Education à la paix en maternelle

Dans le cadre de la Décade de l’Union européenne pour la culture de la paix et de la non violence pour les enfants dans le monde (2001-2010), la Commission européenne a attribué des fonds Daphné à l’International Fellowship of Reconciliation (IFOR) (MIR en francophonie), afin de réaliser une recherche-action sur l’éducation à la paix et la prévention de la violence dans les écoles maternelles. Les fonds européens Daphné sont attribués à des projets qui visent à combattre la violence envers les enfants, les adolescents et les femmes. L’Université de Paix a été sollicitée pour participer à cette recherche-action, qui jette les bases de l’élaboration d’un programme européen de développement des habiletés sociales.

Un article rédigé par Christelle Lacour et Julie Duelz, initialement paru dans le trimestriel du mois de juin 2008.

Prévenir la violence dans les écoles maternelles – Projet européen d’éducation à la paix

Suite à la tragique affaire Dutroux, et pour montrer sa détermination à lutter contre ces crimes, l’Union Européenne décide en 1997 de commencer à financer des projets européens spécifiquement consacrés à la lutte contre la violence envers les enfants et les femmes. C’est la naissance du programme Daphné, sous la responsabilité de la Direction Générale Justice et Affaires Intérieures. Le premier cycle de subventions a été attribué entre 2000 et 2004, le deuxième a été inauguré l’année dernière (Daphné II). Pour le deuxième cycle de subventions, le programme se concentrera sur l’échange de bonnes pratiques entre les pays membres et insiste sur la coopération entre les pays et le partage des expériences et des méthodes. Ces possibilités permettent de développer des projets originaux et efficaces.

C’est donc dans le cadre de l’appel à projets Daphné II que l’IFOR a proposé l’idée du projet « Approches durables pour l’éducation à la paix et la prévention de la violence dans les écoles maternelles ». Cette idée a émergé suite à la lecture du rapport de l’OCDE « Petite enfance, grands défis II : Éducation et structures d’accueil ».

Participent à cette recherche à la fois des Universités (Université d’Halmstadt en Suède, de Florence et de Pise en Italie, de Lodz en Pologne, d’Oslo en Norvège, de Fribourg en Allemagne, Université du Kosovo) et des centres de formations pour enfants et adultes, comme l’Université de Paix en Belgique ou le Centre pour la Communication Non Violente en Suède. Dans chaque pays partenaire, des écoles maternelles pilotes ont été choisies pour faire partie de la recherche-action. En Belgique, il s’agit de l’école communale d’Ecausinnes, dans le Hainaut.

La recherche action en prévention de la violence dans les écoles maternelles s’étend sur 4 ans. Dans un premier temps, nous avons effectué un état des lieux concernant la violence et les habiletés sociales dans les écoles maternelles de chaque pays partenaire (questionnaires, observations filmées de conflits entre enfants, interviews, revue de la littérature et des lois nationales, etc.). Cette première phase a commencé en juillet 2007 et s’est terminée fin avril 2008, avec des publications et une conférence internationale regroupant les participants locaux, nationaux et internationaux au projet. L’objectif était de réaliser une comparaison internationale des contextes nationaux en matière de législation, d’éducation à la paix, d’infrastructures dans les écoles,…

Sur base des résultats de la phase I et avec la collaboration des pays partenaires de l’étude (notamment Allemagne, Suède, Italie, Pologne, Norvège), il s’agit alors de construire et de tester un programme européen de développement des habiletés sociales dans les classes maternelles de chaque pays (phase II : mai 2008 – mai 2010). Ce programme a pour finalité l’éducation à la paix chez les enfants, en collaboration avec les instituteurs, l’équipe éducative et les parents concernés. Il s’agira ainsi de donner des ateliers dans les classes maternelles, mais également d’offrir des journées de coaching aux enseignants et de formation ou d’information à l’équipe éducative (surveillants, puéricultrices…) et aux parents. Cette étape sera également l’occasion d’échanges entre les écoles, institutions ou encore universités des différents pays. Comme la phase I, la phase II se clôturera par une conférence internationale et des publications concernant le processus et les résultats des ateliers pour enfants et adultes dans les écoles.

La dernière phase (phase III : juin 2010 – juin 2011) sera consacrée à l’évaluation du projet, en vue de modifier le programme de développement des habiletés sociales et d’estimer les retombées possibles au niveau national, européen et international.

A tout moment durant ce projet, seront visés au niveau international :

  • la visibilité et la promotion de la prévention de la violence et de l’éducation à la paix dans des classes maternelles auprès des différents systèmes éducatifs européens (en Belgique, auprès du Ministère de l’Éducation de la Communauté française);
  • la coopération et la mise en réseau interdisciplinaire (psychologie, pédagogie, pédiatrie, sciences de l’éducation, sociologie,…) et la mise en réseau locale, nationale et européenne (entre écoles, associations de parents, communes, journaux, universités, ONG, Commission européenne…).

Nous sommes convaincus qu’éduquer à la citoyenneté et à la gestion de conflits est un travail qui se fait dans la durée et avec tous les partenaires scolaires. C’est pourquoi l’approche systémique du programme européen de prévention de la violence en maternelle nous intéresse particulièrement.

Comme nous l’avons expliqué plus haut, l’Université de Paix a été contactée par l’IFOR afin de collaborer à la réalisation de cette recherche-action sur la prévention de la violence et l’éducation à la Paix chez les enfants en école maternelle. Notre rôle consiste à :

  • participer aux réunions européennes (réflexion, décisions, etc.) et aux conférences internationales ;
  • favoriser les liens entre les partenaires locaux, nationaux et européens ;
  • rendre des rapports nationaux concernant l’avancée du projet, le processus, les résultats, l’évaluation, les possibilités de retombées locales, nationales, internationales ;
  • collecter les informations concernant l’école, les lois belges, les études universitaires belges sur la prévention de la violence et l’éducation à la paix ;
  • réaliser les observations, mener les interviews, collecter les données concernant la violence chez les enfants, etc. ;
  • servir de lien, de contact entre le siège de la recherche (en Allemagne) et l’école communale d’Ecausinnes, école pilote pour le projet ;
  • rencontrer le directeur, les institutrices, les parents, l’équipe éducative de l’école communale d’Ecausinnes, afin de les informer et de codécider des modalités concrètes de réalisation du programme européen de développement des habiletés sociales ;
  • donner des ateliers aux enfants et des formations aux adultes (enseignants, équipe éducative, parents…).

L’Université de Paix apporte une expérience de plus de 15 ans dans l’apprentissage de la gestion de conflits en maternelle et en primaire. Le programme que nous réalisons actuellement dans les classes s’intitule « Graines de médiateurs ». Primé par la Communauté Française en novembre 2006, il est sans cesse amélioré grâce à notre expérience sur le terrain et à la collaboration des enseignants.

Par ailleurs, collaborer et mettre en commun les différentes approches des partenaires du projet européen nous paraît être la meilleure façon d’ouvrir notre champ d’action et de nous enrichir de l’expérience des autres pays membres de la recherche-action. Finalement, tester, évaluer, se questionner sur ce programme européen de développement des habiletés sociales permettra sans aucun doute d’en mesurer l’impact concret dans la gestion positive des conflits, de l’enfant de 3 ans au Directeur d’école.

Parallèlement à ce travail, l’Université de Paix a pris contact avec le Cabinet de la Ministre-Présidente de la Communauté française. Une rencontre a eu lieu le 14 février 2008, afin de présenter le projet européen à Monsieur Dominique Luperto, collaborateur de la Madame la Ministre Marie Arena. L’Université de Paix s’est engagée à communiquer les résultats des différentes phases de cette recherche-action. En retour, Monsieur Luperto a accepté de nous transmettre ses commentaires, suggestions et pistes de travail concernant le projet européen et ses suites possibles au niveau national.

Implanter le programme Graines de médiateurs (2013-2014)

Page relative à l’appel à candidatures 2013-2014 suite au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

> Présentation générale du programme

> Implantation complète dans votre école

> Interventions « à la carte » sur base du programme

> Sources de subsides possibles

Implanter « Graines de médiateurs – Programme de prévention de la violence à l’école primaire » dans votre école / votre classe. Mettre en place dans l’école, dans la classe, une dynamique de respect de chacun, d’éducation à la paix et à la citoyenneté afin – notamment – de permettre la pratique de la médiation.

Personnes concernées

  • Vous êtes enseignant/directeur/parent ;
  • Vous êtes convaincus de l’utilité de travailler en prévention la gestion des conflits et l’apprentissage de la médiation à l’école ;
  • Votre école n’a pas les moyens de s’offrir une formation longue…

Grâce au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Université de Paix propose le programme de formation longue « Graines de médiateurs » pour la période de septembre 2013 à août 2014.

Par an, sont compris dans le projet :

  • 9 animations d’1h40 pour deux classes primaires d’une école, suivies de 9 séances de coaching avec le/la titulaire
  • 2 journées de formation à Namur pour ces mêmes titulaires, lundi 3 février 2014 et lundi 17 mars 2014
  • 2 journées de formation pour l’ensemble de l’équipe (à prendre en charge par la FOCEF ou le CECP )
  • Une journée de formation à Namur pour les directions, le vendredi 10 janvier 2014
  • Une conférence pour les parents, les enseignants, l’ensemble de la communauté éducative
  • Le livre pédagogique « Graines de médiateurs II »

Infos supplémentaires et contact

  • Page du programme de formation « Graines de médiateurs » réalisé à la demande
  • Université de Paix  asbl [C/o Julie Duelz] – 4, Bd du Nord – 5000 Namur (j.duelz@universitedepaix.be – 081 55 41 43).

 

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Grâce au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Université de Paix propose le programme de formation longue « Graines de médiateurs » à prix réduit dans 5 écoles tous réseaux confondus en Communauté française et ce, pour la période de septembre 2013 à août 2014.

Forum international de rencontre entre jeunes

UNIVERSITE DE PAIX 1960-2000 – FORUM INTERNATIONAL DE RENCONTRE ENTRE JEUNES

Rédigé par Christine Cuvelier, cet article a été initialement publié dans le trimestriel n°73, en 2000.

Un article historique sur un événement organisé à l’occasion des 40 ans de l’Université de Paix.

Cette action a mené plus de huit cents jeunes à la découverte d’autres pays, de leurs habitants, de leurs coutumes en les faisant véritablement participer à la vie locale.

L’Université de Paix a proposé, du 29 octobre au 4 novembre dernier, un Forum international de rencontre entre jeunes. Une semaine durant, 50 participants sont venus d’une trentaine de pays européens, africains, asiatiques et américains afin d’échanger sur la «gestion positive des conflits».

A l’occasion des 40 ans de notre institution, il nous paraissait important de fêter cet événement et d’articuler passé et présent dans une nouvelle synergie.

  • Le passé : l’esprit des premières sessions internationales organisées par l’Université de Paix. Il s’agissait de réunir des jeunes de tous les continents dans des sessions longues pour échanger expériences, analyses et critiques et pour approfondir les engagements de chacun allant dans le sens de la paix.
  • Le présent : l’axe de travail de l’Université de Paix depuis plus de 10 ans « Apprendre à gérer positivement les conflits ». Cet axe de travail serait le thème central de cette rencontre internationale.

Lors de ce Forum, nous avons voulu donner aux jeunes venus des cinq continents quelles que soient leur origine sociale, leur appartenance culturelle, leur obédience philosophique, l’occasion de mettre en commun les efforts qu’ils développent dans leur pays pour prévenir et gérer violence et conflits.

Nous avons aussi tenté d’apporter des réponses à certaines de leurs questions, questions de ceux qui ne se résignent pas et qui souhaitent au-delà de leurs oppositions, gérer leurs différends ; de ceux qui souhaitent, hors de tout débordement de violence, trouver une «autre» issue aux conflits auxquels ils sont confrontés.

Le programme

Difficile de résumer une semaine d’échanges, de rencontres, de débats, de visites, d’autant que cette semaine a été particulièrement riche pour tous les participants autant que pour les formateurs et les invités. Différentes formes d’activités ont été proposées : des ateliers, des témoignages, des échanges d’expériences mais aussi des formations et des présentations d’outils pédagogiques. Ces activités ont notamment permis aux jeunes de :

  1. créer des ponts et poser des jalons pour l’avenir en se préparant à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
  2. partager connaissances et savoir-faire pour s’approprier des savoirs et acquérir des compétences afin d’être apte à gérer positivement les conflits;
  3. développer un réseau d’échanges de savoirs;
  4. explorer des outils nécessaires à la construction de l’autonomie, la confiance en soi, la prise de responsabilité et utiles à l’amélioration du «vivre ensemble».

Ce Forum n’aurait pas été ce qu’il a été sans l’intervention :

  • d’une part, des formateurs de l’Université de Paix qui ont proposé un cycle de formations ayant trait aux notions de conflits, communication verbale et non-verbale, créativité, pouvoir et médiation ;
  • d’autre part, de personnes ressources invitées à partager leurs connaissances de tel ou tel aspect précis ayant trait à la problématique traitée durant la semaine.

Échange de pratiques et de connaissances entre des professionnels et des jeunes qui les ont interrogés avec intérêt et regard critique. Tout au long de la semaine, les savoirs ont ainsi été questionnés, appropriés, critiqués et reconstruits dans une dynamique générale de mise en commun.

Cette construction commune, nous avons voulu la symboliser par la plantation d’un Arbre de la Paix, qui a trouvé sa place dans le parc de La Marlagne, témoignage vivant d’une rencontre réelle et du travail collectif de cette semaine.

Un cycle de formation a été proposé aux jeunes. Nos objectifs durant cette formation ont été les suivants :

  • Exercer son esprit de créativité face à des situations problématiques.
  • Pouvoir sortir du cadre : élargir ses points de vue et par là les possibilités de solution.
  • Découvrir une série de notions et d’outils pouvant faciliter le développement d’une approche créative face à des situations problématiques.

Des personnes ressources

L’objectif du Forum était de favoriser, nouer et multiplier des contacts entre les participants mais aussi de favoriser, nouer et multiplier des contacts entre les participants et d’autres associations.

En voici quelques exemples…

  • Notre groupe a participé à des tables rondes organisées par Luc ARNOULD, Directeur général de NEW dans les bâtiments de la Bourse à Namur. A chaque table, étaient réunis 7 ou 8 jeunes et un namurois représentant du monde associatif, économique, culturel, politique, privé, etc. Ce dernier était chargé de présenter en quelques minutes un ou deux cas de litiges, cas vécu ou théorique en rapport avec son secteur d’activités et d’animer les débats. Ces échanges furent spontanés, passionnants et enthousiastes.
  • «Apprendre à devenir le citoyen de demain…», thème d’une journée dévolue à la découverte de diverses institutions belges : Yamina GHOUL, Secrétaire générale de la COJ, nous a présenté les structures de politique de jeunesse en Belgique, Hugues BAYET la philosophie de la politique de jeunesse en Communauté française et Kurt DE BACKER 6) la politique de jeunesse en Communauté flamande.
  • Notre groupe a également accueilli Monsieur Josy DEHOUBERT et un candidat délégué de classe de l’Ecole Asty-Moulin (Namur) qui nous ont fait part de leurs motivations. Ce rôle, nous ont-t-ils expliqué, est le premier engagement de citoyenneté, une entrée de plain-pied dans la vie citoyenne.
  • Une autre expérience de découverte, d’ouverture d’esprit et de citoyenneté, celle de l’opération «PatchWorld – Avoir vingt ans en l’An 2000» lancée par la ville de Namur nous a été présentée par Dany MARTIN et deux jeunes ayant participé à cette opération, Stépahne RAPPE et Nunzio MAUGERI.

Cette action a mené plus de huit cents jeunes à la découverte d’autres pays, de leurs habitants, de leurs coutumes en les faisant véritablement participer à la vie locale.

Stéphane RAPPE : «Le projet Patchworld» visant à rapprocher deux peuples proches par la langue mais lointain par la culture a pris fin au terme de cette année scolaire 1999-2000. Dans ce cadre, je crois avoir vécu ce qu’aucune photo ne saura jamais montrer.

A travers le regard de ces gens, j’ai souvent vu l’envie, parfois le dédain mais de toute façon le concept du blanc à qui tout sourit.

Me promenant dans une échoppe de cosmétiques, j’ai pu remarquer combien les canons de beauté représentés sur les réclames étaient physiquement proches du type métis sinon eurasien. Ainsi, quand leurs yeux nous criaient «visa» les nôtres leur criaient «nature et authenticité»».

Par ailleurs, notre groupe a eu droit à une visite guidée du Parlement wallon par son plus jeune député, Philippe HENRY, et à une réception à l’Hôtel de Ville de Namur avec Monsieur Tanguy AUSPERT, Echevin de la Jeunesse. Cette rencontre qui avait pour but de se familiariser avec quelques structures politiques communale et communautaire belges s’est terminée par le verre de l’amitié.

Et la culture…

Durant toute la semaine, Lise BRACHET nous a fait le plaisir d’exposer quelques-unes de ses toiles sur le thème « Plaidoyer pour la paix ». Ce fut pour notre groupe l’occasion de se réunir dans un univers pictural emprunt de douceur et de tendresse et de réfléchir aux conséquences malheureuses de la guerre.

La ville de Namur s’est dévoilée au fil d’une ballade dans son cœur historique. Mais aussi, notre groupe, invité du Théâtre de Namur, a assisté à une représentation du spectacle «Un conte d’hiver» de Shakespeare, une nouvelle création de Dominique Serron au Grand Manège de Namur. Nous avons pu également applaudir la dernière représentation en Belgique du spectacle «Sahmata» de Al Midan Théâtre (Nazareth) joué en langue arabe.

A son petit-fils, Haifa, Abou Maïssa, raconte l’histoire de son passé, celle de son exil quand la guerre de 1948 commence et de son village palestinien, Sahamata, aujourd’hui déserté, proche de la frontière libanaise mais également ses espoirs d’une paix entre palestiniens et israéliens construite sur le respect mutuel et l’égalité des droits, véritable plaidoyer en faveur de la fin de l’Intifida !

La plantation de l’arbre de La Paix

Un Forum international tel que celui-ci se devait de recourir à la symbolique à la fois pour célébrer le présent et aussi pour marquer l’avenir, assurer le souvenir. L’Université de Paix, lors de la remise des Certificats en gestion positive des conflits de l’année académique 1999-2000 s’était vu offrir un superbe pommier répondant au nom de La Paix.

Pourquoi celui-ci ne servirait-il pas de symbole, de souvenir entre tout le travail accompli par l’institution dans son quotidien et celui accompli par les participants à ce Forum international ? Le pommier de La Paix fut donc transporté du Boulevard du Nord à La Marlagne et planté par les bons soins de tous les participants.

Gageons qu’il poussera serein dans cet environnement et que de longues années durant il fleurira et apportera les fruits de la Paix que d’autres ici sont venus planter et que d’autres encore viendront chercher.

Des partenaires étrangers

Une rencontre internationale, ce sont aussi des partenaires étrangers. D’autres associations intéressées au fonctionnement de cette rencontre internationale nous ont déjà demandé comment nous avons choisi nos partenaires étrangers, comment nous les avons identifiés… Durant une longue phase de préparation, des associations avec lesquelles nous avions déjà travaillé et qu’il nous semblait intéressant d’inviter ont été contactées. D’emblée, certaines ont accepté de contribuer au projet ; d’autres, ne pouvant être présentes, nous ont fait part des coordonnées d’autres organisations. Ainsi, peu à peu, le groupe d’associations partenaires s’est constitué, chacune s’engageant à y déléguer des jeunes pour participer aux travaux de la semaine de rencontre. Au terme de cet échange de contacts et d’invitations lancées, pour des raisons financières, politiques, administratives,… le plus souvent indépendantes de notre volonté et de notre pouvoir d’action, il nous a fallu, avec regret, admettre que certains ne pourraient nous rejoindre.

L’hébergement et l’accueil

Finalement, plus de 50 jeunes issus de 32 pays dont 17 africains, 32 européens, 1 asiatique et 3 américains ont pu manifester leur intérêt pour ce Forum qui les a mené en Belgique, au Centre Marcel Hicter (Domaine de La Marlagne) pour un séjour de 7 jours. Nous tenons à remercier Armand Pirlet et toute son équipe, pour nous avoir permis de nous sentir bien, «comme chez soi», ce qui était un défi pour un groupe aussi hétérogène. Les repas étaient des moments privilégiés et conviviaux de rencontre, facilitant les discussions spontanées. La musique, une autre atmosphère, un autre moyen pour les participants de dialoguer, de s’exprimer, de communiquer. La rencontre d’un pays se fait également par les plaisirs de la table et la diversité de sa cuisine. Durant la soirée multiculturelle, un des moments forts de ce Forum, nous avons goûté différentes spécialités culinaires : moambe, carry, couscous, riz, fruits frais exotiques, pâtisseries tunisiennes et togolaises… et dansé au son de différentes percussions. De retour dans nos quartiers de l’Université de Paix, en défaisant les caisses, nous avons trouvé minutieusement emballés des cadeaux : le boubou saumon offert par Angèle à Mireille et celui de coloris vert pour Christine, la céramique bulgare de Nadia, les sujets en poterie de Amira, un djembé de nos amis africains… Chaque présent nous replonge dans cette semaine ; chacun à notre tour, nous évoquons tantôt un souvenir tantôt une anecdote. Nous revoyons défiler tous les visages de ces jeunes, leur sourire radieux, leur mimique, leur espoir. Et, chaque fois, nous ne pouvons nous empêcher de sourire tant cette semaine fut chargée d’apprentissage et d’émotion intenses.

La langue

La principale langue de travail a été le français. L’anglais, langue internationale incontournable, a été retenue comme deuxième langue de travail. Une équipe de traducteurs a assuré, tout au long des ateliers, une traduction simultanée. Grâce à Albertine, Christine, Jean-Christophe, Ludmilla, Paula, Sayed, Stéphane et Thierry, nous avons pu travailler avec efficacité durant toute la semaine.

Quelques conclusions

Ce Forum a été une sorte de laboratoire idéal en matière de multiculturalisme où plus de 50 jeunes venus d’une trentaine de pays ont cohabité durant une semaine pour acquérir une riche expérience des manières positives de faire face aux conflits.

Il leur a fallu rapidement apprendre, au-delà des différences flagrantes, à engager des relations de partenariat.

Ces jeunes se sont racontés, ont échangé de multiples informations sur leurs pays respectifs, leurs manières de faire, leurs cultures tout en devenant capables, dans l’échange, de «se mettre entre parenthèses un moment» pour permettre une rencontre vraie, authentique avec l’autre. Dominique Pire, fondateur de l’Université de Paix, est resté présent tout au long de cette semaine où nous avons tous, jeunes et intervenants, pratiqué ce qu’il appelait le « dialogue fraternel ».

Ecouter, accepter les différences culturelles, faciliter la communication, promouvoir le dialogue interculturel ont été les maîtres-mots de la semaine toute entière, avec des résultats stupéfiants. Comment permettre autrement l’apprentissage de la gestion positive des conflits, l’émergence d’une citoyenneté responsable et le développement de politiques interculturelles sans cela ?

C’est, par la pratique, au travers de l’expérience que ces cinquante jeunes ont pu prendre conscience et mesurer le chemin qui mène de soi vers l’autre.

Ils ont également pris conscience du socle de valeurs communes, humanistes qu’ils avaient en patrimoine et redécouvert combien ils avaient beaucoup à apprendre les uns des autres à condition cependant de veiller à ce que les particularismes d’ordre culturel, ethnique, social, religieux, politique,… ne constituent pas des obstacles insurmontables à un mieux-vivre ensemble.

L’exigence est de taille et néanmoins indispensable au succès futur d’une société plus juste et plus solidaire.

Un pas vers une culture de paix ? Très certainement.

Le projet était, fut et reste ambitieux.

Si c’est toujours vrai, il nous a fallu dans le cadre de ce Forum internationnal, être davantage vigilants à la prise en compte et à la reconnaissance de la spécificité de chaque jeune.

En effet, nous considérons que, pour promouvoir une véritable culture de paix, il convient de considérer les différences non pas comme un problème à résoudre mais bien comme une richesse à exploiter.

C’est bien là un des défis que l’Université de Paix relève depuis 40 ans. C’est bien là aussi ce qui se vécut durant cette semaine.

Nos attentes et nos souhaits, sont-ils à la hauteur du résultat ? Y aura-t-il une continuation, une exploitation de ce réseau de contacts ?

L’Université de Paix a très certainement atteint ses objectifs de départ : faire se rencontrer des jeunes, leur donner un maximum de pistes dans la perspective d’une gestion positive de conflits et permettre une construction commune de savoirs dans le cadre d’une rencontre où chacun, avec les autres, s’est enrichi. Mais la rencontre n’est pas terminée. Les participants à cette rencontre internationale sont repartis en sachant l’existence d’un réseau de personnes, jeunes et moins jeunes, un réseau auquel ils sont dorénavant reliés.

Ce forum virtuel sera un lieu de rencontres, d’échanges et de débats sur la prévention et la gestion positive des conflits dans la perspective de l’émergence de cette culture de paix dont nous parlions précédemment. Grâce à ce réseau, les jeunes ayant participé au Forum pourront :

  • continuer d’apprendre et d’échanger sur les différents projets/sujets qui les intéressent,
  • participer à des discussions,
  • coopérer à distance et ce, grâce aux projets d’information, de formation et d’animation à distance qu’ils développeront et, par ailleurs, en faire bénéficier leurs pairs.

Les jeunes espèrent, et certains y travaillent déjà, que ce Forum aboutira également tôt ou tard :

  • à d’autres projets d’échange de jeunes,
  • à des projets de formation commune, ailleurs, sur des thématiques connexes : dans des camps de réfugiés, par exemple.

La richesse des contacts, la découverte des autres et les liens qui se sont tissés durant le Forum, l’originalité de la pédagogie développée et l’enthousiasme de tous ceux qui ont œuvré à cette rencontre internationale audacieuse en ont fait un événement unique et inoubliable qui fera date dans les annales de l’Université de Paix.

Retours du stage de Paques 2003

Du 14 au 17 avril 2003, une vingtaine d’enfants de 8 à 12 ans ont participé au stage de Pâques organisé par l’Université de Paix…

…Abracadabra, balai magique, emmène-moi !

Lundi matin, un soleil timide illumine le centre culturel « Marcel Hicter » du domaine de la Marlagne… Les animateurs (Axelle, Christine, Julie et Laurent) accueillent les futurs apprentis sorciers et leurs parents. Les enfants sont invités à inscrire leur prénom sur le parchemin à l’entrée de la salle scellant ainsi un pacte de participation à ce merveilleux voyage.

Certains, plus timides, observent les lieux avec appréhension tandis que d’autres, les « vieux briscards » de l’an dernier, sont plus à l’aise. Ces derniers constatent le changement de décor donnant à la pièce une atmosphère « potteresque ». Un grand chaudron au milieu de la pièce, un feu ouvert, de larges voiles ondulant au gré des courants d’air, un balai magique, un vieux grimoire… Qu’elle est loin la case de Joséphine Makalélé !

Dès son arrivée, Camille, la plus jeune du groupe, confie à Julie en regardant du coin de l’œil le grand Julien : « Ça va être un petit peu dur pour moi mais ça va aller ! »

Les parents partis, les enfants s’asseyent en cercle et participent à leurs premiers jeux de coopération. Ceux-ci permettent de briser la glace, de retenir rapidement les prénoms de chacun et de s’apprivoiser…

D’un commun accord, enfants et animateurs réalisent une charte qui définit un espace de libertés et de limites : « je ne me moque pas des autres », « nous sommes ici pour nous amuser », « je ne coupe pas les branches des arbres », « j’écoute l’autre quand il parle »… Le respect de toutes ces règles garantit un climat serein propice à l’épanouissement de chacun dans la vie du groupe.

Un panneau d’évaluation permanente est à leur disposition durant tout le stage. Enfants et animateurs peuvent y indiquer à tout moment « ce qu’ils apprécient », « ce qu’ils n’apprécient pas » et « ce qu’ils proposent ».

L’organisation des 4 jours suit un même canevas. Après l’accueil, les animateurs animent une séance de jeux coopératifs dont les objectifs évoluent au fil des jours. Les enfants disposent, ensuite, d’une demi-heure de temps libre avant de reprendre des activités dirigées comme la fabrication d’une baguette magique, d’une marionnette, de balles pour jongler,… Le début de l’après-midi est consacré à des jeux d’équipe dans le Domaine de La Marlagne (jeu de piste, construction de cabane, chasse au trésor,…). Le goûter, un moment de détente apprécié par tous, précède l’évaluation quotidienne : lecture des remarques inscrites au panneau d’évaluation permanente et prise de parole de chacun pour faire le bilan personnel de la journée.

Chaque matin, les animateurs organisent des jeux de coopération. Ceux-ci sont bien évidemment sélectionnés selon les étapes du fil conducteur amenant les membres du groupe à coopérer. En effet, la coopération n’est pas innée, elle se construit dans l’expérience et dans la richesse des interactions. Les différences sociologiques des apprentis sorciers (âge, lieu de vie, école…), dans ce contexte, ne sont pas des freins mais des atouts.

Pratiquement, la progression vers la coopération se fait en 7 étapes illustrées ci-dessous :

  • Étape 1 : l’accueil avec « je m’assieds dans l’herbe » où chaque enfant est amené à retenir rapidement les prénoms de ses pairs.
  • Étape 2 : l’expression avec « j’aime, je n’aime pas » où chacun choisit d’expliquer aux autres ce qu’il aime.
  • Étape 3 : le regard positif sur soi, sur les autres « moi aussi… » où chaque apprenti sorcier raconte une expérience qu’il pense être le seul à avoir vécue.
  • Étape 4 : la place avec « pomme/poire/pêche » où l’enfant placé au centre du cercle cherche à reprendre une place quand les autres enfants doivent se déplacer à son injonction.
  • Étape 5 : l’écoute avec « le crocodile » où un enfant les yeux bandés habitant une île matérialisée par feuille de journal doit empêcher les autres enfants devenus crocodiles d’arracher le journal.
  • Étape 6 : la confiance avec « le vampire » où les apprentis sorciers les yeux fermés attendent avec impatience voire angoisse qu’un « vampire » vienne les croquer !
  • Étape 7 : la coopération avec « x pieds, x mains » où les enfants doivent réaliser le plus rapidement possible « au sol, il doit y avoir 20 pieds et 6 mains ! ».

Quatre jours de soleil, de rire, de jeux, de bricolage et de scoubidou… et nous voilà déjà à la fin de ce stage. Les parents arrivent et prennent place à leur tour dans le cercle de chaises… C’est le moment pour les enfants de présenter et de résumer leur séjour au Domaine de La Marlagne. Certains par un spectacle de marionnettes, d’autres en invitant les parents à participer à leurs jeux de coopération favoris.

La dernière évaluation des enfants fait apparaître les moments les plus appréciés. « J’ai tout aimé » disent certains « même la soupe ». « Je me suis fais une amie ! » claironne Julie en serrant Marie-Anaïs dans ses bras…

Pour les formateurs aussi, l’évaluation générale est positive, de bons moments de rigolade, des courses poursuites éprouvantes « pour les esprits maléfiques », le succès inattendu des scoubidous devenus la principale occupation des pauses, la serviabilité et la gentillesse des enfants …

Tous se quittent le sourire aux lèvres. La petite Camille lance « A l’année prochaine ! » et, de manière un peu conspiratrice, « Ce sera quoi le thème ? ». Suspense…

Comment faire respecter les règles en classe?

« La question des règles et de leur respect est incontournable dans les classes difficiles. Comment gérer les transgressions ? Que faire face à un chahut, des incivilités répétées ou des actes de violence ?

Se demander que faire en cas de désobéissance dans une classe, c’est déjà prendre le problème un peu à l’envers. On pourrait se demander plutôt ce que l’on aurait pu faire pour éviter que cela n’arrive. En effet, s’il y a transgression, c’est implicitement qu’il y a une règle, un cadre. L’enseignant est le garant de cette règle qui existe pour faciliter la vie ensemble en classe ».

Dans le cadre du numéro 501 des Cahiers pédagogiques consacré aux « classes difficiles » (avec tous les guillemets que l’on peut mettre autour de cette expression), le site des Cahiers publie un article proposé par l’Université de Paix, consacré aux règles et aux sanctions.

> Lire l’article sur le site des Cahiers.

« Sur la trace des indiens… »

Du 2 au 4 avril 2001, l’Université de Paix a proposé une session « Sur la trace des indiens… ».  Trois jours durant, 22 enfants âgés de 8 à 12 ans ont été amenés à développer la confiance en eux et en l’autre et à développer des attitudes et des valeurs nécessaires à la gestion de conflits.

Par Cathy Van Dorslaer, initialement publié dans le trimestriel n°75, en 2001.

Sur la trace des indiens…

Troisième et dernier jour du stage. Nous descendons vers le local après le repas. A notre arrivée, c’est la surprise… un de ces moments magiques que l’on garde en souvenir. Dans le coin lecture, couchés à plat ventre, des enfants sont plongés dans leurs livres. D’autres continuent à peindre leurs t-shirts, s’échangeant peintures et conseils . Quelques-uns entourent Cécile et Coralie qui répètent, à la guitare, la chanson de « Wakatanka ». Les plus petits, eux, font des aller-retour entre le local et le grand sapin où ils ont aménagé, au fil des jours, un super-mega-géant tipi.

Sans consignes ni directives, les enfants vivent un moment d’harmonie, de partage et de plaisir d’être ensemble. Notre objectif est atteint et nous en sommes heureuses, émues même.

Mais commençons par le commencement.

Pour accueillir nos 22 petits indiens et indiennes, nous -Cécile DENIS, Cécile DUPONT, Lysiane MOTTIAUX et Cathy VAN DORSLAER, formatrices à l’Université de Paix- avons préparé des jeux d’intérieur ou d’extérieur en rapport avec les indiens dans lesquels nous avons distillé des activités qui permettent d’installer rapidement la confiance et la coopération au sein du groupe. Le local qui nous accueille est spacieux et s’ouvre sur les bois. Nous y avons aménagé un coin lecture, avec des livres et des bandes dessinées relatives aux indiens, et une grande pile de «J’aime lire» qui auront un grand succès. A l’autre bout, le cercle de chaises qui accueillera les jeux coopératifs et les moments de gestion du groupe. Un peu partout, des tables et des chaises pour les bricolages prévus en petits groupes. Et tout autour, du soleil, des arbres, de l’espace !

Première heure ensemble. Les enfants sont assis en cercle, sagement. Ils ne se connaissent pas et chacun, à sa manière, manifeste sa crainte, ou sa joie, de se trouver dans un si grand groupe. Au fur et à mesure des jeux coopératifs, le rire s’installe, d’abord ; puis la découverte de l’autre, de son prénom, de son humour, de son tempérament, de ses hobbies.

La glace est rompue, chacun est rassuré, nous pouvons partir explorer nos terres… d’autant que c’est la première journée de soleil d’un printemps frileux et que, grands comme petits, nous avons envie d’en profiter. La tribu se met en marche en direction des étangs. Des petits groupes se forment déjà : les filles qui papotent; les grands qui prennent tous les raccourcis ; les amateurs de cailloux, de plumes, de bâtons…et derrière, les contemplatifs. Au hasard du chemin, un banc. Une chaise musicale coopérative s’improvise et c’est le succès : sans bousculade et dans un fou rire, tout le mode s’empile.

De retour au local, nous demandons aux enfants, en sous-groupes, de proposer des règles de vie qui permettront à chacun de se sentir en sécurité durant ces trois jours de stage. C’est sur base de ces propositions que différents moments de la vie du groupe pourront être gérés, négociés : vous pouvez aller dehors chercher du matériel mais dans des limites qui permettent aux animatrices de vous voir ; les bâtons ne peuvent pas être utilisés pour se battre ; tout le monde reste à table durant le repas et un temps libre est donné après pour jouer ; si j’ai un conflit avec un autre, je fais appel à une animatrice pour qu’elle m’aide à me faire entendre sans utiliser d’insulte ni de coup…

Le cadre a donc été mis en place. Il ne reste plus qu’à s’amuser ensemble, se rencontrer, faire appel à la créativité, aux talents artistiques. Et c’est bien ce qui va se passer, dans un brouhaha de galopades, de rires, de trouvailles, de taches de peinture, de boue, d’herbe.

Chaque enfant aura sans doute fait son hit-parade des activités menées mais il nous semble que c’est à belles dents que toutes les propositions ont été croquées. Pour témoin, Joaquim (9 ans), qui clôturait la première journée par un «Vivement demain! » qui ne s’est pas démenti par la suite. Qu’ont-ils fait qui suscite un tel enthousiasme ? Un totem, un village indien, un jeu de piste (indien bien sûr), un tee-shirt peint, une chanson… autant de moments où chacun a eu l’occasion de se découvrir un don, de collaborer avec l’autre, de s’entendre reconnaître par les autres une qualité.

Le totem, première activité de collaboration proposée, consistait en un savant empilage de caisses que les enfants ont décorées en sous-groupes : deux ou trois enfants se chargeant d’illustrer, sur une caisse, un thème qu’ils avaient choisi : la chasse, les costumes ou les fêtes des indiens, les chevaux,… Certains ont commencé très vite, s’échangeant les suggestions et le matériel sans problèmes. D’autres ont dû s’initier à la négociation. D’autres encore, qui n’avaient pas trop d’idées, se sont finalement découvert des capacités : si je suis maladroit avec un pinceau, je peux utiliser mes doigts ou la paume de mes mains ; s’il n’y a plus de peinture, les feuilles et les fleurs font encore mieux l’affaire. En fin de journée, le totem se dresse au milieu de la pièce, plus haut, plus coloré, plus beau qu’un vrai et les enfants commentent, admirent, s’expliquent l’un l’autre les astuces de fabrication.

Le lendemain, c’est un village indien qu’il s’agira de construire. Chaque enfant reçoit de la terre glaise et, mis en confiance par l’activité de la veille, se met à l’ouvrage. En se basant sur la documentation mise à leur disposition, ou sur leur inspiration du moment, ils élaborent des habitations indiennes, des décors, des animaux, des personnages ; pensent aux moindres détails, complètent avec de la mousse, des fleurs, des petits bois, des cailloux. Camille et son amie s’essayent même à une création aveugle : les yeux bandés, elles sculptent une même motte de terre.

Il y a aussi eu le jeu de piste. Un groupe accompagnera Cathy pour le tracer, trois autres groupes se lanceront à tour de rôle sur la piste des flèches en bois, en cailloux, des messages parfois trop bien cachés et des épreuves à remporter tous ensemble. Deux heures de cavalcades dans les bois, un ruisseau à traverser et une pente vraiment très raide à remonter où l’on se pousse et se hisse joyeusement. Les enfants reviendront fourbus, ivres de bon air, les poches et les mains pleines de petits cadeaux de la nature. Les animatrices, quant à elles, ont les jambes qui leur rappellent qu’elles n’ont plus 20 ans. Mais c’est si gai !

Le dernier jour, vous l’avez vu, est celui où nos petits indiens et indiennes, de façon spontanée bien souvent, auront l’occasion de manifester leur plaisir d’être ensemble. La matinée sera consacrée à la peinture d’un t-shirt sur lequel chacun peindra un animal et une qualité que les autres enfants lui auront suggérés. Les discussions vont bon train pendant l’attribution : William, à qui ses amis d’école disent qu’il est «prêt à tout» nuancera avec ses amis indiens pour finalement peindre un «Jaguar, toujours prêt».

Dernier après-midi : « Mustang, compte sur moi », « Ouistiti,100.000 volts », « Loup, prudent » et tous les autres se peignent mutuellement sur le visage de vrais signes indiens ou de véritables œuvres d’art.

Alors que nous chantons une dernière fois « Wakatanka » en y ajoutant des couplets de notre invention, les parents arrivent. Déjà ! Comme le temps a passé vite ! Rien n’est prêt pour les accueillir. Qu’à cela ne tienne, ils vivront en «life» la fin du stage. Le cercle s’agrandit à chaque arrivée et nous avons bien du plaisir à associer papa, maman, la petite sœur ou le cousin aux jeux coopératifs qui s’enchaînent. Il y aura le «Je m’assieds dans l’herbe», le «pomme-poire-pêche», le «vampire» qui nous ont tant fait rire, mais aussi l’explication de toutes les autres activités et la découverte, un verre à la main, des réalisations de chacun.

Nous avons entendu dire que nos indiens avaient parfois eu le cœur bien gros de se quitter. Une liste des adresses a été envoyée pour qu’ils aient l’occasion de se revoir. Qu’ils sachent aussi que, l’année prochaine, un autre stage est prévu (les 2, 3, 4 et 5 avril 2002) sur le thème de l’Afrique. Au programme : contes, danses, musiques d’Afrique ; construction de masques et de jouets africains ; préparation et dégustation d’un authentique repas congolais.

Hugh !

Patricia Hubert, responsable du Service jeunesse

L’Université de Paix est une Organisation de jeunesse reconnue par la Communauté française [Désormais Fédération Wallonie-Bruxelles, ndlr]. Nous avons l’occasion de croiser régulièrement Patricia Hubert et ses collègues du Service jeunesse du Ministère de la Communauté française [FWB] lors de projets : subventions, reconnaissances, formations, projet Confejes, etc.

Entretien avec Patricia Hubert, responsable du Service jeunesse de la FWB. Propos recueillis par Christine Cuvelier, initialement publiés en 2011.

Entretien avec Patricia Hubert

Bonjour, Patricia. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années. Tu es aujourd’hui responsable du service jeunesse de la Communauté française. Qu’est-ce que cela t’apporte ?

En effet, cela fait maintenant plusieurs années que je travaille au Service de la Jeunesse (SJ). Au fil du temps, j’y ai exercé différentes fonctions. En résumé, j’ai tout d’abord été chargée de la gestion du secteur des centres de jeunes (CJ), ensuite des subventions extraordinaires et des conventions, puis du suivi des travaux du Conseil de la Jeunesse et enfin, depuis 6 ans, de la gestion du secteur des organisations de jeunesse (OJ). C’est ce trajet riche de multiples expériences qui m’amène aujourd’hui à assumer la fonction de responsable du SJ. Cela représente pour moi un défi particulièrement enthousiasmant avec, notamment, de nouvelles tâches à accomplir, une équipe à mobiliser, des projets à définir et à réaliser.

Quelles sont les missions du service jeunesse de la Communauté française ?

Au sein du Service Général de la Jeunesse et de l’Education permanente, le Service de la Jeunesse est chargé de la mise en œuvre de la politique sectorielle de la jeunesse. Le SJ se préoccupe des questions qui concernent les jeunes, organisés ou non. Ses missions principales se centrent sur la promotion et le soutien aux associations (via la reconnaissance, le soutien à des projets spécifiques pour et par les jeunes, le soutien à des actions de formation,…), le dialogue et la concertation avec les instances consultatives, la promotion et l’impulsion d’initiatives spécifiques ainsi que la participation à la définition des axes et priorités en matière de politique internationale de jeunesse.

Quels sont vos prochains défis ?

De nombreux chantiers sont sur la table, ils constituent autant de défis pour le SJ : participation à l’évaluation du décret CJ, du décret OJ et de la circulaire « Soutien aux projets jeunes », revue des politiques de jeunesse, publication sur les pratiques culturelles, réflexion sur l’égalité des chances dans le cadre du décret CJ, refondation de nos propres outils de communication dont le site du service,…

Nous portons également une attention particulière aux projets et thématiques émergentes qui ne répondent pas toujours aux conditions fixées par les cadres réglementaires

Tout récemment, la mise en place d’une Conférence Interministérielle de la Jeunesse (CIM) a été approuvée par le Gouvernement. Les travaux du comité de pilotage chargé de l’élaboration d’un Plan Jeunesse démarreront dès la fin août. Cette décision impulse une nouvelle dynamique en faveur de la jeunesse axée sur davantage de coordination et de transversalité des politiques de jeunesse. Cela augure de nouvelles perspectives pour le SJ qui participera à la conception de nouvelles mesures et à leur mise en œuvre dans les temps à venir.

Que souhaite le service jeunesse pour les Organisations de jeunesse & les Centres et Maison de jeunes ? pour les jeunes ?

En priorité, une plus grande visibilité du travail des associations, la valorisation de leur spécificité, de leur diversité et des enjeux dont elles sont porteuses, le soutien aux initiatives des jeunes et aux dynamiques associatives, la participation individuelle et collective des jeunes, le développement des potentialités de leur expression et de l’exercice d’une citoyenneté critique, responsable, solidaire et active.

Au sein du service, y a-t-il une devise, une ligne de conduite ou de pensée ?

« Le service de la jeunesse… au service des jeunes ». Tel est l’intitulé d’une de nos brochures. Ce titre résume bien nos missions et, plus concrètement, l’attention quotidienne portée aux demandes formulées par les associations et à leur aboutissement.

Selon toi, que peut apporter l’Université de Paix dans le développement de la politique de jeunesse en Communauté française ?

L’Université de Paix est une organisation de jeunesse agréée de longue date par la Communauté française. L’Université de Paix, c’est, entre autres, une expérience de 50 ans dans le domaine de l’interculturalité, continuellement revisitée et actualisée, un professionnalisme avéré de ses encadrants et formateurs, des possibilités de faire des ponts entre le monde de l’éducation formelle où elle est reconnue et celui de l’éducation non formelle. Son expertise en matière d’éducation à la paix est appréciée tant en Communauté française qu’en dehors de « nos frontières ». Ainsi, dans le cadre d’un programme de la Confejes, le SJ a sollicité le concours de l’Université de Paix en vue de la rédaction d’un guide pour la promotion de la culture de la paix, de l’élaboration et de la promotion de modules de formation destinés à des animateurs et des jeunes de l’espace francophone. Entamée depuis quelques années maintenant, cette expérience fructueuse se poursuit à la satisfaction générale des différents partenaires impliqués. D’autres collaborations dans le cadre de programmes de formation, de séminaires ou de groupes de travail par exemple sont envisageables selon les projets et les thématiques que nous développerons dans le futur.

La valorisation des compétences issues de formations d’organisations de jeunesse, du secteur socio-culturel (comme l’Université de Paix, par exemple) s’inscrit dans la stratégie de formation tout au long de la vie.

Quels conseils peux-tu donner pour réaliser un projet de reconnaissance de ces compétences ?

La valorisation et la reconnaissance des compétences acquises dans le cadre de l’éducation non-formelle, la promotion du travail de jeunesse sont des questions importantes, débattues notamment dans les enceintes européennes. Les expériences en matière de formations permettant l’acquisition de compétences utiles à la pratique professionnelle (ou bénévole) -comme le BAGIC- pourraient servir de point de départ à la définition d’une cadre de référence. Par contre, l’évaluation des formations davantage centrées sur l’épanouissement et l’implication du jeune dans un projet de société est a priori plus complexe.

Les finalités données à un tel projet méritent également d’être questionnées. En tout cas, il me semble essentiel, dans ce cadre, de défendre les finalités propres à l’éducation permanente (exercice d’une citoyenneté active et critique, émancipation individuelle et collective, expression culturelle des publics, participation active à la vie démocratique,…) dans lesquelles s’inscrivent les organisations de jeunesse.

Quel est le meilleur compliment que nous puissions te faire ?

Ce sont les nombreuses initiatives qui nous parviennent et qui témoignent de la vitalité des associations de jeunesse mais aussi, je l’espère, de l’intérêt de nos programmes et dispositifs de soutien.

C’est aussi d’être interpellée sur des questions de fond comme vous le faites aujourd’hui.

En quelques mots et en guise de conclusion, le mot de la fin pour toi, ce serait…

En guise de conclusion, je dirais simplement que les chantiers foisonnent, que le travail ne manque pas et que les perspectives sont stimulantes.

Graines de médiateurs II dans « La Filoche »

Graines de médiateurs II dans « La Filoche », la revue de la FFEDD

Graines de Médiateurs II : accompagner les enfants dans l’apprentissage de la gestion positive des conflits

par Sandrine Piron, détachée pédagogique à la FFEDD

Dire ce que je ressens, clarifier ce que je souhaite, prendre soin de la relation, gérer efficacement mes émotions, être créatif dans la recherche de solutions, sont autant de compétences à développer si on veut amener les enfants à devenir plus autonomes dans leur gestion de conflits.

La suite dans « La Filoche », la revue trimestrielle de la FFEDD.

Développer l’estime de soi

Il nous est tous arrivé de douter de nos compétences et de notre capacité à affronter certaines situations. Et pourtant, chacun possède des qualités et des points forts sur lesquels il peut s’appuyer en cas de difficulté. 

Objectifs

  • Mieux se connaître.
  • Identifier ses croyances limitantes pour les dépasser.
  • Pouvoir clarifier ses valeurs et adapter ses comportements par rapport à celles-ci.
  • Identifier ses émotions et les besoins sous-jacents.
  • Mettre en place des actions pour atteindre ses objectifs.

Contenu

  • Auto-diagnostiquer notre niveau d’estime de soi.
  • Identifier nos valeurs personnelles.
  • Prendre conscience de nos croyances et de leurs conséquences sur la perception de notre valeur.
  • (Re)prendre la responsabilité de nos comportements.
  • Clarifier nos objectifs pour agir en cohérence avec ceux-ci.

Méthodologie

  • Active et créative
  • Exercices pratiques à partir des expériences personnelles
  • Partages et échanges entre les participants

Groupe : de 12 à 15 personnes

Durée : 4 matinées de 9h30 à 12h30 (12 heures)

Dates : mercredi 8 et lundis 13, 20 et 27 mai 2019, avec Lysiane Mottiaux – Réf. 1940

Lieu : Université de Paix

Prix (syllabus compris) :

  • 170 € (Particulier, Association) 
  • 150 € (Membre adhérent UP, Membre UBMP, COJ)
  • 90 € (Jeunes de moins de 26 ans)
  • 240 € (Organisation)
logo[1] Cette formation est agréée à hauteur de 12 heures par la Commission Fédérale de Médiation.
coq-forem[1] Toute personne ayant un contrat PTP (programme de transition professionnelle) via le Forem peut suivre gratuitement cette formation via le Forem.

Inscriptions via le Forem – 0800 93 947

Plus d’infos sur le contrat PTP et qui peut en bénéficier : cliquez ici

Inscriptions

> Renseignements pratiques complémentaires