou mal à l’aise ? Vous êtes débordé et très sollicité par votre entourage privé ou professionnel ? L’objectif de cette conférence sera de découvrir des techniques permettant de :

  • Se préparer à mettre ses limites, en dépassant les résistances personnelles à refuser
  • Clarifier le désaccord avec le corps et le discours
  • Dire non de façon efficace : négocier, ne pas négocier, ne pas répondre de suite ou ne pas répondre du tout

Prix d’entrée : 7 euros

Prix -26 ans : 5 euros

17/03/2015 - Graines de médiateurs (réf. 1522)

Par Cathy Van Dorslaer, le mardi 17 mars 2015 à 19h30 à l’Université de Paix, dans le cadre de la Semaine Graines de médiateurs (Semaine du 16 au 20/03/15 dédiée à cet outil).

Ouverture de cette conférence par Madame Patricia Granchamps, Echevine de la jeunesse de la ville de Namur

Se sentir bien au sein de la classe et de l’école est un préalable, parfois sous-estimé, à tout apprentissage. Ne pas tenir compte de la dynamique du groupe, ne rien envisager – ou trop peu – pour travailler la cohésion du groupe, pour initier à la résolution positive des conflits, pour mettre en place un cadre clair et annoncé, risque de laisser la place à des phénomènes de bouc émissaire, à la constitution de groupes qui s’affrontent, à la gestion épuisante et stérile de conflits récurrents, à l’apparition de faits de violence.

Durant la conférence, Cathy Van Dorslaer partagera son expérience d’implantation du programme « Graines de médiateurs » dans de nombreuses écoles et classes de l’enseignement maternel et primaire.

L’occasion de découvrir la méthodologie propre au programme et des activités permettant aux enfants (et à leur enseignant) de mieux vivre ensemble et coopérer, prendre conscience de leurs attitudes au sein du groupe et des conséquences de celles-ci, s’initier à la CNV et s’initier à la négociation et à la médiation pour résoudre les conflits.

L’occasion de prendre conscience des répercussions profondes et bénéfiques de l’implantation du programme « Graines de médiateurs » au sein d’un établissement : cohésion de l’équipe, meilleure communication avec les élèves, les collègues et les parents, réaménagement des différents lieux de vie (classe, cour de récréation, réfectoire…), réflexion sur les règles et les conséquences en cas de non-application.

Des explications, des photos, des vidéos, la présentation d’outils et d’une large bibliographie permettront aux participants de faire, s’ils le souhaitent, leurs premiers pas dans une méthode novatrice et efficace

Prix d’entrée : 7 euros
Prix -26 ans : 5 euros

28/04/2015 - Bienveillance - Les enfants sont des personnes... et les parents aussi ! (réf. 1527)

Kit de survie pour éducateurs, parents… – Repères pour une éducation bienveillante et positive

Par Marie-Noëlle de Theux-Heymans, le 28 avril 2015 à 19h30 à l’Université de Paix.

Respect, bienveillance, coopération font partie des repères éducatifs de nombreux parents d’aujourd’hui. Et pourtant,… parfois, malgré bien des efforts, c’est le stress qui domine.

Comment les enfants ont le don de faire réagir les parents plus fortement que souhaité? Quels sont ces siphons à énergie qui empêchent le parent de réagir de manière constructive et bienveillante avec les enfants ?

Sur quels leviers pouvons-nous compter pour améliorer la relation en famille ?

Prix d’entrée : 10 euros

Prix -26 ans : 7 euros

12/05/2015 - Se parler et se comprendre avec la Process Communication (Réf. 1531)

Process Com® – Développer ses capacités de communication.

Par Anne Dumont, le mardi 12 mai 2015 à 19h30 à l’Université de Paix.

Le succès de nos relations dépend de la qualité de notre communication. En avons-nous toujours pleinement conscience ?

La Process Communication® (PCM) est un modèle immédiatement opérationnel qui permet de développer une communication efficace. Il prend en compte la spécificité de chacun et permet de donner le meilleur de soi-même, même dans les situations de conflits d’intérêt. Être formé à la Process Com permet ainsi de fluidifier la communication au travail, à l’école, mais aussi avec les partenaires ou dans la vie privée.

Concrètement, ce modèle permet d’identifier le canal de communication le plus approprié en tenant compte des préférences naturelles des interlocuteurs. Ce modèle, pratique, ne nécessite pas d’apprentissages longs et fastidieux. La PCM permet notamment, d’être capable de :

se reconnaître parmi les six types de personnalité présentés ;
prendre conscience de leur style préférentiel de communication ;
apprendre de nouvelles façons de parler afin de devenir en quelque sorte « polyglottes » … pour se faire comprendre de tous.

Plus de 850.000 personnes utilisent la PCM de par le monde. Cette conférence se veut une introduction au modèle PCM développé par Taibi Kalher avec le soutien de la NASA.

Prix d’entrée : 10 euros

Prix -26 ans : 7 euros

09/06/2015 - Atelier philo : peut-on tout communiquer ? (Réf. 1538)

Par Julien Lecomte, le mardi 9 juin 2015 à 19h30 à l’Université de Paix.

L’atelier philo de l’Université de Paix offre un espace de rencontre et de discussion convivial sur un thème en lien avec la gestion de conflits, les relations humaines et la communication.

Dans cet atelier, des éléments d’éthique communicationnelle serviront d’éclairages et de pistes pour accompagner le partage des réflexions de chacun.

Sur base de supports variés (citations, extraits de textes, caricatures…), les participants pourront développer leur point de vue et approfondir le questionnement : quels sont les critères moraux pour juger de ce qui peut être communiqué ? Est-il bon de tout dire ? Le mensonge ou la dissimulation peuvent-ils être justifiés ? En quoi ces questions ont-elles du sens, en regard de nos relations au quotidien ? Qu’en pensez-vous ?

Il s’agit de philosophie appliquée : l’animateur s’assure de la bonne circulation de la parole, de questionner et de conceptualiser les éléments utiles au déroulement de l’activité, en lien avec des références philosophiques.

Prix d’entrée : 5 euros

Prix -26 ans : gratuit

Certaines de nos conférences (marquées du logo Article 27) sont accessibles avec le ticket Article 27 pour la somme de 1,25 euros (cf. nos conditions préférentielles).

> PDF récapitulatif des conférences et ateliers

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Entretien avec Isabelle Brouillard

Depuis le 14 octobre 2013, Isabelle Brouillard est la nouvelle Secrétaire générale de l’Université de Paix.

Propos recueillis par Christine Cuvelier, Chargée de relations publiques.

Si nous te demandons de te présenter en quelques mots, que dirais-tu ?

Je suis née dans la nuit du 24 décembre 1966, il faisait froid mais j’ai très vite eu chaud. Fruit d’une mère andalouse et d’un père bruxellois, cinquième d’une famille nombreuse (7 enfants), victime d’une maladie des reins jusqu’à l’âge de 12 ans, j’ai tellement ressenti de l’amour « fraternel » durant toute mon enfance que très tôt, je n’ai eu de cesse que de vouloir donner.

Quel a été ton parcours avant d’accéder à la direction de l’Université de Paix ?

Criminologue de formation, mon chemin professionnel a débuté au service des Ministères de l’Intérieur et de la Justice, en qualité de conseillère scientifique. C’était en 1992 après les tueries du brabant wallon, il y avait un plan de réforme national qui concernait tous les services de police ; j’étais chargée de le mettre en œuvre en ce qui concerne la Cour d’appel de Liège. Les nombreux dysfonctionnements et graves manquements observés dans le cadre de ce travail m’ont conduit à vouloir m’engager plus encore dans la justice et la protection des Droits de l’Homme. C’est au sein de la Commission Justice et Paix que j’ai pu orienter mon travail vers la défense des groupes vulnérables (enfants, demandeurs d’asile…) en Belgique et aussi dans plusieurs pays du sud (Amérique Latine). Cette nouvelle expérience m’a donné l’envie d’aller plus loin vers le secteur de la coopération au développement. Le projet de l’ONG RCN Justice et Démocratie au Burundi, intitulé « L’Eloge des justes », a croisé mon chemin et je suis partie emmenant toute ma petite famille avec moi. Les accords de paix pour le Burundi venaient d’être signés à Arusha au mois d’août 2000. Ce n’était que des accords sur papier. Il a fallu 5 années pour que le dernier mouvement rebelle accepte de rendre les armes et de se joindre aux prochaines élections. Nombreux furent les défis durant cette période mais au bout du compte le renforcement de la justice de proximité -cœur de mon travail- durant toutes ces années a pu progresser. Mes aînés en âge de rentrer à l’Université, nous sommes revenus en Belgique en 2012 et j’ai trouvé un emploi au sein de l’Ecole des Parents et des Educateurs, association d’éducation permanente, dont le but est fort proche de celui de l’Université de paix.

Qu’est-ce qui t’a conduit à l’Université de Paix ?

Le Nunca mas, ce cri déjà sorti de milliers de victimes de part le monde, et qui n’a toujours pas permis d’enrayer définitivement la guerre et les souffrances qu’elle engendre. Hier, aujourd’hui, et tristement demain, les forces destructrices continuent et continueront à l’emporter sur la raison et l’humanité.

Les fondateurs de l’Université de Paix savaient cela et ne se sont pas désespérés. En créant l’Université de paix, ils ont pensé que la réflexion d’hommes et de femmes permettaient d’agir et de trouver des réponses concrètes aux conflits et des moyens pour prévenir les violences. Bien au-delà, les fondateurs de l’Université de Paix et les centaines d’hommes et de femmes qui y travaillent depuis sa création ont su transcender nos besoins individuels de paix, et agir pour la collectivité, le bien commun, le vivre ensemble en vue de construire une société participative juste et responsable. C’est cette envie de construire plus de paix, qui m’a été communiquée et qui m’a conduite à l’Université de paix.

Quelles sont tes ambitions à court et moyen termes pour l’Université de Paix ?

Je souhaite tout d’abord préserver la qualité des relations humaines observées depuis mon engagement. Ce climat de compréhension et de respect mutuel a certes des racines profondes mais il s’agit de bien entretenir ce magnifique jardin. Ensuite, mon premier objectif est de soulager l’équipe de permanents qui fait face à la notoriété de l’Université et reçoit une cascade de demandes d’intervention et de projets. C’est donc la gestion du non et la planification qui sont à l’ordre du jour.

A moyen terme, j’espère que ce sera la gestion du oui. Il s’agira de trouver de nouveaux moyens pour permettre à l’Université de Paix de grandir en harmonie tout en intensifiant son impact. J’inscris cet objectif dans le prolongement du travail de fil rouge « Horizon Université de Paix 2020 » initié par l’équipe.

En quoi le travail de l’Université de Paix apporte-t-il une réponse satisfaisante pour renforcer ou améliorer les capacités des personnes en situation conflictuelle à y faire face ?

Mon expérience de vie dans la région des grands lacs m’a permis de comprendre combien la réponse par la violence a une telle force destructrice qu’elle est source de conflits pour des générations entières qui dépasse notre propre existence. Ouvrir des espaces de dialogue y compris dans des situations extrêmement difficiles permet de rompre ce cycle et de répondre à un besoin humain fondamental d’agir ici et maintenant. Si ce cercle de paroles est créé et que toutes les parties au conflit y participent, c’est encore un long cheminement avant qu’il ne soit source d’actions constructives. Renforcer les personnes dans leur capacité d’expression, d’écoute, d’empathie, de résilience, est propice à une compréhension approfondie des origines du conflit et l’émergence de pistes pour y remédier. Sans cette qualité de dialogue, tous les autres mécanismes de résolution de conflits telle que la négociation, la médiation, l’équité et la justice ne permettraient pas d’apporter une réponse durable.

Quelle sera, à ton avis, l’évolution de l’Université de Paix dans les prochaines années ?

Déjà dans l’immédiat, je constate que les demandes d’éducation à la paix sont nombreuses et que les acteurs pour y répondre ne sont pas suffisants et organisés. Avec la crise financière actuelle, les moyens vont geler voire diminuer et les conflits sans doute augmenter ! Comme je l’ai expliqué plus haut, le défi d’aujourd’hui est d’anticiper cette évolution « distordue »  en examinant toutes les composantes du fil rouge dessiné par l’équipe : la valorisation et la pérennisation des acquis de Graine de médiateurs, le développement de synergie avec de nouveaux partenaires, la consolidation des moyens financiers, l’ouverture ou non des actions sur le plan international, etc. Des pistes déjà explorées dans le passé à revisiter et réfléchir dans le contexte sociétal actuel.

Quel est le meilleur compliment que nous puissions te faire ?

« Tu as pu rester fidèle à l’esprit de l’Université de Paix et tu as pu contribuer à la réalisation et au développement de sa mission ».

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour toi, ce serait…

La flamme… Je suis rentrée à l’Université de Paix, comme un athlète à qui on remet le flambeau olympique. Quelle responsabilité ! Préserver le passé, gérer le présent et construire l’avenir… Je demande aux lecteurs de cet article, membres et sympathisants, de m’aider à veiller avec moi sur la flamme… Merci !

Témoignage de Jean De Munck

Ce témoignage a été initialement publié dans la revue périodique trimestrielle n°73, en 2000.

Jean De Munck est Sociologue, Professeur à l’Université catholique de Louvain.

Je n’ai connu ni le Père Pire, ni la décolonisation, ni les manifestations de résistance à la guerre du Vietnam, ni l’agitation socioculturelle des années 1970. Trop jeune pour cela, j’arrivais à l’âge d’homme quand déjà, on rangeait les chaises et on ramassait les bouteilles vides du grand happening de la jeunesse contestataire des années de croissance. Peu m’importaient les adieux à la révolution, au mouvement hippie, aux mobilisations de masse : je n’avais point la nostalgie de l’histoire des autres. Pourtant, en rencontrant l’Université de Paix au milieu des années 1980, c’est un peu de cette histoire qui attrapait par la veste le jeune présomptueux que j’étais à vingt cinq ans, l’obligeant à se retourner sur un passé qui avait quand même, quoi qu’il en pensait, préfiguré ses rages, ses idéaux et ses espoirs.

L’Université de Paix, et les personnes qui tournaient autour d’elle, furent d’abord pour moi les témoins bien vivants d’un apprentissage collectif de la non-violence et de la justice, gardant une mémoire active de débats, de luttes et d’expériences accumulés depuis les années 1950. Sans l’Université de Paix, son ancrage dans les réseaux internationaux, sa présence dans le champ de la formation, ces apprentissages, pourtant pas très anciens, auraient été perdus dès les années 1980. Au cours des réunions d’objecteurs de conscience, au fil de sessions de formation, je découvrais Jean Van Lierde parlant, les yeux brillants d’étoiles, de son ami Patrice, un nommé Gordon à la méthode célèbre (qui ne me convint guère), les jeux coopératifs, la guerre d’Algérie des pacifistes français, les inénarrables projets de résistance civile, distillés en petites brochures invendables, et la montagne vibrante du Larzac, régnant en majesté sur toutes les utopies d’un temps bouleversé.

Embarcadère inattendu pour une histoire dispersée dans les mémoires des gens, dans des documents ronéotypés et les pratiques collectives, l’Université de Paix n’était pourtant pas un conservatoire. Au contraire, je m’aperçois aujourd’hui que son environnement a plutôt rempli pour moi la fonction d’une boussole, permettant de situer le présent dans une trajectoire et d’y tracer une orientation en mesurant ce qui, à l’époque, nous rapprochait, mais aussi ce qui nous séparait de la culture des mouvements de paix qui nous avaient précédés. La difficulté que nous rencontrions au cours des années 1980-1990 était en effet principalement une difficulté de compréhension de notre propre situation historique. Autour de nous, le monde changeait très vite et d’une manière imprévisible, de sorte que le fil de l’histoire semblait rompu. En France, Mitterrand enterrait très méthodiquement les derniers restes de la gauche industrielle. D’une manière générale, dans toute l’Europe, l’enthousiasme militant s’étiolait, vaincu par la crise. Avec la chute du Mur, s’effondraient tous les repères de la guerre froide, mais aussi ceux des luttes pacifistes qui s’y étaient formées. L’OTAN changeait de nature, l’armée changeait de rôle. Le service militaire obligatoire rendait l’âme, et avec lui le régime de l’objection de conscience, mais sans que la paix fut gagnée, loin s’en faut. Une nouvelle problématique de la violence émergeait sous nos yeux, inédite et indéchiffrable. D’abord, dans nos propres sociétés, surgissait une violence nouvelle, dénuée d’ennemis déclarés, une violence d’émeutiers et d’exclus, une violence sans programme. A l’extérieur aussi, la guerre du Liban, suivie par celle de l’ex-Yougoslavie préfiguraient de nouveaux affrontements « de basse intensité » (comme on dit au Département d’Etat), aux adversaires incertains et multiples.

Fin de partie pour les mouvements de paix ? Oui et non. D’autres projets voyaient le jour en ces années de mutations. On commençait à parler de médiation, d’éthique de la discussion et de société flexible. Le dialogue interculturel était projeté au centre de la scène. De nouveaux registres moraux – le respect des subjectivités, la reconnaissance des crimes du passé, la délibération authentique – étaient mobilisés pour reformuler des projets.

Des dispositifs de négociation voyaient le jour, à la frontière du judiciaire, dans les écoles, dans les quartiers. L’Université de Paix fut un des lieux, en Belgique francophone, où l’exploration de cette nouvelle problématique a été possible. Parce qu’elle se souvenait, l’Université de Paix a été capable de se remettre à apprendre pour continuer de transmettre. Dans le champ nouveau de la formation à la résolution des conflits, elle s’est distinguée d’emblée par son souci de mêler à la technique de la médiation une réflexion éthique et politique qui lui venait, en droite ligne, de sa tradition. Quant à moi, j’y gagnais plus que je n’apportais : la réflexion théorique, à laquelle me voue ma profession, s’enrichissait à l’Université de Paix d’une fréquentation de la vie et de la pratique de médiateurs sur le terrain.

Tout compte fait, si la trajectoire de l’Université de Paix m’apparaît exemplaire aujourd’hui, c’est d’avoir réussi à soutenir pendant presqu’un demi-siècle la seule fidélité qui compte : celle qui nous fait changer.

L’UP propose 2 Certificats et 2 Brevets

L’Université de Paix propose deux certificats et deux brevets, cycles de formations destinés aux professionnels de la petite enfance, aux éducateurs, aux enseignants, aux animateurs, aux instituteurs… à toute personne désireuse d’acquérir ou de compléter ses connaissances :

NB : afin d’éviter toute confusion concernant ces Brevets et Certificats, nous soulignons que ceux-ci ne font pas l’objet d’une reconnaissance au sens de l’article 14 du Décret du 7 novembre 2013 définissant le paysage de l’enseignement supérieur et l’organisation académique des études.